Buy Music CDs at CD Universe. Audio Samples and Reviews Available on Music New Releases 

 

       

 

 

 

0-9 - 3 Doors Down - 50 Cent -

A - Aerosmith - Alkaline Trio - Amber Pacific - American Hi-Fi - Armor For Sleep - Arseniq33 - Atach Tatuq - Audioslave -

B - Babaloo - Bane - Bear Vs Shark - Beck - Brendan Benson - Blackalicious - The Black Eyed Peas - Bloodhound Gang - Boy Sets Fire (2) - The Bravery -

C - Caïman Fu - Chiodos - Circa Survive - Coheed and Cambria (2) - Coldplay - Converge (2) - Billy Corgan - Crila - Sheryl Crow - Pauline Croze -

D - The Dandy Warhols - The Darkness - Day Of Contempt - Death By Stereo - Default - Dengue Fever - Daniel Desnoyers - Dropkick Murphys (2) -

E - The Evens -

F - Marianne Faithfull - The Fall Of Troy - Fall Out Boy - Fivespeed - Foo Fighters - The Frames - Sage Francis - Franz Ferdinand -

G - Garbage - Ariane Gauthier - Gorillaz - Groovy Aardvark -

H - Hedley - HorrorPops - Hot Hot Heat -

I - Ima -

J - Jamiroquai - Anik Jean -

K - Kings Of Leon - Korn -

L - Daniel Lanois - Mathieu Lavoie - LCD Soundsystem - Left Alone - The Lost Patrol Band -

M - M (2) - MadonnaPaule Magnan - The Mars Volta - Meesh - Mentake - Metric - Millencolin - Roger Miret and The Disasters - Alanis Morissette - Motion City Soundtrack - MXPX -

N - Nekromantix - The New Pornographers - NickelbackNine Inch Nails - Noir Désir - Nural -

O - Oasis - Orange - Ozzy Osbourne -

P - Les Paul & Friends - Pennywise - Pitty Sing - Robert Plant - Les Porn Flakes - Pressure - Priestess -

Q - Queens Of The Stone Age -

R - Rammstein - Rocketface - The Rolling Stones -

S - Santana - Screeching Weasel - Seemless - The Soundtrack Of Our Lives - Stereophonics - Supergrass - System Of A Down (2) -

T - Lynda Thalie - Tonik - The Trews - Turbonegro -

U - The Unseen -

V - Florent Vollant -

W - Martha Wainwright - Wasted Sunday - Andrée Watters - Weerd Science - Weezer - Kanye West - The White Stripes - Wolf Parade -

Y - Youth Group -

COMPILATIONS - Big Shiny Tunes 10 - C.R.A.Z.Y. - The Flaming Lips - Horloge biologique - Punk O Rama 10 - The Suicide Girls - Sympathetic Sounds Of Montreal - Vans Warped Tour '05

 

 

3 Doors Down - Seventeen Days Cover Art

3 Doors Down, Seventeen Days

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Le Grunge après l’heure ? Les américains de 3 Doors Down fêtent, en 2005, leur douzième année d’existence, et (uniquement) leur troisième album, après The Better Life en 2000 et Away From The Sun en 2002. Sevrés aux Metallica, Soungarden et autre Pearl Jam, 3 Doors Down revient avec Seventeen Days et ressuscite (en quelque sorte) le style grunge qui n’est pourtant plus au sommet… Les deux premiers opus du groupe ont connu le succès dans les bacs, les critiques restant moitié convaincues, moitié mitigées… (NDLR : Pour ma part, je connais uniquement le second, qui m’avait fait plutôt bonne impression, sans révolutionner le genre…). Et Seventeen Days garde la recette du succès, jouant à la fois sur des mélodies acoustiques lissées, et des montées en puissance résolument métal. 3 Doors Down a ce don pour réaliser l’enchaînement parfait, la conjonction de la force et de la légèreté… les ballades savoureuses et les morceaux agressifs : le parfait « Grunge FM ». Au niveau voix, c’est assez rauque, avec des allures indéniables de Eddie Vedder (Pearl Jam) et Chad Kroeger (Nickelback), même si les deux ne sont pas comparables… Quelques morceaux ne manquent d’ailleurs pas de saveur ("Landing On London", "The Real Life"), et se laissent largement écouter et, commercialement, le pari semble réussi ! N’allez pas chercher dans 3 Doors Down le nouveau souffle du rock n’ roll, ou les pionniers d’un genre à part, mais simplement les bons disciples des grands groupes grunge des 90’s. (avril 2005)

½

50 Cent - Massacre Cover Art

50 Cent, The Massacre

50 Cent a fait une entrée remarquée dans le paysage hip hop en 2003, essentiellement grâce au coup de pouce de Eminem, mais aussi grâce à une personnalité particulière qui attire les curieux. En effet, ce n'est pas tous les jours que l'on voit un nouvel artiste se promener avec une horde de gardes du corps et une veste pare-balles. C'est que ce musicien au lourd passé criminel est sans cesse poursuivi par d'anciennes relations peu recommandables. Il affirme que c'est la musique qui lui a permis de se sortir de ce dangereux milieu, heureusement. La promotion autour de la sortie de son nouvel album a encore une fois été appuyée sur la réputation du bonhomme. Il devait être lancé à la St-Valentin et s'intituler Valentine's Day Massacre, mais on a repoussé sa sortie de quelques semaines et il s'intitule simplement The Massacre, rien de bien plus rassurant. Par contre, à part quelques coups de feu à l'occasion dont l'intro, c'est un album passablement doux que nous offre le gangster, avec même un peu de soul par moments. On y retrouve de très bonnes pièces comme le premier simple "Candy Shop", "Disco Inferno" et "In My Hood", en plus de nombreux collaborateurs comme Olivia, Tony Yayo, Jamie Foxx, G-Unit (groupe avec qui il a enregistré un album) et bien sûr Eminem. Mais, malgré ces points forts du disque, il y manque l'étincelle qui a permis à son premier album, Get Rich Or Die Tryin', de devenir le meilleur album hip hop de 2003. Plusieurs pièces se ressemblent et on ne retient pratiquement rien de cet album beaucoup trop long de 78 minutes (ce qui est souvent le cas dans le hip hop). C'est tout de même un bon album d'ambiance plutôt relaxant qui plaira sûrement aux amateurs du genre, sans toutefois révolutionner ce genre. (critique principale de mai 2005)

Aerosmith - Rockin' The Joint CD Cover Art

Aerosmith, Rockin' The Joint

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Même les détracteurs ont dû reconnaître que le pari osé d'Aerosmith de sortir un album de reprises avec Honkin' On Bobo a été assez réussi. De cette tournée n’est extrait qu’un excellent DVD qui rend hommage à une certaine jeunesse éternelle du groupe. En voilà pour preuve cette nouvelle leçon de blues rock en 11 chapitres et une intro. Enregistré à Las Vegas en 2002, il est extrait de la tournée de l’album Just Push Play (avant Honkin' On Bobo), et démontrait déjà le retour en force du groupe ! Seuls deux titres sont tirés de Just Push Play. C'est plutôt une succession de quelques pièces maîtresses de leur répertoire. Déjà pas mal de lives du groupe sont disponibles, à plusieurs de leurs époques, les denrées ne sont donc pas rares à ce niveau. Cette fois-ci, Tyler et sa bande ont volontairement choisi de faire un disque court, très rock, évitant de nombreux morceaux souvent revus (même si excellents), en ne conservant que les plus efficaces. Le groupe reste dans sa configuration habituelle, avec l'ajout d'un clavier. Sincèrement, sur scène on retrouve un Aerosmith éclatant, criant d'authenticité... Steven Tyler et Joe Perry, vitrine indiscutable du groupe, tiennent une forme hallucinante, eux, mega stars du rock n' roll. Le meilleur des cris bestiaux du chanteur et des solos classieux du guitariste. Content également de les voir finir sur deux grosses notes de rock, avec les incontournables "Walk This Way" et "Train Kept A Rollin’" (reprise mais grand classique du groupe !). C’est au final un très bon live pêchu et énergique livré par les américains ! (décembre 2005)

Alkaline Trio - Crimson CD

Alkaline Trio, Crimson

J'avoue que je ne connaissais pas le groupe de Chicago Alkaline Trio, même s'ils existent depuis presque 10 ans et qu'ils en sont déjà à leur 5e album (je ne peux quand même pas tous les connaître!). Mais, c'est une belle découverte à retardement que j'ai faite avec ce nouvel album. Le groupe nous offre un son qui passe par le pop/rock et le punk. Les 3 gars nous proposent de solides mélodies et des chansons énergiques à souhait qui peuvent nous rappeler les bonnes années de Blink 182. L'album a d'ailleurs été réalisé par Jerry Finn qui a aussi travaillé avec Blink sur le fameux Enema Of The State. La puissance de la réalisation met parfaitement en valeur chacune des chansons, surtout pour la section rythmique. On peut aussi les comparer à Sum 41, Simple Plan et Good Charlotte, mais j'ai également fait un parallèle à l'occasion avec AFI et certains côtés un peu plus sombres de la musique punk et gothique, même si le groupe demeure généralement pop. On sent certaines influences du rock alternatif des années 80 avec The Cure en tête et quelques moments m'ont rappelé les Misfits. L'utilisation de piano dans certaines pièces ajoute une belle richesse aux arrangements. Malgré la qualité de pièces comme "Time To Waste", "The Poison", "Mercy Me" et "Back To Hell", peu de titres ressortent vraiment parmi les 13 de l'album et certaines sont un peu plus ordinaires. Mais, en général, c'est un album qui s'écoute vraiment bien et qui me plaît plus que beaucoup d'autres dans le genre. Un point non négligeable est qu'on n'y trouve aucune ballade, même si certaines pièces sont un peu plus lentes. Veuillez noter que le CD contient une portion multimédia avec un vidéo de 7 minutes sur l'enregistrement de l'album. (novembre 2005)

Vagrant

½

Amber Pacific - Possibility And The Promise CD

Amber Pacific, The Possibility & The Promise

Amber Pacific est un nouveau groupe pop/punk de Seattle. Ils s'inspirent de groupes de la nouvelle génération comme Simple Plan, Matchbook Romance, 1208, Armor For Sleep, Motion City Soundtrack et plusieurs autres. Jusqu'ici, ils se sont surtout fait remarquer au Vans Warped Tour en 2004 et 2005, mais le lancement de ce premier album leur permettra d'étendre leur champ d'action. Avec leurs mélodies efficaces et accrocheuses à souhait, ils ont tout ce qu'il faut pour conquérir un public assez large d'adolescents (surtout d'adolescentes). Dirigé par le blondinet Matt Young au micro, la séduction devrait opérer avec le jeune public féminin si on leur donne la chance de se présenter sur les chaînes musicales. Sans être renversant, l'album contient de bien bonnes pièces incluant l'excellente "Gone So Young" qui risque de devenir un gros succès radio. Le groupe ose même ajouter un peu de profondeur musicale grâce entre autres à l'ajout d'une section de cordes dans "Everything We Were Has Become What We Are". Avec cet album, c'est une excellente carte de visite que nous présente Amber Pacific qui aura un futur probablement brillant. Surveillez-les de près dans les années à venir. (septembre 2005)

Hopeless

½

American Hi-Fi - Hearts On Parade

American Hi-Fi, Hearts On Parade

Voici le 3e album du groupe américain American Hi-Fi. Pour cet album, lancé d’abord au Japon, ils ont eu bien de la difficulté à obtenir un contrat aux États-Unis. Ils nous offrent encore une fois un pop rock plutôt commun, un mélange de Cheap Trick, Sugar Ray, Smash Mouth et Maroon 5. Leur principal problème est le manque flagrant d’originalité, alors qu’on a l’impression d’entendre tous ces groupes sans qu’ils n’apportent quoi que ce soit de neuf. On retrouve quelques bonnes petites chansons pop qu’on peut fredonner facilement, mais qui sont complètement jetables et interchangeables. La question qu’on doit se poser c’est : « Pourquoi j’écouterais cet album plutôt que tous les autres bons qui apparaissent sur le marché semaine après semaine? ». La réponse est : « Il n’y a aucune raison! ». Donc, si vous ne pouvez vous passer des chansons que vous avez entendues à la radio, vous pouvez vous procurer Hearts On Parade, mais je ne peux garantir votre enchantement tout au long des 11 pièces. Ce qui est certain, c’est qu’on est bien loin de la qualité de leur album éponyme paru en 2001 et de leur excellent succès "Flavor Of The Weak". (septembre 2006)

Armor For Sleep - What To Do When You Are Dead Cover Art

Armor For Sleep, What To Do When You Are Dead

Le groupe du New Jersey Armor For Sleep nous présente son 2è album faisant suite à Dream To Make Believe paru en 2003. Les gars nous proposent un son rock moderne parfait pour les radios rock grâce à d'excellentes mélodies. Leur musique intègre quelques éléments de punk, de métal et de progressif, mais demeure tout de même totalement accessible. Avec ce nouvel album, le groupe va un peu plus loin et réussit à établir un style qui lui est propre, se différenciant de plus en plus de la marée de groupes rock qui envahit les radios. What To Do When You Are Dead est un album de rock bien fignolé et magnifiquement réalisé par Machine qui a travaillé entre autres avec Clutch, White Zombie et King Crimson. Chaque pièce, qui constitue un morceau du casse-tête que représente cet album concept, peut aussi s'écouter indépendamment du reste de l'ensemble, ce qui offre un potentiel intéressant pour lancer quelques simples. Par contre, il manque peut-être la bombe qui pourrait représenter un succès assuré et permettre au groupe de rejoindre un large public. En effet, peu de titres se démarquent véritablement parmi les 11 de l'album (qui dure 43 minutes). C'est tout de même un excellent produit qui plaira à bien des gens. (mars 2005)

Equal Vision

½

Arseniq33, Courtepointes

Voici le nouvel album du groupe alternatif québécois Arseniq33, un groupe aux influences métal qui intègre également du punk et du ska à sa musique. Entièrement en français, leurs textes constituent essentiellement une critique sociale, une façon de passer leurs frustrations (et du même coup les nôtres). On n'a qu'à penser à "Cité Rock Suicide", un hymne à l'incontournable radio rock détente impossible à supporter. Leur musique, qui est plutôt difficile à décrire, se caractérise surtout par des changements fréquents de rythmes et de tempos. Les cuivres occupent une place importante et contribuent à établir la personnalité du groupe. L'éclectisme nous rappelle par moments Voïvod ("Assemblée de cuisine", etc.) et à d'autres moments Grimskunk ou Groovy Aardvark, les leaders du rock alternatif québécois. Réalisé par Fred Fortin, Courtepointes est un album difficile d'approche au premier abord, mais à lequel on s'habitue avec le temps, à condition évidemment d'aimer la musique lourde et souvent bizarre. Sans révolutionner le genre, il s'agit d'un album qui sera assurément plaisant à présenter en spectacle, grâce à des pièces locomotive comme "Malachop" et "Catherine". À surveiller dans les festivals à l'été 2005: Arseniq33 y sera certainement! (avril 2005)

Indica

Atach Tatuq - Deluxxx

Atach Tatuq, Deluxxx

Atach Tatuq est un groupe hip hop québécois qui en est maintenant à son 2e album. Deluxxx nous offre 21 titres totalisant 64 minutes. Ce qui rend leur son particulièrement intéressant, c'est un fond musical doux et jazzy. On retrouve aussi une fille qui vient rapper sur différentes pièces avec sa voix douce, ce qui donne une atmosphère différente de ce à quoi le hip hop nous a habitué. Le principal point négatif de l'album est la présence de textes un peu insignifiants par moments, ce qui a quand même son importance dans le hip hop. Par exemple, sur plusieurs pièces, on se plaint de l'industrie musicale au Québec, on dit que le hip hop n'est pas mort, etc. Tout ça est vrai, mais j'ai toujours eu de la difficulté avec les textes qui parlent de leur style musical ou mentionnent le nom du groupe, et ça vaut pour tous les styles. Que ce soit un rappeur qui dit qu'il fait du hip hop ou un chanteur country qui dit qu'il aime chanter du country, pour moi c'est du pareil au même: c'est un peu ridicule. Comme le fait qu'on mentionne à plusieurs reprises qu'on s'appelle Atach Tatuq, ce que je trouve dommage, car ça vient porter ombrage au fond du propos qui est généralement pertinent et à certaines pièces de très grande qualité comme "L'homme déçu/HDOO" (digne de Jérôme Minière). Musicalement, Atach Tatuq nous offre quand même un produit de grande qualité qui pourrait venir concurrencer Loco Locass en travaillant un peu plus certains textes et en éliminant certaines pièces moins utiles. Un album de 40 ou 45 minutes ne conservant que le meilleur de ce qui est présenté ici aurait pu être assez impressionnant... (mars 2006)

Anubis/Indica

Audioslave - Out Of Exile CD Cover Art

Audioslave, Out Of Exile

Trois ans après un premier album qui avait partagé les critiques, certaines parlant d'un Chris Cornell (ex-Soundgarden) chantant tout simplement sur la musique de Rage Against The Machine, voilà qu'Audioslave nous revient avec un deuxième essai. Pour ma part, j'étais plus ou moins d'accord avec les critiques à l'époque et j'avais plutôt l'impression que le groupe avait su développer son propre style. C'est encore plus le cas ici. Bon, évidemment on retrouve quelques éléments des 2 anciens groupes, mais l'ensemble est encore plus solide que sur leur album éponyme avec un meilleur amalgame de la voix de Cornell avec la musique des ex-Rage, dirigés par Tom Morello. Rage nous revient inévitablement en tête sur la chanson-titre, alors que la pop de "Be Yourself" nous présente probablement ce qui différencie le plus Audioslave de son passé. La puissance de "Doesn't Remind Me" en fait une des pièces les plus solides de l'album, pendant que sur "Drown Me Slowly" Cornell prend parfois un ton de voix qui nous rappelle Bon Scott de AC/DC, un autre bon moment. "Man Or Animal" est également une de mes préférées avec son rock n' roll d'une grande efficacité. Il y en a 12 comme ça dans le genre rock tout de même assez commun, mais avec de bons moments qu'on apprécie de plus en plus à chaque écoute. Même si les compositions sont souvent efficaces, il reste que leur musique est tout de même assez difficile d'accès pour un nouveau public et ne cadre pas du tout dans les standards rock actuels. Une fois "Be Yourself" exploitée au maximum par les radios, celles-ci n'auront rien d'autres répondant à leurs critères pour offrir à leurs auditeurs. Ce sont donc les fans des 2 groupes précédents Audioslave qui se procureront à nouveau cet album, qui les dépaysera probablement. Si vous aimez aussi Pearl Jam et que vous avez apprécié leur premier album, vous allez probablement aussi apprécier celui-ci. Si vous ne faites partie d'aucun des groupes de fans mentionnés précédemment, je crois que vous aurez de la difficulté à entrer dans l'univers de Out Of Exile. (août 2005)

½

Babaloo - Babaloo International

Babaloo - Babaloo International

Le groupe éclectique de Boston Babaloo existe depuis 1994. Ils décrivent leur musique comme du mambo punk, mais ils combinent aussi entre autres la samba, le reggae et le ska. En fait, ce qu’ils nous offrent, c’est une musique de party dansante et internationale. Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre des paroles en français entre autres dans « Martine », « Logan » et « Rumba pour maman ». Ils chantent également en espagnol et évidemment en anglais. Babaloo International nous offre 15 pièces ensoleillées et divertissantes et vous ne vous ennuierez à aucun moment pendant les 53 minutes du CD. Un très bon disque! (avril 2008)

½

Bane - The Note CD

Bane, The Note

The Note est le 3e album de ce groupe hardcore de la côte est américaine. Leur son se rapproche plus du métal que du punk alors que j'ai entendu une ressemblance avec les pionniers de D.R.I. et Converge, même si on peut aussi les associer à Death By Stereo. Ce qui les différencie particulièrement des autres groupes du genre, c'est le positivisme qui remplit leurs chansons. Cette attitude nous les rend plutôt sympathiques, malgré un son hardcore qui n'attirera certainement pas la masse. Les rythmes variés de l'album sont intéressants, mais c'est dommage que le timbre de voix de Aaron Bedard n'ait pas aussi certaines variations. Personnellement, c'est la seule chose qui m'a dérangée à partir de la 2e moitié de l'album, parce qu'on en vient à entendre seulement la voix en oubliant la musique. Par contre, si vous aimez ce type de voix criardes et toujours sur le même ton, la musique de Bane vous conquérra probablement. Pour amateurs de musique hardcore seulement. (juin 2005)

Equal Vision

Bearvsshark - Terrorhawk CD

Bear Vs Shark, Terrorhawk

Terrorhawk est le deuxième album du groupe américain Bear Vs Shark et son plus mûr à ce jour. Le groupe nous propose un son alternatif original avec de bonnes variations rythmiques qui peuvent nous rappeler Fugazi et Modest Mouse. On y retrouve des moments doux ("Baraga Embankment") qui viennent atténuer les élans hardcore du groupe à différentes occasions. Bear Vs Shark est assurément un des groupes les plus créatifs à faire partie de la famille de Equal Vision Records et ce nouvel album nécessite quelques bonnes écoutes pour vraiment entrer dans leur univers. Mais, à partir du moment où on y arrive, on s'en voit grandement récompensés. Un album qui s'écoute bien pour toute personne ouverte d'esprit, mais qui aura de la difficulté à attirer l'attention d'un public plus large. (juillet 2005)

Equal Vision

½

Beck - Guero CD

Beck, Guero

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Toujours en quête de nouveau, de REnouveau, de surprise et d'incroyable, Beck revient avec Guero, trois ans après Sea Change, un album version "songwriter", entièrement acoustique. La chronique d'un album de Beck est toujours un exercice très délicat, tant les styles changent, tant son oeuvre globale est "incohérente". Mais pour la première fois, le suspense a été relativisé par les quelques informations divulguées avant la sortie du disque: Guero allait être produit par les Dust Brothers, déjà artisans et producteurs de l'immense Odelay... Le spectre de Odelay planait au dessus de Guero, certains disaient même que ce nouvel album serait une suite du chef-d’œuvre de 1996... Beck revient donc à une musique plus rythmée, plus sophistiquée et donc plus contemporaine, réintégrant les ingrédients qui ont fait le succès de Odelay, hip-hop, folk, country, un soupçon de funk, rock et sonorités électro. Le premier morceau de l'album est tellement reconnaissable dans le style, que l'on se demande s'il n'a pas déjà dix ans! Beck et les Dust Brothers sortent l'artifice lourd mais qui, au fil des morceaux, donne presque l'impression de poudre aux yeux, pour brouiller l'auditeur qui, dans son incompréhension la plus totale, finit par décrire Guero comme un album sensationnel et historique. Pourtant, pour la première fois depuis longtemps, ce nouveau disque paraît un peu surfait, sûr de lui, et sans conviction... cet excès d'originalité en fait au final un disque trop banal, voire lassant. Odelay devait rester unique! (juin 2005)

Brendan Benson - The Alternative To Love

Brendan Benson, The Alternative To Love

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Alors qu’il a déjà annoncé son projet d’album enregistré avec Jack White (White Stripes), avec une sortie prévue pour cette année, Brendan Benson vient de sortir son troisième opus, The Alternative To Love. Vraisemblablement élevé au son des Beatles (écoutez "Them And Me" et "Biggest Fan") et autres grands groupes de pop 60’s, l’américain livre ici un disque très inspiré de ses aînés, avec suffisamment de conservatisme et de modernisme dans son approche pour en faire un mixage très audible, de grande qualité même. Doté de quelques titres pop énergiques (dont l’excellent titre introductif "Spit It Out", "Alternative To Love") et d’autres plus mélodiques ("Cold Hands"), Benson réanime un genre que l’on pensait disparu à jamais… avec quelques tentatives déjà ratées auparavant par d’autres artistes. En résumé, voilà un album réussi, qui doit quasiment tout à son auteur, compositeur et interprète, même si les nombreuses instrumentations soutiennent une nouvelle fois ce travail en solo. Un artiste un peu à part, à surveiller de très près ! (mai 2006)

½

Blackalicious - The Craft

Blackalicious, The Craft

Blackalicious est un duo rap de la côte ouest américaine qui en est à son 3e album complet, même si le groupe existe depuis 1992 (on peut même remonter jusqu'à l'école secondaire en 1987). On peut les comparer à The Roots, Busta Rhymes et Outkast. Ce qui les différencie essentiellement de la mer d'artistes hip hop qui envahit les canaux spécialisés (50 Cent et compagnie), c'est leur positivisme et leur spiritisme. Des canaux comme MTV préfèrent généralement de beaucoup les rappeurs aux propos violents et misogynes, ce qui malheureusement devient aussi la norme chez les jeunes. Avec Blackalicious, il n'y a ni bling bling, ni pitounes presque nues se déhanchant derrière eux dans des vidéoclips insipides. C'est plutôt une musique intelligente que nous offrent Gift of Gab (Timothy Parker) et Chief Xcel (Xavier Mosley). Une musique recherchée et travaillée qui ne manque pas de rythme et de mélodies accrocheuses et qui a tout ce qu'il faut pour connaître autant de succès que Eminem, The Black Eyed Peas, etc. Malheureusement, ils ne font pas partie de la clique qui leur permettrait d'avoir autant de temps d'antenne, même si plusieurs pièces ont un énorme potentiel commercial ("Supreme People", "Powers", "Side To Side", etc.). Selon certaines critiques que j'ai lues, The Craft ne serait pas le meilleur album que le duo a produit jusqu'à maintenant. Si c'est le cas, qu'on m'envoie les autres immédiatement, parce qu'il s'agit possiblement du meilleur album hip hop de 2005! (janvier 2006)

Anti- / Epitaph

½

Black Eyed Peas - Monkey Business

The Black Eyed Peas, Monkey Business

L'arrivée de Fergie dans le groupe et le lancement d'un album magistral en Elephunk a permis à The Black Eyed Peas de conquérir le monde en 2003. Avec Monkey Business, leur 4e album, le groupe tente de répéter les exploits du précédent, autant sur les palmarès pop que dans le milieu hip hop. Avec des succès de premier plan comme "Don't Phunk With My Heart", "Don't Lie" et "My Humps", c'est un succès certain qu'on a entre les mains. Le groupe mélange encore une fois les styles musicaux allant bien au delà du simple hip hop. Le funk et le rock viennent s'y fusionner habilement pour créer ce style qui leur est maintenant propre, le tout demeurant toujours très pop évidemment (plus d'une demi douzaine de pièces sont des succès radio assurés). En démarrant l'album avec un échantillonnage tout ce qu'il y a de moins subtil de la chanson thème du film Pulp Fiction, on s'est assuré d'attirer l'attention. Par la suite, on tentera de conserver l'intérêt grâce à des pièces accrocheuses, mais aussi grâce à des propos sexuels à gauche et à droite, propos typiques au hip hop. Selon moi, c'est le côté le plus décevant de cet album qui tombe dans les mêmes pièges qu'un grand nombre d'autres artistes dans le genre. Plus que jamais Fergie apparaît comme la poupée de service dans un groupe aussi misogyne que bien d'autres groupes hip hop (ce qui est particulièrement évident sur "My Humps"). C'est certain que musicalement c'est intéressant, accrocheur et dansant, de quoi plaire à tout leur jeune public. Mais quand on commence à porter attention aux paroles, l'intérêt tombe et on trouve dérangeant que les jeunes s'identifient à un groupe qui a de tels propos. Notons encore une fois la participation de Justin Timberlake sur "My Style", en plus d'une participation de Sting et Branford Marsalis sur "Union" qui contient de l'échantillonnage de "An Englishman in New York" de Sting. Malgré les éléments négatifs, si vous avez aimé Elephunk, Monkey Business vous plaira probablement encore. (janvier 2006)

Bloodhound Gang - Hefty Fine CD

Bloodhound Gang, Hefty Fine

Voici le groupe pipi-caca-queue-vômi par excellence qui nous revient avec son 4e album, le premier depuis 2000. Je ne connais pas très bien l'emploi du temps du groupe au cours des 5 dernières années, mais j'ai de la difficulté à croire qu'il a fallu tout ce temps pour pondre autant de stupidités. Ils avaient mis 4 ans entre les 2 précédents albums, mais au moins ils étaient arrivés avec leur meilleur en carrière, même si ce n'est pas le remplissage et les propos insipides qui manquaient. Mettez quelques amis autour d'une caisse de 24 et ils peuvent certainement sortir autant de niaiseries en une soirée. Comme vous le devinez probablement, le groupe n'a pas encore évolué et est toujours plongé dans ses propos d'adolescents. Généralement, je porte plus attention à la musique qu'aux textes, mais ici c'est difficile d'éviter les textes puisqu'ils nous arrivent en plein visage et que la musique ne rachète rien. Quelques exemples de propos dignes des plus grands poètes, et ce seulement dans les titres: "Balls Out", "I'm The Least You Could Do", "Farting With A Walkman On" sans oublier le classique intermède "Diarrhea Runs In The Family". Quoi de mieux que d'entendre quelqu'un chier? Est-ce qu'ils passeront un jour la phase anale? Au moins sur leur précédent album, quelques musiques intéressantes faisaient en sorte qu'on ne détestait pas totalement et quelques succès ont réussi à survivre. Ici, le premier extrait, "Foxtrot Uniform Charlie Kilo", est de loin la meilleure de l'album, avec peut-être "Pennsylvania". Ils reviennent à nouveau avec une pièce dansante, "Uhn Tiss Uhn Tiss Uhn Tiss", question de tenter de répéter le succès de "Bad Touch" sur Hooray For Boobies. C'est donc un album à éviter à moins que de tels propos vous fassent rire énormément. En passant, à entendre la quantité de mots qui pourraient être censurés sur la version explicite, n'achetez pas la version éditée, parce que vous y entendrez probablement plus de sonnettes, de trompettes et autres bruits de toute sorte que de paroles! Remarquez que ce serait peut-être une bonne chose pour améliorer l'album... (décembre 2005)

Boy Sets Fire - Before The Eulogy

Boy Sets Fire, Before The Eulogy

Boy Sets Fire est un groupe punk hardcore progressif du Delaware qui a 3 véritables albums à son actif en excluant les mini-albums (la sortie d'un 4e est prévue pour mars 2006). Before The Eulogy est un ramassis d'enregistrements démos, 7 pouces et autres raretés. On y trouve aussi le mini-album In Chrysalis et 2 des 3 pièces du mini-album Suckerpunch Training. Les fans du genre qui ne connaissent pas encore le groupe risquent de les découvrir de belle façon ici, ce qui les invitera peut-être à se procurer leurs autres albums. Sinon, il s'agit essentiellement d'un disque pour les fans du groupe qui en auront pour leur argent avec 20 pièces pour un total de 64 minutes. (janvier 2006)

Equal Vision

Boy Sets Fire - Day The Sun Went Out CD

Boy Sets Fire, The Day The Sun Went Out (1997) (réédition de 2005)

Boy Sets Fire a été formé au Delaware il y a plus de 10 ans et a lancé 3 albums depuis ce temps. The Day The Sun Went Out est leur tout premier et leur plus solide à ce jour, si je me fie à ce que j'ai lu au sujet du groupe puisque je ne les connaissais pas avant d'entendre cet album. On en retrouve ici la réédition puisqu'il n'était plus disponible depuis un certain temps. Le groupe nous propose un son punk hardcore, parfois emo et parfois progressif. C'est donc un heureux mélange qu'on peut entendre. Dans plusieurs pièces, la voix de Nathan Gray est criarde (pas vraiment gutturale), et c'est là que j'aime moins le son du groupe. Dans les pièces un peu plus mélodiques comme "Swingset" et "In Hope" par exemple, le groupe reprend son aplomb et du même coup, de l'intérêt selon moi. La réalisation de l'album fait en sorte que la guitare est plutôt discrète dans bien des occasions, malgré l'importance qu'elle a sur l'album. C'est plutôt la basse qui vole très souvent la vedette. Ils ont eu de la difficulté à obtenir un bon contrat de disques, car paraît-il on ne pouvait pas entendre de hits parmi leurs compositions. C'est le cas, et à tel point qu'on n'en retient pas grand-chose non plus. Si vous aimez le genre hardcore avec une certaine créativité, vous risquez de bien apprécier. (décembre 2005)

Equal Vision

Bravery - Bravery CD

The Bravery, The Bravery

The Bravery est un nouveau groupe de New York qui s'inscrit parfaitement dans la nouvelle vague rock des dernières années. On peut les comparer à The Killers, Franz Ferdinand, The Stills et The Strokes, avec des influences de New Order ("An Honest Mistake"), Duran Duran, The Cure ("Tyrant") et autres groupes new wave et électro du début des années 80. Compositions originales, voire même surprenantes compte tenu du grand nombre de groupes dans ce genre à nous être apparus récemment, ce premier album du groupe ne vous laissera sûrement pas indifférents si vous appréciez les groupes nommés précédemment. Leurs rythmes entraînants, jumelés à des mélodies inoubliables, leur apporteront un succès assuré. J'ai aussi détecté un petit côté garage tout de même assez discret par moments qui peut nous rappeler The Hives ("Swollen Summer"). Les 11 pièces de l'album (+ 1 boni), qui s'enchaînent magnifiquement pendant 40 minutes, devraient vous donner de bien bons moments cet été et qui sait, peut-être que The Bravery attirera autant l'attention en 2005 que l'a fait Franz Ferdinand en 2004. Malheureusement, ils n'ont comme seul inconvénient que d'arriver après plusieurs autres groupes et ne risquent donc pas d'éblouir autant que leurs prédécesseurs. Mais, c'est une valeur sûre pour les amateurs du genre. (découverte du mois de juillet 2005)

½

Caïman Fu, Les charmes du quotidien

Lorsque la comédienne Isabelle Blais et son groupe Caïman Fu ont lancé leur premier album en 2003, les réactions étaient partagées. Pour certains, il s'agissait simplement d'une comédienne qui essayait de chanter et ils affirmaient que ce serait assurément mauvais avant même de l'avoir écouté. Que voulez-vous, il semble qu'au Québec on ait un gros problème avec la polyvalence et qu'une personne ne puisse porter qu'un chapeau. Pourtant, Isabelle elle-même affirme avoir trempé dans la musique bien avant de participer à une première pièce de théâtre et il était déjà question pour elle et son groupe de faire un album dès le cégep. Voici maintenant que le groupe nous présente son deuxième album, dont les textes ont entièrement été écrits par Isabelle (sauf un sur lequel elle a collaboré avec Stéphane Massicotte). Une touche de maturité additionnelle vient s'ajouter à ce nouvel album, un album pop rock extrêmement riche en sonorités diverses. Vous y croiserez du swing ("Bouhoutime"), du tango (la chanson-titre), du disco ("Wow"), du cabaret ("Pourquoi l'ennui?") et un peu de funk par-ci par-là ("Get You Back", etc.). L'utilisation de cuivres et de violons fournit un ajout plus qu'appréciable à une formation guitare, basse et batterie qui est déjà particulièrement efficace (comme on peut le constater dans les moments les plus rock). Puis, Isabelle Blais a une voix magnifique et interprète ses textes d'une façon unique qui bénéficie de la valeur ajoutée de sa formation de comédienne. Sa joie de vivre communicative nous change des interprètes sombres et troublés qui semblent seulement être capables de chanter des textes qui ont été écrits dans un moment de déprime intense. Les charmes du quotidien, qui bénéficie d'une réalisation de première qualité, réussit à nous transporter dans un monde joyeux et varié qui ne vous ennuiera jamais. Peu de pièces peuvent être qualifiées de faibles parmi les 13 que l'on retrouve ici et les 62 longues minutes de l'album vous offriront un divertissement assuré qui vous semblera bien plus court. Il s'agit d'un album touchant d'originalité et de fraîcheur qui fait certainement partie des albums québécois les plus intéressants de 2005! (octobre 2005)

Voxtone

½

Chiodos - All's Well That Ends Well CD

Chiodos, All's Well That Ends Well

Voici un nouveau groupe de Flint, Michigan au style plutôt éclectique incorporant de nombreuses variations rythmiques à l'intérieur de ses compositions. Par le fait même, All's Well That Ends Well est passablement difficile à décrire et à comparer. Les 6 gars de Chiodos, qui ont tourné avec Yellowcard et Coheed & Cambria, ont des influences de Saves The Day, Queen et At The Drive In, et on peut les comparer par moments à Faith No More, The Mars Volta et même System Of A Down par les changements d'ambiance pouvant passer d'un métal puissant à un simple piano très doux. Des rythmes électroniques, des élans punks, de l'expérimentation et des mélodies accrocheuses viennent s'ajouter à cet heureux mélange qui vous gardera sur le bout de votre siège pendant toutes les 42 minutes de l'album de 13 pièces. Ils affirment avoir comme règle de ne jamais respecter une structure couplet-refrain-couplet et je peux vous dire qu'ils remplissent très bien leurs obligations. Sans demeurer totalement créatifs tout au long du disque, les gars de Chiodos ne vous ennuieront assurément pas avec des structures trop répétitives. Les fans de rock éclectique, énergique et différent devraient y trouver beaucoup d'éléments satisfaisants et intéressants. (découverte du mois d'août 2005)

Equal Vision

½

Circa Survive - Juturna CD

Circa Survive, Juturna

Circa Survive est un nouveau groupe alternatif américain regroupant d'anciens membres des groupes Saosin, This Day Forward et Taken. Leur son renferme certaines influences progressives et métal, mais demeure particulièrement accessible à un public plus large, même si on n'y retrouve pas nécessairement de "hits" instantanés. C'est plutôt un disque qu'on doit écouter à quelques reprises pour pouvoir en découvrir toutes les subtilités et en venir à l'aimer vraiment. Malgré une certaine uniformité tout au long de l'album, peu de pièces affaiblissent l'ensemble qui s'écoute d'un trait. Grâce à une grande créativité, vous aurez de la difficulté à les identifier à un style en particulier, même si on peut reconnaître à l'occasion un peu de Fates Warning, Dream Theater et Mars Volta. Un son rock des années 70 peut aussi être détecté à l'occasion, même si je les associe plus facilement au début des années 90. Pour ceux qui disent que le rock est toujours pareil de nos jours, portez une attention particulière à ce groupe qui se différencie d'à peu près tout ce que vous avez entendu récemment. Une bien belle découverte. (découverte du mois de mai 2005)

Equal Vision

½

Coheed & Cambria - Good Apollo, I'm Burning Star IV, Volume One: From Fear Through The Eyes Of Madness

Coheed and Cambria, Good Apollo, I'm Burning Star IV, Volume One:

From Fear Through The Eyes Of Madness

Voici le 3e album de Coheed and Cambria, qui est en fait la 1re partie de 2 qui conclura le concept en 4 parties racontant la saga de 2 protagonistes, Coheed et Cambria. Vous n'y comprenez rien? Ce n'est pas trop grave. Tout ce que vous avez à savoir c'est que le groupe nous offre un 3e album concept dans le style métal progressif, le premier sur une étiquette majeure. Ce qui frappe à la première écoute, c'est le changement dans le son du groupe qui s'éloigne totalement du métal emo qui nous les avait fait connaître. On se retrouve plutôt ici dans un métal progressif du milieu des années 80 alors que des groupes comme Queensrÿche et Rush nous viennent très souvent en tête. On n'est pas très loin non plus des Fates Warning et Dream Theater qui ont quant à eux surtout navigué à travers les années 90. Ce changement de son peut être particulièrement déboussolant pour les fans de la première heure qui auront l'impression d'entendre une toute nouvelle incarnation de leur groupe préféré. Ce qui ne change pas par contre, c'est la nécessité d'écouter l'album attentivement et à plusieurs reprises pour y adhérer totalement. Rien n'est facile d'approche dans ce disque de 72 minutes et 12 pièces (dont la dernière a 4 parties). C'est un album très solide qui vous plaira si vous aimez les structures compliquées. Par contre, il m'a malheureusement un peu trop rappelé les groupes des années 80 dans le même genre, ce qui a enlevé passablement de magie. J'ai tout de même hâte au prochain. (janvier 2006)

½

Coheed & Cambria - The Second Stage Turbine Blade CD

Coheed and Cambria, The Second Stage Turbine Blade (2002) (réédition de 2005)

Voici un groupe qui fait de plus en plus jaser, et avec raison. Coheed and Cambria nous présente un mélange de styles plutôt créatif et intéressant alliant emo, hardcore, progressif et pop punk. Les mélodies, de très grande qualité et particulièrement accrocheuses, sont magnifiquement chantées par Claudio Sanchez qui monte régulièrement dans des tonalités impressionnantes. The Second Stage Turbine Blade est le premier album officiel du groupe paru à l'origine en 2002 et réédité ici dans une version allongée de 3 titres. Les 3 chansons ajoutées sont "Elf Tower New Mexico", une pièce jamais parue auparavant, ainsi que "Junesong Provision" et "Everything Evil", 2 pièces de l'album présentées ici dans leur version démo. Les structures généralement complexes des pièces de Coheed and Cambria semblent grandement simplifiées grâce à la virtuosité des musiciens pour qui trois accords c'est très loin du minimum acceptable. Malgré cette complexité, plusieurs pièces auraient pu devenir des succès commerciaux à l'époque. Ce qui impressionne dès le début et tout au long de l'album, c'est la qualité de la réalisation. La section rythmique est mise en valeur de telle sorte que même à un volume tout ce qu'il a de plus correct, j'ai senti le plancher et les murs vibrer en plusieurs occasions. Il s'agit définitivement d'un son des années 2000, où tous les instruments s'entendent clairement sans nuire aux autres ou au chant. L'équilibre parfait quoi! (décembre 2005)

Equal Vision

½

Coldplay - X & Y  CD Cover Art

Coldplay, X & Y

Après nous avoir présenté le meilleur album de 2002 en A Rush Of Blood To The Head et avoir conquis le monde entier, voilà que le quatuor anglais Coldplay nous présente son successeur, X & Y. Nul besoin de vous dire à quel point la pression était forte tant les attentes des fans étaient astronomiques. Une première impression dès l'écoute de "Square One": est-ce que Coldplay nous présenterait un album avec un peu plus de guitare? La réponse est oui, malgré la présence encore évidente et efficace du piano sur certains titres (surtout "What If"). Alors qu'avec son album précédent le groupe remplaçait Radiohead dans le coeur de bien des amateurs de rock britannique, avec cet album c'est de U2 que Coldplay se rapproche le plus ("White Shadows", "Low", etc.). X & Y contient une plus grande portion de pièces rythmées par rapport à A Rush Of Blood To The Head qui contenait une majorité de pièces introspectives. La balance est donc parfaite sur cet album qui n'est jamais ennuyant, même si certaines pièces peuvent un peu trop ressembler à des compositions de l'album précédent. C'est donc un excellent album que nous présente à nouveau Coldplay, un album qui n'égale peut-être pas toutes les qualités créatives du précédent, mais qui vous fera assurément passer de bons moments. Si vous aimez le succès "Speed Of Sound", soyez sans crainte, car la chanson représente assez bien le reste du disque. (critique principale d'août 2005)

Converge - Petitioning The Empty Sky CD

Converge, Petitioning The Empty Sky (1996) (réédition de 2005)

Converge est un groupe de métal / punk hardcore qui a changé la face du genre dans l'underground américain des 10 dernières années. Avec des riffs métal à la Slayer et Carcass et des structures s'apparentant au nouveau punk hardcore, le groupe nous propose un son toujours agressif, bruyant et criant qui plaira assurément aux amateurs de métal qui n'en ont rien à faire du métal commercial. Petitioning The Empty Sky a été lancé à l'origine en 1996 sur une étiquette indépendante avant d'être réédité en 1998 par Equal Vision Records. Cette nouvelle édition remixée et remasterisée de 2005, qui se veut un remerciement aux fans du groupe qui l'ont suivi depuis ses débuts, nous propose une pièce en boni qui est une version inédite de "Love As Arson" parue sur l'album When Forever Comes Crashing, ainsi qu'une portion multimédia contenant le vidéoclip "Forsaken". Il ne constitue certainement pas le meilleur album du groupe avec trop de titres qui nous laissent indifférents, mais "The Saddest Day", qui ouvre l'album, vaut le prix du disque à elle seule et est certainement une de leurs plus populaires en spectacle. Le simple "Forsaken" et la trop courte "Buried But Breathing" sont également intéressantes. Veuillez aussi noter que les 3 dernières pièces de l'album, "For You", "Antithesis" et "Homesong", ont été enregistrées en direct. (mai 2005)

Equal Vision

Converge - When Forever Comes Crashing CD

Converge, When Forever Comes Crashing (1998) (réédition de 2005)

Dès les premiers riffs de When Forever Comes Crashing, on sent que Converge va un peu plus loin que sur son précédent album Petitioning The Empty Sky. Dans les moments les plus rapides, Slayer nous vient toujours en tête, mais le groupe ajoute un peu plus de profondeur à ses structures musicales. Des titres comme "My Unsaid Everything", "The High Cost Of Playing God", "Towing Jehovah", "Love As Arson" et la chanson-titre, bien éparpillées tout au long du disque de 40 minutes, rendent le groupe tout à fait intéressant à tout amateur de métal qui se respecte. La ligne directrice, plus solide que sur l'album précédent, nous propose beaucoup moins de remplissage et de pièces sans intérêt. Par contre, vous devez toujours avoir les oreilles aussi résistantes puisque la douceur, vous la chercherez longtemps sur cet album. Cette nouvelle édition remixée et remasterisée nous offre en boni un enregistrement démo jamais paru auparavant, "Bitter And Then Some". Une portion multimédia contient aussi le vidéoclip de la chanson-titre. Cette réédition d'un des meilleurs albums de Converge vous permettra de découvrir un excellent groupe de métal underground et vous donnera probablement envie de vous procurer leur plus récent, You Fail Me, lancé sur Epitaph à l'automne 2004. (mai 2005)

Equal Vision

½

Corgan, Billy - TheFutureEmbrace CD Cover Art

Billy Corgan, The Future Embrace

Voici un bonhomme au talent immense qui a su l'exploiter au maximum dans la première moitié des années 90 au sein de The Smashing Pumpkins. Malheureusement, il a semblé perdre son inspiration par la suite et la fin des Pumpkins était inévitable au début des années 2000. Corgan est revenu plus heureux que jamais avec un nouveau groupe, Zwan, et un album, Mary Star Of The Sea, lancé en 2003. Les critiques avaient été bonnes à son égard, mais ce n'est certainement pas un album qui passera à l'histoire parce qu'on n'en retient pratiquement rien. Maintenant, Corgan effectue un retour, mais cette fois-ci en solo. Première impression à l'écoute de The Future Embrace: on y retrouve des éléments électroniques intéressants, parfois très années 80, qui provoquent une coupure avec ce qu'il a fait dans le passé. Par contre, une fois accoutumé à ce nouveau son, on se retrouve vite avec la même impression que sur l'album de Zwan, c'est-à-dire qu'on n'en retient pas grand' chose. Le début de "Mina Loy" et de "The Cameraeye" par exemple semblent de bon augure et on a hâte d'entendre la suite. Par contre, avant même le milieu de ces pièces Corgan est à nouveau pris dans de vieilles habitudes et la différence avec ses oeuvres précédentes devient à peine perceptible. "Tolovesomebody" par contre, une reprise des Bee Gees, est vraiment très bonne et crée une atmosphère planante bien agréable, tout comme la techno "A100". En conclusion, c'est un album avec de bons éléments, mais qui est bien loin du calibre des 3 premiers albums des Smashing Pumpkins. On comprend pourquoi toutes sortes de rumeurs mentionnent que Corgan cherche désespérément à convaincre les anciens membres de son groupe légendaire à faire un retour. Tout seul, il semble un peu perdu. (septembre 2005)

Crila, Humaine

Humaine, le premier album de la jeune chanteuse québécoise Crila, a été produit en direct sur le web, ce qui en fait une des premières web-réalités au Québec. Même si l’impact n’avait rien à voir avec les télé-réalités, le concept lui a tout de même permis de se faire découvrir avant la sortie de son album, avec en plus le premier simple qui jouait à la radio, "Fast Food Waitress". La jeune femme nous propose un album résolument rock, un album qui m’a même surpris par son mur de guitares (grâce à Momo) défiant agréablement la magnifique voix de la chanteuse. On peut la comparer à Andrée Watters, la récipiendaire de l’album rock de l’année au dernier gala de l’ADISQ, mais avec plus de guitares et plus de pièces rock, même si quelques ballades viennent conclure l’album. Son énergie nous rappelle aussi les bonnes années de France D’Amour du temps de l’album Animal (est-ce qu’il faut faire un lien avec Humaine?). Ce qui est certain, c’est qu’elle va plus loin que la rockeuse actuelle du Québec Marie-Chantal Toupin et est beaucoup plus assumée que la pseudo-punk Marie-Mai (qui sent toujours le besoin de se donner un petit air méchant). Crila nous offre un rock qui demeure suffisamment pop pour accrocher les radios ainsi que tous leurs auditeurs. L’excellente "Laissez-moi dormir" joue énormément ces temps-ci et surveillez son nouveau vidéoclip, "Good Girl @ vendre", qui est tout aussi intéressant. Bon, évidemment les textes ne vont pas toujours au-delà du premier degré et le son hard rock se rapproche plus d’un son d’il y a 15 ans aux Etats-Unis que d’un son de 2005 (ce qui est très typique du rock québécois de toute façon), mais l’énergie de Crila est bien rafraîchissante dans le paysage rock québécois. Enfin, une chanteuse qui ne joue pas à la rockeuse et demeure elle-même tout en offrant un produit intéressant. En achetant le CD, vous aurez en boni un généreux DVD contenant le making of de l'album, le making of du vidéoclip "Laissez-moi dormir" et les 2 vidéoclips "Laissez-moi dormir" et "Fast Food Waitress". (avril 2005)

Disques Double

½

Sheryl Crow - Wildflower

Sheryl Crow, Wildflower

Après l'album ensoleillé C'mon, C'mon paru en 2002, voici que la jolie Sheryl, qui ne fait toujours pas ses 44 ans, nous revient avec un 5e album studio beaucoup plus introspectif, pour ne pas dire ennuyant. Depuis un certain temps déjà, elle nous offre de plus en plus de pièces pop adultes où le rock devient totalement absent. Sur l'album précédent, la présence de chansons pop particulièrement efficaces nous les faisait oublier, mais ici les pièces up tempo se font plus rares que jamais. Ayant toujours trouvé qu'elle pouvait être assez ennuyante dans des pièces pop adultes comme elle nous offre ici, je n'ai aucune difficulté à affirmer que Wildflower est l'album que j'aime le moins de Sheryl Crow. Musicalement, les arrangements riches sont très intéressants, mais je trouve que la voix de Sheryl rend le tout passablement monotone. Contrairement à ses enregistrements précédents, les pièces nécessitent quelques écoutes attentives pour nous accrocher. Le problème, c'est que je n'ai pas trop envie de prendre ce temps à essayer d'aimer un album de Sheryl Crow quand d'autres artistes aux ambiances douces et relaxantes m'attirent beaucoup plus musicalement. Même si certaines critiques parlent de son album le plus solide à ce jour, je ne peux être d'accord, malheureusement. (février 2006)

½

Pauline Croze, Pauline Croze

Voici une jeune française dans la mi-vingtaine qui réussit son pari de nous présenter ses textes en français sur une musique rythmée. Elle nous offre des chansons bien personnelles avec une couleur parfois folk, parfois sud-américaine et parfois funk. Le son demeure toujours doux et la musique accompagne magnifiquement sa voix chaude et mature. Même si son album est éponyme, il aurait très bien pu s'intituler Mise à nu, comme la première pièce de l'album. En effet, c'est un thème qu'on retrouve tout au long de l'album autant dans les textes que dans les photos, mais rassurez-vous car ce ne sont que des photos artistiques qui n'ont rien de bien choquant. Vous en aurez d'ailleurs un bon aperçu en visitant son site officiel. C'est un bon album qui s'écoute merveilleusement bien, créant une atmosphère toute particulière. Non seulement il plaira aux amateurs de chanson française, mais il aura en plus l'avantage d'aller plus loin musicalement que la plupart des interprètes de chansons à textes. À découvrir... (septembre 2005)

Diffusion YFB

½

Dandy Warhols - Odditorium Or Warlord Of Mars CD

The Dandy Warhols, Odditorium or Warlord of Mars

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Le standard, le trop propre, le politiquement correct, le banal... tout cela, ce n'est pas pour les Dandy Warhols. Odditorium..., leur 5e album, reprend un mix des styles déjà proposés sur leurs précédents albums (tous très différents), mais bien moins 80's que sur le précédent. « A Piece Of History... », les premiers mots prononcés dans l'intro parlée (sur la première piste), résume déjà tout le décalage qui existe entre les Dandy désinvoltes et le reste du monde musical: autodérision, mégalomanie? Personne ne sait avec eux! Globalement, les Dandy Warhols, c'est de la pop atmosphérique, avec ce qu'il faut de rock n' roll dans les riffs, et de velouté exquis de la musique pop planante, qui tend souvent à s'éterniser durant plusieurs minutes... Sur fond de musique acoustique, de quelques beaux effets et autres gimmicks à la guitare électrique, le groupe compose de longs morceaux bourrés d'instrumentations, de cuivres et instruments à vent. Ça donne vraiment un goût particulier à cette musique, qui s'étale derrière un chant un peu masqué, pas très franc à vrai dire, mais qui colle parfaitement. Ceux qui ont aimé l'album Thirteen Tales From Urban Bohemia ne seront pas dépaysés parce que des titres comme "Love Is The New Feel Awful" et "All The Money Or The Simple Life Honey" se rapprochent largement des tubesques "Get Off" et "Bohemian Like You". Plus on s'imprègne de l'album, plus on se laisse bercer dans ces morceaux interminables (que certains qualifieront de trop longs), plus on a l'impression de retomber dans un univers à la Pink Floyd, décoré de tentures psychés et d'un fond rock des Rolling Stones (rien n'est inventé, ce sont leurs influences les plus flagrantes...), avec par exemple, "Easy", long de près de 8 minutes. Avec Odditorium, les Dandy Warhols hypnotisent une nouvelle fois par une musique dense et facétieuse, revenant à un album de qualité quasi équivalente à celle de Thirteen Tales(novembre 2005)

The Darkness - One Way Ticket To Hell... And Back

The Darkness, One Way Ticket To Hell... And Back

Le quatuor britannique The Darkness sévit à nouveau avec un autre album hard rock typique des années 80 et de la fin des années 70. C'est un album que je craignais considérant que le groupe avait réussi un tour de force en lançant un premier album solide même si personne ne pouvait dire s'il s'agissait d'une blague ou d'une réelle création artistique. Si vous aimiez les riffs de guitare de Permission To Land, vous ne serez pas trop dépaysé ici, puisqu'on reprend exactement où on a laissé, sans aucune progression, comme je l'avais prédit. Serais-je devenu devin? Avec la chanson-titre à succès, les fans de la première heure se lanceront à nouveau dans leur magasin préféré pour se procurer cet album. Par contre, le disque de seulement 10 pièces et totalisant un maigre 35 minutes ne leur donnera pas grand-chose de plus original. Par moments, j'ai même cru entendre Meat Loaf, ce qui n'est pas de très bon augure! Il y a encore une paire de ballades ("Seemed Like A Good Idea At The Time" et "Blind Man"), la bonne vieille recette quoi... Bon, il y a bien 2 ou 3 titres intéressants comme les énergiques "Is It Just Me? et "Girlfriend", ainsi que la celtique "Hazel Eyes", mais on n'y retrouve rien de mémorable et d'inoubliable. On a mis le paquet dans les orchestrations, mais ça n'améliore pas le fond qui fait penser à des pièces rejetées lors des sessions d'enregistrement pour l'album précédent. Si la solidité de leur premier album nous faisait oublier qu'il aurait pu avoir été lancé 20 ans plus tôt, ici on ne peut s'empêcher de penser à tous ces groupes à cheveux crêpés des années 80 qu'on a oubliés depuis longtemps, très souvent volontairement. Les plus grands fans du premier album trouveront des éléments intéressants sur One Way Ticket To Hell... And Back, mais c'est loin d'être un disque essentiel... (mars 2006)

Day Of Contempt - The Will To Live CD

Day Of Contempt, The Will To Live

Day Of Contempt apporte un son hardcore moderne à la scène australienne après le punk rockabilly de The Living End et le hard rock de Jet. Hardcore, en effet, mais avec aussi de bonnes mélodies par moments, ce qui en fait un son tout de même accessible. Après un premier album indépendant lancé dans leur Australie natale en 2003, le groupe nous arrive avec ce mini-album de 6 chansons réalisé par nul autre que Josh Abraham (Weezer, Velvet Revolver, Linkin Park, Orgy, Static-X, Coal Chamber). On retrouve d'ailleurs un peu de Linkin Park et Static-X dans leur côté métal. La pièce centrale de ce mini-album est "Shattered Deams and Broken Hearts", une pièce qui allie parfaitement douceur et agressivité dans une structure à la limite du rock progressif avec des claviers particulièrement bien utilisés. The Will To Live nous offre un bon aperçu de ce que le groupe est capable de nous offrir et a l'avantage d'être vendu à bas prix, mais il est définitivement trop court avec ses 22 minutes. Un album complet de Day Of Contempt sera probablement plus apprécié. (octobre 2005)

Epitaph

Death By Stereo - Death For Life CD

Death By Stereo, Death For Life

Sur son quatrième album, le groupe californien Death By Stereo va plus loin que jamais et nous présente un style de métal extrêmement bien travaillé qui s'éloigne presque totalement du punk qui était toujours présent dans leur musique auparavant. On retrouve encore des éléments de Slayer et du speed metal des années 80, mais avec plus d'éléments de nouveau métal et d'un métal créatif à la Faith No More. Dès le début, avec l'excellente "Binge/Purge", on est totalement impressionné et les attentes sont automatiquement créées pour le reste de cet album qu'on espère supérieur à Into The Valley Of Death, leur album le plus solide à ce jour paru il y a 2 ans. "I Give My Life" est également très impressionnante et, même si la situation se stabilise par la suite, quelques titres plus qu'intéressants ressortent du lot ("Forever And A Day", "W.W.J.D." qui est dans le style de Bad Religion, etc.). Même si quelques pièces nous laissent quelque peu indifférents, d'autres sont tellement intéressantes que l'ensemble de l'album devient du même coup leur meilleur à ce jour. Beau travail! (août 2005)

Epitaph

½

Default - One Thing Remains CD

Default, One Thing Remains

Le groupe de Vancouver Default a connu un succès fulgurant en 2001 grâce à son album The Fallout, plus particulièrement grâce au méga-succès "Wasting My Time" qui a envahi les radios rock en Amérique du Nord. Protégés de Chad Kroeger de Nickelback dès leurs débuts, ils sont inévitablement comparés à cet autre groupe canadien et avec raison. Ils nous offrent le même son rock post-grunge aux mélodies puissantes, parfaites pour plaire aux radios commerciales. Malheureusement, dans ce genre de rock, l'originalité n'est pas souvent au rendez-vous. On n'a qu'à parcourir les carrières de Nickelback et Creed à ce jour pour constater qu'ils n'ont pas eu que des moments forts du côté créatif. C'est aussi le cas pour Default qui n'a ébloui personne avec son deuxième album, Elocation. Voici maintenant le troisième album du groupe, un album qui se colle encore un peu trop au son de Nickelback. Kroeger vient une fois de plus mettre son grain de sel pour la réalisation de "Count On Me", une pièce qui pourrait être interprétée par Nickelback avec très peu de différences notables. Les ballades sont un peu trop présentes et ce, tôt sur l'album avec "It Only Hurts" et "The Way We Were", ce qui nous empêche de bien entrer dans l'album et de l'apprécier vraiment. Malgré ces points que je considère comme négatifs, mais qui ne le seront probablement pas pour les grands fans de Nickelback et Creed, il y a de bons moments sur l'album. "Hiding From The Sun" avec son énergie punk/métal nous réconcilie avec le groupe, alors que "Get Out Of This Alive" nous propose une structure différente et une puissance incroyable nous rappelant les bonnes années de Soundgarden. L'énergie que les gars peuvent avoir par moments est extrêmement bien transportée par une réalisation de première qualité toute en puissance, un son qui testera assurément la qualité de vos enceintes acoustiques et vous les fera apprécier plus que jamais. En résumé, l'album n'a que très peu de matériel pour se différencier de la masse des groupes du genre, mais si c'est un son que vous appréciez, Default risque de vous plaire. (novembre 2005)

TVT

Dengue Fever - Escape From Dragon House

Dengue Fever, Escape From Dragon House

Voici un album pour les amateurs de musique éclectique et totalement différente! Dengue Fever est un groupe de Los Angeles qui chante en Khmer et s'inspire de la musique pop rock cambodgienne des années 60. Ils sont également fortement influencés par la musique surf américaine, le rock, le ska, le new wave et le garage psychédélique de la fin des années 60. Certains spécialistes disent qu'on peut également entendre dans leur musique des éléments de la musique pop de l'Asie du Sud-Est, de la musique vietnamienne de l'époque de la guerre, du klezmer, du jazz éthiopien et du soul éthiopien, mais je ne pourrais aller jusque là, mes connaissances étant tout de même limitées... Ce qui est certain, c'est que Dengue Fever ne s'approche pas à grand-chose de populaire en Amérique ou en Europe. Le seul parallèle que j'ai pu faire est le groupe pop alternatif japonais Pizzicato Five. Escape From Dragon House est le 2e album du groupe. Alors que le premier regroupait essentiellement des classiques cambodgiens, celui-ci contient presque exclusivement des compositions originales. Leur musique est rythmée, dansante et extrêmement divertissante. Elle peut autant plaire aux fans de musique rock alternative, qu'aux fans de surf (à la Pulp Fiction) et de musiques du monde. Aucune pièce ne ressort véritablement du lot, mais les 11 titres de l'album s'écoutent merveilleusement bien. Pour élargir vos horizons musicaux, Dengue Fever est un groupe à découvrir... (novembre 2006)

M80 / BRG

½

Daniel Desnoyers - Le Nightclub 01

Daniel Desnoyers, Le Nightclub 01

Un des meilleurs DJ du Québec, Daniel Desnoyers, nous est revenu cette année avec une nouvelle série de compilations, Le Nightclub. La grande particularité du Nightclub est que l'album regroupe quelques-uns des plus grands succès techno des planchers de danse à la mode, ce qui est loin des compilations techno beaucoup plus underground qu'ils nous a offertes par le passé. Le 1er volume de la série qui est paru en mars dernier contient tout d'abord l'excellente "Four To The Floor" de Starsailor qui semble vouloir faire beaucoup plus de chemin que le groupe lui-même. On retrouve ensuite la fameuse "Call On Me" de Eric Prydz qui fait surtout jaser à cause de son vidéoclip dans lequel l'aérobie prend un tout nouveau sens. Grâce à son grand talent pour mixer toutes les pièces entre elles, Desnoyers réussit habilement à réunir le remix de Abba, "Gimme! Gimme! Gimme!", par Shana Vanguarde avec celui de Kiss, "I Was Made For Lovin' You", par les Zoo Rockers. On retrouve aussi le classique "Born To Be Alive" par les Disco Kings et le remix d'Elvis, "Suspicious Minds", par P.A.R.C., en plus de pièces par les célèbres frères Benassi et Armand Van Helden. À la toute fin, on peut même entendre une pièce de Desnoyers lui-même, "Can You Hear The Butterflies". On retrouve 18 titres en tout, tous admirablement assemblés tel un casse-tête par Daniel Desnoyers, ce qui nous procure près de 72 minutes de musique dansante ininterrompue. Vous pouvez maintenant aussi vous procurer Le Nightclub 02 qui semble aussi intéressant. (novembre 2005)

Dropkick Murphys - The Singles Collection, Vol. 2  CD

Dropkick Murphys, Singles Collection Volume 2: 1998-2004

Le premier volume de cette série était paru en 2000 et regroupait des pièces de 1996 et 1997. C'est la suite qu'on retrouve ici avec des pièces parues sur des 7 pouces et diverses compilations entre 1998 et 2004. On y trouve une majorité de reprises, les plus célèbres étant "Fortunate Son" de Creedence Clearwater Revival, "It's A Long Way To The Top (If You Wanna Rock n' Roll)" de AC/DC, "Rock And Roll" de Motörhead et "Halloween" des Misfits. On retrouve 23 pièces en tout, offrant un bon mélange de punk et de bon vieux rock n' roll, tout ce qu'il faut pour passer un bon moment, autant pour les fans des Dropkick Murphys que ceux qui sont moins fans du groupe mais apprécient plusieurs des pièces présentées ici. Évidemment, ce type de compilation peut parfois sembler un peu décousu allant dans toutes sortes de directions, mais vous apprécierez assurément une bonne partie des 56 minutes offertes. Un bon divertissement! (mai 2005)

Hellcat / Epitaph

Dropkick Murphys - The Warrior's Code CD

Dropkick Murphys, The Warrior's Code

Pour faire suite à leur meilleur album en carrière, Blackout, les Dropkick Murphys avaient fort à faire pour nous offrir un produit aussi intéressant en nous présentant The Warrior's Code. Comme je le craignais, ce n'est malheureusement pas le cas. Il y a bien des pièces de première qualité, énergiques à souhait. Mais, les arrangements traditionnels avec cornemuse ou les reprises de pièces traditionnelles commencent à perdre beaucoup de leur originalité, puisqu'on connaît maintenant trop bien la formule. C'est peut-être une question de goût personnel ici, mais toutes ces pièces m'ont semblé être les principales faiblesses de l'album, même si certaines autres, plus punk ou rock n' roll, n'ont rien de renversant non plus. Pour la deuxième fois, le groupe a eu la permission d'utiliser un texte de Woody Guthrie pour le mettre en musique. Ils ont choisi un de ses rares textes un peu plus légers, "I'm Shipping Up To Boston", un texte qui ne dit pas grand' chose au fond. En bonus, vous trouverez la très médiocre "Tessie", enregistrée pour motiver les Red Sox de Boston à la Série Mondiale de baseball de 2004, ce qui a semblé fonctionné puisque l'équipe a remporté son premier championnat en 86 ans. Par contre, les Dropkick Murphys ne gagneront rien avec cet album, surtout pas de nouveaux fans. Vous en aimerez bien quelques-unes, mais vous aurez de la difficulté à en supporter plusieurs, à moins que le mélange rock et musique traditionnelle vous fascine totalement et que vous soyez déjà un fan invétéré du groupe. (septembre 2005)

Hellcat / Epitaph

½

Evens - Evens CD

The Evens, The Evens

un texte de Frédéric Gagnon (Crad!)

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle : Fugazi sera en pause pendant un bon moment puisque les quatre membres ont d’autres projets et n’habitent même plus tous dans la même ville. La bonne nouvelle, c’est que le nouveau groupe de Ian Mackaye est presque aussi bon que Fugazi, sans être aussi spectaculaire. À la première écoute, on a l’impression que Mackaye a carrément fait demi-tour : pas de guitares stridentes ni de cris. La batterie de Amy Farina est feutrée, et la guitare est acoustique et acoustique. Par contre, on se rend vite compte que les Evens ne sont que la suite logique de ce que Mackaye a fait dans les dernières années. Sur le plan des paroles, Mackaye passe encore par quatre chemins pour nous faire deviner la révolte qui l’anime. Musicalement, le ton est posé, tout est discret et minimal. Ceux qui ont aimé les derniers albums de Fugazi y trouveront leur compte, et les autres vont s’endormir. Mackaye parlait depuis longtemps de son désir de travailler dans un cadre plus léger que Fugazi, dans une formule qui lui permettrait de voyager seul ou avec un groupe très restreint, sans amplis et sans les éléments perturbateurs que Fugazi attirait parfois. Il a donc fondé un duo acoustique avec sa copine Amy Farina, ex-Warmers, groupe de DC de la fin des années 90. C’est bon de voir que Mackaye a encore réussi à se réinventer sans repartir à zéro. (décembre 2005)

Dischord

Faithfull, Marianne - Before The Poison Cover Art

Marianne Faithfull, Before The Poison

J'ai toujours suivi la carrière de Marianne Faithfull de loin, comme la plupart des américains d'ailleurs, mais à part qu'elle ait été l'amoureuse de Mick Jagger pendant plusieurs années dans les années 60-70, elle a enregistré de nombreux albums. Ce qui la caractérise est le fait qu'elle a su évoluer avec les années et a pu conserver l'intérêt de la critique et des intellectuels, malgré quelques albums médiocres. Elle nous présente maintenant Before The Poison exactement 40 ans après ses deux premiers albums lancés simultanément, Come My Way et Marianne Faithfull, ce dernier qui contenait le succès "As Tears Go By" écrit par Mick Jagger et Keith Richards. Sur ce nouvel enregistrement, elle s'est entourée de collaborateurs de premier plan en les personnes de PJ Harvey, qui a écrit 3 chansons paroles et musique (incluant "No Child Of Mine" qui se retrouvait sur son album Uh Huh Her) en plus de composer la musique sur 2 autres et de collaborer aux textes, Nick Cave, qui a composé la musique de 3 chansons, Damon Albarn (de Blur), qui a coécrit une chanson et en a composé la musique, et Jon Brion, qui a composé la musique d'une chanson. Les compositions de Harvey et Cave donnent le ton à l'album et vous donnent en même temps une bonne idée du style qu'on y retrouve. Les 10 chansons plutôt introspectives de l'album sont magnifiquement interprétées par Marianne qui a la voix plus basse d'au moins un octave par rapport à ses débuts, résultat de l'âge, mais surtout de la drogue et de l'alcool (elle a quand même côtoyé les Stones pendant plusieurs années). C'est un album d'une grande poésie avec des moments rock qui m'ont agréablement surpris. Marianne Faithfull n'a plus rien à prouver à qui que ce soit et peut se permettre de se faire plaisir avant tout, mais avec Before The Poison, elle nous fait plaisir à nous aussi et nous donne l'envie de découvrir certains de ses albums passés, même si j'ai grandement l'impression que celui-ci passera à l'histoire comme un de ses grands moments. (février 2005)

Anti- / Epitaph

Fall Of Troy - Doppelganger CD

The Fall Of Troy, Doppelgänger

The Fall Of Troy est un trio de Seattle qui nous présente le deuxième album de sa jeune carrière, le premier sur l'étiquette Equal Vision. Réalisé par Barrett Jones qui a travaillé avec les Foo Fighters, les Melvins et Jawbox, l'album nous offre un mélange plutôt éclectique de sons dans le style rock progressif. Prouesses de guitare de Thomas Erak (qui est aussi le chanteur), ajoutées à des changements de rythme fréquents font en sorte qu'on peut les comparer avec un peu d'efforts à At The Drive-In, Yes, System Of A Down et Faith No More. Les voix peuvent passer de criardes à mélodiques à l'intérieur d'une seule et même chanson, ce qui n'est pas ennuyant, mais peut parfois sembler un peu cacophonique. Ceux qui ont les oreilles sensibles peuvent être facilement irrités, ce qui fait que je ne crois d'aucune façon que le groupe puisse obtenir un succès commercial. Certaines mélodies de base sont très bonnes, mais les structures extrêmement compliquées font en sorte de nous faire parfois décrocher et moins apprécier les compositions du groupe. Certains passages instrumentaux m'ont même fait penser que le groupe ne se situait pas si loin du jazz après tout, même si on parlerait probablement de jazz hardcore. Les fans de nouveau rock progressif et les fans de musique anti-commerciale risquent d'apprécier l'énergie de The Fall Of Troy, tout comme les fans de The Mars Volta et de Mike Patton et ses nombreux projets. (septembre 2005)

Equal Vision

Fall Out Boy - From Under The Cork Tree

Fall Out Boy, From Under The Cork Tree

Je comble un certain retard ici avec cet album paru il y a plus d'un an. Que voulez-vous, je deviens parfois tellement saturé en musique pop punk que j'ignore certains albums d'une façon quasi-volontaire. Il s'agit ici du 3e album du groupe de Chicago Fall Out Boy, le 1er sur une étiquette majeure. Et on peut dire qu'ils ont bénéficié pleinement de la promotion qu'on leur a faite pour devenir un des groupes les plus populaires dans le genre avec au moins 4 ou 5 gros succès, incluant "Sugar, We're Going Down" et le plus récent extrait, l'excellente "Dance, Dance". Le groupe a su s'imposer grâce à des mélodies accrocheuses à souhait. On peut les comparer à Jimmy Eat World et à Simple Plan, mais ce qui les différencie particulièrement est le cynisme qu'on retrouve dans leurs textes et les titres à n'en plus finir. Pour des exemples, attachez votre tuque: "Our Lawyer Made Us Change The Name Of This Song So We Wouldn't Get Sued", "I've Got A Dark Alley And A Bad Idea That Says You Should Shut Your Mouth (Summer Song)" et "I Slept With Someone In Fall Out Boy And All I Got Was This Stupid Song Written About Me". Considérant que ça demeure un album de pop punk accessible sans grandes subtilités, il s'agit tout de même d'un excellent disque, parmi les meilleurs de l'année 2005 dans le genre. Puis, From Under The Cork Tree est assurément le meilleur album du groupe à ce jour, celui à lequel ils seront comparés pour le reste de leur carrière. Bonne chance pour le futur! (août 2006)

½

Fivespeed, Bella

Fivespeed est un nouveau groupe de Phoenix en Arizona qui participe au Vans Warped Tour 2005. Le groupe nous présente ici un mini-album de seulement 4 titres qui nous ouvre la porte sur une carrière qui sera certainement intéressante à suivre de près. Le leader du groupe, Jared Woosley cite Jane's Addiction et Deftones parmi ses influences et ces 2 groupes représentent assez bien le son de Fivespeed qui nous offre un rock alternatif assez lourd qu'on peut aussi considérer comme du nouveau métal passablement accessible. Les mélodies accrocheuses disposent de suffisamment d'efficacité pour attirer l'oreille d'un large public. À surveiller... Veuillez noter que Bella est seulement disponible sur leur site web ainsi qu'à leurs spectacles. (septembre 2005)

Equal Vision

Foo Fighters - In Your Honor CD Cover Art

Foo Fighters, In Your Honor

Dix ans après une apparition remarquée dans le paysage musical et après 4 albums à succès, les Foo Fighters ont décidé d'offrir un cadeau à leurs fans. In Your Honor est un album double contenant 10 pièces dans leur style habituel sur le premier CD et 10 pièces acoustiques sur le deuxième. Pour le premier disque, on peut le comparer à ce que le groupe a fait auparavant et on y trouve d'excellentes pièces, accrocheuses à souhait ("Best Of You", "The Last Song", la chanson-titre, etc.). Quant au deuxième, il nous montre un côté qu'on ne connaissait pas de Dave Grohl et sa bande, mais un côté qu'on aime bien. La qualité des compositions du groupe n'a pas besoin d'arrangements à n'en plus finir et on en a la preuve ici. Le groupe, qui était devenu un des rares dans le style post-grunge à demeurer efficace, nous prouve qu'il peut aller encore plus loin, ce qui en fait un des meilleurs dans le rock commercial actuel. Cet album en 2 phases totalisant 83 minutes peut facilement s'écouter d'un trait, malgré la variation de style d'un disque à l'autre. Si j'avais bien aimé leur album précédent, One By One, je dois dire que celui-ci m'attire particulièrement et que je l'apprécie de plus en plus à chaque écoute. Sans être le groupe le plus original et créatif au monde, il sait nous donner des mélodies très efficaces, extrêmement bien interprétées par un Dave Grohl en parfaite possession de ses moyens qui chante mieux que jamais. Notons les participations sur l'album de John Paul Jones (ex-Led Zeppelin), Norah Jones (duo avec Grohl sur "Virginia Moon") et Josh Homme de Queens Of The Stone Age qui rend la pareille à Grohl en jouant la guitare sur "Razor". C'est un album de qualité qui fera le délice des fans du groupe. Veuillez noter qu'une version avec DVD est aussi disponible contenant la version surround 5.1 de l'album et un documentaire sur son enregistrement. (critique principale d'octobre 2005)

Frames - Burn The Maps Cover Art

The Frames, Burn The Maps

The Frames est un groupe irlandais qui existe depuis une quinzaine d'années et en est à son 5è album. Vous pouvez en avoir entendu parler sous le nom de The Frames D.C., puisqu'ils ont utilisé ce nom pendant une certaine période pour éviter la confusion avec un groupe américain du même nom qui n'existe plus aujourd'hui. Le groupe nous offre un son fortement influencé de la musique britannique à la Coldplay et Travis. Ce qui fait l'originalité du groupe est sa capacité à passer d'un son doux à un son presque violent en quelques secondes, une très belle façon de faire passer l'émotion. Même si je connais mal les albums précédents du groupe, il semble que Burn The Maps serait leur meilleur résultat en carrière jusqu'à maintenant. Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit d'un album de première qualité et que le groupe n'a rien à envier aux plus grands artistes du moment. Les arrangements sont magnifiques, les orchestrations tout autant et on y trouve une excellente profondeur musicale. Il y a une belle ligne directrice à l'album qui nous accroche littéralement et nous oblige à nous rendre à la fin à partir du moment où on s'est laissé conquérir par leur univers. L'album ne contient aucune faiblesse et étant lancé par l'étiquette Anti-, vous pouvez être assuré de l'intégrité artistique du produit. Même si 2005 est encore bien jeune, voilà un album qui se retrouvera probablement dans mon top 20 de l'année. Une bien belle découverte! (février 2005)

Anti- / Epitaph

Francis, Sage - A Healthy Distrust  Cover Art

Sage Francis, A Healthy Distrust

Sage Francis est un rappeur indépendant de 27 ans du Rhode Island qui nous présente ici son troisième album, A Healthy Distrust. Il nous propose un hip hop qu'on peut comparer aux classiques de Public Enemy, Run DMC et les Beastie Boys. Francis nous offre une poésie fortement politisée où il ne se gêne aucunement pour nous brosser un portrait pas toujours rose de notre société, particulièrement de la société américaine. Sa voix puissante est parfaitement accompagnée d'une musique riche qui se différencie de plusieurs groupes hip hop actuels. L'ensemble bénéficie d'une réalisation hors du commun faite par Francis lui-même où la musique, l'échantillonnage et la voix sont parfaitement mixés. L'album de 15 pièces totalisant 48 minutes nous offre une belle continuité avec très peu de faiblesses. Même s'il demeure un rappeur alternatif, il ne manque que la bombe radio pour propulser Sage Francis aux côtés des rappeurs blancs Eminem et les Beastie Boys. Mais parions qu'il sera boudé des jeunes noirs américains fans de hip hop puisqu'il ne faut pas se le cacher: la discrimination raciale est encore très présente aux États-Unis et le hip hop demeure une musique de noirs, même si Eminem a réussi à y entrer en s'entourant des bonnes personnes. Ici, ce sont plutôt les fans des Beastie Boys qu'on ira conquérir puisque l'album n'a rien à envier au plus récent de ce groupe légendaire. Je n'avais que très peu d'attentes vis-à-vis Sage Francis et j'ai été agréablement surpris. J'apprécie de plus en plus A Healthy Distrust, un album mature d'un bonhomme à surveiller. (février 2005)

Epitaph

½

Franz Ferdinand - You Could Have It So Much Better

Franz Ferdinand, You Could Have It So Much Better (CD + DVD)

Après un premier album qui a impressionné l'an passé et est considéré par plusieurs comme l'un des meilleurs albums de l'année, les attentes étaient nombreuses vis-à-vis un nouvel album des Écossais de Franz Ferdinand. Malgré tout, ils ont décidé de revenir dès cet automne avec You Could Have It So Much Better, peut-être pour battre le fer pendant qu'il est chaud. Une chose est certaine, c'est qu'ils ont encore une fois opté pour la laideur de la pochette, ce qui semble bien fonctionner pour attirer l'attention. Du côté musical, le groupe utilise encore une fois le son qui l'a rendu populaire, mais en explorant de nouvelles avenues. Le disque précédent avait une certaine uniformité qu'on ne retrouve plus ici. Peu de pièces se ressemblent et on va de la pop dansante, à un son pseudo-punk, en passant même par quelques ballades particulièrement efficaces. On ne peut donc pas dire que le quatuor s'est assis sur ce qui l'a rendu célèbre, contrairement à ce que font d'autres artistes qui ne passent pas le test du 2e album par manque de créativité. "The Fallen" ouvre assez bien l'album, mais c'est avec le hit instantané "Do You Want To" qu'il prend vraiment son envol. Alors que la ballade "Walk Away" vous restera en tête pour des jours, c'est sur l'autre ballade, "Eleanor Put Your Boots On", que le groupe impressionne vraiment dans un style fortement influencé par les Beatles. Avec le succès de "Take Me Out" sur l'album précédent qui avait la particularité d'avoir un changement total de rythme en plein milieu, le groupe nous présente à nouveau de tels changements sur quelques titres de ce nouvel album. C'est le cas entre autres sur "Do You Want To", mais c'est beaucoup plus déroutant sur "Well That Was Easy". En fait, le problème avec ce nouvel album, c'est que malgré la présence de pièces de première qualité, d'excellentes mélodies et de rythmes entraînants, le tout est entrecoupé de quelques pièces un peu plus faibles qui cassent le rythme. Plusieurs réussiront à vous faire danser, mais vous aurez plus de difficulté à écouter l'album en entier sans passer par-dessus certains titres. Je crois que s'ils avaient moins précipité la sortie de ce nouvel album, ils auraient pu nous présenter un disque de la qualité du premier sans le "remplissage" qu'on retrouve ici. Mais, ne vous détrompez pas: il s'agit quand même d'un très bon album d'un des groupes les plus créatifs de la scène musicale actuelle. C'est juste que, comme je l'ai dit au début, les attentes étaient bien grandes. L'album vous est offert en version CD seulement ou en version dual disc, c'est-à-dire avec un DVD au verso. Le DVD contient l'album en entier, le vidéoclip de "Do You Want To", une entrevue, des scènes en studio et une galerie de photos. Sans être renversant, le côté DVD permet d'ajouter une certaine valeur à l'album. (critique principale de novembre 2005)

Garbage - Bleed Like Me

Garbage, Bleed Like Me

Garbage est de retour avec un 4e album, 4 ans après l'échec commercial de Beautifulgarbage. Même si l'album apportait des éléments intéressants, intégrant de l'électronique à leur son post-grunge, le public ne semblait pas du tout prêt à les suivre. Ayant moi-même perdu passablement d'intérêt envers ce groupe à travers les années, je n'étais pas trop pressé de mettre la main sur Bleed Like Me. La première écoute de l'album a quand même attiré mon attention alors que les mélodies et les riffs sont particulièrement efficaces et accrocheurs (comme sur l'excellent premier extrait "Why Do You Love Me"). Il n'y a qu'un problème: on a l'impression de faire un bond de 10 ans en arrière et d'entendre un mélange de Stone Temple Pilots, Elastica, Veruca Salt et Hole, sans oublier Smashing Pumpkins et L7, 2 groupes pour qui Butch Vig (batteur de Garbage) a réalisé des albums. Malgré ce manque flagrant d'originalité et cet écart temporel, c'est tout de même un album qui s'écoute bien jusqu'à la fin avec des mélodies qui nous restent en tête pour bien longtemps. Par contre, j'ai l'impression que le groupe ne sera jamais en mesure d'égaler la qualité de son premier album (Garbage) paru en 1995. Il faudra se faire à l'idée... (mai 2006)

Ariane Gauthier, Mon coeur est une pomme

Peut-être que vous ne connaissez pas son nom, mais si je vous dis qu'Ariane Gauthier a joué le rôle de Juliette dans la comédie musicale Roméo et Juliette et celui de Maureen dans Rent, peut-être que vous allumerez. Sinon, je peux vous dire que cette jeune femme de l'Outaouais ne vous laissera pas dans l'indifférence bien longtemps. Auteure et compositeure de grand talent, elle nous propose des paroles magnifiques sur une musique douce, mais riche en sonorités (section de cordes, accordéon, piano, etc.). Dès le début de l'album, "Moi c'est Ari" (qui en est aussi le premier extrait) nous montre une interprétation très théâtrale, qui plaira assurément aux amateurs de comédies musicales. J'imagine la mise en scène qui devrait venir avec lorsqu'elle sera en spectacle. Elle va puiser à l'occasion ses influences dans la chanson française, même si elle conserve toujours son accent bien à elle. Elle nous propose même des valses ("Frida", "Tu te mens", "En solo") en plus de flirter avec l'opéra ("Je ne t'aime pas"). Sa voix est toujours magnifique et est certainement le meilleur instrument pour nous communiquer ses compositions. Veuillez noter qu'il s'agit du premier album québécois totalement mixé en 5.1, ce qui lui permettra d'aller éventuellement conquérir la France, là où ce format devient de plus en plus un incontournable. Mon coeur est une pomme est un album qui plaira assurément aux amateurs (surtout aux amateures) de chansons à textes, mais qui apprécient en plus une musique d'une certaine richesse. Et, n'oubliez pas qu'Ariane les écrit toutes en plus de les interpréter magnifiquement, ce qui lui donne une bonne longueur d'avance sur la quantité d'interprètes du même genre qui pullulent au Québec. Finalement, le tout nous est offert dans une magnifique pochette. Un bon choix si vous aimez le genre... (octobre 2005)

Diffusion YFB

½

Gorillaz - Demon Days CD Cover Art

Gorillaz, Demon Days

Le premier groupe de hip hop virtuel, Gorillaz nous est apparu en 2001 avec un excellent album éponyme, un des meilleurs de l'année, propulsé par le succès "Clint Eastwood". Ce quatuor virtuel cache un super groupe dirigé par Damon Albarn de Blur. Les fans attendaient avec beaucoup d'impatience le successeur à ce premier album et le voici enfin, quatre longues années plus tard. Il faut noter que Dan The Automator a quitté le groupe, lui qui avait été un précieux collaborateur au précédent. Mes attentes étaient un peu moins grandes que pour d'autres, parce que j'avais l'impression que l'effet de surprise était passé et que le groupe ne pourrait nous présenter rien de neuf. Mais, comme ce fut le cas lorsque j'ai découvert leur premier album, j'ai été très agréablement surpris. Encore une fois, le groupe nous offre un amalgame parfait de styles allant bien au-delà du hip hop avec des touches de pop, de rock et de R&B. Rythmes et mélodies efficaces avec un son généralement doux, tout y est pour plaire à un large public, tout en privilégiant les vrais spécialistes de musique actuelle. L'originalité est toujours au rendez-vous et avec des succès assurés comme "Dare", "O Green World" et "Feel Good Inc.", on n'a d'autres choix que de prévoir un autre gros succès pour Gorillaz. Vous devrez quand même y mettre un minimum d'efforts puisque le groupe ne ressemble à aucun autre et demandera donc nécessairement une certaine ouverture d'esprit. Mais, l'efficacité des mélodies devrait vous séduire assez rapidement. Un excellent album qui réchauffera vos froides soirées d'automne et d'hiver! (octobre 2005)

Groovy Aardvark, Sévices rendus

Dans les 19 dernières années, aucun autre groupe alternatif québécois n'a autant attiré les foules que Groovy Aardvark. Leurs spectacles d'une énergie débordante ont toujours comblé leurs fans. Aujourd'hui, après avoir annoncé leur séparation, ils nous offrent une compilation de leurs plus grands succès incluant entre autres "Y'a tu kelkun", "Dérangeant", "Boisson d'avril" (avec des membres de La Bottine Souriante), "Ingurgitus" (avec des membres de Anonymus, Overbass et Colectivo) et "Le p'tit bonheur" (leur reprise bien personnelle du classique de Félix Leclerc avec Marc Vaillancourt de B.A.R.F. comme chanteur). En plus de ces succès, le groupe s'assure de bien boucler la boucle en nous présentant 3 nouvelles pièces, 2 vieilles pièces jamais parues auparavant et 2 extraits de l'album démo Kitsh en squatt de 1989. En plus des 19 pièces de l'album, la pochette et le livret sont magnifiques et regorgent d'informations particulièrement intéressantes. C'est donc d'une bien belle façon que le groupe nous tire sa révérence. Pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore, avec Sévices rendus vous n'avez plus aucune excuse. (mai 2005)

Enregistrements D7 / Diffusion YFB

½

Hedley - Hedley

Hedley, Hedley

Hedley est un groupe canadien dirigé par un finaliste de l’émission Canadian Idol, Jacob Hoggard, probablement le plus charismatique et un des plus talentueux à avoir passé dans une émission de télé-réalité. S’il était déjà un peu fou dans cette émission malgré le carcan imposé, il est complètement disjoncté maintenant et devient un peu débile en entrevue alors qu’il semble bien aimer montrer son derrière. Musicalement, le groupe, qui a fait de nombreux concerts en première partie de Simple Plan, nous offre un son rock énergique aux influences un peu punks. Le succès "On My Own", une des meilleures de l’album, donne aussi un bon aperçu de leur style. Mais, on retrouve aussi quelques ballades mettant bien en évidence la voix unique de Hoggard ("Trip", "Gunnin", etc.) et des pièces rock originales ("Streetfight", "Villain", etc.). Quelques pièces sont un peu faibles, mais l’ensemble nous permet d’envisager un futur intéressant pour le groupe qui ne fera que s’améliorer, en s’appuyant sur l’immense talent de Hoggard. Rarement politiquement correct, Hedley plaira à un jeune public un peu rebelle, mais ne provoquera certainement pas de mouvement de foule parmi les fans de Canadian Idol. Ils préféreront certainement se tourner vers le gagnant de la même édition, Kalan Porter qui, avec sa gueule de jeune premier, sa voix puissante et ses chansons moins dérangeantes, plaira à des dames un peu plus âgées, public-cible de l’émission. À en juger par les performances offertes par Hoggard à Canadian Idol, Hedley risque d’être bien intéressant à voir en spectacle. Donc, s’ils passent dans votre région, ne les ratez pas. (découverte du mois de février 2006)

HorrorPops - Bring It On CD

HorrorPops, Bring It On!

C'est le retour de ce super groupe de psychobilly dirigé par la chanteuse et contrebassiste Patricia Day et le guitariste Kim Nekroman (qui est chanteur et contrebassiste dans Nekromantix). J'avais bien apprécié leur premier album paru l'an dernier qui s'intitulait Hell Yeah!. Cette fois-ci, on a demandé les services de nul autre que Brett Gurewitz (de Bad Religion) pour réaliser l'album. En général, la recette demeure la même avec un rockabilly complètement déchaîné, mais plus accessible qu'avec Nekromantix. Par contre, il y a une direction pop plus qu'évidente sur Bring It On! avec des tendances ska et pop rock que ne renierait certainement pas un groupe comme No Doubt ("Hit 'N' Run", "You vs. Me", "Caught In A Blond" qui est ma préférée, etc.). "Freaks In Uniforms" démarre très bien l'album dans leur son caractéristique, alors que la chanson-titre possède un très grand potentiel commercial. Ce mélange de genres et d'influences nous balance entre le fait d'avoir l'impression que le groupe deviendra assurément populaire et celui qu'il s'agit d'un groupe underground qui le demeurera. Seul l'avenir nous le dira, mais malgré toute son originalité, le groupe ne cadre dans aucune des catégories musicales en vogue en ce moment. En bout de ligne, c'est un bon album qui plaira aux amateurs du genre et de leur premier album. Espérons qu'ils réussiront quand même à aller chercher quelques nouveaux fans. (décembre 2005)

Hellcat / Epitaph

½

Hot Hot Heat - Elevator

Hot Hot Heat, Elevator

Hot Hot Heat est un quatuor indie rock de la côte ouest canadienne qui existe depuis 1999. Ils nous offrent un son rock passablement pop avec quelques synthétiseurs et une guitare bien efficace. Elevator est leur 2e véritable album après Make Up The Breakdown qui était paru sur l'étiquette Sub Pop en 2002 et avait reçu d'excellentes critiques. Comme vous pourrez le constater avec les 2 premiers extraits de l'album, "Middle Of Nowhere" et "Goodnight Goodnight", le groupe nous offre des pièces énergiques aux mélodies particulièrement efficaces. Vous vous en rendrez aussi compte avec "You Owe Me An IOU" et "Pickin' It Up" qui font également partie de mes préférées. Le groupe puise son inspiration en majeure partie dans le rock alternatif des années 80 (The Cure, etc.) et le new wave / post punk. Certaines critiques mentionnent la déception de cet album par rapport au précédent. C'est vrai qu'on y trouve des pièces plus faibles, mais l'ensemble est divertissant, ensoleillé et entraînant, ce qui est déjà préférable à un album ennuyant. En plus, l'album dure moins de 40 minutes ce qui ne nous laisse pas le temps de nous impatienter. 15 pièces sont indiquées sur la pochette de l'album, mais comme dans un ascenseur (Elevator), il n'y a pas de numéro 13. On retrouve aussi une introduction faite d'orchestration qui fera seulement en sorte que vous vous posiez la question si vous vous êtes trompé de disque. Visitez leur très beau site web (en cliquant leur nom plus haut) qui est bâti comme un ascenseur. (février 2006)

Ima - Pardonne-moi si je t'aime

Ima, Pardonne-moi si je t'aime

Après un premier album paru il y a 2 ans qui a été transporté par un seul succès, "Baila" (mais quel succès puisqu'il joue encore aujourd'hui sur plusieurs radios), voilà que la jolie québécoise de 26 ans Ima nous présente Pardonne-moi si je t'aime, un album beaucoup plus personnel. Ce qui frappe dès l'écoute de la première chanson et premier extrait "Aum", c'est la qualité des arrangements, extrêmement léchés, sur un son électro-pop qui n'est pas sans nous rappeler une Sarah McLachlan. C'est une direction qui sera conservée tout au long de l'album qui bénéficie définitivement d'une production de premier plan, grâce encore une fois à la réalisation de Tino Izzo. Le son électro-pop reviendra aussi à différents moments, avec quelques éléments de rock bien discrets et un peu de folk. La magnifique voix de Ima est toujours mise en valeur à travers ces arrangements très riches et elle s'en sert à merveille pour présenter une majorité de chansons d'amour. Le sujet ayant été déjà largement surexploité, ce ne sont pas toutes les chansons qui débordent d'originalité et d'émotions, un gros point négatif pour quelqu'un comme moi qui, au départ, n'aime pas trop le genre. Par contre, si des chanteuses comme Isabelle Boulay, Natasha St-Pier et Céline Dion vous touchent, Ima vous offre une plus grande richesse musicale et sa voix n'a pas à rougir de ces "compétitrices", même si elle explore plutôt rarement les prouesses vocales. Dans ce genre, les pièces "Aum", "Pardonne-moi" et "J'existera" sont de loin les plus intéressantes. Pour ma part, il m'a fallu attendre les 3 dernières de l'album pour vraiment y trouver mon compte après quelques chansons interminables. Tout d'abord, "Ivre d'amour", écrite avec Richard Petit, nous rapproche quelque peu du côté entraînant de "Baila" qui manque définitivement à cet album. Ensuite, Ima reprend agréablement le classique de Diane Tell "Si j'étais un homme". Elle conclut finalement le disque avec un boni en italien, "Angeli Di Citta", en duo avec Gianluca Grignani. Ceux qui connaissent et aiment Ima grâce à "Baila" trouveront probablement peu de moments intéressants sur l'album. Par contre, si les chanteuses à voix présentant des chansons d'amour introspectives vous attirent particulièrement, vous devez absolument considérer ce nouvel album de Ima qui vous séduira par sa richesse musicale. Ce sera une excellente carte de visite pour lui permettre d'attaquer le marché français éventuellement. (avril 2005)

Novem

Jamiroquai - Dynamite CD Cover Art

Jamiroquai, Dynamite

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

"Bon alors, il est comment?". C'est la première question qui nous vient naturellement à l'esprit à l'écoute d'un nouvel album. Pour Dynamite, plus que jamais on a envie de répondre: "Ça dépend des goûts!". C'est con... mais c'est comme ça, explications: Quatre ans après A Funk Odyssey, Jamiroquai déboule avec le successeur, Dynamite, sixième album des anglais. Seul véritable représentant de la musique funk contemporaine dans les années 90, Jamiroquai s'est vite imposé comme l'un des groupes phares et originaux de la décennie, surtout grâce aux succès de Emergency On Planet Earth et The Return Of The Space Cowboy. Et déjà, quelques jours après la sortie, les premiers superlatifs sont envoyés par les magazines... Mais, tout dépend de ce que l'on recherche chez Jay Kay et sa bande. Après tout, ce Dynamite est incontestablement bourré d'énergie, et semble contenir de gros hits prêts à faire bouger la planète mais, pour les amateurs des premiers albums, on ne retrouve pas tout à fait le style. Et même si Jay fait toujours, et éternellement, référence au grand Stevie Wonder (qui vient également de sortir un nouvel album), Dynamite manque un peu de spontanéité... du côté plus brut que l'on trouvait à l'époque de The Return Of The Space Cowboy. Musicalement, ça se traduit comment ? Sur Dynamite, on dérive à pleine vitesse vers le disco funk, un groove électro, (et un peu de rock égaré sur "Black Devil Car") rongé par quelques sons bizarres de synthé. Peu d'ambiance magique comme auparavant, de Rhodes et de basse folle. Pas non plus (ou si peu...) de guitares funky, de pédales Wah Wah... N'exagérons pas non plus, les musiciens de Jamiroquai restent toujours très adroits et mettent une bonne claque à la plupart des groupes pop moroses du moment. Mais, c'est le public qui tranchera une nouvelle fois: après tout, A Funk Odyssey a remporté le plus gros succès commercial d'un groupe... qui a dérivé vers le commercial! Et puis, c'est vrai qu'il faut aussi arrêter de se tourner vers le passé... alors à chacun son choix, pour celui qui aime la "dance funk", c'est tapis rouge! (septembre 2005)

Anik Jean, Le trashy saloon

Cette jeune chanteuse originaire de la Gaspésie a vu sa vie transformée le jour où elle a rencontré Jean Leloup qui allait devenir son mentor. Elle nous offre ici son premier album qu'elle a réalisé avec Leloup et David A. Sturton (qui a réalisé La vallée des réputations de Leloup). Elle peut en plus compter sur des musiciens de renom comme Rick Haworth (qui a travaillé avec Daniel Bélanger et plusieurs autres), Dan Georgesco (ex-Too Many Cooks et membre des Porn Flakes), Alec McElcheran (qui a travaillé avec Leloup) et Stephan Gaudreault (Projet Orange). Jean Leloup participe lui-même à plusieurs chansons, a fait les arrangements et lui a offert 4 chansons, incluant le premier succès de l'album, "Je suis partie", que Leloup avait lui-même popularisé sur La vallée des réputations. Avec toutes ces références à Leloup, vous pensez sûrement qu'il s'agit d'une version féminine de notre célèbre "regretté" chanteur. On peut faire des parallèles c'est certain, mais la personnalité d'Anik prend rapidement le dessus. Elle nous propose un son rock assez doux aux influences folk et country, qui peut nous rappeler encore une fois le dernier album studio de Leloup, mais qui se différencie avant tout d'à peu près tout ce qui se fait sur la scène musicale québécoise. En fait, on peut plus facilement la comparer à PJ Harvey et Nick Cave par l'atmosphère qu'elle réussit à créer. Elle n'a pas une voix à tout rompre, mais s'en sert magnifiquement bien et possède un certain charisme sur scène. Malgré quelques chansons un peu plus faibles, celles de Leloup viennent corriger le tir à la perfection ("Je suis partie", "Pense à toi", "Junkie de toi" et "Let Me Go"). Il y a aussi "Amour absinthe" qui m'a complètement fait craquer, une pièce composée par Anik et Alec McElcheran. L'album de 12 pièces contient 3 textes en anglais, sûrement le résultat de son exil des dernières années à Los Angeles. Si vous cherchez un produit québécois intéressant à vous mettre sous la dent, le choix est certainement judicieux avec Le trashy saloon, même si vous devrez en faire quelques écoutes avant de l'apprécier à sa juste valeur. (octobre 2005)

Tacca

½

Kings Of Leon - Aha Shake Heartbreak CD

Kings Of Leon, Aha Shake Heartbreak

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Après leur premier essai, Youth And Young Manhood en 2003, assez concluant, les critiques ont gardé, à l'égard des Kings Of Leon, l'image d'un jeune groupe à la fois mûr et talentueux. Alors, puisqu'il nous est donné de revivre en partie l'ère du rock garage et underground, on ne va pas se plaindre d'un manque évident de renouveau, mais plutôt tenter de faire un constat. Au début, ils avaient choisi l'option "vieux t-shirt assez moulant, vestes en jeans et coupes de cheveux ringardes (limite Iggy Pop version old regime) avec moustaches"... rien à redire, ces quatre gars ont le style qui va bien et refusent l'esclavagisme de l'éternelle mode (quoi que...?). L'album démarre par "Slow Night So Long", un rodéo musical assez réussi, énergique mais contenu. Et ça reste relativement vrai pour le reste de l'album. Ca se rapproche du style garage des 60's, le son des guitares vintage est également assez bien rendu... on ressent l'influence blues rock des Stones, avec la fibre folk rock des Creedence Clearwater Revival. Les morceaux paraissent un peu plus lisses (quoique encore assez bruts) que sur le premier opus, un peu plus travaillés encore... Chantés avec une voix nonchalante, parfois transformée (ça sent la "mode Strokes") qui fait aussi le charme du groupe, les titres comme "Taper Jean Girl", "Milk" et surtout "Bucket" survolent le reste de l'album qui manque parfois de relief, tant les chansons se ressemblent. On tient peut-être là la future relève du rock sudiste, les descendants de Lynyrd Skynyrd ou du Allman Brothers Band... bon, c'est encore bien trop tôt pour le dire. Pour les 50 ans du rock, ça fait un bel hommage d'époque! (août 2005)

½

Korn - See You On The Other Side

Korn, See You On The Other Side

See You On The Other Side est déjà le 7e album du groupe métal Korn. Le groupe, qui avait connu le succès en 1998 avec l'excellent album Follow The Leader (le meilleur de l'année), semble se chercher depuis ce temps. Sans nous présenter de mauvais albums, aucun n'a réussi à se démarquer vraiment et on les a tous oubliés rapidement. Avec ce nouvel enregistrement, le groupe évolue vers un style beaucoup plus intéressant, plus efficace au point de vue des mélodies et des riffs de guitare. "Twisted Transistor" démarre admirablement l'album qui ne contiendra pas beaucoup de faiblesses par la suite. On y retrouve un peu moins le son caractéristique de la basse qui a fait la renommée du groupe depuis plus de 10 ans et leur a permis de se démarquer de la masse des groupes métal, mais l'efficacité des compositions qu'on retrouve ici nous le fera oublier rapidement. La base de leur style est toujours un métal lent mais rythmé, généralement assez lourd, avec des influences rap core, mais on retrouve plus que jamais des influences industrielles (à la Nine Inch Nails). Jonathan Davis et sa bande, qui en passant ne sont maintenant que 4, le guitariste Brian Welch ayant quitté, évoluent dans une direction plus qu'intéressante qui ravivera l'intérêt de bien des gens envers eux. Korn ne risque pas de rejoindre un large public encore une fois, car il faut bien avouer qu'ils ne sont pas faciles d'approche. Mais, pour ce qui est de leurs fans des débuts, ils seront complètement ravis de la direction maintenant empruntée. En passant, pour les amateurs de System Of A Down qui ne connaissent pas Korn, ce n'est pas parce qu'on parle de métal dans les 2 cas que vous aimerez nécessairement, puisque c'est totalement autre chose et que les influences viennent complètement d'ailleurs. Je ne crois pas non plus que la qualité de ce nouvel album de Korn puisse égaler celle des 2 albums les plus récents de SOAD, mais il s'agit tout de même d'un excellent album. À considérer fortement... (critique principale de février 2006)

Daniel Lanois - Belladonna

Daniel Lanois, Belladonna

Après une attente de 10 ans entre ses 2 précédents albums, voilà que Daniel Lanois nous revient avec un nouvel enregistrement seulement 2 ans après Shine. Belladonna nous offre à nouveau un son ambiant, mais encore plus inaccessible que sur Shine puisque que celui-ci est entièrement instrumental et généralement dépouillé de grands arrangements. L'album a été créé et enregistré lors d'un séjour d'un an de Lanois au Mexique et ça s'entend puisqu'on y trouve une chaleur digne de ce pays. Évidemment, vous n'entendrez pas de musique latine de la part de Lanois (même si on peut entendre des influences reggae/dub sur "Frozen"), mais les arrangements vous y transporteront tout de même. Lanois avait comme objectif de créer une musique qui nous inspirerait notre propre scénario de film et de ce côté, c'est parfaitement réussi. Presque exclusivement grâce à sa légendaire guitare pedal steel, il est en mesure de nous amener dans un univers parallèle. À part des cuivres sur "Agave", aucun instrument exceptionnel viendra surclasser sa guitare au son unique. Avec Belladonna, Lanois revient à un son très près de ce qu'il avait fait avec Brian Eno il y a 25 ans. C'est donc un album ambiant de 39 minutes qui s'adresse à un public averti seulement. Même s'il est d'une grande richesse musicale, il ne risque pas de fracasser de records de ventes et de se retrouver sur les palmarès. (janvier 2006)

Anti- / Epitaph

½

Mathieu Lavoie, Avaler le vent

Après avoir gagné le prix d'interprète au Festival international de la chanson de Granby en 1995 et avoir travaillé au Cirque du Soleil, voilà que le montréalais Mathieu Lavoie nous offre son premier album, Avaler le vent. Il nous présente un son jazzy généralement doux avec des éléments de musique électronique qui créent une atmosphère plutôt planante. On peut le comparer à Daniel Bélanger, Marc Déry et Ariane Moffatt, mais on sent aussi de fortes influences des années 70 (Harmonium, Octobre). Par moments, il m'a aussi fait penser à Yann Perreau par sa façon de chanter et l'atmosphère créée. Même s'il compose plusieurs des titres présentés, Mathieu peut aussi compter sur la collaboration de différents auteurs, les plus connus étant Louise Forestier (sur "Rêves menteurs") et Marc Larochelle (auteur de Shilvi). Je dois aussi mentionner la présence de Libert Subirana (ex-Harmonium) qui a composé quelques musiques. Vous ne trouverez pas de succès radio sur cet album de Mathieu Lavoie, mais il s'agit d'un très bel album qui nous change agréablement de la pop québécoise, trop souvent insignifiante musicalement. Ici, la musique occupe une place de première importance et n'est pas qu'un simple accompagnement. Ce n'est pas un album qui est facile à écouter et il demande quelques répétitions avant de l'apprécier, mais si vous aimez le genre, vous tomberez certainement sous le charme. (novembre 2005)

Diffusion YFB

½

LCD Soundsystem - LCD Soundsystem

LCD Soundsystem, LCD Soundsystem (2 CD)

La musique de LCD Soundsystem est certainement une des plus hétéroclites que j'ai entendues depuis longtemps. Le groupe de New York, qui est en fait le groupe d'un seul homme, James Murphy, réussit à nous présenter des styles différents pratiquement à chaque pièce. On découvre rapidement que le bonhomme possède un horizon musical très vaste et qu'il n'hésite pas à tout explorer sur disque. Il passe d'un son électronique dansant ou ambiant à un punk hardcore, en passant par de l'indie rock, du rock garage de l'acid house et de la dance music. Le seul lien qu'on peut faire entre plusieurs des pièces offertes est la présence des rythmes électroniques, mais encore là ils disparaissent dans les pièces les plus rock. Pour le jeu des comparaisons, j'en citerai quelques-unes qui me sont venues en tête à un moment ou à un autre, mais prenez-ça avec un grain de sel: Rapture, Scissor Sisters, Peaches, Beck, Moby, Radiohead et Coldplay. La seule chose qui est certaine est qu'il s'agit d'un album totalement moderne et original qui devrait plaire à un public dont l'ouverture d'esprit est sans bornes. Même si plusieurs pièces sont très accrocheuses et dansantes, le lien n'est pas toujours facile à faire d'une à l'autre, si bien que des personnes auront tendance à en sauter quelques-unes. En plus, il y a quelques compositions passablement longues. Mais, malgré ces éléments qui peuvent être agaçants pour un public non averti, j'ai trouvé que l'album s'écoutait magnifiquement bien du début à la fin lorsqu'on on y met l'effort. Les 2 disques s'enchaînent à la perfection et ce, malgré un total de 100 minutes. Il s'agit certainement d'un des meilleurs albums électroniques de 2005 et je n'ai d'autres choix que de l'ajouter au top 20 de l'année, n'en déplaise à ceux qui n'y apparaîtront plus. (découverte du mois d'avril 2006)

Left Alone - Lonely Starts & Broken Hearts CD

Left Alone, Lonely Starts & Broken Hearts

Même s'il s'agit ici de son premier album distribué à grande échelle, le groupe californien Left Alone roule sa bosse depuis 1996 se créant ainsi une banque d'admirateurs toujours de plus en plus grande. Le groupe est dirigé par le chanteur et guitariste Elvis Cortez qui a composé la totalité des 13 pièces de l'album en plus de le réaliser. Influencé par des artistes comme The Clash, Rancid et Elvis Costello, le groupe a joué avec HorrorPops, 1208, The Groovie Ghoulies, U.S. Bombs, F-Minus, etc., en plus de participer à plusieurs tournées Vans Warped. Le groupe passe d'un son punk assez conventionnel, droit au visage ("Broke My Heart", "My Whole Life", "Heart Riot", "Wasted Time" et la chanson-titre), à un ska/reggae de qualité supérieure ("Another Feeling", "By My Side", "Dead Red Roses"). Quelques influences rockabilly (plus près du psychobilly) peuvent nous effleurer l'oreille à l'occasion ("Monday Morning"), alors que les Ramones nous viennent en tête sur "My 62". Quant à la complètement éclatée "My Way", elle regroupe un peu de tout. Il s'agit d'un des albums punk les plus énergiques que j'ai entendu depuis longtemps, un album extrêmement solide aux faiblesses plutôt rares. Tout amateur de vrai punk, qui a le sentiment que le punk rock s'en va nulle part, doit absolument tendre l'oreille vers Left Alone qui risque fortement de l'impressionner. Lonely Starts & Broken Hearts se retrouvera probablement dans mon top 20 de 2005, aux côtés des plus grands. Left Alone: un nom à retenir! (découverte du mois de septembre 2005)

Hellcat / Epitaph

Lost Patrol Band - The Lost Patrol Band CD

The Lost Patrol Band, The Lost Patrol Band

The Lost Patrol a débuté comme un projet solo de l'ex-chanteur du groupe suédois Refused, Dennis Lyxzen, au même moment qu'il démarrait The (International) Noise Conspiracy. Le projet solo devient maintenant un véritable groupe avec The Lost Patrol Band et son album éponyme. On y retrouve un son rock aux influences punks des années 70 et new wave des années 80, avec une direction pop plus qu'évidente. Même si le groupe est bien difficile à comparer, on peut risquer de les associer aux Franz Ferdinand, The Killers, Tom Petty et Cheap Trick. Peu importe à quel mouvement on décide de les associer, ce qui est clair est que l'album ne contient pratiquement pas de faiblesses et que les compositions sont particulièrement efficaces, avec une énergie hors du commun. De "Feels Like Drowning" à "Can't Stand The Quiet" en passant par les excellentes "Golden Times", "Hanging On", "Pick Me Up" et "A Girl Like You", toutes réussiront à vous intéresser d'une façon ou d'une autre. Lorsque l'album se termine de façon plutôt brusque après seulement 10 chansons et 29 minutes, on se dit qu'elle est là la faiblesse de l'album: il est trop court! Il s'agit d'un des bons albums de l'année qui fera certainement partie de mon top 20 de 2005. (novembre 2005)

Burning Heart / Epitaph

M - Live au Spectrum

M, Live au Spectrum

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Après la sortie du triomphal Qui De Nous Deux, M est parti sur une gigantesque tournée traversant la France de long en large (et en travers...), écumant un nombre impressionnant de scènes dans son costume de super héros cartoonesque. Premier enregistrement officiel de cette spectaculaire tournée, Live au Spectrum est pourtant ... un disque import! Enregistré aux Francofolies de Montréal, ce mini live de 9 titres n'est, en principe, pas dédié au "marché français"... Première remarque, la track list choisie pour monter ce live est assez étonnante et écarte toute opération commerciale tant la plupart des singles sont absents (mis à part "Je dis aime"), et que l'artiste semble laisser libre cours à sa magie musicale plus qu'aux refrains chantés en chœur... Comme lors de ses concerts, M arrive sur scène sur le riff très rock de "Mon égo", puissante remise en question sur sa double personnalité. Ressorti de son premier album, "Se souvenir du futur" fait un come back funk électrique (totalement décalé par rapport à la version album) où la guitare se lâche sous une explosion de pédale Wah Wah et de break de batterie... techniquement c'est bluffant! Avec "Le complexe du corn flakes", Mathieu balance quelques soli assassins et provocateurs pour un public prêt à déborder, juste avant l'atmosphérique "Psycho Bug". "Zénitude", le délire de Cyril Atef et Vincent Segal, constitue le moment délire pour insomniaque en manque de création... L'enchaînement se fait sur "C'est pas ta faute", morceau acoustique, intimiste, comme il les aime. "Gimmick", extrait du dernier opus, ramène au funk, pendant que M nous gratifie, en plein milieu, d'une version hyper speed de "Voodoo Child (Slight Return)" de Jimi Hendrix avant de péter un dernier plomb sur la populaire "Je dis aime" et l'excentrique B.O. des Triplettes de Belleville... Un moment de musique intense... toutefois un peu court, qui semblerait être la mise en appétit avant la sortie d'un vrai live de la dernière tournée? (juin 2006)

M - En tête à tête (2 CD)

M, En tête à tête (2 CD)

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Il est devenu en quelques années l'un des artistes les plus populaires de l'hexagone. Par son style décalé, son univers fantasmatique (qui pourrait presque rendre jaloux Tim Burton), sa double personnalité mystérieuse, et sa musique originale, il a conquis les foules sur son passage. La scène, c'est une de ses raisons de vivre, c'est un espace qu'il maîtrise avec sérénité, mais sans aucune prise de tête. Avec le Tour De M, il avait déjà largement séduit par ses facultés live, sa côte de guitar hero surnaturel, sa générosité... et ses performances! Après le succès incroyable de Qui De Nous Deux, dernier album en date, il a une nouvelle fois manifesté son envie d'immortaliser ces moments intenses, ces tranches de vie uniques, par la sortie d'un double live, En tête à tête. Des mois et des mois passés sur la route, de festivals en salles combles, Mathieu Chédid et son groupe d' « experts », tous imbriqués dans ce projet fou, se sont donnés sans jamais s'économiser... A cinq sur scène, avec Cyril Atef à la batterie, Vincent Segal à la basse (contrebasse...), Seb Martel, ils sont capables de jouer et jammer pendant des heures, avec un plaisir débordant et communicatif. Sur le fond, ce nouveau live ressemble à l'ancien, les musiciens se détachent des morceaux studio (tout en gardant l'esprit) pour offrir quelques plages rallongées très affutées, souvent très techniques ou, au contraire, très hypnotiques. L'entente entre les 5 protagonistes est vraiment parfaite! Côté set list, le répertoire doré des deux derniers disques de l'artiste est quasi complet, sur deux galettes, avec 23 morceaux, laissant quand même la part belle au dernier opus, et oubliant au passage (volontairement?) les classiques du "Baptême". Des ballades chargées d'émotion, comme "La bonne étoile" et "Ma mélodie", rallongée de quelques solos mystifiants de l'artiste. Du rock n' roll et du funk dans son "Monde virtuel" avec son "Onde sensuelle", de la tristesse et du rêve avec "Peau de fleur" et "C'est pas ta faute"... et une démonstration de blues à l'ancienne avec "Le Blues De Metz"... M est grand, M est grandiose même, et son live redonne presque note pour note l'ambiance magique de ses concerts. Mais avant tout, M, c'est un groupe, c'est une ambiance, c'est un public, c'est une intensité, c'est un tout... et c'est ce live! Une musique à part, pour un artiste pas comme les autres... Un énorme disque live! (janvier 2006)

Madonna - Confessions On A Dance Floor

Madonna, Confessions On A Dance Floor

Voici le retour de la reine de la pop au sommet de son art après un échec monumental à tout point de vue avec son album American Life en 2003. Sur Confessions On A Dance Floor, elle revient avec une musique pop dansante innovatrice, comme elle a su nous offrir tout au long de sa carrière de 25 ans. C'est cette capacité à faire avancer le genre musical qui lui donne une longueur d'avance sur tous les autres artistes pop qui apparaissent et disparaissent presque du même souffle. Madonna demeure plus que jamais la référence que copieront des dizaines de jeunes Britney Spears et compagnie pendant des années à venir. Comme elle l'avait fait sur Ray Of Light en 1998, la madone nous présente ici un album qui intègre merveilleusement bien la techno à sa musique pop accessible. Elle vient ajouter à ce mélange une touche de nostalgie tirée de la période disco. Elle utilise d'ailleurs un échantillonnage du groupe suédois ABBA sur son premier simple à succès "Hung Up", une véritable bombe. Le deuxième extrait, "Sorry", est tout aussi intéressant, mais pour le reste, on sent que l'album a été produit pour les planchers de danse plutôt que pour les radios commerciales. Les mélodies pop laissent souvent la place a des rythmes un peu plus froids et le disque s'enchaîne du début à la fin, pendant 56 minutes. Personnellement, je préfère un album de clubs à des chansons pop légères et insignifiantes, ce qui fait que si vous êtes comme moi, vous serez totalement comblés avec Confessions On A Dance Floor. En plus, la réalisation est d'une qualité parfois étonnante. Par exemple, en écoutant "Future Lovers", vous pourrez vraiment vérifier la qualité de votre chaîne stéréo avec une basse impressionnante qui résonnera dans tout votre quartier, même sans accentuer les graves! Le côté un peu froid de l'album le rend légèrement inférieur à ses meilleurs en carrière, mais elle s'approche dangereusement de la qualité de Ray Of Light. Donc, si vous avez aimé cet album, n'hésitez pas 2 secondes. (mars 2006)

½

Paule Magnan, Les Machines

Il est bien loin le temps où Paule Magnan faisait la pluie et le beau temps avec le groupe métal TSPC. C'était en fait au milieu des années 90. Depuis ce temps, la charmante guitariste a joué sur différentes émissions de télévision, surtout en compagnie de l'animateur Normand Brathwaite. Elle nous présente enfin son premier album solo sur lequel elle se risque à chanter en français. Sans avoir une grande voix, elle est plutôt agréable à l'oreille, mais c'est son jeu de guitare qui impressionne. La réalisation, faite par Paule elle-même, est particulièrement réussie, mettant bien en évidence la guitare, là où elle est forte. On peut entendre une partie de son immense talent dans la chanson-titre, le premier extrait du disque. "Dr. Spoil" nous offre un son à la Beatles qui est particulièrement intéressant et agréable et qui en fait l'une des bonnes de l'album. "Frankiecan" nous présente merveilleusement bien les 2 facettes de la personnalité de Paule: la douce et la dure. Avec la profonde "Ville fantôme", l'excellente "Le mystificateur" et l'incontournable "Les décorettes", les faiblesses sont passablement rares, même si vous devrez faire quelques efforts d'écoute au premier abord pour bien entrer dans son univers. L'énergique (et très bonne) "Pride And Madness" est probablement celle qui nous ramène le plus près de son ancien groupe. Mais, c'est un disque qui demeure essentiellement pop rock, même si peu de chansons risquent de se retrouver sur les ondes radiophoniques québécoises. Il s'agit définitivement d'un bien bon album d'une de nos meilleures guitaristes, le tout présenté dans un magnifique boîtier. À découvrir... (juin 2005)

Trilogie

½

Mars Volta - Frances The Mute CD

The Mars Volta, Frances The Mute

Après un premier album concept original en De-Loused In The Comatorium paru il y a 2 ans, voilà que The Mars Volta nous revient avec un autre album concept encore plus audacieux. Avec eux, vous devez absolument oublier les chansons pop et ouvrir totalement votre esprit puisque ce que vous entendrez sur Frances The Mute constitue une véritable oeuvre d'art de 77 minutes. Bon, il y a bien "The Widow" qui a un certain potentiel commercial, mais pour les 4 autres pièces en plusieurs parties, il s'agit plus souvent qu'autrement d'expérimentations très poussées. Ils allient encore une fois rock progressif, jazz, punk et métal et on peut toujours faire un parallèle avec les différentes créations de Mike Patton. Rush m'est aussi venu en tête à quelques occasions. Frances The Mute s'écoute d'un bout à l'autre, mais nécessite plusieurs écoutes pour bien en apprécier chaque passage. Avec cet excellent nouvel album, The Mars Volta est définitivement en train de s'implanter dans le paysage rock en acquérant la reconnaissance qu'il mérite. (août 2005)

Meesh - Touch

Meesh, Touch

Voici un nouveau groupe rock de la scène montréalaise qui risque de faire des vagues dans les mois à venir, à condition que les médias d'ici en parlent avant que ce soit les américains qui nous disent que c'est bon comme c'est souvent le cas. Ce quatuor. qui chante en anglais, nous propose un son rock passablement brut aux influences variées allant du punk de Green Day au rock un peu sale de Hole et de Bif Naked, en passant par l'énergie de No Doubt et de Joan Jett. Après des participations au Vans Warped Tour en 2003 et en 2004, voici enfin un premier album pour Meesh intitulé Touch. On peut y entendre l'excellente voix de Michelle Morrison qui communique magnifiquement bien toute sa rage sur des musiques rythmées à souhait qui ne vous tiendront pas en place bien longtemps. Vous n'avez qu'à prendre comme exemple l'excellente chanson-titre, le premier extrait de l'album, qui déménage joyeusement. Je connais bien des groupes rock qui aimeraient avoir une telle chanson dans leur répertoire. Un autre point fort de l'album est la qualité de la réalisation de Graeme Humfrey qui a réussit à bien dégager toute l'énergie du groupe en mettant en évidence autant la section rythmique que la voix de Michelle. Beau travail! Les mélodies très efficaces du groupe pourraient facilement leur permettre de suivre les traces de Simple Plan pour une carrière internationale fructueuse. Il serait d'ailleurs intéressant de voir Meesh en première partie de Simple Plan, question de bien réchauffer la salle. D'un point de vue artistique, certains titres vous laisseront un peu plus indifférents, mais après tout c'est du rock et tant que ça bouge, il n'y a pas à se plaindre. Pour ceux qui trouvent qu'au Québec on camoufle un peu trop la guitare, vous serez charmés d'entendre enfin un groupe où la guitare est bien présente sur disque. C'est un très bon premier essai d'un groupe qui sera à surveiller de près... (décembre 2005)

Diffusion YFB

½

Mentake - Mentake

Mentake, Mentake

Mentake est un jeune quatuor montréalais qui nous propose un son pop rock en anglais. Avec des influences de Nickelback et des mélodies accrocheuses à souhait, le groupe s'est rapidement mérité une place de choix dans les radios et les chaînes télévisuelles musicales. Les 2 premiers extraits, "There It Goes" et "Moving On", se sont hissés au sommet des palmarès et ce sera certainement le cas aussi pour le plus récent extrait, "Spin Me Around". Pas mal pour des jeunes d'à peine 20 ans! Musicalement, le groupe n'est pas des plus créatifs, utilisant essentiellement des recettes déjà éprouvées. Sauf que c'est la qualité des mélodies et des arrangements, le talent des musiciens et la voix incomparable de Jonathan Nathaniel qui font tout le travail ici. On retrouve beaucoup trop de ballades à mon goût, mais leurs jeunes fans de l'autre sexe en redemanderont. Avertissement: pour leurs spectacles, il serait sûrement prudent de vous apporter des bouchons pour les oreilles, pas tant pour la musique trop forte que pour les jeunes filles qui crieront de leur voix aiguë tout juste à vos côtés... (mai 2006)

Tox

Metric - Live It Out CD

Metric, Live It Out

Metric est un groupe de Toronto dont les membres se sont rencontrés à New York. Souvent comparé à Blondie, le quatuor dirigé par Emily Haines nous présente ici son deuxième album qui offre à nouveau un son inspiré du new wave des années 80, mais à la sauce des années 2000. Avec Live It Out, le groupe va plus loin que jamais et n'a à rougir devant aucun groupe indie rock en vogue présentement, autant au Canada, qu'aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les chansons simples mais très inspirées du groupe possèdent une énergie débordante, d'excellentes mélodies et des rythmes dansants de première qualité. Ma préférée est certainement "Monster Hospital", une des plus punks de l'album, que je n'arrive plus à me sortir de la tête. Parfois assez douce et parfois beaucoup plus agressive, la musique de Metric vous transportera dans diverses atmosphères tout au long du disque. Quelques pièces vous apparaîtront peut-être comme un peu moins intéressantes, mais il s'agira plus d'une question de goût que d'une véritable faiblesse à l'album. Mon impression générale après l'écoute totale du CD est plutôt positive. Mais, je considère qu'avec seulement 10 titres, il manque 1 ou 2 grosses compositions au disque pour le cimenter complètement et en faire un des meilleurs de l'année, toute catégorie et tout pays confondus. C'est un gros pas en avant que fait Metric et j'attendrai impatiemment leur prochain album. (novembre 2005)

Last Gang

½

Millencolin - Kingwood CD

Millencolin, Kingwood

Ce qu'on constate rapidement dès les premiers accords de "Farewell My Hell", c'est le retour aux sources que nous propose le groupe punk suédois Millencolin, en plus d'un lien évident avec Bad Religion et les Descendents. Cette évidence se poursuivra tout au long du disque avec des mélodies particulièrement efficaces et des rythmes entraînants. Il y a quelques exceptions dont "Shut You Out" et "Stalemate" qui sont plutôt communes, voire même ennuyantes. Mais, des titres comme "Cash Or Clash" (pas très loin du style de The Clash justement), "Biftek Supernova", "My Name Is Golden", "Ray" et la très rapide "Simple Twist Of Hate" vous en donneront beaucoup pour votre argent et contribueront à votre satisfaction, même si vous êtes un grand connaisseur de musique punk rock et avez des exigences particulières. Sans égaler Pennybridge Pioneers, on peut dire que Nikola Sarcevic et sa bande nous proposent le digne successeur de Home From Home. Je ne pense pas qu'on puisse compter sur Millencolin pour révolutionner le genre, mais cet album leur permettra de demeurer parmi les leaders de la scène punk scandinave. Un album honnête qui plaira autant aux fans du groupe qu'aux amateurs de punk californien en manque de bons produits à se mettre sous la dent. (mai 2005)

Burning Heart / Epitaph

½

Miret, Roger - 1984 Cover Art

Roger Miret And The Disasters, 1984

Roger Miret est né à La Havane, Cuba et a grandi dans Queens à New York. Il a été chanteur du groupe hardcore légendaire Agnostic Front pendant près d'une vingtaine d'années et s'est retrouvé ainsi au coeur de la scène punk new yorkaise des années 80. Parallèlement à son groupe, il a commencé à travailler sur du matériel en solo en 2002, ce qui en a résulté l'album éponyme de Roger Miret and The Disasters, un album qui a laissé la critique passablement indifférente. Miret et ses désastres nous reviennent maintenant avec 1984, un album beaucoup plus solide. On peut y entendre des influences des Sex Pistols, de The Clash, des New York Dolls et des Buzzcocks sur un rock n' roll plutôt efficace livré comme un direct en plein visage. Beaucoup moins hardcore que ce qu'a pu nous offrir Agnostic Front, le son de Roger Miret and The Disasters est accessible, même si vous pouvez parier votre maison qu'ils ne bénéficieront d'aucun temps d'antenne à la radio et sur les chaînes de télévision spécialisées. Sans être d'une originalité débordante, pratiquement toutes les pièces de l'album sont énergiques et satisferont les amateurs de vrai punk trop souvent déçus par les groupes actuels (surtout de la scène californienne). (mars 2005)

Hellcat / Epitaph

½

Alanis Morissette - Jagged Little Pill Acoustic

Alanis Morissette, Jagged Little Pill Acoustic

10 ans après sa sortie originale, voilà qu’Alanis Morissette réenregistre en version acoustique son excellent album Jagged Little Pill. En plus d’avoir été le meilleur album de 1995 et d’avoir vendu des millions d’exemplaires à travers le monde, il s’agit certainement d’un album marquant des années 90. L’album a également été marquant pour Alanis puisqu’elle a renié ses enregistrements précédents (des albums pop dansants insipides) et a tenté sans succès par la suite de revenir avec des albums d’une aussi grande qualité (et aussi populaires). Donc, quoi de mieux que de réenregistrer son meilleur album pour renflouer son compte en banque! On retrouve ici exactement le même contenu que sur la version originale dans un style à la guitare acoustique très douce. La voix d’Alanis est mise en valeur sur chacune des chansons et elle ne se gêne pas pour y aller d’élans vocaux impressionnants de puissance. C’est une excellente façon de redécouvrir les pièces que vous avez aimées mais, personnellement, je préfère tout de même les enregistrements originaux un peu plus énergiques. (février 2006)

Motion City Soundtrack - Commit This To Memory CD

Motion City Soundtrack, Commit This To Memory

Après un premier album apprécié des fans de pop/punk (I Am The Movie), Motion City Soundtrack s'est retrouvé à faire la première partie de Blink 182 en Europe et au Japon. C'est alors que Mark Hoppus a manifesté l'intérêt de travailler avec le groupe sur son futur album. Il est donc le réalisateur de Commit This To Memory, un album qui tend beaucoup plus vers le pop rock que le punk. En effet, après avoir apprécié les trois premières pièces, incluant le premier extrait "Everything Is Alright", j'ai été un peu ennuyé par le côté un peu "boys band" de "Resolution" et "Feel Like Rain". "Time Turned Fragile" m'a quelque peu réconcilié avec leur réputation de punks de la nouvelle génération, même si d'autres chansons un peu trop pop à mon goût se sont ajoutées par la suite. Si au moins on pouvait sentir qu'une de ces chansons pouvait les propulser et les faire connaître, ce serait bien. Mais, de la musique pop qui demeure dans l'underground, c'est plutôt inutile et j'ai bien peur que ce soit ce qui leur arrive. S'ils connaissent du succès, ça risque plus d'arriver avec leurs chansons les plus rythmées qui sont plus souvent qu'autrement intéressantes. La ballade acoustique "Together We'll Ring In The New Year" pourrait être l'exception. Même si je suis partagé au sujet de ce deuxième album de Motion City Soundtrack, je peux affirmer qu'il est bien réalisé et risque de plaire à beaucoup de fans dans le genre. Mais, un certain travail de composition reste à faire pour nous présenter un prochain album plus constant. (août 2005)

Epitaph

MxPx - Panic CD

MXPX, Panic

Après un séjour de quelques années dans les ligues majeures de l'industrie du disque, voilà que le groupe pop/punk de la côte ouest américaine MXPX se retrouve à nouveau avec une étiquette indépendante, Side One Dummy. Ce qui démontre certainement une baisse d'intérêt général envers le groupe peut aussi lui permettre de laisser aller à nouveau sa créativité au maximum. Le résultat sur Panic est par moments bien intéressant, même s'il ne s'agit pas d'un des groupes les plus créatifs de la scène punk. Les rythmes et les mélodies sont toujours aussi efficaces, ce qui leur a permis de se créer une armée de fans parmi les amateurs de skateboard au cours des dernières années. Le groupe est aussi reconnu pour aborder des thèmes religieux chrétiens et ils le font encore une fois ici, même si les fans de punk rock ne sont pas de ceux qui se préoccupent le plus des paroles de leurs artistes préférés. Sur Panic, le groupe réussit à se sortir de la fâcheuse position dans laquelle il s'était placé avec l'album précédent, Before Everything And After, qui ne présentait aucun élément intéressant en n'offrant qu'un pop/punk commun sans énergie. On retrouve à nouveau leur son influencé de Green Day et Social Distortion ainsi que des compositions rafraîchissantes et énergiques comme "The Darkest Places", "Young And Depressed", "Cold Streets", "The Story", l'originale "Late Again" et la hardcore "Get Me Out", même si les thèmes abordés n'y sont pas toujours roses. MXPX possède donc à nouveau tout ce qu'il faut pour rejoindre la jeune génération d'amateurs de punk, tout en ayant des propos un peu plus matures. (septembre 2005)

Side One Dummy

½

Nekromantix - Brought Back To Life CD

Nekromantix, Brought Back To Life Again

Brought Back To Life Again est la réédition de l'album Brought Back To Life enregistré en 1992 par Nekromantix. Il s'agissait certainement de l'album le plus solide du groupe avant la parution de Dead Girls Don't Cry en 2004. Le groupe danois de psychobilly (un rockabilly en version accélérée) y est complètement déchaîné. Sur cette réédition, on peut entendre un son repiqué numériquement. On peut aussi y entendre quelques ajouts comme l'intro originale qui avait été exclue lors de la première parution du disque, la pièce "Monster Movie Fan" avec une fin légèrement différente et en boni, la version originale de "Nekrofelia" avec cloche et orgue. Les amateurs de Kim Nekroman et sa bande apprécieront certainement cette réédition qui amène l'album à un niveau supérieur. Veuillez noter que Nekroman est toujours actif avec le supergroupe HorrorPops qui vient de lancer un nouvel album. (novembre 2005)

Hellcat / Epitaph

½

The New Pornographers - Twin Cinema

The New Pornographers, Twin Cinema

The New Pornographers est un super groupe de Vancouver composé de membres de Zumpano, The Evaporators et Destroyer, en plus de la chanteuse invitée Neko Case. Twin Cinema est leur 3e album après les gigantesques Mass Romantic (2000) et Electric Version (2003), tous deux acclamés de la critique. Ne connaissant pas les 2 premiers, je ne peux comparer, mais les spécialistes parlent de leur album le moins solide à ce jour. Pourtant, j'ai surtout constaté du positif sur ce disque de 48 minutes. Compositions de qualité, mélodies simples et efficaces, arrangements d'une grande richesse. Il ne manque que le succès radio pour en faire un groupe de renommée mondiale. S'ils provenaient de Montréal, on les aurait probablement déjà projetés au rang de stars, au même titre que The Arcade Fire. On peut d'ailleurs les comparer à ce groupe en quelques occasions (comme sur "The Bleeding Heart Show" par exemple). On peut aussi les comparer au David Bowie des meilleures années et aux débuts de Sloan. Ce qui fait peut-être en sorte que le groupe ne nous offre pas le chef-d'oeuvre auquel s'attendaient les fans est le fait qu'on retrouve certaines inégalités dues à la contribution des différents membres de ce qu'on devrait appeler un collectif plutôt qu'un groupe. Même si la majorité des pièces ont été écrites par Carl Newman (avec aussi des compositions de Daniel Bejar et John Collins) les musiciens mettent chacun leur grain de sel et on alterne les chanteurs. Le produit est donc légèrement dilué et l'album va dans différentes directions, certaines moins fructueuses que d'autres. Mais, c'est tout de même un album pop / indie rock de très grande qualité. (mars 2006)

Vidéoclip: "Use It"

½

Nickelback - All The Right Reasons

Nickelback, All The Right Reasons

Puisqu'il le faut, voici ma critique du plus récent album de Nickelback, qui trône au sommet des palmarès depuis sa sortie. Le groupe a également attiré les foules lors de sa présence récente à Montréal en concert. Depuis l'immense succès de l'album Silver Side Up, le groupe n'a cessé de réutiliser la même formule et c'est encore le cas ici. Riffs faciles, ballades criardes, mélodies prévisibles, même son de guitare et la voix caractéristique de Chad Kroeger (que je ne suis plus capable de supporter) font encore partie de cet album qui a tout pour connaître le succès que le groupe a eu jusqu'à maintenant, mais rien pour s'attirer la sympathie d'un chroniqueur musical. C'est qu'à travers cette recette, qu'un tas d'autres groupes ont réutilisée dans les 5 dernières années, on ne retrouve rien d'original ou d'artistiquement intéressant. Il y a bien quelques pièces qui déménagent un peu plus sur All The Right Reasons, des pièces issues de leurs influences de Metallica qui attirent rapidement notre attention avant que l'intérêt retombe par manque d'originalité ("Animals", "Side Of A Bullet" et "Someone That You're With"). Mais, on enrobe le tout dans des ballades radiophoniques et fredonnables à souhait comme les succès "Photograph", "Savin' Me" et "Far Away". Ils en viennent même à me rappeler le Bon Jovi de 1994, alors que les ballades régnaient sur tout ce qui aurait pu avoir un peu de mordant. Il est intéressant de noter l'hommage que le groupe fait au regretté Dimebag Darrell (ex-Pantera et Damageplan) sur "Side Of A Bullet" où on échantillonne même la guitare de Darrell. On tente d'ajouter de nouveaux éléments au son du groupe, comme du piano et de la guitare acoustique en quelques occasions, mais ça ne vient pas changer grand-chose à ce son post-grunge complètement dépassé. Si vous aimez ce que vous avez entendu à la radio de Nickelback dans les derniers mois, c'est certain que vous apprécierez parce que vous en reconnaîtrez la majorité. Mais, d'un point de vue créatif, il est clair que Kroeger ne peut pas vraiment aller plus loin. Il serait peut-être temps qu'on arrête de s'occuper de ce groupe canadien sans grand intérêt... (critique principale d'avril 2006)

½

Nine Inch Nails - With Teeth

Nine Inch Nails, With Teeth (CD + DVD)

Nine Inch Nails nous a offert le printemps dernier ce qui n'est en réalité que le 4e album du groupe avec With Teeth, malgré une carrière de 16 ans. Il semble toujours aussi douloureux pour Trent Reznor d'accoucher d'un nouvel album et encore une fois à travers sa musique on le sent terriblement torturé. Après The Fragile en 1999 qui était un album double particulièrement difficile à apprivoiser, voilà que Reznor nous revient avec le digne successeur de The Downward Spiral, l'album qui a fait connaître NIN auprès d'un vaste public à travers le monde en 1994, malgré un style industriel qui n'avait rien à voir avec le mouvement grunge alors en vogue. Sur With Teeth on retrouve à nouveau des pièces accessibles pouvant satisfaire un public plus large que les fans invétérés de musique industrielle. Des pièces comme le succès "The Hand That Feeds", "You Know What You Are?" et "Only" font en sorte d'attirer notre attention avant qu'on nous offre des pièces un peu plus expérimentales dans la plus pure tradition du groupe (comme "All The Love In The World" qui ouvre l'album, "Love Is Not Enough" et la chanson-titre). L'album, d'une durée de 56 minutes, nécessite quelques bonnes écoutes et une certaine ouverture d'esprit pour arriver à vraiment l'apprécier. Mais, en bout de ligne, c'est un excellent album qui a comme avantage d'être totalement différent de tout ce qui se fait en ce moment. Bien sûr, quelques mauvaises langues vous diront que le groupe aurait pu nous présenter cet album 2 ans après The Downward Spiral, sauf que comme personne n'a jamais vraiment réussi à copier ce style, il demeure toujours unique et moderne 10 ans plus tard. Veuillez noter la participation de Dave Grohl en tant que batteur sur l'album, même si aucune mention n'est faite dans la pochette qui est complètement dépouillée d'information, en plus de ressembler à toutes leurs pochettes précédentes. Ce nouvel album vous est offert en format CD seul ou en format dual disc (avec DVD au verso du CD). Le côté DVD contient la totalité de l'album en version stéréo ou surround, leur discographie, ainsi que le vidéoclip de "The Hand That Feeds", rien de bien renversant qui ne mérite probablement pas les quelques dollars additionnels. Mais, le CD à lui seul vaut son pesant d'or. (janvier 2006)

½

Noir Désir - En public

Noir Désir, En public (2 CD)

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Pendant plus d'un an entre 2001 et 2002, Noir Désir a écumé les scènes de France, d'Europe, du Canada... pour la sortie de leur dernier album en date Des visages, des figures, nouveau tournant discographique du groupe. La part belle était laissée aux textes et aux multiples arrangements mélodiques, en contraste avec la "brutalité" des opus précédents. C'est donc, à la fois, plus de 25 ans d'histoire et de rock que l'on retrouve sur ces deux galettes avec, également, cette dualité entre les différents univers de Noir Désir. Deux ans après les avoirs quittés sur scène, la parution de ce live est une aubaine pour quiconque a déjà vu le groupe sur scène. "Des bêtes de scène!"... dit-on à chaque sortie de leurs concerts. Seul Dies Irae, premier live sorti il y a plus de 10 ans, pour l'album Tostaky, faisait office de témoignage dans leur carrière. La fougue du quatuor suintait de leurs morceaux bruts, d'une énergie électrique incroyable... et d'un son très saturé. Noir Désir a, depuis, évolué et propose aujourd'hui, avec En public, un nouvel édifice du rock hexagonal, avec un talent et une interprétation bien au dessus du lot. Première remarque, le groupe a déclaré avoir mis en boîte les chansons sans les avoir retravaillées (pratique courante dans les albums live). Avec les années, Noir Désir a perfectionné son style, et En public est un peu plus "rond" que son unique prédécesseur, avec bien plus d’instrumentations, notamment sur les chansons du dernier album. En plus de ces nouveaux ajouts, on remarque toujours la rythmique singulière de Sergio, qui sort toutes sortes de son de sa guitare… La voix de Bertrand Cantat, réellement extraordinaire, vieillit comme le bon vin, se bonifie avec l’âge, et le personnage sur scène donne une émotion et une puissance incommensurable. Son implication dans ses textes et dans les mélodies font penser à un Jacques Brel (dans l’interprétation…) croisé avec un pur chanteur rock. Si bien que "Des visages, des figures", "Bouquet de nerfs", "À l’envers, à l’endroit" font frissonner sans arrêt avec, comme point culminant, "À ton étoile" et son dernier couplet en espagnol… gigantesque ! Mais Noir Désir c’est aussi la fièvre, l’intensité rock avec les classiques de "Tostaky", "À l’arrière des taxis" et « L’homme pressé », et, là aussi, rien à redire, c’est la claque. Alors… en route pour la joie ! (mars 2006)

½

Nural - Weight Of The World CD

Nural, The Weight of the World

À l'écoute de "Tension", la première et excellente pièce de The Weight of the World, on a l'impression d'entendre en Nural des vétérans de la scène pop punk californienne. Pourtant, ces 5 gars ont à peine 20 ans et nous présentent leur tout premier album. Formé il y a 5 ans, alors qu'ils étaient au milieu de l'adolescence, Nural a participé au Vans Warped Tour dès 2003. Signé chez Hopeless Records, le groupe a immédiatement commencé à travailler à son premier album avec le réalisateur Michael Rosen (Rancid, Less Than Jake). Les mélodies puissantes du groupe nous donnent certains hymnes incomparables et vous en fredonnerez plusieurs pendant un certain temps, incluant "Tension", mais aussi "Not Guilty" et "Enlighten Me", pour ne nommer que celles-là. On peut aussi y entendre quelques bonnes ballades rock, un fait en voie de disparition, même s'il y en a peut-être un peu trop. Le groupe se différencie d'à peu près tout ce qui sort de la Californie, car on a l'impression qu'il a déjà su se trouver son propre style. Un peu plus d'expérience et le groupe jouera assurément dans la cour des grands. Il faudra donc les surveiller de près dans les années à venir, car ils pourraient bien envahir les radios rock. (découverte du mois d'octobre 2005)

Hopeless

½

Oasis - Don't Believe The Truth CD Cover Art

Oasis, Don't Believe The Truth

Depuis plusieurs années déjà, mon intérêt vis-à-vis Oasis était totalement disparu alors que le groupe, miné par ses conflits internes et les abus de drogues et d'alcool des frères Gallagher, avait perdu toute sa créativité des débuts. En fait, comme c'est Noel qui composait tout, c'est plutôt lui et seulement lui qu'on devrait blâmer pour cette baisse de régime, même si Liam était le plus détestable depuis qu'il avait atteint le statut de vedette. Il semble que ces problèmes soient du passé et que les gars se soient assagis et réconciliés. Sur Don't Believe The Truth, le groupe reprend là où il avait laissé avec (What's The Story) Morning Glory?. Sans égaler la qualité incontestable de ce dernier et celle de Definitely Maybe (leur tout premier), ce nouvel enregistrement bat à plate couture les 3 albums précédents. Pour la première fois, Noel laisse même les autres membres du groupe composer quelques pièces, du sang neuf qui est bien apprécié. Évidemment, le parallèle avec les Beatles se fait encore naturellement puisqu'il s'agit de la plus grosse influence du groupe. Ils ont même embauché Zak Starkey comme batteur, le fils de Ringo Starr. Des pièces comme "Mucky Fingers", "Lyla" et "Love Like A Bomb" nous rappellent les bonnes années du groupe, même si quelques titres un peu plus faibles apparaissent dans la deuxième moitié ("Part Of The Queue" et "Keep The Dream Alive"). Par contre, la finale, l'excellente ballade "Let There Be Love", magnifiquement interprétée en duo par les frères Gallagher, nous laisse totalement conquis et nous donne seulement envie de recommencer cet album de 42 minutes. Un excellent album qui vous fera à nouveau apprécier Oasis... enfin! (juillet 2005)

½

Orange - Welcome To The World Of Orange CD

Orange, Welcome to the World of... Orange

Recrutés par Tim Armstrong de Rancid alors qu'ils étaient encore à l'école secondaire, et signés sur son étiquette, Hellcat Records, voilà que les gars de Orange nous offrent leur premier album. Ces 4 jeunes de Hollywood en Californie (dont 2 sont nés en Angleterre) nous présentent un son pop punk qui peut plaire à tous les jeunes planchistes amateurs de punk californien. Mais, ce qui les différencie de la masse des groupes du genre est leur forte influence du punk britannique de 1977, Sex Pistols et The Clash en tête. On peut aussi les comparer à Social Distortion et aux Buzzcocks en quelques occasions. Tout au long des 11 pièces de l'album (+ 2 en boni), le groupe n'est jamais ennuyant et on y trouve bien peu de faiblesses. De "Hollywood" à "Orange" en passant par "Cool Mexicans" (ma préférée), "No Rest For The Weekend" (le premier extrait) et "Affirmation Song", chacune a un point d'intérêt, une belle énergie et une fraîcheur plutôt agréable. Les gars ont beau être encore jeunes, ça ne paraît pas dans leurs compositions et leurs interprétations qui sont originales, créatives et riches en contenu. Orange est un ajout plus qu'intéressant à la scène punk californienne qui bat de l'aile depuis un bon bout de temps déjà. Ils sont à surveiller de près dans les années à venir. (découverte du mois de novembre 2005)

Hellcat / Epitaph

½

Ozzy Osbourne - Under Cover

Ozzy Osbourne, Under Cover

Qu'est-ce qu'on fait quand on est en panne d'inspiration? On lance un album sur lequel on reprend nos pièces préférées. C'est ce que nous offre ici Ozzy qui est dans un passage à vide depuis une bonne quinzaine d'années, période pendant laquelle il en a profité pour mettre sur pied le Ozzfest, devenir une célébrité de la télévision dans The Osbournes et lancer des albums en concert. Sur Under Cover, Ozzy interprète 13 de ses pièces préférées des années 60 et 70, dont seulement 4 n'ont jamais été présentées sur disque auparavant puisque les autres faisaient partie du coffret Prince Of Darkness lancé en 2005. C'est donc une compilation des diverses reprises d'Ozzy. "Rocky Mountain Way" de Joe Walsh débute assez bien l'album, mais par la suite, plusieurs des chansons offertes n'arriveront pas à la cheville de la version originale. C'est le cas pour "In My Life" des Beatles, "21st Century Schizoid Man" de King Crimson, "Sunshine Of Your Love" de Cream, "Working Class Hero" de John Lennon et "Sympathy For The Devil" des Rolling Stones. D'autres étaient déjà ordinaires à l'origine et ce n'est ni la voix caractéristique d'Ozzy ni la guitare de Jerry Cantrell (ex-Alice In Chains qui remplace ici le virtuose Zakk Wylde, fidèle collaborateur d'Ozzy) qui réussiront à en faire de meilleures interprétations. Notons entre autres "Mississippi Queen" de Mountain, "Go Now" des Moody Blues et "Good Times" de Eric Burdon. On a quand même droit à des versions honnêtes de "For What It's Worth" de Buffalo Springfield, "Fire" de The Crazy World Of Arthur Brown, "All The Young Dudes" de Mott The Hoople (composée par David Bowie) et "Woman" de John Lennon dans laquelle Ozzy réussit à faire passer l'émotion de la chanson d'origine. Mais, en bout de ligne peu de reprises par cette légende du métal vous renverseront. Les versions demeurent toujours près de l'originale et il réussit à nous faire découvrir aucune chanson par une nouvelle version de grande qualité. On a plutôt l'impression d'assister à une séance de karaoké dans le sous-sol du prince des ténèbres. Bof... (juin 2006)

Les Paul & Friends - American Made World Played

Les Paul & Friends, American Made World Played

Les Paul est une véritable légende vivante de la musique contemporaine ayant non seulement inventé une guitare, mais aussi différentes techniques d'enregistrement qui ont permis au rock et au blues d'évoluer de la façon qu'on connaît aujourd'hui. On peut supposer que sans lui, pratiquement rien de la musique des 50 dernières années n'aurait exister, à commencer par les Beatles. Du moins, les techniques d'enregistrement auraient évoluer dans une toute autre direction. À l'âge de 90 ans, Les Paul a enregistré ce premier album en 27 ans. Il y est accompagné de nombreux grands noms de la musique, dont évidemment plusieurs guitaristes, pour y interpréter des classiques du blues et du rock. Les guitaristes présents aux côtés de Paul sont Jeff Beck, Eric Clapton, Rick Derringer, Peter Frampton, Billy Gibbons (ZZ Top), Buddy Guy, Steve Miller (qui signe la préface du livret), Joe Perry (Aerosmith), Keith Richards (Rolling Stones), Richie Sambora (Bon Jovi), Neal Schon (Journey), Kenny Wayne Shepherd et Steve Lukather (Toto). Ils sont accompagnés par des chanteurs et chanteuses de renom comme Mick Hucknall (Simply Red), Johnny Rzeznik (Goo Goo Dolls), Edgar Winter et un excellent duo de Sting et Joss Stone qui ouvre l'album. Parmi les 16 titres présentés, on retrouve entre autres "Rock & Roll Hoochie Koo" de Rick Derringer, le classique de Moon Martin "Bad Case Of Lovin' You" popularisé par Robert Palmer, "Let Me Roll It" de Paul McCartney and Wings, "All I Want Is You" de U2, une version 2005 de "Fly Like An Eagle" de Steve Miller et 2 pièces de Sam Cooke. Certaines interprétations sont un peu moins réussies que d'autres, mais en général, c'est un excellent album pour tout amateur de guitare, en plus d'être pratiquement une leçon d'histoire en soi! (novembre 2006)

½

Pennywise - The Fuse CD

Pennywise, The Fuse

Voici le 8e album du groupe punk californien Pennywise, un album enregistré en peu de temps sans trop se poser de questions. Le résultat: un album très rapide et énergique, comme à leurs débuts. Les deux premières pièces de l'album vous séduiront totalement et vous rendront impatients pour la suite ("Knocked Down" et "Yell Out"). Encore une fois, le groupe n'hésite pas à prendre position politiquement et socialement (par exemple dans l'excellente "Fox TV") et nous lance le tout directement à la figure. À nous maintenant de l'attraper ou de le laisser tomber. Avec The Fuse, on en attrape plus qu'on en laisse tomber puisqu'il s'agit d'un de leurs bons albums en carrière, au moins aussi bon que Land of the Free? paru il y a 4 ans. Comme c'est toujours un peu le cas avec Pennywise, on décroche à l'occasion, une fois la surprise des premières pièces passée, parce que plusieurs musiques se ressemblent. Mais, c'est quand même un album très solide qui satisfera les fans du groupe sans aucun problème. (octobre 2005)

Epitaph

½

Pitty Sing - Pitty Sing

Pitty Sing, Pitty Sing

Le groupe Pitty Sing a été formé à Boston avant de devenir officiellement new yorkais, même si son leader et compositeur, Paul Holmes, est né à Manchester en Angleterre. Le son qui en ressort est essentiellement britannique alors qu'on peut les comparer à The Smiths, Simple Minds et The Cure, même si Holmes avoue ne jamais avoir écouté leur musique (du moins pour les 2 premiers). Il y a quand même quelques éléments de Talking Heads à gauche et à droite pour justifier les origines new yorkaises du groupe. Holmes s'est inspiré d'une compilation alternative sombre des années 80 qu'il a écouté quelques fois avant de l'abandonner complètement. Cette musique l'a hanté pendant des années et c'est à partir de ces souvenirs qu'il a composé ce qui allait devenir le premier album complet de Pitty Sing. Il a affirmé son désir de ramener des souvenirs dans la tête des gens et c'est essentiellement ce que nous donne cet album éponyme. C'est que rien de ce disque ressemble à quelque chose d'actuel. Tout nous fait penser au rock alternatif des années 80, alors que The Cure dominait cette scène. La voix, les rythmes souvent lents, l'ajout de claviers, les thèmes plutôt sombres, tout nous y ramène. Malgré tout, le groupe réussit à nous présenter sa musique avec une certaine originalité et il se distingue totalement dans le décor musical actuel. Sans être renversant, c'est un album intéressant d'un groupe qui plaira aux nostalgiques des coupes de cheveux extravagantes de Robert Smith. (découverte du mois de janvier 2006)

Vidéoclips: "Radio" - "Bleeding Hearts"

½

Plant, Robert - Mighty Rearranger CD

Robert Plant, Mighty Rearranger

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Au fil des années, après le clash de Led Zeppelin, ca n'a jamais été évident pour Robert Plant de se remettre à flot dans une carrière solo en demi teinte... parsemée d'albums moyens voire presque médiocres pour certains. Le spectre du Zeppelin planait au-dessus de ses épaules, et les quelques exercices réussis par le talentueux chanteur l'ont été, en partie, grâce à de nouvelles (et sporadiques) collaborations avec l'éternel Jimmy Page (sur le live No Quarter). Mais le rideau est enfin tombé, le génie qui sommeillait en lui depuis quelques années est ressorti pour réaffirmer toute la dimension d'un artiste tel que Robert Plant. Il dégage toujours cette force tranquille et cette profondeur d'âme très appréciable. Libéré, Plant propose un album de 12 titres, supportés par The Strange Sensation, groupe talentueux qui l'avait déjà accompagné sur Dreamland. Et au final, les choses sont claires: Mighty Rearranger est riche de morceaux variés, extrêmement bien composés et joués, dans des styles pourtant bien différents. Plant revient sur toutes les influences musicales qui le font vibrer depuis le début de sa "carrière": ses amours du début, du folk soyeux pimenté par ses éclairs vocaux, du blues électrique, à mi-chemin entre le classique et le contemporain. Il revient également au rock pur et dur, avec quelques morceaux agressifs, aux riffs zeppeliniens, qu'il interprète d'une voix rajeunie de dix ans (avec ces montées aigues et cet enregistrement du chant qui semble être éloigné, avec un peu d'écho ("Tin Pan Valley"!). Dans ce pêle-mêle musical on retrouve également quelques rajouts de sonorités électro, et bien évidemment des titres plus tribaux, aux couleurs du monde... un mélange raffiné et exceptionnel. Avec un retour en arrière de quelques années, on peut affirmer objectivement que Robert Plant n'avait pas chanté aussi bien depuis Led Zeppelin! Ca force l'admiration. En définitive, c'est excitant de voir le contraste entre les anciens artistes et les nouveaux... les nouveaux qui veulent se rapprocher des 60's - 70's, et les anciens qui, paradoxalement s'aventurent vers de nouvelles rives... car l'exercice de Plant était à la fois périlleux mais très haut en expérimentation. (juillet 2005)

½

Les Porn Flakes, Les Porn Flakes

Les Porn Flakes ont été formés par Dan Georgesco (ex-Too Many Cooks qui a été aussi guitariste pour Jean Leloup, Martin Deschamps, Lulu Hughes et Kevin Parent) et Mike Plant (ex-Too Many Cooks et ex-Sword) qui voulaient jouer des "tounes le fun" avec des amis. Se sont joints à eux Alain Quirion (ex-Zébulon qui a aussi été batteur pour Robert Charlebois et Daniel Bélanger) et Maurice "Soso" Williams (qui a été entre autres bassiste pour Ariane Moffatt et Garou). Le concept du groupe était d'inviter des chanteurs et chanteuses à venir faire une chanson de leur choix sur scène. Leurs spectacles sont devenus rapidement un "happening" où défilaient un tas de vedettes et des artistes de la relève remplis de talent. Les voici pour la première fois sur disque avec ce qui pourrait pratiquement être considéré comme une compilation des meilleurs interprètes rock au Québec tellement les noms y sont imposants. On y trouve tout d'abord Jean Leloup (ou plutôt Leclerc puisque l'autre est mort!) sur une nouvelle composition particulièrement intéressante, "Les corneilles", sa pièce la plus rock depuis plusieurs années. Kevin Parent vient y faire sa 3e partie de "Father On The Go", version Porn Flakes, intitulée "Penses-tu", ainsi que "Down In Mexico" un peu plus tard. Éric Lapointe nous offre "Patof Blue", un gros succès sur scène alors qu'il troquait la veste de cuir pour le costume de clown. La pièce de Lulu Hughes, intitulée "Je suis hot", est certainement une des plus solides de l'album avec un rock n' roll qui déménage royalement. On retrouve une belle surprise alors que le père et le fils Bougon, les comédiens Rémy Girard et Antoine Bertrand viennent reprendre le classique d'Offenbach "Deux autres bières", d'une façon assez réussie je dois le dire. La très talentueuse Anik Jean nous interprète "Homewrecker" qui est ma préférée du disque et aurait été tout un ajout à son propre album. Quant au non moins talentueux Stefie Shock c'est "Tout écartillé" qu'il vient chanter. Les autres artistes qui nous offrent leur voix sont Richard D'Anjou (ex-Too Many Cooks), Jenifer Aubry et Vicky Martel (la petite boule d'énergie de Vénus 3). Georgesco nous interprète lui-même une chanson et l'album se complète avec l'instrumentale "Petit Tom". Avec cette énumération, vous pouvez constater que les faiblesses sont probablement plutôt rares et vous avez raison. Il y a du bon dans à peu près toutes les pièces de l'album, même si on retrouve quelques compositions un peu moins originales. Pour apprécier l'album, vous devez absolument aimer le rock québécois. Si c'est le cas et que vous aimez au moins quelques-uns des artistes offerts, vous serez au paradis. Pour ma part, j'ai adoré, mais j'aurais bien aimé entendre la reprise de "Back In Black" de AC/DC par Martin Deschamps qui était un des moments fort des spectacles où la performance a eu lieu. Malgré cet "oubli", il s'agit définitivement d'un disque de party que je conseille fortement. (novembre 2005)

Novem

Pressure, The Hard Way

Pressure est un groupe de punk rock de Québec qui nous offre aussi des éléments du glam rock et du hard rock des années 80. On peut donc autant les comparer à New Found Glory qu'aux débuts de Bon Jovi. J'ai même eu l'impression d'entendre à l'occasion un groupe glam, sous-produit de Poison qui n'a lancé qu'un seul album en 1989, du nom de Pretty Boy Floyd. Je dois avouer que je n'avais pas de très grandes attentes vis-à-vis The Hard Way, mais j'ai été agréablement surpris. J'ai bien aimé l'énergie qui se dégage de cet album, ce qui laisse un bon présage pour leurs performances sur scène. Ce qui m'a surtout impressionné, c'est que le groupe s'est créé un style bien à lui qui amalgame parfaitement ses différentes influences. J'ai eu beau trouver des ressemblances avec différents autres groupes, mais je n'ai réussi à les associer à aucun mouvement musical actuel et les comparaisons sont difficiles avec les autres groupes présents en 2005. C'est donc un groupe passablement original qu'on peut se mettre sous la dent avec ces jeunes gars de Québec. Malgré une certaine uniformité, je peux dire qu'il s'agit d'une belle découverte. (novembre 2005)

New Horizon

½

Priestess - Hello Master

Priestess, Hello Master

Priestess est un groupe de Montréal qui nous offre un rock n' roll passablement heavy, mais très mélodique. On peut les comparer à Queens Of The Stone Age et Jet, mais aussi au rock des années 70 allant de Motörhead (pour qui ils ont d'ailleurs fait des premières parties) à AC/DC. Ils sont présentement en tournée un peu partout aux États-Unis où ça semble bien fonctionner pour eux alors que chez eux au Québec, c'est le néant (mais ça, c'est pas nouveau!). Avec les 2 premiers extraits de l'album, la rapide "I Am The Night, Colour Me Black" (qui nous rappelle Queens Of The Stone Age) et "Run Home", en plus de l'excellente "Lay Down", qui ouvrent toutes les trois l'album, Priestess réussit à capter définitivement notre attention pour le reste du disque. Par la suite, il y a bien quelques pièces un peu moins fortes, mais l'ensemble demeure très solide et nous donne le goût de les voir performer en spectacle. Veuillez prendre note que l'album a été réalisé par Gus Van Go (qui a entre autres travaillé avec The Stills) et que la photo de la pochette a été prise par Melissa Auf Der Maur. Priestess est un excellent nouveau groupe qui en mettra plein les oreilles aux amateurs de musique qui brasse! On devrait commencer à en entendre parler bientôt, quand la vague prendra un peu plus d'ampleur aux États-Unis... (avril 2006)

Indica

½

Queens Of The Stone Age - Lullabies To Paralyze CD

Queens Of The Stone Age, Lullabies To Paralyze

Après le succès monstre de Songs For The Deaf, un des meilleurs albums de 2002, Queens Of The Stone Age nous revient avec un autre album de grande qualité, Lullabies To Paralyze, son 4e. Ce groupe, qui a vu le jour des cendres du groupe métal Kyuss, est toujours aussi difficile à décrire et à comparer. Quelque part entre le métal, le rock n' roll alternatif, le rock psychédélique de la fin des années 60 et le rock progressif des années 70, on peut oser des comparaisons plus ou moins justes avec Soundgarden, Black Sabbath, Screaming Trees, Jimi Hendrix et bien sûr Kyuss. Après l'intro intitulée "This Lullaby", "Medication" n'est pas sans nous rappeler les bonnes années de Black Sabbath. Ensuite, les excellentes "Everybody Knows That You Are Insane" et "Tangled Up In Plaid" nous amènent admirablement au succès "Burn The Witch". L'introspective "In My Head" nous fait reprendre notre souffle avant "Little Sister", une de mes préférées. "I Never Came" commence calmement la deuxième moitié du disque qui vous tiendra sur le bout de votre siège jusqu'à la fin des 58 minutes avec "Someone's In The Wolf" (une pièce particulièrement dense de plus de 7 minutes), "The Blood Is Love", "Skin On Skin", "Broken Box", "You Got A Killer Scene There, Man..." et "Long Slow Goodbye". Même si l'album nécessite quelques écoutes pour bien l'apprivoiser, il reste que QOTSA nous offre encore une fois un album extrêmement solide qui est assuré d'une place de choix dans mon top 20 de l'année. Les amateurs de musique originale, créative, voire même bizarre ne devraient certainement pas lever le nez sur QOTSA qui leur en donnera encore et toujours pour leur argent. (critique principale de juin 2005)

Rammstein - Rosenrot

Rammstein, Rosenrot

1 an seulement après Reise, Reise, le groupe industriel allemand était de retour à la fin de 2005 avec Rosenrot. Malheureusement, le groupe ne réussit toujours pas à nous ramener un album de la trempe de Sehnsucht, paru en 1998, qui a catapulté le groupe au sommet à travers le monde. À chaque album, on essaie très fort en amenant quelques nouvelles sonorités. Sauf qu’à chaque fois, le cœur de l’album est calqué sur ce que le groupe a fait depuis le début de sa carrière. Guitares lourdes sur une ambiance un peu sombre, des refrains qui explosent… sans vraiment exploser, des textes en allemand, voilà la recette qu’on retrouve à nouveau sur ce dernier album. Ici, la petite touche nouvelle qu’on apporte, c’est une pièce en espagnol avec de la trompette de mariachis, "Te Quiero Puta!". À part des textes insignifiants, il s’agit certainement d’une de leurs meilleures pièces depuis le classique "Du Hast". On retrouve également la dynamique "Zerstören", une pièce industrielle digne de Ministry. Pour le reste, l’ensemble est beaucoup trop souvent monotone et ennuyant. Je pense qu’on peut commencer à parler de Rammstein comme d’un groupe d’un seul album entouré de remplissage. Heureusement que le groupe offre des performances impressionnantes et uniques sur scène, ce qui aidera à conserver l’intérêt envers eux. L’album est aussi disponible en édition limitée avec un DVD contenant 3 pièces en concert de leur dernière tournée. Je ne crois pas que ça vaut le coût. (juillet 2006)

½

Rocketface - Rocketface CD Cover Art

Rocketface, Rocketface

Rocketface est un trio torontois qui a comme particularité que c'est son batteur qui chante. Le groupe nous propose un son hard rock des années 2000 dans la lignée des Britanniques The Darkness, des Australiens Jet et des Canadiens Danko Jones. Ils ont d'ailleurs performé récemment à Montréal en compagnie de Danko Jones. Malgré ce côté hard rock fortement inspiré des années 80, le groupe réussit en plusieurs occasions à nous amener dans un autre univers. Par exemple, avec "To Take You Home" et "Once You Were Alive", le groupe nous offre des pièces touchantes dans un style musical qui s'approche plus du rock planant britannique que du rock n' roll énergique qui les caractérise. Sur cet album éponyme, le groupe nous offre 12 pièces totalisant près de 48 minutes et peu d'entre elles vous ennuieront, à l'image du premier extrait, "Dirty". Bon, comme on parle ici de hard rock, certaines compositions ne vont pas trop en profondeur, mais comme le dit très bien une chanson des Rolling Stones, "It's Only Rock n' Roll, But I Like It". Les amateurs de guitares énergiques et musiques qui bougent devraient porter une oreille attentive à ce groupe qui risque de bien leur plaire. (novembre 2005)

Bumstead

½

Rolling Stones - A Bigger Bang CD Cover Art

The Rolling Stones, A Bigger Bang

Il y a bien longtemps que je ne m'étais pas intéressé à un album des Stones, puisque selon moi ils n'ont été un grand groupe que dans les années 60, malgré quelques bons albums saupoudrés à gauche et à droite depuis 35 ans. Je vois déjà les emails de bêtises commencer à entrer dans ma boîte de réception, étant donné que les Stones font partie de cette catégorie de groupes intouchables qu'on doit toujours trouver bons même quand ils ne le sont pas et aller les voir en spectacle à 1 000 $ le billet, même si on les a déjà vus des dizaines de fois. Moi, je n'embarque pas dans ce type de vague que je trouve totalement ridicule, désolé... Mais pour revenir à leur nouvel album, A Bigger Bang, il s'agit de leur premier album en 8 ans, soit depuis le médiocre Bridges To Babylon. J'ai été agréablement surpris par l'album de 16 titres qui a attiré mon attention rapidement (avec "Rough Justice") et qui a su la conserver jusqu'à la fin. Après la solide ballade "Streets Of Love", un blues surprenant vient nous atteindre en pleine figure, "Back Of My Hand", qui est ensuite suivi du succès incontournable "She Saw Me Coming". On retrouve aussi un son folk ou country à l'occasion qui nous montre que le groupe n'a pas essayé de se copier lui-même, mais qu'ils ont plutôt réalisé l'album dont ils avaient vraiment envie. Pour la première fois depuis un bon bout de temps, le groupe se renouvelle quelque peu et il s'agit certainement de leur meilleur album depuis au moins 25 ans, peut-être même depuis Exile On Main Street en 1972 (il y a 33 ans déjà!). Évidemment, vous les reconnaîtrez tout de suite grâce aux riffs uniques de Keith Richards et à la voix singulière de Mick Jagger, mais le groupe nous propose un son plus moderne, moins ancré dans leur son des années 60. On peut encore faire des parallèles, mais il est beaucoup plus difficile d'associer une pièce à un classique du groupe, ce qui est un bon pas en avant. Malgré ce bon album qui plaira autant aux nostalgiques qu'à une génération plus jeune, je continue de penser qu'il serait temps qu'ils se retirent avant de devenir pathétiques. Ils ont beau avoir toute une machine promotionnelle derrière eux, mais ils ont quand même tous passé la soixantaine (sauf Ron Wood) et ils risquent de ne plus être à la hauteur de leur réputation. Je croyais bien qu'ils avaient bouclé la boucle avec la compilation double Forty Licks parue en 2002 pour souligner le 40e anniversaire du groupe et le double album souvenir de la tournée qui a suivi en 2004, Live Licks. Mais, il semble que non comme ils nous le prouvent avec A Bigger Bang. Réussiront-ils à revenir avec un autre album de qualité après celui-ci? J'en doute beaucoup, mais c'est à suivre... (critique principale de décembre 2005)

½

Santana - All That I Am

Santana, All That I Am

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

En regardant en arrière, sur les 5 dernières années musicales de Santana, revient toujours la même question: « Quand on voit ce qu'est devenu Santana, où en serait Hendrix aujourd'hui ? »... d'un point de vue extrêmement égoïste, on dira qu'on le préfère où il est, plutôt qu'à faire de la soupe! En 1999, Carlos Santana, lance le premier chapitre d'une nouvelle trilogie, Supernatural. Cet album relègue Santana au simple rang d'accompagnateur de « nouveaux talents » (pas tous talentueux !) ou de « Guest Star », du rock, du R&B... c'est un succès, commercial, mais pas réellement musical. Deuxième chapitre avec Shaman, puis le troisième aujourd'hui, avec ce All That I Am, sans aucun doute le plus mauvais encore des trois. Le modèle reste inchangé, puisque du guitar hero révolutionnaire qu'était Santana dans les années 70, on est passé à une sorte de bête de foire toujours habile de ses mains mais sans aucun esprit créatif! L'album démarre en trompe l'œil, avec deux titres fusion rock salsa, avec de l'orgue Hammond en filigrane, et des solos presque dignes de son talent... sans être révolutionnaire, on se prend même à croire que l'album peut être bon! Mais le déballage prétentieux d'invités plus ou moins respectables, et surtout la soupe poisseuse servie de l'entrée au dessert, fait rapidement passer l'envie de s'éterniser. Même les venues de Steven Tyler (pour une ballade mielleuse) et de Kirk Hammett, pour une instrumentale incohérente sont à oublier... et c'est sans parler des ridicules morceaux joués avec Mary J. Blige, et le pire, avec Will.I.Am! Toutes ces chansons se succèdent sans fil conducteur, telle une compilation des « Hit Awards 2005 »... ca fait mal! La guitare de Santana, son ancienne arme ultime, sonne trop juste, trop pure, pour redonner la fougue et la puissance qu'on lui connaît... difficile d'imaginer que c'est le même homme. (février 2006)

½

Screeching Weasel - My Brain Hurts CD

Screeching Weasel, My Brain Hurts (1991) (réédition de 2005)

un texte de Frédéric Gagnon (Crad!)

J’aimerais pouvoir dire que My Brain Hurts a été un album important, mais ça serait une grossière exagération. My Brain Hurts a été important pour plusieurs personnes sur le plan individuel, mais sur une grande échelle, l’album a eu autant d’impact qu’une chiure de mouche. Si cet album avait vraiment été important, le pop punk ne serait pas devenu la musique insipide qu’elle est maintenant (je ne nommerai personne parce que Noël s’en vient, mais vous savez de qui je parle). Et pourtant, que demander de plus : enregistré en 1991 en deux jours au milieu d’une tournée chaotique, My Brain Hurts est le meilleur exemple du punk mélodique de l’East Bay de San Fransisco, même si Screeching venait de Chicago. On devine que Ben Weasel, féroce anti-hippie et anti-Californie, était sur les nerfs quand il a enregistré l’album. Comme sur les grands classiques punk, le groupe passe de la critique sociale à l’humour adolescent sans avertissement. Derrière les murs de guitares, Ben Weasel tire sur tout ce qui bouge avec sa voix nasillarde et enfile les mélodies impeccables appuyé par son vieux comparse Danny Vapid. Si la pièce-titre ne vous fait pas sauter partout, appelez votre médecin : vous êtes probablement mort, ou pire encore, incapable de reconnaître un groupe génial quand il y en a un qui vous mord le cul. Asian Man Records est en train de rééditer (sans pièces bonus, mais avec de nouvelles notes de pochette intéressantes pour les maniaques) tous les albums de Screeching de Boogada à How To Make Enemies. Ils sont tous essentiels, surtout My Brain Hurts et Anthem For A New Tomorrow, l’autre classique de Screeching. Si vous hésitez, optez donc pour Weasel Mania, compile qui vient de sortir sur Fat Wreck. D’ailleurs, si vous ne savez pas quoi offrir à votre jeune frère à Noël, pensez à Screeching. Quand il verra le logo de Fat Wreck, il va se forcer pour aimer ça, puis il découvrira alors que le vrai pop punk n’a rien à voir avec les boys bands à guitares qui sont bien populaires ces jours-ci. Pour en savoir plus sur Screeching, allez au www.screechingweasel.com, et pour en savoir vraiment plus (pour ne pas dire trop) sur Screeching, allez au www.benweasel.com. (décembre 2005)

Asian Man

Seemless - Seemless Cover Art

Seemless, Seemless (2004) (réédition de 2005)

Après que Seemless ait lancé l'album en 2004 sur l'étiquette indépendante Losing Face Records et ait rapidement vendu toutes les copies disponibles, Equal Vision Records remet maintenant sur le marché une version remixée de Seemless avec une nouvelle pochette et une pièce en boni, "Maintain". Seemless est un groupe métal qui nous provient de la scène du Massachussetts. Ses membres ont fait partie de groupes influents de cette scène comme Shadows Fall, Overcast et Killswitch Engage. Avec des influences blues et un son caractéristique, le groupe se différencie des groupes de nouveau métal actuels, malgré un potentiel commercial évident. J'ai pu établir quelques parallèles avec la scène grunge de Seattle des années 90, particulièrement Soundgarden, en partie à cause de la voix puissante de Jesse David Leach qui rejoint celle de Chris Cornell en plusieurs occasions, mais aussi musicalement par des structures passablement complexes. Faith No More et Fates Warning me sont également venus en tête à différentes reprises. Bizarrement, j'ai découvert que je connaissais déjà "Lay My Burden Down" sans savoir où j'ai bien pu l'entendre auparavant. Cette pièce peut transporter l'album à elle seule et donner au groupe le souffle qu'il a besoin pour obtenir la reconnaissance du public. C'est un bien bon album pour ceux qui aiment le rock lourd et complexe, tout en demeurant accessible, un bien meilleur album que la plupart des albums métal qu'on retrouve au Billboard. (mars 2005)

Equal Vision

½

The Soundtrack Of Our Lives - Origin Vol. 1

The Soundtrack Of Our Lives, Origin Vol. 1

Après leur succès de 2001 avec l'album Behind The Music, The Soundtrack Of Our Lives est de retour avec un 4e album, Origin Vol. 1. Le groupe suédois nous revient encore une fois avec un album solide, un album alternatif qui a tout d'un album pop. En effet, les mélodies sont toujours aussi accrocheuses et les rythmes, efficaces, mais leur musique est probablement trop créative pour rejoindre un large public... L'album commence en force avec 3 pièces particulièrement bien construites en "Believe I've Found", Transcendental Suicide" et le premier extrait, "Big Time". Il est intéressant de noter que le groupe se permet quelques mots de français dans "Midnight Children". Tout au long de l'album, on retrouve des pièces fortement influencées des années 60, de The Who à The Stooges, en passant par Buffalo Springfield, The Rolling Stones et The Beatles. Le potentiel commercial est présent plus que jamais, mais ils ne semblent pas être en mesure d'attirer les projecteurs sur eux. D'ailleurs, même s'ils nous offrent un excellent album, je l'ai laissé traîné des mois avant d'en faire une chronique ici, ce qui signifie qu'il m'a en quelque sorte laissé indifférent moi aussi. Pourtant, les faiblesses y sont bien rares... (juin 2006)

½

Stereophonics - Language. Sex. Violence. Other? CD

Stereophonics, Language. Sex. Violence. Other?

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Déroutant, explosif... Pour qui connaît et a aimé les Stereophonics sur l'excellent Just Enough Education To Perform, ce nouvel et 5e album ne peut être que déroutant. Alors que sur Just Enough... on découvrait un groupe de pop rock mélodique, au style assez rond, une pop soyeuse et parfaitement arrangée avec, pour ne rien gâcher, la voix rauque (émotionnellement chargée) de Kelly Jones, ce nouveau venu bouscule le confort de l'auditeur, et projette littéralement un son agressif! Plus rock encore que les deux premiers albums, Language. Sex. Violence. Other? provoque une explosion instantanée dès le premier morceau "Superman". Le rythme est élevé, l'intensité au maximum, les Stereophonics semblent avoir viré vers une sorte de rock garage, un peu électro... C'est réellement brutal! Et ce n'est pas le récent changement de batteur qui explique le tout... D'autant plus que la voix du chanteur vire au rouge, et provoque une révolte, un chant incendiaire... à peine reconnaissable! A ce moment là, on ne se doute pas encore que tout l'album reste sur le même ton! Pas un moment de répit, pas une baisse de régime, les décibels coulent à flots, les guitares se déchaînent! Leur musique est devenue plus dense, moins aérée, plus oppressante... avec toutefois, un titre fort qui se démarque, "Dakota". Au final, on se retrouve avec un album qui gagne en énergie rock, mais qui perd sensiblement en caractère et originalité, pour un groupe qui avait développé un style qui lui convenait parfaitement. Sans être un album raté, Language. Sex. Violence. Other? finit par se fondre dans la nouvelle mouvance rock un peu garage... (mai 2005)

Supergrass - Road To Rouen CD

Supergrass, Road To Rouen

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

L’onde de choc fut terrible lors de la sortie de leur premier opus, I Should Coco. Depuis, et suite à la confirmation faite par In It For The Money, les quatre garçons anglais, originaires d’Oxford, sont qualifiés de génies… un peu marginaux, souvent discrets, mais terriblement efficaces et inspirés. Road To Rouen est le 5e album du groupe, qui fête par la même occasion ses 10 années de carrière ! Le nom choisi cette fois-ci est un « habile » jeu de mot, mélangeant le titre de l’album Road To Ruin des Ramones avec la région où ils ont enregistré ce dernier disque, en Normandie… Supergrass est un groupe qui bouge, composé de musiciens imprévisibles qui passent souvent du coq à l’âne (mais pas n’importe comment…). D’un premier disque pop punk, à un second plus acoustique, le changement est aussi brutal que jouissif ! Supergrass aurait-il voulu surprendre? En tout cas, musicalement, Road To Rouen est réellement différent, et novateur pour le groupe... mais malheureusement pas dans le monde musical. Après avoir joué un punk savant, bien habillé et de la pop nerveuse bien affûtée, Supergrass revient dans une configuration musicale trop classique... de la pop trop soft, déjà vue. Le premier morceau est assez réussi, "Tales Of Endurance" (morceau en plusieurs parties...), mélange de pop rock (façon Franz Ferdinand sur certains accords), de pop atmosphérique et de folk. Mais la suite est bien plus convenue avec ballades traditionnelles ("St Petersburg"), pop rock déjà vu ("Sad Girl", "Road To Rouen" et "Kick in The Teeth") et tentatives presque infructueuses ("Coffee In The Pot")... Ça manque globalement de pêche et de cette touche de génie et de grâce qui touchait le groupe sur ses premiers albums. Road To Rouen n'est pas mauvais en soit... juste décevant. (octobre 2005)

System Of A Down - Mezmerize CD Cover Art

System Of A Down, Mezmerize

Quatre ans après le monstre de Toxicity, le meilleur album métal des années 2000 jusqu'à maintenant, System Of A Down nous revient avec Mezmerize alors que la pression est forte et les attentes, nombreuses. Le groupe a bien fait de prendre son temps, de laisser retomber la poussière et de nous présenter un album de pièces inédites en 2002 pour nous faire patienter (Steal This Album!). Mezmerize est la première partie de ce qui aurait pu être un album double, mais qu'on a décidé de nous présenter séparément, la suite, Hypnotize, étant prévue pour septembre. On retrouve à nouveau le style unique de SOAD avec ses variations rythmiques toujours inattendues dans lesquelles on peut passer du métal le plus violent à des genres un peu plus introspectifs ou légers. Malgré ces variations, les pièces sont bien rythmées et les mélodies sont toujours aussi efficaces. Le tout débute par une intro d'une minute, bien douce pour être sûr qu'on fasse le saut quand ça commencera pour vrai. Heureusement, c'est le premier simple, "B.Y.O.B.", qui suit, ce qui n'est pas trop épeurant puisque c'est une pièce de la qualité de "Chop Suey!" qui avait largement contribué à propulser leur album précédent au sommet. Toutes les pièces qui suivront auront leurs riffs incroyables à un moment ou à un autre, une énergie hors du commun et, malgré une ligne directrice bien évidente maintenant très caractéristique au groupe, se distingueront toutes les unes des autres. "Radio/Video" nous proposera même une espèce de petit ska un peu vieillot en plein milieu, un style jamais exploré par le groupe jusque là, du moins sous cette forme. Des moments presque industriels sur "Violent Pornography" en font une de mes préférées et on utilisera un traitement électronique de la voix sur "Old School Hollywood" pour la rendre unique. Les faiblesses sont rares sur cet album de 36 minutes et la seule chose qui peut le rendre inférieur à Toxicity est l'impact qu'ils auront sur la nouvelle génération qui sera sûrement moins grand maintenant qu'ils sont déjà bien implantés dans l'industrie. Les fans du groupe ne peuvent passer à côté de Mezmerize, tout comme les amateurs de métal de grande qualité, mais n'oubliez pas de surveiller la sortie de Hypnotize vers la fin de l'été. (critique principale de juillet 2005)

½

System Of A Down - Hypnotize

System Of A Down, Hypnotize

Voici la suite tant attendue de l'excellent Mezmerize paru 6 mois auparavant. À ce moment, c'était déjà prévu et annoncé qu'Hypnotize suivrait dès l'automne, un beau travail de marketing quoi! Surtout que les 2 albums, même s'ils s'écoutent parfaitement chacun de leur côté, auraient pu former un seul et même album de 76 minutes. Les boîtiers ont même été conçus pour se joindre ensemble et ne faire qu'un seul coffret. Encore là, c'est un excellent truc du département de création pour éviter le téléchargement illégal sur le web, puisqu'il y a une valeur ajoutée évidente à se procurer les 2 albums. Musicalement, ce nouveau disque ressemble bien sûr au précédent. Ce qui le rend peut-être légèrement inférieur est qu'on a déjà découvert certaines facettes du groupe sur Mezmerize qui reviennent ici. Vous direz que c'est normal puisqu'ils ont été créés presque en même temps et vous avez raison. C'est justement ce qui fait qu'on aurait dû nous présenter tout à la fois, un peu comme Guns N' Roses l'avait fait avec Use Your Illusion 1 & 2, il y a de cela plus d'une décennie. Mais, ça aurait brisé le génie marketing... Sur Hypnotize, vous ne trouverez pas de bombes comme "B.Y.O.B." ou "Question!" sur le précédent, mais "Stealing Society", "Attack" (qui démarre l'album) et "U-Fig" vous en mettront plein les oreilles. "Kill Rock 'N Roll" reprend exactement là où "Old School Hollywood" nous avait laissé avec une tendance rock n' roll que je n'avais pas entendu chez SOAD auparavant. La chanson-titre et premier extrait de l'album m'a quelque peu déçu au départ, mais me plaît de plus en plus et fait partie de ces pièces qu'on apprend à apprivoiser. L'album se termine avec l'excellente ballade "Lonely Day" et avec "Soldier Side" qui complète l'intro du même titre de l'album Mezmerize. La boucle est donc bouclée. J'ai écouté l'album seul, ainsi qu'à la suite de son jeune prédécesseur et je dois dire que c'est en les écoutant en continu qu'on en tire le meilleur. Avec ces 2 albums, SOAD nous présente non seulement le meilleur métal de 2005, mais le meilleur depuis bien longtemps. Même si Hypnotize est peut-être (je dis bien peut-être) légèrement inférieur à Mezmerize, il s'agit d'un album de premier plan d'un groupe qui est dans une classe à part. Qui pourra les déloger? Veuillez noter qu'Hypnotize est également disponible en dual disc avec le côté DVD qui inclut un film sur l'enregistrement des 2 albums en studio. (critique principale de janvier 2006)

Lynda Thalie - Lynda Thalie

Lynda Thalie, Lynda Thalie

Lynda Thalie est une québécoise d'origine algérienne qui nous présente ici son 2e album. Sa voix chaude est enrobée d'arrangements magnifiques sur une musique qu'on pourrait qualifier d'internationale avec ses rythmes arabo-occidentaux. L'album a été réalisé par Nicolas Maranda qui a vraiment su tirer le meilleur de la chanteuse, auteure et compositeure au talent immense. Elle reprend ici "En équilibre", une pièce de son premier album, Sablier, et en fait même le premier extrait de cet album éponyme. Il s'agit selon moi de la meilleure pièce du disque. Elle reprend aussi une pièce de Sade, une adaptation en arabe de "Pearls" qui devient "Djouhar". Elle dit avoir été très touchée par cette pièce, mais là c'est une question de goût. D'autres pièces sont dignes d'intérêt puisqu'elles captent rapidement notre attention: "Nomade", "Adieu mon pays" (d'Enrico Macias), "Tout ce dont j'ai besoin" et "Galouli". Lynda a aussi eu le privilège de recevoir un texte de Michel Rivard qu'elle a mis en musique et qui s'intitule "De neige ou de sable". En général, l'album possède un son passablement uniforme, assez ambiant, qui ne s'écoute pas dans n'importe quelle situation. Par contre, lorsque les circonstances s'y prêtent bien, c'est un album qui se déguste littéralement par son atmosphère chaleureuse. Il vous fera assurément rêver en vous transportant complètement ailleurs. Que c'est agréable d'entendre une chanteuse québécoise se différencier de la masse des chanteuses à textes! (février 2006)

Carbone

½

Tonik - Last Call

Tonik, Last Call

Voici un groupe québécois que j'ai vu en performance au Bistro à Jojo, célèbre établissement de Montréal où ce sont produits les meilleurs artistes rock et blues québécois. Ce qui m'a tout de suite frappé, c'est leur talent et leur présence sur scène alors qu'ils nous présentaient des classiques allant de Jimi Hendrix à AC/DC. Leurs propres compositions ont également attirer mon attention. Ce sont des gars d'expérience pour qui il ne manque qu'un contrat de disque et une machine promotionnelle pour les propulser. Ça ne saurait tarder! Last Call est un mini-album autoproduit de 3 pièces qui nous permet de découvrir leur style de rock à la Éric Lapointe et Martin Deschamps. "Fleur de Lys" est un succès instantané, alors que la ballade "Héroïne" nous montre leur côté tendre, un côté nécessaire pour obtenir une grande visibilité en tant que rockeur au Québec. Finalement, la pièce-titre nous présente toute l'énergie dont ils disposent pour brasser la cage en tournée. Le groupe travaille présentement à son premier album complet. À surveiller... (avril 2006)

Trews - Den Of Thieves

The Trews, Den Of Thieves

The Trews est un groupe ontarien qui nous présente ici son 2e album. Ils nous offrent un son rock aux influences rock n' roll et blues, un son qu'on pourrait comparer à Big Sugar, Sam Roberts, Jonas et Sloan. Gordie Johnson de Big Sugar avait d'ailleurs réalisé le premier album du groupe, House Of Ill Fame, paru en 2003 et relancé en 2004 dans une édition limitée de 2 disques. Même si le groupe joue un style qui commence à prendre sérieusement de l'âge, il réussit à nous l'offrir avec une originalité surprenante. Peu de titres vous jetteront à la renverse, mais une pièce entraînante comme "Fire Up Ahead" qui ouvre l'album risque de capter votre attention, comme ce sera à nouveau le cas en quelques occasions au cours de l'écoute de 57 minutes (comme avec les succès "So She's Leaving" et "Yearning" par exemple). Vous y entendrez même une pièce de Tracy Bonham, "Naked". Les guitares sont toujours très présentes et représentent le coeur du son de The Trews, un son très axé sur la section rythmique. Parmi les 15 pièces de l'album, vous en trouverez certainement quelques-unes qui vous plairont particulièrement. Sans être bon également du début à la fin, Den Of Thieves est un album solide qui trouve parfaitement sa place dans une scène rock canadienne en très bonne santé ces jours-ci. À quand la disparition de Nickelback pour laisser la place à de nouveaux talents créatifs? (janvier 2006)

Bumstead / Sony BMG

½

Turbonegro, Party Animals (CD + DVD)

Dans les années 90, alors que tout le monde de la musique rock n'en avait que pour le grunge, puis le post-grunge, un groupe de hard rock norvégien apparaissait et nous offrait ce que les américains et les britanniques n'étaient plus en mesure de nous donner dans le genre glam metal et hard rock. Ce groupe c'est Turbonegro qui nous a présenté le classique Apocalypse Dudes en 1999. Le groupe est maintenant de retour, 2 ans après l'excellent Scandinavian Leather. Ma première impression à l'écoute de ce nouvel album: ça brasse et c'est bon! Mais, en l'écoutant un peu plus en profondeur, je me suis plutôt ravisé. C'est que le groupe revient jouer dans les mêmes clichés qu'il avait si brillamment utilisés sur ses précédents albums, sauf qu'ici ça sent le réchauffé. Ils tentent de refaire leurs gros albums mais tombent malheureusement dans de véritables clichés en se copiant eux-mêmes en plus d'une bonne dizaine de groupes de la fin des années 70 et des années 80. Voici les groupes qui me sont venus en tête le plus souvent: Judas Priest, Accept, Scorpions, Guns N' Roses et Hanoi Rocks. En plus, les thèmes abordés n'ont souvent rien de bien modernes comme vous le montreront les titres suivants: "City Of Satan" (le nouveau vidéoclip), "Death From Above", "Stay Free" et "Babylon Forever". Il est vrai que le groupe ne s'est jamais trop pris au sérieux, mais là c'est la créativité qui en prend pour son rhume. Certaines mélodies vous plairont quand même et les pièces punk "All My Friends Are Dead" et "Final Warning" sont très bonnes. Le fait qu'un DVD est inclus m'a attiré au départ, mais il est totalement inutile. On n'y voit que le chanteur Hank Von Helvete dans un gymnase qui nous donne ses trucs pour un bon entraînement. Lui qui n'est pas trop crédible dans ce rôle peut nous faire sourire au départ, mais on trouve ensuite les 13 minutes du vidéo bien longues, même si on peut entendre des bouts de quelques pièces de l'album en certaines occasions. En conclusion, vous apprécierez peut-être parce que ça brasse et que les groupes hard rock potables sont quand même rares de nos jours. Mais, Party Animals ne passera pas à l'histoire comme un grand album de Turbonegro. (décembre 2005)

Burning Heart / Abacus

Unseen - State Of Discontent CD

The Unseen, State Of Discontent

Le groupe punk hardcore de Boston The Unseen est déjà bien connu dans l'underground américain, puisqu'il a participé à différentes tournées autant aux États-Unis qu'ailleurs dans le monde. Il a entre autres fait des premières parties pour Millencolin, en plus de participer au Vans Warped Tour 2003. State Of Discontent est le 5e album du groupe en 7 ans et probablement un de ses plus solides à ce jour, même si le précédent, Explode, peut toujours être considéré comme son meilleur. Celui-ci a été réalisé par Ken Casey des Dropkick Murphys, en plus d'avoir été co-mixé par Brett Gurewitz de Bad Religion. Tant de gros noms qui donnent un résultat très énergique, un style qui nous arrive droit au visage et qui plaira aux fans du vieux punk énergique d'il y a 25 ou 30 ans. Le côté hardcore du groupe se retrouve essentiellement dans la voix criarde du chanteur Mark Unseen, puisque pour la musique c'est un rock n' roll énergique qui n'a que très peu à voir avec le son hardcore habituel. Leur musique est extrêmement efficace et ne vous ennuiera pas 2 secondes, même si l'originalité peut parfois manquer au rendez-vous. Les 32 minutes vous sembleront bien courtes, surtout qu'avec 14 chansons on s'attend à ce que ce soit un peu plus long. En plus, l'album se termine de bien belle façon avec une excellente reprise de "Paint It Black" des Rolling Stones, rien de moins. C'est une des meilleures versions que j'ai pu entendre de ce classique des années 60. C'est donc un bon album que nous présente The Unseen, un album qui plaira non seulement à leurs fans, mais aussi à tous les amateurs de punk énergique qui n'auraient pas encore eu la chance de découvrir ce groupe de la côte est américaine. (juin 2005)

Hellcat / Epitaph

½

Florent Vollant, Nipaiamianan (1999) (réédition de 2005)

Nipaiamianan est un album de Noël qui était déjà paru en 1999, mais n'était plus disponible depuis un certain temps déjà. En voici la réédition qui était très attendue. C'est qu'il s'agit ici d'un album de Noël qui se différencie de la masse des albums du genre par son style musical plus folk et par la langue employée, celle des ancêtres de Florent Vollant, l'innu. Il s'entoure de plusieurs collaborateurs sur cet album, allant de Richard Séguin à Réjean Bouchard en passant par Ray Bonneville, Zachary Richard, Luce Dufault et Lucien Gabriel Jourdain. Vous y entendrez certains classiques de Noël, que Florent adapte librement et vous offre d'une façon unique que vous ne risquez pas d'entendre très souvent.  "Sainte nuit" devient "Tshitshitua Tepishkat", "Minuit, chrétiens" devient "Nipaiamianan" (la chanson-titre qui signifie longue nuit), "Les anges dans nos campagnes" se transforme en "Eku Papa-Petakakut", "Adeste fideles" devient "Metshetiek" et "Venez, divin Messie" apparaît sous le titre "Eku Nashpit Minuashu". J'avoue que je n'ai jamais de bien grandes attentes face à un disque de Noël, mais il était bien difficile ici de ne pas tomber sous le charme. La guitare acoustique de Florent Vollant est toujours bien enrobée dans de magnifiques arrangements doux et captivants. Certaines pièces ont même réussi à me faire oublier que j'écoutais un album de Noël ("Kassinu", "Tshishe Manitu", etc.), ce qui peut laisser la possibilité d'écouter l'album tout au long de l'année, en faisant un saut par-dessus les classiques qui risquent d'être moins pertinents par un bel après-midi de juin. Pour un album de Noël unique et d'une grande qualité artistique, voici un choix qui vous changera des classiques éternellement réinterprétés de la même façon. (décembre 2005)

Diffusion YFB

Martha Wainwright - Martha Wainwright

Martha Wainwright, Martha Wainwright

Jeune soeur de Rufus et fille de Kate McGarrigle, la Montréalaise Martha Wainwright était définitivement destinée à épouser une carrière de chanteuse. Après avoir travaillé en tant que choriste pour son frère, avoir lancé un tas de mini-albums et avoir donné ses propres spectacles dans des cafés et bars de la région de Montréal, voilà qu'elle nous offre enfin son premier album complet. Sur ce disque éponyme, l'auteure et compositeure nous offre un son folk contemporain, généralement basé sur la guitare acoustique, mais souvent accompagné d'orchestrations magnifiques. Sa voix douce s'ajoute admirablement à cette musique riche et tout aussi douce. Même si peu de pièces sont vraiment faibles, je peux dire que j'ai quelques préférées à travers les 13 de l'album, incluant "Ball & Chain" et celle qui ouvre le disque, "Far Away". Certaines ballades, comme "These Flowers" par exemple, ne sont pas sans nous rappeler Joni Mitchell et dans certains cas, c'est un peu moins convaincant. On peut l'entendre en duo avec son frère sur "The Maker" et l'album se termine par une belle interprétation au piano (même si un peu endormante) du compositeur classique Vaughan Williams, "Whither I Must Wander". Si vous aimez la musique acoustique introspective d'auteurs-compositeurs, vous apprécierez certainement ce qu'a à vous offrir Martha Wainwright. Ne ratez pas son plus récent vidéoclip pour la chanson "When The Day Is Short", une autre très bonne pièce qui va même explorer le rock. (découverte du mois de mars 2006)

½

Wasted Sunday - Barely Spoken, Already Understood

Wasted Sunday, Barely Spoken, Already Understood

Wasted Sunday est un groupe de Québec composé de 4 jeunes hommes au tout début de la vingtaine. Ils nous proposent un pop punk énergique et mélodique. Parmi leurs influences principales, on retrouve NOFX, No Use For A Name, Thrice, Strung Out et Lagwagon, ce qui donne en même temps un assez bon aperçu de leur son. On pourrait aussi les comparer à 1208 et Amber Pacific, avec des traces de Sum 41. Malgré des mélodies très efficaces et une qualité de réalisation irréprochable, je trouve malheureusement que le groupe n'a rien pour se démarquer de la mer de groupes dans le genre qui inonde complètement la planète au point de tous nous noyer. Bon, dans un festival punk à travers plusieurs autres groupes punks et pop punks, Wasted Sunday plaira assurément... comme la plupart des autres groupes présents. Mais, il manque cette étincelle, ces pièces une coche au-dessus de la moyenne qui feraient que le groupe pourrait aspirer à plus et éventuellement vivre de sa musique, même si des pièces comme "Quietly Drowning" et "The Silence" sont très intéressantes. Peut-être que le prochain album les amènera à ce niveau. Je leur souhaite! En attendant, qu'ils aient du plaisir à tourner à travers le Québec et en profitent au maximum. Pour ceux qui mangent du pop punk et n'écoutent que ça, Wasted Sunday aura sa place dans votre collection. (décembre 2005)

New Horizon

Andrée Watters - À travers

Andrée Watters, À travers

Andrée Watters amenait en 2003 un nouveau vent de fraîcheur dans la musique pop rock radiophonique avec son premier album, AW, et ses succès "Dépendre de toi" et "Si exceptionnel", entre autres. Elle s'est d'ailleurs méritée un Félix pour l'album rock de l'année, devant Daniel Boucher. En 2005, c'était le moment du lancement de son fameux 2e album, un 2e album qui est toujours très craint des artistes, mais encore plus des chroniqueurs musicaux. C'est donc avec une certaine réticence que j'ai écouté À travers en espérant ne pas avoir à trop être négatif. Après tout, j'avais bien aimé son premier album et elle est sympathique. À l'écoute du premier extrait, j'avais mes doutes, parce que malgré un refrain fort, la chute était plutôt brusque aux couplets. J'ai tout de suite pensé que ça ressemblait à ce que j'avais le moins aimé sur son premier album, c'est-à-dire des pièces pop sans trop de mordant qui ne cadraient pas avec la présentation de rockeuse qu'on en faisait. Sur À travers, ce style se répand sur toute la longueur du disque de 45 minutes. Quelques bons refrains avec de la guitare pour justifier son titre de rockeuse et le reste des chansons est souvent plutôt ennuyant. C'est aussi un peu le cas avec son nouvel extrait, "Ce que je perds". En fait, je pense qu'il faut oublier l'étiquette de rockeuse pour éviter la déception. Elle nous offre une musique pop avec un peu de guitare, point final. Si on s'en tient à ça, elle offre un produit de qualité qui bénéficie en plus de la grosse machine promotionnelle de Sony BMG. Au moins, il y a "Tu pars" qui est vraiment excellente, mais en bout de ligne, c'est un 2e album très moyen pour Andrée Watters, malgré plusieurs succès radio. (avril 2006)

Weerd Science - Friends And Nervous Breakdowns Cover Art

Weerd Science, Friends And Nervous Breakdowns

Weerd Science est un projet parallèle de Josh Eppard, batteur du groupe alternatif américain Coheed and Cambria (qui lancera un nouvel album plus tard cette année). Ce projet présente un style totalement différent de son travail avec le groupe puisqu’il nous offre un son hip hop. Des comparaisons se font rapidement avec Eminem et Sage Francis, d’autres rappeurs blancs qui n’hésitent pas utiliser d’excellents arrangements allant naviguer dans les eaux d’autres styles musicaux à l’occasion (soul, R&B, etc.). Vous y trouverez parfois le langage offensif d’un Eminem avec la poésie et le phrasé d’un Sage Francis. Un certain côté gangster rap peut à l’occasion ressortir s’approchant un peu plus de 50 Cent, mais sa musique est généralement mélodique et plutôt agréable à l’oreille. Ce projet de Weerd Science demeurera probablement inconnu du grand public, malgré des chansons avec un excellent potentiel commercial, mais il constitue assurément un des bons enregistrements hip hop des dernières années. Ceux qui disent ne pas trop aimer le genre devraient porter une attention particulière à Friends And Nervous Breakdowns qui les fera peut-être changer d’opinion. (découverte du mois d'avril 2005)

Equal Vision

½

Weezer - Make Believe

Weezer, Make Believe

Voici un groupe qui représente définitivement une énigme. Rares sont les groupes qui divisent autant les critiques et ce, sans jamais avoir lancé un mauvais album. Nous n'avons qu'à prendre l'exemple de leur 2e album, Pinkerton. En 1996, il a été un flop commercial total, en plus d'être démoli par la critique, la revue Rolling Stone parlant même du pire album de l'année. Par contre, avec le temps, Pinkerton est devenu un album culte pour le groupe, un album que plus personne n'oserait critiquer et qui est considéré par plusieurs comme leur meilleur en carrière, rien de moins. Ils ont tout d'abord été faussement associés au punk en présentant leur premier album dans la foulée des méga-succès de Green Day et The Offspring en 1994. Par la suite, c'est au rock alternatif qu'on les a associés, alors qu'ils nous ont toujours offert de bonnes chansons pop rock, tout simplement. Ils ont leur style bien à eux, donc qu'on cesse d'essayer de les associer à un mouvement en particulier! Sur Make Believe, le groupe revient aux pièces pop de ses 2 albums éponymes, en laissant de côté le son lourd qu'on retrouvait sur Maladroit, leur dernier album paru en 2002. Ce n'est donc pas bien surprenant de voir le succès qu'on eu les pièces "Beverly Hills", "We Are All On Drugs" et "Perfect Situation". Par contre, ils réussissent à nous surprendre en quelques occasions avec un son différent, comme c'est le cas avec "This Is Such A Pity" qui fait très années 80. Elle n'est pas sans nous rappeler The Cars et on a peut-être arrangé cette chanson en l'honneur de Ric Ocasek qui a déjà travaillé avec eux comme réalisateur. Rivers Cuomo, qui a pris le contrôle du groupe il y a déjà bien longtemps, nous offre encore une fois des compositions de qualité et les faiblesses sont rares sur Make Believe, malgré quelques ballades un peu superflues. C'est Rick Rubin qui a eu la responsabilité de le réaliser et le résultat est efficace, sans que ce soit trop travaillé. Il faut quand même un son de guitare un peu sale et distorsionné pour bien rendre le son unique à Weezer. Certains diront que plusieurs pièces ressemblent à ce qu'ils ont fait dans le passé et ce n'est pas tout à fait faux. Par contre, je n'ai pas eu l'impression qu'ils se copiaient eux-mêmes, et tant que les pièces sont efficaces, je ne vois pas le problème. Un autre bon album pour Weezer... (février 2006)

½

Kanye West - Late Registration

Kanye West, Late Registration

Kanye West a d'abord été réalisateur pour quelques-uns des plus grands rappeurs incluant Jay-Z. Mais, lorsqu'il a décidé de lancer son premier album en 2004, The College Dropout, son succès a été instantané, en plus d'être acclamé de la critique. Un an plus tard, il nous revenait avec Late Registration, considéré par ses fans comme un album inférieur à son premier, mais encore une fois grandement apprécié de la critique. Pour ma part, ce que j'ai découvert ici est un album de très grande qualité, parmi les meilleurs albums hip hop du moment. West nous propose une musique riche en sonorités qui explore différents styles allant du funk au R&B, en passant par un fond de jazz en quelques occasions. Ses mélodies sont d'une efficacité incomparable et plusieurs pièces possèdent un grand potentiel commercial (incluant bien sûr les méga-succès "Gold Digger" et "Diamonds From Sierra Leone"). Tous les éléments d'un bon album hip hop sont présents: 70 minutes de musique, des intermèdes et de nombreux artistes invités (Adam Levine de Maroon 5, Jamie Foxx, Brandy, Jay-Z et plusieurs autres). Il y a bien quelques titres qui m'ont un peu moins intéressé, mais l'ensemble s'écoute tout de même à merveille, ce qui en fait certainement un des meilleurs albums hip hop de 2005. Late Registration est une excellente façon de nous faire patienter jusqu'au prochain bon album de Eminem. (critique principale de mai 2006)

½

White Stripes - Get Behind Me Satan CD Cover Art

The White Stripes, Get Behind Me Satan

Voici le très attendu 5e album du duo minimaliste de Détroit The White Stripes, un duo qui continue d'affirmer qu'ils sont frère et soeur même s'ils sont en réalité ex-conjoints (eh oui, le nom de Jack White est un pseudonyme). Musicalement, le groupe a réussi à se frayer un chemin dans le son blues garage underground et à devenir un des groupes les plus admirés des années 2000. Avec leur précédent album, Elephant, ils ont battu des records de ventes, principalement grâce au succès commercial de "Seven Nation Army" qui a même inspiré plusieurs DJ pour en faire des versions encore plus dansantes. Sur Get Behind Me Satan, Jack, qui est le seul compositeur, se laisse aller plus que jamais dans le romantisme, et laisse de côté du même coup la guitare distorsionnée qui a fait le succès des enregistrements précédents. Il y en a encore, comme dans la pièce blues "Instinct Blues", mais le piano prend un espace beaucoup plus important et nous prive quelque peu du talent immense de Jack en tant que guitariste. On explore différents styles comme le country sur "Little Ghost" et "I'm Lonely" ainsi que le disco/métal sur le succès "Blue Orchid", une autre pièce dansante qui se fera sûrement remixée bien des fois. Mais, en général c'est un son blues tout à fait unique que nous propose à nouveau ce compositeur à la créativité sans bornes. On reconnaît le style des White Stripes, mais l'album va encore une fois un peu plus loin. C'est comme ça depuis leurs débuts, ce qui fait que de nouveaux fans s'ajoutent et que d'autres décrochent espérant réentendre ce qu'ils avaient aimé du duo auparavant. Comme pour "Seven Nation Army" sur le précédent album, les gens qui achèteront Get Behind Me Satan parce qu'ils aiment "Blue Orchid" seront assurément déçus, puisque le reste de l'album n'a rien à voir avec celle-ci. Pour ma part, je le trouve un peu moins satisfaisant que Elephant, que j'avais considéré comme le meilleur album de 2003. Ce n'est pas qu'il est moins original, mais plutôt que le son du piano me rejoint moins que celui de la guitare, donc c'est purement une question de goût. En conclusion, c'est un autre album solide que nous offrent The White Stripes, un top 10 assuré de l'année en cours. (critique principale de septembre 2005)

Wolf Parade - Apologies To The Queen Mary CD

Wolf Parade, Apologies To The Queen Mary

Wolf Parade est un nouveau groupe montréalais qui est surtout connu pour avoir fait la première partie de Arcade Fire, la nouvelle sensation de la scène montréalaise, à plusieurs reprises. C'est d'ailleurs dans ce contexte que je les ai découverts en avril dernier. Après 2 mini albums, voilà que le groupe nous offre son premier album complet, un disque très attendu dans la scène alternative, autant à Montréal qu'ailleurs en Amérique. Le groupe tire ses influences de David Bowie, des Pixies et de Modest Mouse. Parmi leurs contemporains, on peut les comparer à Franz Ferdinand et évidemment à The Arcade Fire. J'ai même entendu Gorillaz à travers la structure de la première pièce, "You Are A Runner And I Am My Father's Son". Après avoir attiré l'attention de Isaac Brock de Modest Mouse, Wolf Parade a été amené chez l'étiquette Sub Pop par le gérant de ce groupe américain très créatif. Finalement, Brock a réalisé ce premier essai pour les nouveaux venus. Une des particularités du groupe est qu'il alterne presque parfaitement le chant entre Dan Boeckner, le guitariste, et Spencer Krug, le claviériste. Hadji Bakara (claviers et électronique) et Arlen Thompson (batterie) viennent compléter le quatuor. Il faut aussi noter la présence de Tim Kingsbury de Arcade Fire sur 2 pièces à la guitare et sur 1 à la basse. Même si je n'avais pas été totalement renversé par leur performance sur scène il y a 7 mois, je dois dire que je m'étais créé de fortes attentes vis-à-vis cet album. Donc, la première écoute m'a laissé sur mon appétit. Il faut dire qu'il s'agit du genre d'album qu'on doit écouter à plusieurs reprises pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur. Je ne me suis donc pas découragé et l'ai réécouté plusieurs fois pour finalement découvrir un des albums les plus créatifs de 2005. Il y a bien certaines sonorités que je n'arrive pas à apprécier totalement: parfois la voix, parfois le clavier et parfois la rythmique un peu particulière. Mais, une fois les opinions personnelles mises de côté, c'est un album extrêmement solide qu'on peut entendre avec Apologies To The Queen Mary. Bizarrement, malgré des mélodies souvent très accrocheuses, je n'ai pas l'impression qu'il s'agit d'un album pop qui plaira à un vaste public. Peu de chansons sont aussi accrocheuses que ce que nous a offert Arcade Fire jusqu'à maintenant, sauf peut-être l'excellente "Shine A Light" et "It's A Curse". Pour les amateurs de musique originale et différente, Wolf Parade est un choix judicieux. Avec eux, la continuité du succès de la scène alternative montréalaise est assurée. (découverte du mois de décembre 2005)

Youth Group - Skeleton Jar CD

Youth Group, Skeleton Jar

Youth Group est un groupe rock alternatif australien qu'on pourrait comparer aux Pixies et à The Frame avec en prime une petite touche britannique. Ils ont aussi un côté un peu plus folk par moments, un son que n'aurait pas renié Elliott Smith. Skeleton Jar est leur 2e album, mais le 1er à paraître en Amérique. C'est un album qu'on doit apprivoiser en quelques écoutes, mais à partir du moment où on connaît les chansons, on ne peut plus s'en départir et on doit l'écouter d'un trait. Les mélodies sont agréables sur une musique bien composée, fignolée et jouée. Les moments faibles sont plutôt rares et c'est seulement pour une question de goût personnel que vous pourrez trouver certains moments ennuyants. Une agréable surprise par un groupe à surveiller dans les années à venir. (découverte du mois de juin 2005)

Epitaph

½

Compilations :

 

Big Shiny Tunes 10

Big Shiny Tunes 10

Depuis 10 ans, Musique Plus nous offre la compilation Big Shiny Tunes vers la fin de l'année, juste à temps pour Noël. On retrouve donc à nouveau sur cette 10e édition quelques-uns des plus gros succès rock de 2005. Je dis quelques-uns parce qu'il y a toujours certains gros noms dont on ne réussit pas à avoir les droits des chansons, ce qui fait qu'il ne s'agit pas nécessairement du meilleur de l'année. Sur cette édition, on retrouve My Chemical Romance, Coldplay, The Killers, Nickelback, Weezer, Sum 41, Billy Talent, Simple Plan, Gorillaz, Queens Of The Stone Age et plusieurs autres. C'est encore une fois une bonne occasion de découvrir de nouveaux talents tout en ayant un bon aperçu de ce qui a joué cette année du côté rock. Much Music, la version anglophone de Musique Plus, lance toujours une version légèrement différente de Big Shiny Tunes. Sur cette édition, vous entendrez des noms célèbres comme Green Day, Audioslave, System Of A Down, The Arcade Fire et Beck qui vont peut-être vous plaire plus que ceux de la version francophone. Big Shiny Tunes est toujours un bon achat pour faire une récapitulation efficace de l'année. (janvier 2006)

C.R.A.Z.Y. (musique originale)

C.R.A.Z.Y. (musique originale)

Fait rare dans le cinéma québécois, on a réussit à aller chercher les droits de très grands noms de la musique pour la bande originale du film C.R.A.Z.Y.. Cette musique s'adapte parfaitement au film qui se déroule dans les années 60 et 70. On y trouve 3 classiques de Patsy Cline, 2 de Pink Floyd et 2 de Charles Aznavour, en plus de David Bowie, The Rolling Stones, Jefferson Airplane, Roy Buchanan et The Cure. On retrouve aussi 2 pièces originales de Jean-Christian Arod. Bon, comme c'est souvent le cas sur les bandes originales de films, les pièces ne vont pas toutes très bien ensemble, mais au moins elles ont l'avantage d'être de grande qualité, ce qui en fait un disque au-dessus de la moyenne dans le genre. En plus, comme la musique a une grande importance dans le film, le CD vous permettra de revoir des images du film dans votre tête en l'écoutant. C'est un bien bel album qui vous rappellera de bons souvenirs du film, dont vous pouvez d'ailleurs lire ma critique sur Cinémania. (janvier 2006)

½

Flaming Lips - Latenight Tales Cover Art

The Flaming Lips, Late Night Tales

Voici ce qui n’est pas vraiment un nouvel album des Flaming Lips, mais plutôt une compilation de pièces choisies par le groupe, comme le veut la série Late Night Tales. Vous y trouverez tout de même comme plat de résistance une reprise par les Flaming Lips de "Seven Nation Army" des White Stripes. Pour le reste, ce sont toutes des pièces dans le genre ambiant, les plus intéressantes étant celles de Björk ("Unravel"), Miles Davis ("My Ship"), Roxy Music ("2HB"), Alfie  ("People"), Aphex Twin ("Flim"), Chameleons ("Up The Down Escalator"), Chemical Brothers ("Playground For A Wedgeless Firm"), Love And Rockets ("Saudade"), Lush ("Monochrome"), Psychedelic Furs ("Sleep Comes Down"), Sebadoh ("On Fire"), Radiohead ("Pyramid Song") et Brian Eno ("Another Green World"). Il y en a 20 en tout qui vous combleront totalement par leur atmosphère feutrée et vous feront découvrir l’univers dans lequel vivent les membres des Flaming Lips et ce qui les fait vibrer. (avril 2005)

Azuli

Horloge biologique

Horloge biologique (musique originale)

Voilà une bande originale qui accompagne merveilleusement bien un film de qualité pour en faire un film de premier plan. La musique a en effet un rôle bien important à jouer à différents moments du film Horloge biologique et elle vous reste nécessairement en tête. C'est donc un paquet de souvenirs qui reviennent en écoutant l'album. Fait rare pour une bande originale de film, le CD de 50 minutes s'écoute bien du début à la fin. Il nous propose un mélange de rock et d'électro moderne, avec quelques classiques en prime dont "It's My Life" de Talk Talk. Par contre, vous n'y trouverez pas le fameux succès de Foreigner "I Want To Know What Love Is" qu'on entend à répétition dans le film lors des séances d'aquagym. Peut-être qu'elle ne cadrait tout simplement pas avec le reste du disque qui bouge quand même passablement. Du côté rock, on retrouve 2 pièces de Poxy, le nouveau groupe de Xavier Caféïne. Du côté plus dansant, on est très heureux d'entendre la fameuse toune des 5 à 7 qui faisait partie de la bande-annonce, "When Nature Calls" de Mataï, ainsi que l'excellente "Son Of Bumba Cloth" de Apollo n Sound System. Entre les deux, les 3 pièces rock/électro de Dee et celle de Echo Kitty donnent le ton à l'album pour en faire un disque au son des années 2000. Le funk est également présent grâce à "Gee's Up" de Miss Cannonball. Même si peu d'artistes connus sont présents, on aura assurément envie de découvrir les nouveaux noms, parce que très peu présentent des pièces réellement faibles. Si certaines vous plaisent moins, ce sera plutôt une question de goût qu'un manque de qualité. Peu de pièces ont un potentiel d'éclatement commercial, mais pour accompagner un film, on ne pouvait trouver mieux. Un excellent disque! Pour lire ma critique du film, visitez Cinémania. (mars 2006)

½

Various Artists - Punk-O-Rama 10 CD

Punk O Rama 10 (CD + DVD)

Eh oui! Il s'agit déjà de la 10e édition de Punk O Rama qui se veut une compilation des principaux artistes parus sur l'étiquette Epitaph Records. Et encore une fois, il s'agit de la meilleure édition à ce jour. La 9e incluait pour la première fois un DVD avec quelques vidéoclips, mais ici c'est rien de moins que 21 vidéoclips qu'on y retrouve pour un total de près de 1 heure 30. Parmi les plus intéressants, on doit noter ceux de From First To Last, Millencolin, Tiger Army, Bad Religion, The Weakerthans, Black Keys, Dropkick Murphys, alors qu'on peut aussi y entendre d'excellentes pièces par The Matches, HorrorPops, Pulley et Roger Miret & The Disasters. Le DVD en lui-même vaut le prix total, mais parlons tout de même du CD. Il regroupe 26 pièces totalisant 72 minutes, toutes des pièces différentes de celles incluses sur le DVD sauf "Riot, Riot, Riot" de Roger Miret & The Disasters. C'est donc 46 titres au total qu'on retrouve sur les 2 disques vendus à bas prix! Parmi les pièces incluses sur le CD, on en retrouve quelques-unes qui ne sont jamais parues auparavant par The Matches, Bad Religion (un inédit de 1994), This Is Me Smiling, Scatter The Ashes, The Offspring (un inédit de 1992), Hot Water Music, The Bouncing Souls (une version en concert de "Anchors Aweigh"), Pulley et The Special Goodness. Dans les autres pièces, on ne peut passer sous silence les excellents titres de Sage Francis, Youth Group, Millencolin, Dropkick Murphys, Rancid, Pennywise, NOFX et Tiger Army. Les amateurs de punk de tout genre (hardcore, pop, rap, psychobilly et old school) en auront définitivement pour leur argent avec cette compilation du meilleur de Epitaph. Un incontournable! (août 2005)

Epitaph

Various Artists - Suicide Girls: Black Heart Retrospective CD

The Suicide Girls: Black Heart Retrospective

Suicide Girls vient d'un site web pornographique dont la marque s'est répandue dans le monde réel avec un livre et une tournée avant de conclure une entente avec l'étiquette Epitaph pour la production d'un DVD, Suicide Girls: The First Tour. Vous ne comprenez rien? C'est pas grave car moi non plus! Tout ce que je sais, c'est que maintenant on voit apparaître cette compilation de classiques goth et industriels. On y retrouve 15 titres en tout de groupes comme Ministry, Nine Inch Nails, The Cure, Bauhaus, Skinny Puppy, Killing Joke, Love and Rockets, Joy Division et Siouxsie & The Banshees. On retrouve aussi l'excellente "Lucretia My Reflection" une pièce inédite de Alkaline Trio reprise de Sisters of Mercy et le classique de The Cult, "She Sells Sanctuary". Ce sont les 2 meilleures pièces de cette compilation qui est idéale pour l'Halloween et vos partys où une autre couleur que le noir n'a pas sa place. On retrouve aussi une autre pièce inédite, "Don't Know How Much" de Atmosphere. Comme toute compilation du genre, il y a bien quelques inégalités, mais comme vous pouvez le juger par quelques-uns des noms présents, les faiblesses sont plutôt rares. Peut-être que ce disque sera inutile pour les amateurs du genre qui possèdent probablement déjà tout ce qui y est inclus, mais pour les autres, les 72 minutes du CD, qui s'enchaînent à merveille, risquent de vous plaire grandement. (décembre 2005)

Epitaph

½

Various Artists - Sympathetic Sounds Of Montreal Cover Art

Sympathetic Sounds Of Montreal

un texte de Frédéric Gagnon (Crad!)

C’est drôle que cette compilation qu’on a longuement attendue sorte quelques années après l’âge d’or de la scène garage montréalaise. Il y a encore de bons groupes actifs au Québec, mais c’est impossible de ne pas remarquer qu’une bonne partie des groupes qui y figurent n’existent plus ou sont en pause, sauf BBQ, CPC Gangbangs, les Deadly Snakes de Toronto, les Sunday Sinners, les Royal Routes et peut-être les Cheating Hearts. La compile est divisée entre, d’une part, le son bruitiste et sombre des groupes inspirés par les Cheater Slicks et, d’autre part, le son plus pop inspiré des années 60, que je préfère. J’ai particulièrement aimé les Sunday Sinners, qui reprennent "Are You Sure" des Staple Singers pour en faire un excellent morceau garage/gospel/R&B. Les morceaux des Sexareenos, de BBQ et des Del Gators ne sont pas mauvais non plus, mais ce sont vraiment les Deadly Snakes qui volent le show. Leur excellente reprise du classique Stax "Big Bird" d’Eddy Floyd et leur composition "Talk About My Baby" valent toutes les deux une centaine d’écoutes. Du côté plus sombre et bruitiste, ce sont les Scat Rag Boosters qui mènent le bal. Le groupe vient d’ailleurs de lancer son premier album après des années et des années de 7 pouces. Notons que si vous aimez ce que vous entendez ici, n’hésitez pas à chercher A Harem of Hits, sur Sultan Records, qui couvre à peu près la même scène. (avril 2005)

Various Artists - 2005 Warped Tour Compilation CD

Vans Warped Tour '05

La tournée Vans Warped connait un immense succès à chaque année présentant de nombreux groupes alternatifs, généralement dans le genre punk rock ou métal. Plusieurs représentent la relève alors que d'autres artistes sont bien établis dans le circuit. Encore une fois cette année, Side One Dummy Records nous offre une compilation des artistes présents au cours de cette tournée. Il s'agit d'un album double présentant des enregistrements en studio de ces artistes. Il y en a 50 en tout, donc vous aurez une bonne idée de la scène punk et alternative en 2005. Les artistes les plus connus sont MXPX, Pennywise, The Offspring, Millencolin et les Dropkick Murphys. D'autres vous séduiront certainement comme Fall Out Boy, Gogol Bordello, Atreyu, Amber Pacific, Nural, Armor For Sleep, Motion City Soundtrack, Youth Group, Go Betty Go, Left Alone, Strung Out, The Matches, Tsunami Bomb et plusieurs autres. C'est un beau cadeau à offrir à un jeune amateur de punk rock qui en aura plein les oreilles avec ce CD double... (septembre 2005)

Side One Dummy

½

 

 

 

     

     

 

 

Recherche personnalisée


 

 

 

Copyright © 2001-2020, Musicomania.ca. Tous droits réservés / All rights reserved.

S'abonner à musicomania_ca sur Twitter / Join musicomania_ca on Twitter