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SEPTEMBRE 2016

 

Chronique principale :  bRITNEY sPEARS    Découverte du mois :  kAYTRANADA

 

23-29 septembre (plus à venir) :

Mauves - Idina Menzel - Okkervil River

 

16-22 septembre :

Grouplove - Michael Kaeshammer - Sébastien Lacombe - Piano Cameleons

 

9-15 septembre :

Sara Dufour - Angel Olsen - Vaudou Game - Zomba Prison Project

 

1-8 septembre :

Alaclair Ensemble - Céline Dion - Nick Fradiani - The Kills -

Jason Derulo - Compass - Suicide Squad

 

Chroniques à venir le mois prochain :

M.I.A. - Lisa Leblanc - Bruno Pelletier - Annie Blanchard -

Daniel Lavoie - Catherine Durand - Dany Bédar

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CHRONIQUE PRINCIPALE :

 

 Britney Spears – Glory

Britney SpearsGlory

Suite au décevant Britney Jean en 2013, Britney a senti le besoin de fouetter sa carrière. D’abord un spectacle permanent à Las Vegas, puis maintenant un retour sur disque avec Glory. Elle y présente une pop moderne avec des influences hip hop, R&B et électro, le tout demeurant toujours dansant. On peut faire aisément des liens avec Justin Bieber en plusieurs occasions, mais Britney ne renie aucunement ce qu’elle a fait précédemment, surtout sur les albums Blackout et Femme Fatale, ses deux plus intéressants des 10 dernières années. Le rythme est un peu plus lent que la moyenne de ses disques, mais on peut toujours entendre quelques titres énergiques sur lesquels elle ne se prend pas au sérieux, comme « Clumsy » et « Do You Wanna Come Over? » par exemple. On retrouve donc plusieurs éléments intéressants sur Glory qui contient suffisamment de hits contemporains pour ramener la blonde chanteuse au top 40. Un beau mélange de maturité et de folie!

Vidéoclip : « Make Me… » (feat. G-Eazy)

   

         

 

 

 

 

DÉCOUVERTE DU MOIS :

 

 Kaytranada – 99.9%

Kaytranada 99.9%

Le DJ et producteur Louis Kevin Célestin (alias Kaytranada) est né en Haïti, mais a grandi à Montréal. Sur ce premier album, il propose un savant mélange de musique électro à tendance house, de R&B contemporain et de hip hop. Il est entouré de collaborateurs tout au long du disque alors qu’il signe seul quatre titres seulement parmi les 15 offerts. Son exploration en solo inclut un retour au R&B des années 1980, mais il demeure généralement bien de son époque, exploitant à plein les technologies modernes. Des fusions avec BadBadNotGood et Karriem Riggins permettent de découvrir un côté instrumental un peu plus planant, aux limites du trip hop. Le mélange de chanteurs et de rappeurs, qui peut sembler déstabilisant au premier abord, s’avère plus qu’enrichissant en bout de ligne. Un des moments forts du disque nous arrive vers la fin avec une excellente collaboration avec la Montréalaise Shay Lia pour « Leave Me Alone ». 99.9% est un album d’une heure qui demeure agréable à écouter du début à la fin.

Vidéoclip : « Glowed Up »

XL

½

   

 

23-29 septembre :

 

 Mauves – Coco

MauvesCoco

Le quatuor de Québec présente son troisième album, dont le point de départ, le premier extrait « Longtemps », tire ses origines d’un quidam rencontré dans un bar qui leur a balancé quatre lignes sur mesure pour une nouvelle chanson. Le groupe propose un son rock aux mélodies pop, avec de savants arrangements parfois plus ambiants. Le disque de 35 minutes inclut seulement 10 titres, mais qui se fusionnent parfaitement dans un ensemble original et extrêmement agréable à l’oreille.

Coyote

½

 

Okkervil River – Away

Okkervil River Away

Le prolifique groupe du Texas nous offre déjà son huitième album studio en 16 ans. Tirant son inspiration du décès de son grand-père, Will Sheff semble plutôt présenter un album solo qu’un disque d’Okkervil River. Des instrumentations jazz, orchestrales, voire même d’avant-garde créent une atmosphère bien particulière sur le disque, qui conserve toujours quelques éléments d’indie rock, mais grandement camouflés dans l’ensemble. La mélancolie demeure au rendez-vous tout au long des 57 minutes de ce CD, qui prend des tendances un peu trop larmoyantes par moments. Les fans de la première heure risquent fort de regretter le style plus énergique qui les avait accrochés. Sheff avait probablement besoin d’enregistrer ce disque pour évacuer toute sa peine, mais Away ne marquera certainement pas l’histoire du groupe, malgré de bons moments.

ATO

   

 

16-22 septembre :

 

 Grouplove – Big Mess

Grouplove Big Mess

Avec son troisième album, le quintette de Los Angeles poursuit son périple dans une musique pop rock qui possède tout ce qu’il faut pour plaire aux radios. Le disque est à nouveau réalisé par le batteur Ryan Rabin (le fils de Trevor Rabin de Yes), même si Phil Ek (Band of Horses, The Shins) participe aussi pour quelques pièces. Le groupe semble avoir pris un bon coup de maturité lors de sa tournée des dernières années. Le résultat est que Big Mess s’avère plus solide et cohérent que les précédents, comme si Grouplove avait enfin vraiment adhéré à son propre style, qui se situe quelque part entre MGMT, Fun et Katy Perry. Mais surtout, ce qu’on retient rapidement à l’écoute de Big Mess, c’est le plaisir et la joie de vivre qui s’en dégagent. C’est un album intelligent et de grande qualité, qui offre en plus un excellent divertissement. Le meilleur des deux mondes quoi!

Vidéoclip : « Welcome to Your Life »

Atlantic / Warner

½

   

 Michael Kaeshammer – No Filter

Michael Kaeshammer No Filter

No Filter est le 11e album du pianiste virtuose et chanteur canadien. Il y présente un mélange de chansons originales et de pièces instrumentales, toujours dans ce style bien à lui. Il demeure en effet bien difficile de le catégoriser, flirtant avec le jazz, la musique pop et la chanson plus classique. Ses influences variées sont à la base même de cet éclectisme musical. Réalisé par Kaeshammer lui-même, l’album a été enregistré live en studio en seulement deux jours à Toronto. Le premier extrait, « Everybody Catches Love Sometime », a été écrit avec James Bryan des Philosopher Kings, et on peut y entendre Randy Bachman à la guitare. Kaeshammer semble se découvrir en tant que parolier sur No Filter, avouant lui-même que les textes viennent habituellement avant la musique. Après 20 ans de carrière, l’artiste d’origine allemande semble plus à l’aise que jamais dans ce style musical qu’il a fait évoluer.

eOne / SIX

 

 Sébastien Lacombe – Nous serons des milliers

Sébastien LacombeNous serons des milliers

L’auteur-compositeur et interprète présente son quatrième album avec Nous serons des milliers. Il coréalise lui-même le disque avec Peter Van Uytfanck (Jimmy Hunt, Kandle), avec en plus les conseils d’Érik West-Millette (West Trainz). Un peu moins folk que son précédent disque, ce nouvel album inclut de nombreux éléments de musique du monde. Les textes demeurent par contre toujours aussi poétiques et engagés. La chanson-titre a connu un certain succès l’automne dernier, tant dans les radios qu’en ligne avec un vidéoclip d’animation visionné plus de 40 000 fois. Sur ce nouvel enregistrement, Lacombe démontre tout son talent d’auteur-compositeur avec un album varié qui demeure solide du début à la fin.

Vidéoclip : « Nous serons des milliers »

Labombe / SIX

½

 Piano Cameleons – Piano Cameleons

Piano Cameleons Piano Cameleons

Piano Cameleons est un duo montréalais composé du Torontois d’origine John Roney et du polyvalent Matt Herskowitz. Sur cet album, le duo s’affronte au piano dans une virtuosité fusionnant jazz et musique classique. Ils interprètent des œuvres de Chopin, Bach, Schumann, Rachmaninoff, Gershwin et même Brubeck. On peut aussi les entendre en compagnie du grand Oliver Jones pour le « Minuet in G major » de Christian Petzold. Ces improvisateurs hors-pair réussissent à parfaitement amalgamer des standards du jazz avec des pièces immortelles du répertoire classique. Un très beau duel!

Justin Time / SIX

½

 

 

9-15 septembre :

 

 Sara Dufour – Dépanneur Pierrette

Sara Dufour Dépanneur Pierrette

Sara Dufour s’est fait remarquer à La Voix grâce à son énergie contagieuse et sa personnalité unique. Elle présente maintenant son premier album, un disque folk et country avec aussi des éléments de rock un peu sale. On devine aisément son plaisir à chanter des chansons qu’elle aime, des chansons authentiques. L’album a été réalisé par Dany Placard qui réussit à faire ressortir la personnalité forte de la jeune femme de Dolbeau-Mistassini. À l’image du premier extrait, « Dans l’sens contraire », Sara nous propose des chansons dynamiques, mais elle sait aussi nous toucher avec des pièces comme « On the Road », « La toune en do » et « Tu dors encore ». Des titres comme « Johnny » et « Chez nous c’est Ski-Doo » ont tout de futurs classiques typiquement québécois. C’est donc un très bon premier disque que nous offre Sara Dufour, un disque énergique qui nous donne le goût d’aller la voir en spectacle.

L-A be / SIX

½

 

 Angel Olsen – My Woman

Angel OlsenMy Woman

La chanteuse folk et indie rock présente déjà son quatrième album. Moins acoustique que ses précédents disques, My Woman propose une palette plus large avec des guitares distorsionnées et même de l’électronique. Enregistré live en studio à Los Angeles, le CD offre un son plutôt brut et une énergie hors du commun. À travers une majorité de pièces rock, Angel nous offre des moments plus variés comme du jazz rock (« Those Were the Days ») et même un solo de piano à la toute fin sur « Pops ». En plus de laisser de côté son folk acoustique, il y a aussi le country qui disparaît complètement de My Woman. Par contre, il s’agit d’un virage grandement intéressant pour cette artiste complète au talent sans bornes. Même si ses fans de la première heure risquent de faire la grimace, Angel Olsen présente possiblement son meilleur album à ce jour, son album le plus complet et le plus divertissant.

Jagjaguwar

½

   

 Vaudou Game – Kidayu

Vaudou GameKidayu

Le groupe lyonnais Vaudou Game est dirigé par le chanteur et guitariste togolais Peter Solo. Le groupe propose une musique afro-funk chaude qui semble tout droit sortie des années 1970. On y trouve aussi des chants vaudou, du blues et du rock, mais avec toujours cette énergie dansante contagieuse. Ils privilégient des instruments vintage pour recréer le son analogique d’une époque révolue. Avec Kidayu, c’est un deuxième album dynamique à souhait que nous offrent Vaudou Game. Il fait appel à la nostalgie et plaira par le fait même à tout amateur du funk des années 1970.

Hot Casa / SIX

 

 Zomba Prison Project – I Will Not Stop Singing

Zomba Prison Project I Will Not Stop Singing

Suite au succès inattendu du premier album de Zomba Prison Project en 2015, Ian Brennan et sa femme, la cinéaste et photographe italienne Marilena Delli, sont retournés à la prison à sécurité maximale du Malawi pour enregistrer les 14 titres inclus sur I Will Not Stop Singing. Ce sont encore une fois les prisonniers et officiers de la prison qui sont à l’honneur avec plusieurs chansons extrêmement touchantes, à commencer par « I Will Not Return To Prison », aux allures de cantique. Agnes Chiwisa offre aussi des prestations exceptionnelles, alors qu’Elias Chimenya, un condamné à perpétuité, nous glace le sang avec « Sister, Take Good Care of Your Husband ». « I Will Never Stop Grieving for You, My Wife » est née d’un atelier d’écriture dirigé par Brennan à sa dernière journée d’enregistrement en prison. Elle explore les émotions du compositeur suite au décès de sa femme et mère de ses 4 enfants. Un autre moment d’une grande émotion pour un disque qui nous transporte dans un univers bien particulier!

Six Degrees / SIX

 

 

1-8 septembre :

 

 Alaclair Ensemble – Les Frères Cueilleurs

Alaclair Ensemble Les Frères Cueilleurs

Avec Les Frères Cueilleurs, le collectif hip hop, qui comprend entre autres Maybe Watson et Claude Bégin, revient aux sources avec une musique plus axée sur le rap, moins variée que sur ses albums précédents. Tout en demeurant totalement contemporain, le groupe mise un peu plus sur le old school avec un brin de nostalgie. Par contre, ce sont les textes qui demeurent à l’avant-plan avec des thèmes comme la famille, la nostalgie, la compétitivité, la réussite, l’amour et la vigilance. Même s’il est un peu plus unidimensionnel que par le passé, Alaclair Ensemble devrait toujours plaire à ses fans.

Vidéoclip : « Alaclair High »

7ième Ciel / SIX

   

 Céline Dion – Encore un soir

Céline DionEncore un soir

Un nouvel album en français par la plus grande chanteuse au monde est toujours très attendu dans la francophonie. Parmi les 12 chansons offertes par Céline Dion sur Encore un soir, notons sa reprise personnelle et touchante de « Ordinaire » de Robert Charlebois, minutieusement adaptée et féminisée par Mouffe, la parolière de la version originale de 1969. On y trouve aussi bien sûr le premier extrait à succès, la chanson-titre. Une édition de luxe (limitée) de l’album avec trois titres additionnels est aussi disponible.

   

 Nick Fradiani – Hurricane

Nick Fradiani Hurricane

Le natif du Connecticut Nick Fradiani est devenu une célébrité instantanée lorsqu’il a remporté la 14e édition d’American Idol. Il présente maintenant son premier album aux mélodies pop incluant aussi quelques sonorités de rock. Fradiani a collaboré à l’écriture de 11 des 12 titres offerts et il s’avère être un auteur passablement talentueux. Malheureusement, malgré un style pop plutôt léger, il présente peu de pièces se démarquant véritablement de l’ensemble, donc les hits potentiels sont peu nombreux. Les succès « Beautiful Life » et « Get You Home » représentent donc les morceaux les plus remarquables du disque. L’artiste possède assurément de belles qualités, mais il lui faudra de l’aide pour l’écriture de chansons plus efficaces.

Vidéoclips : « Beautiful Life » - « Get You Home »

Universal

½

   

The Kills – Ash & Ice

The Kills Ash & Ice

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

On pouvait penser qu’au bout d’un cinquième album avec ce line-up toujours aussi resserré, The Kills n’aurait plus grand chose à dire. Depuis Blood Pressures sorti en 2011, le binôme a vécu séparément des émotions fortes et des aventures musicales pour Allison Mosshart (avec The Dead Weather) et personnellement éprouvantes pour Jamie Hince dont une séparation avec Kate Moss et de multiples opérations de la main. Suite à quoi, Hince réapprend à jouer de la guitare avec trois doigts uniquement et aborde une évolution forcée de son jeu. Dans sa quête de renouvellement perpétuel, ce handicap devenait presque une aubaine… Le résultat est assez saisissant : Ash & Ice est un disque de rock viscéral, tortueux et sensuel. La tension s’expose tout au long de ce disque aux riffs charnels (« Doing It To Death », Heart Of Dog ») et au chant envoûtant (« Hum For Your Buzz », « Hard Habit To Break »). Clairement, l’enregistrement délocalisé à Los Angeles (puis finalisé ensuite aux studios Electric Lady à New York) se ressent : ville ouverte, sans limite, libérée et tout simplement différente. Sans aucun doute possible, tous ces ingrédients et l’influence de la Cité des Anges sont bien présents. Sur les treize chansons – généreux les Kills ! – le binôme réussit à varier les tempos, à ruser et à surprendre avec des riffs et des sonorités loin des conventions garage rock dépersonnalisées. D’ailleurs, le travail de Jamie Hince est assez remarquable : les sonorités de guitare sont protéiformes et offrent un terrain fertile aux exercices vocaux d’Allison qui effectue également un travail remarquable. Ash & Ice tient donc le pari de faire dans l’épuré sans sombrer dans le simpliste.

½

   

 Jason Derulo – Platinum Hits

Jason Derulo Platinum Hits

Après plusieurs succès monstres par Jason Derulo, Warner a décidé de les assembler sur Platinum Hits. Parmi les 12 titres, seuls « Don’t Wanna Go Home » et la nouvelle pièce « Kiss the Sky » ne sont pas des succès platines. Avec un CD ne totalisant que 41 minutes, c’est une compilation plutôt succincte qui nous est présentée. Elle comprend tout de même de grands succès des années 2009 à 2015, incluant « Whatcha Say », « Talk Dirty », « Wiggle » et « Want To Want Me ». Sans être une compilation ultime, Platinum Hits démontre tout de même l’importance qu’a eu Derulo sur la scène pop pendant la première moitié de la décennie 2010.

Vidéoclips : « Whatcha Say » - « Talk Dirty » - « Wiggle » - « Want To Want Me » - « Kiss the Sky »

Warner

½

   

 Compass

Compass

Compass est un ambitieux projet par deux célèbres DJ mexicains : Camilo Lara (Mexican Institute of Sound) et Toy Selectah (Control Machete, Mad Decent). Les 13 pièces de l’album comprennent une centaine de collaborateurs d’un peu partout à travers le monde. Elles présentent surtout un mélange de styles incomparable, ce qui en fait un album tout à fait international. On y trouve une base de musique latine, mais aussi de l’électronique, du hip hop, de la pop et différents rythmes du monde. Ce mélange éclectique s’amalgame particulièrement bien sur un fond dansant qui prouve que la musique n’a pas de frontières.

Six Degrees / SIX

½

   

 Suicide Squad: The Album

Suicide Squad: The Album

Pour la bande originale du film Suicide Squad, on a assemblé des artistes variés allant du rap contemporain au rock classique. Il s’agit donc de 14 pièces particulièrement variées avec des transitions qui peuvent souvent paraître bizarres. On peut y entendre une majorité de chansons originales par des artistes comme Twenty One Pilots, Wiz Khalifa, Skrillex, Mark Ronson, Lil Wayne, Imagine Dragons, Kevin Gates, Rick Ross, etc. On peut aussi redécouvrir des classiques d’Eminem (« Without Me »), Creedence Clearwater Revival (« Fortunate Son ») et War (« Slippin’ Into Darkness »), en plus d’une reprise de « Bohemian Rhapsody » par Panic! At the Disco. Un des bons moments du disque, et qui cadre en plus très bien avec le film, arrive avec l’excellente « Medieval Warfare » de Grimes. Le CD se conclut avec une reprise de « I Started a Joke » des Bee Gees par ConfidentialMX avec Becky Hanson. Malgré de bons moments, l’ensemble s’avère plutôt inégal et demeurera surtout efficace dans le contexte du film.

Atlantic / Warner

½

   

 

août :

 

 Billy Talent – Afraid of Heights

Billy Talent Afraid of Heights

Quatre ans après l’excellent Dead Silence, le groupe canadien est de retour avec son cinquième album. Afraid of Heights est possiblement leur disque le plus varié, explorant différents styles, et incluant du piano, des synthétiseurs et une guitare acoustique. Il s’agit du premier album sans le batteur Aaron Solowoniuk, forcé au repos dû à de multiples scléroses. Il est remplacé par Jordan Hastings (Alexisonfire). Le guitariste Ian D’Sa a fait un travail monumental à la réalisation du disque alors que Billy Talent sonne mieux que jamais. Le groupe nous rappelle « The Unforgiven » de Metallica avec « Rabbit Down the Hole », alors que c’est Muse qui nous vient en tête pendant « Horses & Chariots ». Le groupe prend position dans « This Is Our War », ce qui élargit encore un peu plus leur palette. Par contre, la pièce maîtresse de l’album demeure la chanson-titre, que l’on retrouve en reprise à la toute fin du CD. Avec Afraid of Heights, Billy Talent démontrent tout l’éventail de leur talent, tant comme compositeurs que comme musiciens. Il en résulte donc un album complet sur lequel chaque pièce présente des éléments intéressants, ce qui par le fait même nous donne envie de l’écouter jusqu’à la fin. Un très bon disque! (chronique principale d'août 2016)

Vidéoclip : « Afraid of Heights »

Warner

½

   

     

Jamie Kilstein & The Agenda – A Bit Much

Jamie Kilstein & The Agenda – A Bit Much

Jamie Kilstein a réussi à se faire connaître en tant qu’humoriste, mais c’est maintenant en tant que leader d’un groupe de rock alternatif qu’il se fait découvrir. Efficace à la guitare, c’est surtout en tant que chanteur que Kilstein se démarque avec des textes dénonçant vigoureusement des injustices comme l’homophobie, le sexisme, le racisme, les parents irresponsables, les injustices économiques, etc. Dans plusieurs pièces, c’est en parlant qu’il nous lance ses textes corrosifs, plus en tant que rappeur/poète qu’en tant qu’humoriste mis en musique. Par contre, les meilleurs assemblages textes et musique nous arrivent lorsqu’il chante véritablement, est un peu moins cinglant et s’adresse à un public pas nécessairement partisan de ses idées. Parce qu’il faut le dire : si vous n’êtes pas de la même opinion que Kilstein, vous risquez fort de trouver le temps bien long! Même chose si les jurons vous agacent… Il s’agit d’un bon album pour ceux qui aiment les artistes qui prennent position, avec une musique indie rock énergique et intéressante. Mais il s’agit surtout pour Jamie Kilstein de faire passer ses messages autrement que seul sur une scène derrière un micro à faire rire la foule à tout prix. (découverte du mois d'août 2016)

Vidéoclip : « Fuck the NRA »

Don Giovanni

   

 Nicholas Angelich – Dedication

Nicholas Angelich Dedication

Sur son nouvel album, le pianiste Nicholas Angelich interprète trois œuvres de Liszt, Schumann et Chopin qui étaient dédiées à l’un des deux autres. On retrouve d’abord la « Sonate en si mineur » que Liszt a dédié à Robert Schumann. Puis, c’est au tour de Schumann de dédier « Kreisleriana, Op. 16 » à Frédéric Chopin. Finalement, Chopin dédie ses « Études, Op. 10, nos 10 & 12 » à Franz Liszt. Avec cet album de 78 minutes, Angelich rend un bel hommage à ces trois pianistes et compositeurs nés à 18 mois d’intervalle qui se vouaient admiration et respect mutuel. (août 2016)

Erato / Warner / SIX

     

 Banks & Steelz – Anything But Words

Banks & Steelz – Anything But Words

Voici un projet parallèle de Paul Banks (Interpol) et RZA (Wu-Tang Clan). Le duo présente un mélange de new wave, indie rock et rap. On peut certainement les comparer à Gorillaz et aux Beastie Boys. L’album inclut des collaborations de Kool Keith, Method Man, Masta Killa, Ghostface Killah et Florence Welch (Florence + The Machine). Ils réussissent à nous offrir un album grandement varié et dynamique qui en séduira plus d’un par son énergie. En fait, on a l’impression que les deux artistes s’élèvent en présence l’un de l’autre pour devenir une force indestructible, comme s’ils étaient faits pour jouer ensemble. Après une première moitié énergique et divertissante, le duo ralentit le rythme pour emprunter un sentier plus trip hop, tout aussi intéressant. C’est donc un album plus que réussit que nous proposent ces deux artistes de talent. (août 2016)

Warner

½

   

 Jeff Beck – Loud Hailer

Jeff Beck Loud Hailer

Six ans après Emotion & Commotion, le légendaire guitariste est de retour avec un nouvel album de musique originale. Jeff Beck emprunte cette fois un tout autre sentier avec la collaboration de la chanteuse Rosie Bones et de la guitariste Carmen Vandenberg. Il présente une musique rock parfois lourde avec des tendances blues et funky. Il explore passablement et ses deux collaboratrices apportent un vent de fraîcheur à cet album qui allie le passé à une musique plus contemporaine. Plusieurs éléments intéressants meublent Loud Hailer, ce qui permet à Jeff Beck de demeurer à la page malgré 50 ans de carrière derrière le manche. (août 2016)

Atco / Rhino / Warner

½

   

Blind Pilot – And Then Like Lions

Blind Pilot And Then Like Lions

Blind Pilot est un groupe indie rock qui a été formé à Portland au milieu des années 2000. Ils présentent leur troisième album, cinq ans après celui qui les a fait connaître, l’excellent We Are the Tide. Ils proposent encore une fois un album indie à tendance folk, mais avec un peu moins d’éléments pop, malgré de très bonnes mélodies. Le groupe varie entre électrique et acoustique, avec certains arrangements riches qui rappellent que Blind Pilot est composé de six musiciens. Les couches de guitares, des éléments d’électro, des trompettes et même un vibraphone ajoutent à la richesse du disque qui réussit à capter rapidement l’attention, en plus de conserver l’intérêt jusqu’à la fin. C’est donc encore un très bon enregistrement que proposent Blind Pilot. (août 2016)

ATO

½

   

 Blink-182 – California

Blink-182 California

Après une longue période d’incertitude, les gars de Blink-182 présentent finalement leur septième album, seulement leur deuxième en 13 ans. Ils semblent avoir retrouvé leur forme des beaux jours alors qu’ils nous offrent un pop punk énergique et inspiré. Il faut dire que l’on a droit ici à une troisième mouture du groupe avec l’ajout du guitariste Matt Skiba (Alkaline Trio) en remplacement du membre fondateur Tom DeLonge. C’est donc un vent de fraîcheur qui souffle sur Blink-182 et leur redonne du même coup un peu de leur jeunesse et de leur insouciance adolescente. Skiba a su s’intégrer habilement au groupe et on retrouve toujours les riffs et autres éléments caractéristiques à Blink. En plus, le groupe nous livre 16 titres en moins de 43 minutes, donc ce sont des chansons courtes et efficaces que l’on peut entendre sur California. Le réalisateur John Feldmann (Goldfinger) a su conserver le groupe dans un excellent focus pour un disque avec une très belle ligne directrice, digne de leurs meilleures années. L’énergie revient enfin au sein de Blink-182, 15 ans après s’être envolée! (août 2016)

Vidéoclip : « Bored To Death »

½

   

 Dinosaur Jr. – Give a Glimpse of What Yer Not

Dinosaur Jr. Give a Glimpse of What Yer Not

Après 33 ans d’existence, le groupe rock alternatif américain présente possiblement son album le plus original en 25 ans. Give a Glimpse of What Yer Not se démarque en effet par sa créativité débordante, une musique alternative qui rappelle leurs meilleures années, avec une touche de Hüsker Dü et des Goo Goo Dolls à leurs débuts, sans oublier le grunge et le folk garage. Sans surprendre véritablement, Dinosaur Jr. réussissent à nous prouver qu’ils possèdent toujours un sens mélodique communicatif. J. Mascis et Lou Barlow proposent certaines des meilleures chansons du répertoire de Dinosaur Jr., revenant ainsi plusieurs années en arrière, bien avant leur retour de 2007. (août 2016)

Jagjaguwar

½

   

 The Earls of Leicester – Rattle & Roar

The Earls of Leicester – Rattle & Roar

Créé à Nashville en 2013 par le maître du dobro Jerry Douglas, The Earls of Leicester se veut un hommage à Lester Flatt et Earl Scruggs du groupe The Foggy Mountain Boys. Ils présentent un deuxième album avec 17 titres du répertoire de Flatt et Scruggs. Fidèles aux chansons originales, The Earls of Leicester ne réussissent malheureusement pas à transporter cette musique bluegrass classique à un autre niveau. Par contre, la réalisation de grande qualité de Douglas réussit à donner un certain lustre à Rattle & Roar qu’on ne retrouvait pas sur leur premier disque. Le groupe réussit donc à évoluer de belle façon, tout en demeurant fidèle à ces classiques du bluegrass. (août 2016)

Rounder / Concord

   

Fuso – Fuso

FusoFuso

Guillaume Fuso est né en France, mais il est maintenant établi à Montréal. Sur ce premier album, l’auteur-compositeur et interprète propose des chansons pop ensoleillées d’une grande efficacité. Elles sont même parfois totalement dansantes comme la disco funk « Fucked It Up ». Un fait demeure constant tout au long du disque : le positivisme et la joie qui se dégagent des textes. Fuso présente un mélange de textes en français et en anglais tout au long du CD, question de rejoindre un auditoire le plus large possible. C’est un très bon premier disque qu’il nous offre, un album parfait pour la saison estivale, qui saura en plus nous réchauffer en toutes saisons. (août 2016)

Father & Son

½

 

Lisa Hannigan – At Swim

Lisa Hannigan At Swim

L’Irlandaise Lisa Hannigan s’est d’abord fait connaître pour son travail aux côtés de Damien Rice. Après avoir été remerciée en 2007, elle a commencé à assembler ses propres chansons folks pop. Elle nous arrive maintenant avec son troisième album, At Swim. Réalisé par Aaron Dessner (The National), l’album présente une musique introspective avec de très bonnes mélodies pop, malgré une tendance fortement indie. En manque d’inspiration, Lisa a dû voyager pour l’écriture de ce nouveau disque. Le résultat s’avère particulièrement intéressant alors que les 11 pièces s’enchaînent magnifiquement. Il s’agit donc certainement de son album le plus solide à ce jour. (août 2016)

Hoop / ATO

½

   

Allan Hurd – TDAH, Vol. 1

Allan HurdTDAH, Vol. 1

Après avoir été le complice des Jumelles Barabé sur scène et avoir travaillé en duo au sein du groupe électro-acoustique LaSwitch, l’auteur-compositeur et multi-instrumentiste Allan Hurd présente son tout premier album. Il a exploré différents styles musicaux au cours des années et il présente ici un très beau mélange de blues et de rock avec des passages folks, le tout en français. TDAH, Vol. 1 est le premier d’une trilogie qui présente chronologiquement les 24 heures d’une journée atypique. Un thème sert de fil entre les 11 titres : la nécessité de profiter de chaque instant qui passe. Catherine Durand prête sa voix à « Embarques-tu? », et on a pu découvrir Hurd il y a quelques mois déjà avec le premier extrait, « Ariane ». C’est un très bel album que nous propose Allan Hurd, un album aux sonorités originales et à la rythmique entraînante. (août 2016)

Ourse

½

 

 Chantal Kreviazuk – Hard Sail

Chantal Kreviazuk Hard Sail

La prodigieuse pianiste et excellente chanteuse pop rock de Winnipeg est de retour avec son sixième album en carrière, son premier enregistrement studio en 7 ans. Elle présente à nouveau une musique pop adulte avec des éléments de rock et de très beaux arrangements. Les mélodies demeurent d’une grande efficacité et Chantal les livre avec une voix puissante. Malheureusement, avec seulement 10 titres totalisant à peine plus de 35 minutes, Hard Sail semble incomplet. Il offre tout de même de bons moments. (août 2016)

Vidéoclip : « Into Me »

Hummingburd / Warner

   

Miossec – Mammifères

Miossec Mammifères

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Une histoire de dingue, à la Miossec. Jamais là où on l’attend, jamais embourgeoisé, encore moins suffisant et contenté. Capable de réécrire le testament à chaque album. Bref rappel des faits : Miossec est encore sur la route pour défendre Ici-bas, Ici-même, son ami Remy Kolpa-Kopoul dépose les armes le 3 mai 2015, chez lui, à Brest. Coup de tonnerre, chaudes larmes, putain de faucheuse. Miossec monte à Paris rendre hommage et prend la foudre. La rencontre avec sa nouvelle compagne et violoniste Mirabelle Gilis puis Johann Riche et Leander Lyons. En un claquement de doigt, le coup d’un soir devient un groupe, une nouvelle aventure. Ces dernières années, Miossec a muté, s’est forcément assagit… de trublion il est devenu troubadour. Une drôle de pub Columbia (sa nouvelle maison de disque) parue notamment dans Rock & Folk lui offrait une demi page pour la sortie de Mammifères, quand l’autre moitié défendait le nouveau Fallen Angels de Bob Dylan… un signe? « Je viens du rock » rappelait Miossec à Ouest France mais dans tous les cas, Mammifères marque toujours un peu plus la rupture avec ce rock. Miossec s’est donc définitivement offert un dernier tour de piste avec Chansons Ordinaires ? Ce dixième album surprend, le brestois casse une nouvelle fois le modèle et intègre fièrement quelques effluences tziganes, de l’accordéon et du violoncelle. Il en ressort sans aucun doute un album de chansons, un disque de cabaret, un truc humain proche des gens. Bien sûr, en 2016, les petits dossiers de Miossec ressortent (la vie, la mort, l’amour, les gens), d’autres apparaissent comme ces maudits attentats. Les textes sont toujours taillés dans l’acier, moins dans le caillou poli par la mer. On est plus loin du port de Brest et le chant acariâtre de Miossec (qui réapparait dans « Les Ecailles ») s’est évaporé. Ce Miossec là - sans le vouloir - séduira l’auditoire, la presse et les nostalgiques des grands paroliers… moins ceux qui ont aimé ses grands coups de pompe dans la fourmilière (« Regarde un Peu La France »), ses mélodies à fleur de peau (« Madame »), ses accès de tendresse et de culpabilité (« Je M’en Vais »). A croire que les bières ne s’ouvrent plus manuellement. (août 2016)

   

 Skillet – Unleashed

Skillet Unleashed

Le quatuor post-grunge originaire de Memphis et installé à Nashville existe depuis 20 ans déjà et présente son dixième album. Le groupe chrétien présente encore un rock puissant avec un message positif rempli d’espoir. Musicalement, il s’agit d’un album de grande envergure qui a tout pour plaire à un vaste auditoire amateur par exemple de Nickelback. Par moments, ils peuvent nous rappeler Muse, mais certains autres moments passablement agressifs nous amènent presque aux pieds de Slipknot. Le groupe réussit même à faire un clin d’œil à la reprise de « Blue Monday » par Orgy sur « Burn It Down ». Les hymnes d’aréna pleuvent sur Unleashed qui se transpose aisément sur scène avec une énergie débordante. Il s’agit certainement du meilleur album de Skillet en 10 ans, soit depuis Comatose. (août 2016)

Vidéoclip : « Feel Invincible »

Atlantic / Warner

½

   

 Switchfoot – Where the Light Shines Through

Switchfoot Where the Light Shines Through

Le prolifique groupe de San Diego présente déjà son 10e album en 20 ans de carrière. Ils y reprennent les différents sons explorés tout au long de leur carrière pour un album varié qui rejoindra assurément un vaste auditoire. On y trouve un peu du pop punk de leurs débuts, du rock à grand déploiement du début des années 2000, du new wave inspiré des années 1980 et de l’électro. Les moments un peu plus pop ne manqueront assurément pas d’attirer l’attention, comme dans le premier extrait dansant, « Float ». Le rock dansant revient par ailleurs à différents moments du disque, en particulier avec « If the House Burns Down Tonight » et « Healer of Souls ». Switchfoot réussissent en plus à nous surprendre avec une incursion dans le monde du hip hop : la bluesy « Bull in a China Shop » et « Looking for America » avec le rappeur Lecrae. L’album pourra peut-être sembler trop varié en cours de route, avec une ligne directrice un peu floue, mais on y entend suffisamment de compositions de qualité pour vouloir réécouter l’ensemble du CD en boucle. Il s’agit du meilleur album de Switchfoot depuis The Beautiful Letdown paru en 2003. (août 2016)

Vidéoclip : « Float »

Vanguard / Concord

½

   

 Steven Tyler – We’re All Somebody from Somewhere

Steven Tyler We’re All Somebody from Somewhere

À 68 ans, le leader d’Aerosmith présente bizarrement son tout premier album solo. Il s’est rendu à Nashville pour enregistrer un album rock, mais à tendance country. On y trouve de nombreuses ballades plutôt pop, avec toujours cette petite touche de country à l’arrière-plan. Tyler a réussi à trouver une ligne directrice qui lui va bien, mais ce ne sont malheureusement pas toutes ses chansons qui sont dignes d’intérêt. En fait, les plus intéressantes demeurent celles qui se comparent un peu plus au rock ‘n’ roll d’Aerosmith. L’album se conclut avec deux reprises assez inutiles : « Janie’s Got a Gun » (d’Aerosmith) et « Piece of my Heart » (avec The Loving Mary Band). (août 2016)

Dot / Big Machine / Universal

   

Union Duke – Golden Days

Union Duke Golden Days

Union Duke est un quintette indie folk de Toronto. Ils présentent leur troisième album avec Golden Days, un excellent mélange de pièces énergiques avec quelques passages plus introspectifs (la ballade « Right For Me » par exemple). Ils utilisent tant le banjo que le violon pour ajouter aux guitares acoustiques et ainsi créer une musique riche et variée. Dans leurs moments les plus rock et énergiques, ils peuvent assurément rappeler les Barenaked Ladies. Mais dans l’ensemble, le groupe demeure plus acoustique, donc plus folk. (août 2016)

 Young the Giant – Home of the Strange

Young the Giant Home of the Strange

Le groupe indie californien présente son troisième album avec Home of the Strange. Young the Giant semblent véritablement y trouver leur son avec une musique aux arrangements raffinés et aux rythmes funky irrésistibles. Pour l’occasion, ils ont travaillé avec les réalisateurs Jeff Bhasker (Kanye West, Bruno Mars, Mark Ronson) et Alex Salibian (Elle King, Mikky Ekko). Leur tendance pop les amène dans le territoire de OneRepublic, tout en conservant un petit quelque chose de Coldplay. Mais surtout, le groupe réussit à nous offrir des idées musicales variées qui permettent de conserver notre intérêt jusqu’à la fin, malgré une direction beaucoup plus commerciale. Avec ce nouveau disque, Young the Giant semblent réussir enfin à s’établir dans une niche bien à eux. Home of the Strange se distingue donc aisément des précédents pour devenir l’album emblématique du groupe. (août 2016)

Vidéoclip : « Something To Believe In »

Fueled By Ramen / Warner

½

   

 Heart – Beautiful Broken

Heart Beautiful Broken

Pour leur nouvel album, les sœurs Ann et Nancy Wilson ont décidé de reprendre sept pièces un peu plus obscures de leur répertoire. Elles sont complétées par trois nouvelles chansons. Pour la chanson-titre, James Hetfield (Metallica) vient ajouter sa voix à celle d’Ann, un contraste certain mais intéressant pour cette chanson résolument rock. « Two » est une reprise de Ne-Yo, alors que « I Jump », une autre nouvelle pièce, mélange orchestrations et riffs à la Led Zeppelin. La troisième nouvelle chanson, « Heaven », est une pièce que le groupe trimballe depuis un bon moment, mais qui n’est jamais parue sur un album studio. Malheureusement, le disque contient son lot de reprises inutiles et manque assurément de focus, allant dans toutes les directions. Il en résulte un album assez faible qui ne présente que peu de moments vraiment dignes d’intérêt, à part la chanson-titre et « I Jump ». (août 2016)

Concord

½

   

 Eric Clapton and Guests – Crossroads Revisited: Selections from the Crossroads Guitar Festivals (3 CD)

Eric Clapton and Guests – Crossroads Revisited: Selections from the Crossroads Guitar Festivals (3 CD)

Fondé en 1999 par Eric Clapton, le festival de guitare Crossroads a pour but de financer le Crossroads Centre, un centre de réhabilitation à Antigua. Plusieurs éditions du festival sont parues sur CD et DVD au cours des années et ce triple disque se veut une compilation du meilleur de ces différents festivals. Clapton est entouré par les plus grands musiciens de blues comme Buddy Guy, B.B. King, Jimmie Vaughan, Jeff Beck, Joe Walsh, Robert Cray, Albert Lee, John Mayer et Gary Clark Jr. On retrouve aussi des incursions dans le rock et le country à divers moments, et on peut entendre des artistes de différents horizons comme Carlos Santana, Sheryl Crow, ZZ Top, Vince Gill, Willie Nelson et Steve Winwood. Cette compilation permet d’assembler tous ces talents exceptionnels en un même lieu, ce qui en fait un incontournable pour les amateurs de blues. (août 2016)

Reprise / Rhino / Warner

½

   

 

juillet :

 

 Red Hot Chili Peppers – The Getaway

Red Hot Chili PeppersThe Getaway

Pour leur 11e album, les Red Hot Chili Peppers ont décidé pour la première fois depuis longtemps de ne pas travailler avec le réalisateur Rick Rubin. C’est plutôt Brian Burton (alias Danger Mouse) qui en prend la responsabilité. Le groupe gagne en maturité et propose un album tout en nuances avec des influences soul et funk des années 1970. Plusieurs pièces offrent une certaine douceur très agréable à l’oreille et l’ensemble suit une très belle ligne directrice. De subtiles influences disco (chanson-titre) ou électro (« Go Robot ») prouvent leur grande polyvalence et des capacités créatrices toujours bien présentes. On peut aussi entendre des influences des Beatles (« The Longest Wave », « Feasting on the Flowers »). Même si on reconnaît le style des Red Hot Chili Peppers, ils réussissent juste assez à nous surprendre. À noter une collaboration de taille avec Elton John qui joue du piano dans « Sick Love ». Avec The Getaway, les Red Hot Chili Peppers reprennent leur place de choix parmi les plus grands groupes au monde. (chronique principale de juillet 2016)

Vidéoclip : « Dark Necessities »

Warner

½

   

       

 Kaleo – A/B

Kaleo A/B

Kaleo est un groupe islandais qui s’est formé il y a quatre ans. Sur ce premier album, ils proposent un son indie rock avec des influences blues et folk. Dès la pièce d’ouverture, « No Good » (entendue dans la promotion de la série Vinyl sur HBO), on pense au son blues garage des Black Keys. Mais le groupe ralentit ensuite le rythme pour l’excellente « Way Down We Go ». L’album réalisé par Jacquire King (Kings of Leon, City and Colour) présente cet agréable mélange de ballades parfois plus folk et de riffs énergiques tout au long des 10 pièces totalisant 42 minutes. C’est un excellent premier disque que nous offre le quatuor, un disque grandement accrocheur et suffisamment varié pour conserver notre intérêt jusqu’à la fin. (découverte du mois de juillet 2016)

Vidéoclips : « All the Pretty Girls » - « No Good » - « Way Down We Go »

Elektra / Atlantic / Warner

½

   

 Ana Alcaide – Leyenda: World Music Inspired by Feminine Legends

Ana AlcaideLeyenda: World Music Inspired by Feminine Legends

Ana Alcaide est une auteure-compositrice et interprète espagnole. Sur cet album, elle s’est inspirée de la mythologie et de légendes féminines espagnoles, d’Europe et d’ailleurs dans le monde. Elle y joue de son instrument de prédilection, le nyckelharpa suédois, qu’elle accompagne de voix, d’une flûte et de chants d’oiseaux. Il en résulte une musique du monde unique aux influences folk, jazz et classique. Un très bel hommage aux femmes en général! (juillet 2016)

ARC

   

 Amir – Au cœur de moi

AmirAu cœur de moi

Après un album en hébreu et une participation au Concours Eurovision, le Franco-Israélien lance son premier disque en français. Le CD de 12 titres inclut bon nombre de succès pop instantanés à commencer par les premiers simples « J’ai cherché » et « On dirait ». Des mélodies accrocheuses et des rythmes entraînants rendent Amir Haddad sur mesure pour envahir les radios à travers la francophonie. Ce n’est que lorsqu’il ralentit le rythme pour tomber dans la ballade à textes qu’Amir perd de l’intérêt (« À ta manière »). Heureusement, l’ensemble demeure à la hauteur pour un album pop de qualité. (juillet 2016)

Vidéoclip : « J’ai cherché »

Sash / Warner

   

 BadBadNotGood – IV

BadBadNotGood IV

BadBadNotGood est un groupe de Toronto fondé en 2010. Ils se sont d’abord fait connaître grâce à leurs interprétations jazz de pièces hip hop. Ils présentent maintenant une fusion entre jazz, électro, funk et R&B. Après une collaboration avec Ghostface Killah l’an passé pour l’album Sour Soul, le groupe revient avec son quatrième album bien à lui. Ils accueillent maintenant à temps plein le saxophoniste Leland Whitty en tant que quatrième membre et font évoluer du même coup leur son. C’est surtout l’électro qui prend plus de place et on peut aussi entendre des rythmes un peu plus soutenus. Aussi, les nombreux chanteurs invités ajoutent une couleur nouvelle à la musique de BadBadNotGood. Même si le jazz demeure à l’avant-plan, l’album présente un mélange hétéroclite de styles qui demeure bien agréable à écouter. (juillet 2016)

Arts & Crafts / SIX

½

   

 

Alison Balsom & Tom Poster Légende: Works For Trumpet and Piano

La trompettiste Alison Balsom explore un mélange de classique et de baroque depuis le début des années 2000. Depuis quelques temps, elle tente surtout d’apprivoiser des pièces françaises contemporaines. En compagnie de son collaborateur de longue date, le pianiste Tom Poster, elle présente des morceaux d’artistes contemporains dont George Enescu, Paul Hindemith et Leonard Bernstein, en plus de Maurice Ravel et George Gershwin. Le duo Balsom/Poster semble tout simplement fusionnel tant l’ensemble parait indissociable. Il s’agit assurément d’un excellent disque! (juillet 2016)

Parlophone / Warner / SIX

½

     

Thomas Cohen - Bloom Forever

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Thomas Cohen est un anonyme ici, une célébrité malgré lui outre-manche. Ex-mari de Peaches Geldof - fille de Bob Geldof, fondateur du Live Aid et Liv 8 – décédée d’une overdose en 2014, l’ex-membre de S.C.U.M. se retire en Islande pour travailler calmement une bonne partie de Bloom Forever, son premier album solo. Six morceaux sortiront de ce voyage, les trois derniers seront enregistrés à Londres. Bloom Forever a donc été terminé dans la douleur (certains morceaux datent de quatre ans voire plus), mais cette période sombre n’entraîne pas ce rock indie dans les méandres profonds des lamentations. Bien sûr, il aura fallu purger la douleur (splendide « Honeymoon » et sa guitare déchirante, « Only Us » et son chant larmoyant). Mais ce disque court, resserré comme il faut (9 chansons), dispose de quelques envolées musicales épiques (« Ain’t Gonna Be No Rain » et ses chœurs galvanisants), de pop enjouée (« Hazy Shades » et son piano enlevé) et jazzy (« New Morning Comes ») et de ballade foudroyante (« Bloom Forever »). Parce que la force de la vie reprend le dessus, Thomas Cohen refile une belle leçon de courage… peut-être dû à la naïveté salvatrice de son jeune âge. Cause ou conséquence, cet album est inspiré, très bien produit, le son indé et profond évite l’écueil du dégueulasse par opposition au surproduit. Tout est minutieusement pesé mais sans intellectualiser à outrance. Du coup, ce courant vintage électrise ses chansons et les guitares se font généreuses, la basse ardente, les pianos et claviers vivifiants. (juillet 2016)

   

 

Dexys Let the Record Show: Dexys Do Irish and Country Soul

Les Dexys Midnight Runners ont connu leur apogée dans les années 1980 grâce à leur capacité à fusionner habilement le rock, le new wave, le soul et le folk irlandais. En 2012, le chanteur Kevin Rowland est revenu avec une nouvelle mouture du groupe simplement nommée Dexys. Sur ce deuxième album de son nouveau groupe, Rowland reprend des classiques du folk irlandais, mais aussi des morceaux d’artistes plus connus comme « To Love Somebody » des Bee Gees, « You Wear It Well » de Rod Stewart, « 40 Shades of Green » de Johnny Cash, « How Do I Live » de LeAnn Rimes et « Both Sides Now » de Joni Mitchell. Il en résulte un bon mélange de soul et de folk, comme seul les Dexys peuvent nous en offrir. (juillet 2016)

100% / Rhino / Warner

   

 Brandi Disterheft – Blue Canvas

Brandi Disterheft Blue Canvas

Quatre ans après Gratitude, la chanteuse et contrebassiste jazz canadienne revient avec son troisième album, en formule trio avec le chevronné pianiste Harold Mabern (âgé de 80 ans) et le légendaire batteur Joe Farnsworth. En plus de son instrument de prédilection, Brandi débute au violoncelle dans « When the Mood is Right ». L’ensemble de Blue Canvas s’avère passablement varié, tant en humeurs et en tempos qu’en ambiances. Parmi les moments forts de l’album, notons leur interprétation de la rhapsodie « Daahoud » de Clifford Brown, ainsi que « Beehive » de Mabern. L’album se conclut en force 45 minutes plus tard avec la reprise rafraîchissante de « Willow Weep For Me » d’Ann Ronell. C’est donc encore une fois un excellent disque que nous propose Brandi Disterheft avec Blue Canvas, un disque qui ne manque assurément pas de virtuosité. (juillet 2016)

Justin Time / SIX

½

   

 Garbage – Strange Little Birds

Garbage Strange Little Birds

Strange Little Birds est le sixième album de Shirley Manson et sa bande, et il représente une étape cruciale dans la carrière de Garbage, suite à leur retour en 2012. On retrouve à nouveau le son qui les a rendus célèbres dans les années 1990, mais ils réussissent à aller un peu plus loin avec des atmosphères captivantes en de nombreuses occasions. Shirley chante mieux que jamais et même si elle traite de problèmes sociologiques ou personnels, elle nous ensorcelle au point d’en oublier les thèmes abordés. Malgré que l’on reconnaisse leur style du passé, Garbage réussit à nous maintenir dans une ambiance des années 2010 avec un son qui demeure généralement bien contemporain. En fait, Strange Little Birds s’écoute tellement bien qu’en remontant le temps, on réalise qu’il s’agit peut-être de leur meilleur album depuis leur disque éponyme de 1995, celui-là même qui les a propulsés au titre de superstars. (juillet 2016)

Vidéoclip : « Empty »

½

     

 Gojira – Magma

Gojira Magma

Le groupe métal français présente son sixième album en 20 ans de carrière. Ils laissent finalement tomber le death metal pour plutôt se concentrer sur un métal plus mélodique avec des chansons courtes et accessibles. Ils se rapprochent en fait du métal alternatif en de nombreuses occasions, malgré quelques moments toujours aussi extrêmes comme dans la 3e piste par exemple, « The Cell ». Un album plus simple pour Gojira conserve tout de même son lot de complexités et de pièces progressives. Certains journalistes parlent de Magma comme du Black Album de Metallica. La comparaison est facile et assez juste, mais n’a rien de honteux, puisqu’il s’agit peut-être de l’album qui leur permettra enfin de rejoindre un auditoire plus large, hors des inconditionnels de métal. Un très bon disque! (juillet 2016)

Vidéoclips : « Stranded » - « Silvera » - « Low Lands »

Roadrunner / Warner

½

     

 Reuben Hollebon – Terminal Nostalgia

Reuben Hollebon Terminal Nostalgia

Reuben Hollebon est un auteur-compositeur et interprète britannique. Jusqu’à maintenant, il avait surtout travaillé comme ingénieur de son pour des artistes comme Nitin Sawhney et Courtney Barnett, ainsi qu’avec l’Orchestre symphonique de Londres. Il présente son tout premier album sur lequel il propose une musique folk rock alternative. Grâce à l’intégration d’un orgue et d’un piano, son son prend parfois une toute autre direction devenant une musique d’ambiance hypnotique, entre autres dans « Fields, For Fields ». Terminal Nostalgia peut s’avérer assez difficile d’approche au premier abord, mais il présente plusieurs éléments intéressants si on arrive à ne pas sombrer dans un sommeil profond… (juillet 2016)

Bright Antenna / ADA

   

 Jadea Kelly – Love & Lust

Jadea Kelly Love & Lust

Jadea Kelly avoue candidement que ce troisième album a été son plus difficile à créer, de par son contexte sombre sur fond d’infidélité et de rupture amoureuse. Malgré le dur processus par lequel a dû passé Jadea, Love & Lust brille par son honnêteté, son intensité et toute l’émotion qui s’en dégage. En fait, l’artiste ontarienne semble avoir atteint le summum de sa carrière en tant qu’auteure-compositrice. Elle présente un mélange agréable de musique folk et d’indie pop contemporaine, tel un amalgame entre Patsy Cline et Feist. Voici donc un album à découvrir! (juillet 2016)

Fontana North

½

   

 Christophe Maé – L’attrape-Rêves

Christophe MaéL’attrape-Rêves

Le chanteur français revient avec son quatrième album, après l’excellent Je veux du bonheur paru en 2013. Il propose à nouveau une très bonne musique pop française, mais il y intègre encore plus d’influences avec des éléments de rock, de R&B, et même de hip hop. Dès les premières pièces (la chanson-titre, « La Parisienne » et « Californie »), Christophe Maé nous captive avec ses mélodies accrocheuses et totalement inoubliables. Il ne reste ensuite qu’à déguster la suite alors que l’album ne contient que 10 titres totalisant 41 minutes. Il s’agit encore une fois d’un très bon disque, qui ravira ses fans en plus de lui permettre de conquérir un nouvel auditoire, avide de musique pop de qualité. (juillet 2016)

Warner

½

   

 Mansfield TYA – Corpo Inferno

Mansfield TYACorpo Inferno

Mansfield TYA est un duo français qui présente une musique unique. Julia Lanoë et Carla Pallone proposent un savant mélange de chanson française moderne, de musique pop, de musique baroque et d’éléments électroniques. Elles offrent donc une musique contemporaine qui brille par son originalité. Corpo Inferno est un album sophistiqué aux rythmes contagieux qui ne laissera aucun auditeur indifférent. À noter la participation de Shannon Wright pour la bouleversante « Loup noir ». (juillet 2016)

Vicious Circle / SIX

½

 Metronomy – Summer 08

Metronomy Summer 08

Deux ans après Love Letters, Joe Mount et sa bande sont de retour avec Summer 08. Comme le veut son titre, l’album fait un retour sur l’été 2008, soit tout de suite après la sortie de l’album Nights Out. Il s’agit d’un album joyeux avec de nombreux rythmes disco et funk. L’ensemble s’écoute à merveille alors que Mount réussit à demeurer toujours aussi créatif. À noter la présence de Robyn sur la pièce « Hang With Out to Dry », un ajout plus qu’intéressant à ce très bel album du groupe anglais. (juillet 2016)

Vidéoclips : « Old Skool » - « Night Owl »

Because / Warner

½

   

 Mitski – Puberty 2

Mitski Puberty 2

La chanteuse japonaise Mitski Miyawaki est maintenant établie à Brooklyn, New York et elle fait ses débuts sur l’étiquette indépendante américaine Dead Oceans après trois autres albums. Elle propose un son rock alternatif avec quelques injections à tendance punk et une attitude qui peut rappeler Patti Smith. Ses textes sont souvent durs et dépeignent les hauts et les bas de sa génération. Ils sont livrés avec une voix puissante et ensorcelante qui peut être franchement impressionnante dans les basses. Des riffs de guitare parfois grinçants accompagnent de belle façon la voix de cette jeune artiste au talent remarquable. L’ensemble de 11 titres totalisant seulement 31 minutes vous montrera toute l’étendue de ce talent avec un agréable mélange de pièces rock et de ballades puissantes. Puberty 2 est un très bel album auquel il ne manque qu’un ou deux titres qui se démarqueraient pour en faire un disque historique. (juillet 2016)

Vidéoclips : « Your Best American Girl » - « Happy »

Dead Oceans

½

   

 

Moulettes Preternatural

Le groupe expérimental anglais revient avec un nouvel album qui repousse à nouveau quelques barrières. Moulettes présentent un rock alternatif extrêmement exploratoire avec des éléments d’électro et de folk progressif, un mélange parfait des genres quoi! Par contre, il faut assurément s’accoutumer à leur style quelque peu décousu qui va dans plusieurs directions. Après quelques morceaux, on arrive à comprendre leur ligne directrice et on peut alors véritablement apprécier. Preternatural est un album qui sera surtout efficace dans un contexte de musique d’ambiance, lors d’un souper entre amis par exemple. Par contre, l’écouter attentivement permet aussi de découvrir quelques moments forts plutôt intéressants. (juillet 2016)

Craft Pop / Pipe & Hat / Fontana North

   

 Needtobreathe – Hard Love

Needtobreathe Hard Love

Avec leur sixième album, Needtobreathe s’attaquent de plein fouet à la musique commerciale avec des chansons faites sur mesure pour les radios populaires. Plus que jamais ils nous font penser à Kings of Leon et OneRepublic avec des mélodies pop totalement inoubliables. Même la voix de Bear Rinehart se compare parfaitement à celle de Caleb Followill de Kings of Leon. Cela dit, Needtobreathe réussissent tout de même à conserver leur propre personnalité, question de ne pas perdre leurs fans fidèles. Hard Love leur permettra seulement de rejoindre un auditoire plus vaste et possiblement de conquérir les radios. Il s’agit de leur album le plus accessible à ce jour, mais il présente aussi plusieurs chansons de grande qualité pour un disque très efficace en bout de ligne. (juillet 2016)

Vidéoclip : « Happiness »

Atlantic / Warner

½

   

 Radiohead – A Moon Shaped Pool

Radiohead A Moon Shaped Pool

Thom Yorke et sa bande sont de retour sur disque, cinq ans après The King of Limbs. Probablement incapables de s’entendre sur un ordre logique pour les 11 pièces de l’album, ils les ont simplement placées en ordre alphabétique. Une autre bizarrerie de la part de Radiohead qui nous laisse le choix de les écouter dans notre ordre préféré. Autre fait à noter, certains des morceaux ont été travaillés depuis longtemps. Par exemple, le groupe a commencé à plancher sur « Burn the Witch » au tournant des années 2000, alors que « True Love Waits » est apparue en concert aussi loin qu’en 1995. Par contre, on ne sent à aucun moment qu’il s’agit d’un album de raretés ou de pièces rejetées, comme si c’était simplement le bon moment pour les présenter au public. A Moon Shaped Pool surprend par son uniformité et sa solidité jusqu’à la fin. L’électro fait toujours bien partie de la musique du groupe pour une musique ambiante qui peut sembler parfois lourde, mais qui n’est jamais inintéressante. Yorke continue de nous hypnotiser avec sa voix sur un fond musical d’une qualité peu entendue depuis Kid A. Moins expérimental que sur ses derniers enregistrements, Radiohead continue encore de gagner en maturité et en profondeur. (juillet 2016)

     

 

Janie RenéeL’Éden est un bazar

Originaire de l’est de l’Ontario, Janie Renée se produit non seulement au Canada, mais aussi dans les Caraïbes françaises, en Autriche et en France. L’Éden est un bazar est son deuxième album, après Les valises paru il y a 4 ans. L’auteure-compositrice et interprète propose des pièces originales sur fond de jazz, de swing, de bossa nova et d’autres danses latines. Ses textes sont colorés avec souvent une touche humoristique. Les cuivres et percussions occupent une place importante sur l’album ce qui lui donne une certaine richesse. Même si la musique latine n’est jamais bien loin, plusieurs chansons s’inspirent directement de Paris et de la chanson française en général. C’est un album chaleureux que nous propose Janie Renée avec L’Éden est un bazar. (juillet 2016)

 Liz Stringer – All the Bridges

Liz Stringer All the Bridges

Liz Stringer est une chanteuse australienne qui nous arrive avec un très bon album de pop rock. Le soul dans sa voix basse apporte aussi un feeling bien particulier. On peut également détecter des influences de musique folk, surtout dans la deuxième moitié, mais l’ensemble bouge passablement avec un bon assemblage de pièces rythmées. Par son énergie, elle nous rappelle en particulier les années 1980 avec un petit quelque chose de Blondie et des Pretenders. C’est donc un album très satisfaisant que l’on peut découvrir avec All the Bridges. (juillet 2016)

Roaring Girl / Fontana North / Universal

   

 

Guylaine TanguayClassique Country

La chanteuse country préférée des Québécois revient de Nashville avec son sixième album en carrière. Réalisé par Steve Mandile, Classique Country propose des succès incontournables du country américain et québécois, mais aussi de la musique pop avec « I Will Always Love You ». On peut y entendre les incontournables « Ring of Fire », « Always On My Mind » et « Jolene », ainsi que « Vole colombe » et « Un coin du ciel ». La seule chanson originale, « Danse avec moi », écrite par Nelson Minville, est offerte en boni et constitue le premier extrait. Il faut aussi mentionner un duo exceptionnel avec Tommy Cash (le frère de Johnny Cash) pour la pièce « Jackson ». Les amateurs de country en auront pour tous les goûts, alors que le disque aborde un son country plus traditionnel, mais aussi le country pop. Quelques versions peuvent sembler manquer de personnalité dans l’interprétation, mais l’ensemble démontre tout de même de belles qualités, entre autres les arrangements qui mettent bien en valeur la voix de la chanteuse. (juillet 2016)

Création

 

 Tegan and Sara – Love You To Death

Tegan and Sara Love You To Death

Les sœurs Quin reviennent avec un nouvel album, trois ans après Heartthrob. La direction plus pop de cet album les avait quelque peu éloignées de leur premier public, mais ils ont su à la fois trouver de nombreux nouveaux fans. Tegan and Sara poursuivent dans la même voie sur Love You To Death, démontrant à nouveau leur immense talent de mélodistes. Réalisé encore une fois par Greg Kurstin, l’album présente un superbe mélange de pop rock, new wave et ballades romantiques. Leurs textes demeurent profonds et honnêtes, mais ils atteignent une cible plus large qu’auparavant. Avec Love You To Death, Tegan and Sara prouvent plus que jamais que la musique pop peut être à la fois divertissante et intelligente. (juillet 2016)

Vidéoclips : « Boyfriend » - « 100x » - « U-Turn »

Warner

½

     

 

Allen Toussaint American Tunes

Le pianiste natif de la Nouvelle-Orléans est décédé à l’automne 2015, mais non sans nous avoir laissé cet hommage à la musique américaine. C’est le réalisateur Joe Henry qui a complété l’album, laissé en suspens par le départ subi d’Allen Toussaint en novembre 2015 alors qu’il était en tournée à Madrid. Sur American Tunes, Toussaint poursuit son exploration jazz entreprise sur The Bright Mississippi en 2009. Par contre, les standards jazz ne comptent que pour une partie de ce nouvel album qui présente aussi des versions de son propre répertoire et des chansons un peu plus contemporaines. On retrouve deux titres de Duke Ellington, un de Bill Evans, un de Earl King, ainsi que « American Tune » de Paul Simon en conclusion du disque. Qu’il soit seul au piano ou accompagné par des chanteurs invités, Allen Toussaint impressionne par son aplomb au piano qui donne une nouvelle vie aux pièces interprétées. À noter plus particulièrement la performance vocale exceptionnelle de Rhiannon Giddens sur les deux morceaux de Duke Ellington, « Rocks In My Bed » et « Come Sunday ». (juillet 2016)

Nonesuch / Warner

½

     

 The Tragically Hip – Man Machine Poem

The Tragically Hip Man Machine Poem

Depuis que l’on sait que le chanteur Gord Downie est atteint du cancer du cerveau, les fans espéraient un nouvel album rapide de la part de Tragically Hip. Voici donc enfin Man Machine Poem, 4 ans après leur album précédent, Now For Plan A. Comme il s’agit probablement de leur dernier disque, il prend une signification bien particulière et on l’écoute assurément différemment. Dès le premier morceau, « Man », on constate un virage un peu plus expérimental ou progressif. On est loin du rock d’aréna de leurs meilleures années, ce que les fans auraient bien aimé pour ce dernier enregistrement. On sent une certaine mélancolie et les thèmes abordés tournent évidemment beaucoup autour de la mortalité et du regret du passé. En ce sens, Downie reprend un peu la formule de David Bowie sur son dernier album, alors qu’il mettait en scène sa propre mort. Par contre, c’est passablement moins réussi dans le cas de Tragically Hip. Plusieurs pièces vous sembleront trop longues et ennuyantes. Ce sont les textes qui occupent l’avant-plan avec des mélodies qui semblent parfois improvisées et une musique qui ne sert que d’accompagnement, sans riffs vraiment remarquables. On retrouve tout de même quelques bons moments, mais rien pour ramener le groupe ontarien dans les radios rock. (juillet 2016)

Universal

   

 

Amélie VeilleLes moments parfaits

L’auteure-compositrice et interprète de la Beauce présente son 4e album avec Les moments parfaits. Ayant passé passablement de temps outre-mer au cours des dernières années, Amélie Veille a su établir des liens avec des créateurs français. Les paroliers Boris Bergman et Claude Lemesle font donc partie des collaborateurs de ce nouveau disque, réalisé toutefois par le Québécois Antoine Gratton. Fidèle à ses influences, Amélie propose à nouveau une musique pop toute en douceur. Ce sont 11 « moments parfaits » où le positivisme domine pour notre plus grand plaisir, un disque qui vous fera oublier rapidement la grisaille de votre quotidien. À noter les participations d’Andréanne A. Malette (« Comment s’habillent les filles ») et de Maxime Landry (« Ton côté du lit »). (juillet 2016)

Vidéoclip : « Je prends tout de toi »

Artic

½

 

 Vianney – Idées blanches (2 CD)

VianneyIdées blanches (2 CD)

Grâce à ce premier album paru à l’automne 2014, le jeune auteur-compositeur et interprète français s’est vu couronner Artiste masculin de l’année au dernier gala des Victoires de la musique. Enfin disponible au Québec, Idées blanches nous est présenté avec un disque en boni contenant des versions acoustiques. Influencé par la chanson française de Brassens et Le Forestier, Vianney Bureau propose une pop française contemporaine aux mélodies incomparables. Il évoque une certaine parenté avec Jean-Jacques Goldman et Gérald de Palmas, mais il se démarque rapidement avec un phrasé qui lui est unique et une voix remarquable entre toutes. À ses excellentes compositions s’ajoutent quelques reprises : « Lean On » de Major Lazer, « Man Down » de Rihanna et « Dis, quand reviendras-tu? » de Barbara. On peut aussi entendre deux remix pour « Veronica » et « Les gens sont méchants ». Voici un très bel album par un artiste incomparable de la nouvelle scène pop française. (juillet 2016)

Vidéoclip : « On est bien comme ça »

Tôt ou Tard / SIX

½

 

 The Virginmarys – Divides

The Virginmarys Divides

The Virginmarys est un trio indie rock anglais qui s’est formé en 2009 et présente maintenant son troisième album. Ils ont une tendance hard rock bien assumée avec une section rythmique particulièrement dynamique et de très bons riffs de guitare. Une attitude un peu agressive à la Billy Talent ou qui rappelle le punk garage de The Hives n’empêche pas le groupe d’avoir des mélodies efficaces et des rythmes entraînants faits sur mesure pour la scène. Ils sont sûrement très divertissants à voir en spectacle. Voici donc un groupe à écouter le volume à fond, mais attention aux excès de vitesse sur la route! (juillet 2016)

Vidéoclips : « Into Dust » - « Motherless Land »

Wind-Up / Concord

½

   

 Barenaked Ladies – BNL Rocks Red Rocks

Barenaked LadiesBNL Rocks Red Rocks

En juin 2015, le groupe ontarien se produisait sur la scène du légendaire amphithéâtre Red Rocks au Colorado. C’est cet enregistrement unique qui est présenté sur ce CD de 60 minutes. On y retrouve quelques pièces récentes, mais surtout de grands classiques comme « The Old Apartment », « Brian Wilson », « One Week » et « If I Had $1,000,000 ». On peut aussi entendre leur version de « Who Can It Be Now » de Men At Work. La qualité sonore est particulièrement exceptionnelle et le groupe semble à son meilleur. Voici donc une bonne façon de redécouvrir ce groupe canadien de premier plan. (juillet 2016)

Raisin' / Warner

½

   

 

The John Wilson Orchestra Gershwin in Hollywood

Après les enregistrements de Cole Porter pour le cinéma, le John Wilson Orchestra revient avec ceux des frères Gershwin, la légende George et Ira. George Gershwin a toujours oscillé entre jazz et musique classique et c’est exactement ce que nous propose l’orchestre de John Wilson avec une musique classique légère ponctuée de jazz entraînant. L’album de 75 minutes a été enregistré en concert au Royal Albert Hall, certainement une soirée magique considérant la qualité des œuvres offertes. On y retrouve des extraits de Girl Crazy, Funny Face, An American in Paris, Shall We Dance et beaucoup plus. À en croire les applaudissements nourris après plusieurs des morceaux présentés, la foule semblait tout simplement conquise. Un excellent album tant pour les amateurs de classique léger que de jazz. (juillet 2016)

Warner / SIX

½

     

 

Neil Young + Promise of the Real Earth (2 CD)

Le folk rockeur légendaire demeure toujours aussi productif malgré ses 70 ans. Après une première collaboration avec Promise of the Real en 2015 pour The Monsanto Years, ils présentent un double album de leurs performances de l’année passée, sur fond de bruits d’animaux et autres atmosphères provenant directement de la terre. En fait, Earth est un album tellement cru que la musique semble passer au second plan. Il faut même monter le volume pour en avoir plein les oreilles. Les frères Nelson (les fils de Willie) peinent à donner du tonus à ce double CD qui contient pourtant de bonnes chansons, mais ce sont les animaux qui ont malheureusement la vedette. L’idée de base demeure plus que valable, mais on n’achète pas un album de Neil Young pour ses enregistrements d’animaux. Dommage! (juillet 2016)

Reprise / Warner

   

 Air – Twentyears (2 CD)

Air – Twentyears (2 CD)

Le duo électro français existe depuis déjà 20 ans et pour l’occasion, on nous offre une compilation double des meilleurs enregistrements de leur carrière. Twentyears contient rien de moins que 31 titres totalisant plus de 133 minutes. On y trouve évidemment leurs plus grands succès comme « Sexy Boy », « Alone in Kyoto » ou « La femme d’argent », mais on peut aussi entendre des raretés et pièces jamais parues jusqu’à maintenant. On peut aussi redécouvrir « The Duelist » mettant en vedette Charlotte Gainsbourg et Jarvis Cocker. Le principal défaut des deux CD est qu’ils présentent l’ensemble des pièces dans un désordre total. Aussi, le livret manque de détails sur le groupe et aurait grandement bénéficié d’une biographie. Malgré tout, cette compilation complète brosse un bon portrait de la carrière d’Air jusqu’à ce jour. (juillet 2016)

Parlophone / Warner

½

     

Mike Doughty – Haughty Melodic (2005) (2016 Re-Issue)

Mike Doughty Haughty Melodic (2005) (RÉÉDITION DE 2016)

Cinq ans après la séparation de Soul Coughing, Mike Doughty présentait un premier album solo accompagné d’un groupe de musiciens avec Haughty Melodic. La guitare y est particulièrement présente et pour la basse, il préférait une basse acoustique. À l’image de son titre, les mélodies s’avèrent très efficaces, ce qui en fait certainement l’un de ses albums les plus accessibles. Onze ans après sa parution originale, voici une réédition du CD avec deux pièces en boni : « I’m Still Drinking In My Dreams » et une version démo par Dan Wilson de « All the Time ». Haughty Melodic demeure encore aujourd’hui le meilleur album pour découvrir Mike Doughty en solo, puisqu’il était alors à son meilleur. (juillet 2016)

ATO

½

   

 

juin :

 

 Beyoncé – Lemonade

Beyoncé Lemonade

Le sixième album de Beyoncé a été devancé par une présence remarquée à la mi-temps du Super Bowl il y a quelques mois, créant du même coup une certaine attente. Sur Lemonade, Beyoncé ne sent définitivement pas le besoin de plaire à tout prix et d’envahir les radios commerciales. Elle se concentre plutôt à faire ce qu’elle sait faire de mieux : produire des chansons remarquables par leur créativité et démontrant la personnalité forte de la femme. Elle défend avec conviction les femmes noires, tout en dénonçant les infidélités des hommes, mais elle prend aussi position socialement et politiquement. Elle évite quand même tous les clichés et réussit à surprendre musicalement en plusieurs occasions, comme par exemple dans « Don’t Hurt Yourself » où elle est accompagnée de Jack White qui amène Beyoncé dans des territoires inexplorés jusque-là. Après une construction constante, l’album se conclut en force avec les incontournables « Freedom », « All Night » et « Formation ». Les artistes invités incluent The Weeknd, Kendrick Lamar et James Blake. On peut voir un côté plus sombre de l’artiste sur Lemonade, mais il s’agit d’un ajout de grande importance, voire essentiel, à sa discographie. Quelques écoutes sont fortement suggérées, mais Lemonade figurera assurément parmi les meilleurs albums de l’année. (chronique principale de juin 2016)

Vidéoclip : « Formation »

   

     

 Michelle Willis – See Us Through

Michelle Willis See Us Through

Née en Angleterre, Michelle Willis a grandi à Toronto. Elle a perfectionné son art grâce à de nombreuses collaborations (notamment Iggy Pop) et grâce à son travail en tant que claviériste de studio. Elle joue toujours dans différents groupes, mais elle présente finalement son tout premier album solo, See Us Through. Véritable album d’auteure-compositrice, il inclut un son folk rock centré sur les claviers, une musique plutôt douce qui réussit rapidement à capter notre attention grâce à de très belles mélodies. Un album remarquable! (découverte du mois de juin 2016)

GroundUP / Universal

½

   

 Guillaume Arsenault – De l’autre côté des montagnes

Guillaume ArsenaultDe l’autre côté des montagnes

Le Gaspésien présente déjà son cinquième album, un disque mélodieux, tendre et intimiste. Guillaume Arsenault demeure toujours près de la nature qui fait partie intégrante de son œuvre. Il a d’ailleurs fait le pari audacieux de demeurer dans sa Gaspésie natale pour poursuivre sa carrière, malgré un public restreint et dispersé, ainsi que l’éloignement géographique et professionnel. Avec De l’autre côté des montagnes, Arsenault propose un album empli d’amour, tant pour la nature que pour la femme de sa vie, avec des parallèles fréquents entre les deux. Voici donc un très bel album qui réussit à nous faire sentir la fraîcheur de la nature gaspésienne. (juin 2016)

Productions de l’arbre / SIX

½

 

 Frankie Ballard – El Rio

Frankie Ballard El Rio

Pour son troisième album, le chanteur country prend une direction un peu plus rock, s’inspirant entre autres des années 1980. John Mellencamp nous vient d’ailleurs rapidement en tête. Frankie Ballard reprend aussi « You’ll Accomp’ny Me » de Bob Seger, une des rares ballades de l’album, qui dégage autrement passablement d’énergie. Ballard présente plusieurs très bonnes chansons, toutes en simplicité, mais d’une grande efficacité. Le son d’El Rio rappelle peut-être John Mellencamp, mais son matériel le plus mémorable dont Scarecrow. Avec ce nouveau disque, Frankie Ballard présente son enregistrement le plus cohérent et efficace à ce jour. (juin 2016)

Warner

½

   

 Manon Bédard – Née Country

Manon Bédard Née Country

Avec Née Country, la yodleuse et chanteuse présente son sixième album en carrière, mais son premier en sept ans. Manon Bédard offre 12 chansons country inspirées de son parcours, dont la pièce-titre, sa première composition personnelle. On peut aussi découvrir trois chansons originales écrites par Paul Daraîche et Daniel Laquerre. Parmi les autres morceaux, on peut entendre des classiques d’Angèle Arsenault (« Je veux toute toute la vivre ma vie »), Paul Dwayne (« Ma p’tite guitare »), Ginette Reno (« Des croissants de soleil »), Stéphane Venne (« Il était une fois des gens heureux »), et même de Roger Miron (« Hommage au cowboy »). Réalisé par Stéphane Dufour et André Rondeau, l’album présente de très beaux arrangements intégrant du violon et du banjo. Surtout, il dégage une joie de vivre unique à la chanteuse, pour un album qui fait du bien. (juin 2016)

Prod2

 

 Champion – Best Seller

Champion Best Seller

DJ Champion (alias Maxime Morin) est de retour avec son quatrième album de compositions originales. Le disque commence peut-être tout en douceur avec « I Can’t Let Go », mais il se transforme rapidement ensuite en un album pour faire la fête et ce, dès le 2e titre, « Life Is Good ». Ces deux pièces ainsi que deux autres n’avaient pas trouvé leur place sur son disque précédent, cadrant moins bien dans l’ambiance, mais sur Best Seller, le moment était bien choisi pour les introduire. En plus de ses rythmes énergisants et de la guitare électrique omniprésente, Champion considère toujours la voix comme importante depuis la performance de Betty Bonifassi sur « No Heaven », le succès qui l’a fait connaître. Ici, les chanteuses invitées sont Lou Laurence, Marie-Christine Depestre et Anna Frances Meyer qui offrent toutes des performances remarquables. Même avec très peu de mots, Anna Frances Meyer réussit à nous envoûter dans « Boy Toy ». C’est un album solide que nous présente encore une fois Champion, un disque parfait pour la saison estivale. (juin 2016)

Vidéoclip : « Life Is Good »

½

 

 Eric Clapton – I Still Do

Eric Clapton I Still Do

Pour son 23e album, Eric Clapton renoue avec le réalisateur Glyn Johns, celui-là même qui l’avait orienté pour Slowhand en 1977. Par contre, Clapton n’est plus du tout au même endroit sur I Still Do avec une majorité de chansons douces et touchantes. Il y a bien quelques moments de blues pur, comme avec le premier titre, « Alabama Woman Blues », mais ça ne constitue plus le cœur de son œuvre. Le disque contient une majorité de reprises, des standards du blues, de la pop ou du folk avec des pièces de J.J. Cale, Robert Johnson, Skip James, Bob Dylan, etc. Les deux seules chansons originales de Clapton, « Spiral » et « Catch the Blues », viennent magnifiquement compléter l’ensemble. Certains pourraient dire qu’ils auraient préféré entendre un album de chansons originales, mais le jeu de Clapton et son interaction avec Johns sont tout simplement magiques. Il en résulte un album extrêmement agréable à écouter qui trouvera son nombre appréciable d’admirateurs. (juin 2016)

ADA / Universal

½

   

The Claypool Lennon Delirium – Monolith of Phobos

The Claypool Lennon Delirium Monolith of Phobos

Lorsque le bassiste Les Claypool s’unit au chanteur et guitariste Sean Lennon, il ne peut qu’en sortir du matériel original expérimental. C’est ce qu’ils ont décidé de faire l’an passé et il en résulte ce délire collectif de 11 titres. Monolith of Phobos est un voyage plutôt surréaliste dans un monde progressif psychédélique. Heureusement, malgré une expérimentation constante, le duo réussit à concentrer quelque peu ses efforts pour une musique tout de même cohérente dans sa folie. Leur musique se centre autour de la basse de Claypool dans une rythmique énergique même si quelque peu difficile à suivre. C’est un album créatif et très efficace que nous propose ce duo hors du commun. (juin 2016)

Prawn Song / Chimera / ATO

½

   

 Dan + Shay – Obsessed

Dan + Shay Obsessed

Daniel Smyers et Shay Mooney ont décidé de former un duo à Nashville en 2012. Quatre ans plus tard, ils présentent leur deuxième album, Obsessed, un disque country pop qui s’adresse à un vaste auditoire. En fait, avec le nombre de ballades que l’on compte sur le CD, Dan + Shay tombent plus aisément dans un territoire adulte contemporain que country. Le duo est enveloppé dans des arrangements somptueux et sirupeux, des arrangements qui sont un peu trop présents puisqu’ils enlèvent tout le côté intimiste du duo qui pourrait être intéressant. Après les efficaces « All Nighter » et « Road Trippin’ », Obsessed devient plutôt rempli de ballades ennuyantes et sans grand intérêt. (juin 2016)

Warner

½

     

The Dead Ships – Citycide

The Dead Ships Citycide

The Dead Ships est un trio de rock garage de Los Angeles qui présente son premier album, après trois ans de tournée intensive un peu partout en Amérique. Ils possèdent des influences certaines de The Strokes, mais aussi des Pixies, avec un son axé sur une guitare électrique énergique et puissante. Ils ne révolutionnent certainement pas le genre, mais c’est plutôt agréable d’entendre un son rock pur en 2016, alors que les amalgames de styles ont la cote. Citycide est un album honnête et efficace qui offre quelques très bons moments. (juin 2016)

Vidéoclip : « Big Quiet »

Nevado

 

 The Paul Deslauriers Band – Relentless

The Paul Deslauriers Band Relentless

Deux ans après un premier album remarquable, Paul Deslauriers est de retour avec un nouveau disque de blues rock énergique. Cette fois-ci, tout le trio a été mis à contribution pendant le processus créatif. Ce sont 10 chansons originales que nous proposent Deslauriers (guitare, voix), Greg Morency (basse) et Sam Harrisson (batterie), avec des textes de Paul Deslauriers, aidé par Alec McElcheran. L’énergie contagieuse du trio sur scène est transposée à la perfection sur cet album qui figurera assurément parmi les meilleurs albums de blues de l’année. (juin 2016)

Big Toe / SIX

½

 Drake – Views

Drake Views

Attendu depuis longtemps, voici enfin le nouvel album du rappeur torontois. Malheureusement, Views laisse rapidement l’impression d’un pétard mouillé. D’abord, il semble ne jamais démarrer avec l’interminable « Keep the Family Close » de 5 minutes 30. Ensuite, il y a un manque évident de mélodies accrocheuses, le son semble parfois dépassé et surtout, on sait qu’on a 20 titres pour un total de 81 minutes devant nous! Même le plus patient des fans peinera à se rendre jusqu’au bout de cette épreuve, mais c’est quand même à la toute fin que se trouvent probablement les meilleurs moments avec la chanson-titre et le succès « Hotline Bling ». Le seul autre passage divertissant arrive à la 16e piste avec « Too Good », un duo avec Rihanna à tendance dancehall. On le dit souvent, mais la base même de la musique est de procurer du plaisir. Quand ça devient ardu, c’est que c’est raté… Même au niveau des textes Drake revient avec son thème récurrent de ses histoires d’amour qui ne mènent nulle part. Ça intéresse qui? Drake a connu un succès à ses débuts qui a créé un engouement autour de lui. Mais franchement, il serait probablement temps d’en revenir, puisqu’il prouve de plus en plus qu’il ne peut se comparer aux meilleurs Américains (Kendrick Lamar et cie). (juin 2016)

Vidéoclip : « Hotline Bling »

Republic / Universal

   

 Fitz and the Tantrums – Fitz and the Tantrums

Fitz and the Tantrums Fitz and the Tantrums

Sur ses deux albums précédents, le groupe de Los Angeles présentait des influences R&B et soul plutôt rétro. Sur cet album éponyme, Fitz and the Tantrums se tournent vers un son pop contemporain. Généralement dansante et parfaite pour les radios, leur musique est assurément très plaisante à écouter, avec des hymnes contagieux comme le succès « Handclap » et « Complicated ». Pour ce disque, Michaël Fitzpatrick et sa bande ont collaboré avec l’auteur Sam Hollander (Katy Perry, Panic At The Disco, Neon Trees). Il a sûrement contribué de façon importante au groupe par sa sensibilité et son habileté avec les rythmes programmés énergiques. Le réalisateur Jesse Shatkin (Sia, Tegan and Sara) y est sûrement aussi pour quelque chose. Un excellent album pop dansant! (juin 2016)

Vidéoclip : « Handclap »

Elektra / Warner

½

   

 Alexe Gaudreault – Alexe Gaudreault

Alexe GaudreaultAlexe Gaudreault

Pour son premier album, cette ex-participante à La Voix s’est entourée d’une équipe chevronnée dirigée par le réalisateur et musicien John Nathaniel (Marie-Mai, Andie Duquette), qui a collaboré à tous les textes et composé les musiques. Alexe présente un album grandement personnel, qui raconte en quelque sorte son histoire parsemée d’embûches. Dans les moments les plus doux, sa voix peut rappeler parfois celle de Cœur de Pirate, par contre lorsqu’elle prend vraiment son envol, on peut rapidement découvrir toutes ses possibilités vocales. Musicalement, elle propose une musique pop aux arrangements riches intégrant des éléments d’électro très modernes. Les mélodies sont inoubliables et les textes vous resteront aussi en tête. C’est un premier disque de grande classe que nous propose Alexe Gaudreault. (juin 2016)

Vidéoclip : « Éclat »

Musicor

 

Margaret Glaspy – Emotions and Math

Margaret Glaspy Emotions and Math

La Californienne d’origine maintenant établie à New York présente un superbe mélange de chansons introspectives sur un fond rock cru et passablement agressif. Sa guitare domine en de nombreuses occasions, comme pour affronter en duel sa voix posée. Margaret cite des influences de Weezer et on peut en effet reconnaître le style du groupe dans sa façon de jouer la guitare à plusieurs moments. Par contre, là s’arrêtent les comparaisons puisqu’elle s’avère généralement beaucoup plus introspective avec une Fiona Apple par exemple qui peut nous venir en tête. Des influences blues sont aussi évidentes à d’autres moments. C’est donc un premier album très réussi que nous offre la chanteuse américaine. (juin 2016)

ATO

½

   

 Goo Goo Dolls – Boxes

Goo Goo Dolls Boxes

Depuis la fin des années 1990, un nouvel album des Goo Goo Dolls ne crée plus beaucoup d’émois. Désormais un duo formé de John Rzeznik et Robby Takac, les Goo Goo Dolls présentent un onzième album sur fond de conscience écologique. Par contre, il s’agit certainement du seul élément de modernité sur l’album qui présente un son d’une autre époque, un pop rock commun d’il y a 20 ans. Il y a bien quelques rythmes qui peuvent rappeler le hip hop de Twenty One Pilots, mais ce ne sont pas des essais bien convaincants. L’ensemble demeure surtout axé autour des ballades et pièces mid-tempo qui caractérisent le groupe depuis maintenant près de 20 ans. On est donc encore une fois bien loin du rock alternatif agressif de leurs premières années. Quelques mélodies intéressantes réussiront probablement à capter l’attention d’un certain public et par le fait même de certaines radios. Mais Boxes ne contient rien de plus remarquable que ce que le groupe nous a offert depuis le tournant du nouveau millénaire. (juin 2016)

Warner

½

     

 Ariana Grande – Dangerous Woman

Ariana Grande Dangerous Woman

La Floridienne est de retour avec son troisième album. Maintenant bien installée dans le monde adulte, Ariana Grande présente un très beau mélange de soul classique, de pop des années 1990 et de R&B contemporain. Le réalisateur Max Martin et son collègue suédois Ilya y sont certainement pour quelque chose dans ce son alliant le présent au passé. C’est dans les pièces dansantes qu’Ariana se démarque véritablement, comme par exemple avec « Be Alright ». Les pièces R&B un peu plus lourdes sont aussi grandement intéressantes. Parmi les collaborateurs, notons Nicki Minaj, Lil Wayne, Macy G et Future. Avec Dangerous Woman, Ariana réussit à nous offrir un album plus cohérent que son précédent. (juin 2016)

Vidéoclips : « Dangerous Woman » - « Into You » - « Let Me Love You »

Republic / Universal

½

   

Les Handclaps – Sessions: Brooklyn

Les Handclaps Sessions: Brooklyn

Depuis leur premier album en 2009, le trio québécois en a fait du chemin. Leur musique a en effet été entendue dans plusieurs publicités et même dans des séries américaines comme The Blacklist, The Middle et Awkward. Pour ce nouvel album, ils présentent en fait une compilation de toutes ces chansons enregistrées à Brooklyn avec les réalisateurs Gus Van Go et Werner F (The Stills, Trois Accords, Cowboys Fringants). Plusieurs des 19 pièces ont déjà été entendues régulièrement, à commencer par l’excellent succès « Je pense encore à toi » qui a joué abondamment dans une publicité de Bell Fibe, mais aussi « Nouvelle-Angleterre » et « I’m So Into You ». On peut entendre des noms célèbres comme collaborateurs : James Di Salvio (Bran Van 3000) et Ivan Doroschuk (Men Without Hats). Hugo Clermont, Lorraine Muller et Daniel Saucier nous offrent une musique pop rock énergique aux mélodies inoubliables, une musique qui ne laissera personne indifférent. (juin 2016)

½

 Cynthia Harvey – Cynthia Harvey

Cynthia HarveyCynthia Harvey

La chanteuse du Saguenay s’est fait découvrir lors de la première édition de La Voix dans l’équipe de Marie-Mai. Elle présente aujourd’hui son tout premier album après une carrière de chanteuse soliste de plus de 20 ans. L’artiste à la voix profonde et puissante attire rapidement l’attention, mais le CD semble progresser et prendre de l’ampleur pour atteindre sa vitesse de croisière à la 4e piste, l’excellente « Parfum de déjà-vu ». À ne pas rater avant la fin sa version bien personnelle de « Déjeuner en paix » de Stephan Eicher, ainsi qu’un duo avec Tim Brink, « Pour ce qu’il reste ». L’album a été réalisé par Rob Langlois (Marie-Mai) qui a aussi composé toutes les chansons en compagnie de Cynthia, avec quelques collaborateurs (Marie-Mai, Fred St-Gelais, Nelson Minville, etc.). L’album est peut-être quelque peu inégal, mais il contient plusieurs morceaux de grande qualité et bien divertissants. (juin 2016)

Sélect

 The Joy Formidable – Hitch

The Joy Formidable Hitch

Le trio du Pays de Galles présente son troisième album, qu’ils ont enregistré à la maison après une longue tournée, sûrement dans un désir de se reconnecter avec leurs influences premières. Musicalement, The Joy Formidable ne s’éloignent pas vraiment par contre de ce qu’ils nous ont offert auparavant, avec un son indie rock provenant directement des années 1990. Ils ont peut-être un certain côté gothique avec des références du passé, mais il reste qu’ils réussissent à nous offrir de bien bonnes mélodies. Sans égaler leurs deux albums précédents, Hitch est un disque honnête que leurs fans apprécieront probablement. (juin 2016)

Cadence / Universal

   

 Adam Karch – Moving Forward

Adam Karch Moving Forward

Après le très réussi Blueprints il y a deux ans, l’auteur-compositeur et guitariste revient à nouveau avec un album qui se situe quelque part entre le blues et le folk. Adam Karch présente un mélange de chansons en solo et en trio avec ses comparses Marc-André Drouin (basse) et Bernard Deslauriers (batterie). On y retrouve bon nombre de compositions originales, mais aussi des interprétations surprenantes comme « Night Moves » de Bob Seger, l’e