Le quatuor de Vancouver Hedley est de retour avec un 4e album après
l’immense succès du précédent,
The Show Must Go, transporté par la dynamique « Cha-Ching ».
Même si le groupe a eu quelques tendances pop punk par le passé, il
a toujours penché un peu plus du côté pop que du côté punk. En plus,
les ballades ont souvent occupé une place importante sur leurs
albums. Mais c’est avec Storms que la bande à Jacob
Hoggard (un ex-candidat de Canadian Idol) prend un véritable
virage pop. L’album s’ouvre en effet avec une série de ballades qui,
même si elles sont de qualité, nous amènent un peu trop dans le
territoire des Backstreet Boys. Il faudra attendre la 4e
piste, « We Are Unbreakable », pour entendre une pièce pop rock un
peu plus rythmée. Mais c’est avec la suivante, « Young », que le
groupe poursuit sur sa lancée entamée avec « Cha-Ching », grâce à un
refrain inoubliable et énergique accompagné de claquements de mains.
« Bullet for your Dreams » et « Hot Mess » sont les autres pièces
entraînantes par excellence qui nous présentent le groupe à son
meilleur et nous donnent envie de les voir sur scène, là où Hoggard
est le plus à l’aise. Sur Storms, Hedley ne se gêne pas pour
sortir les synthétiseurs du placard et nous présenter des
arrangements léchés à souhait. Même si l’album est un peu trop
propret et qu’on s’ennuie du côté trash complètement
disjoncté d’Hoggard, Storms risque fort de permettre au
groupe de finalement rejoindre le reste de la planète.
Une énergie débordante et le désir de s’éclater, voilà ce qui
caractérise le groupe australien Dangerous! Nouvellement signé sur
l’étiquette Epitaph en 2011, le groupe a enfin pu nous présenter son
tout premier album, Teenage Rampage. Le quatuor nous offre un
son punk garage / rock ‘n’ roll particulièrement énergique avec
quelques influences métal lorsqu’il laisse aller son agressivité. En
fait, les membres de Dangerous! sont dans leur musique comme ils
sont dans la vie, soit 4 jeunes qui aiment se saouler et saccager
leurs chambres d’hôtels. Les compositions sont simples et un seul
des 12 morceaux franchit la barre des 3 minutes, soit le dernier,
« D! or Die ». Il s’agit donc d’une musique de défoulement par
excellence. La réalisation de Ulrich Wild (Deftones,
Pantera) est plutôt brute et conserve le côté sale de la
musique de Dangerous! qui peut s’apparenter par moments à The
Hives. Notons aussi que l’album a été mixé par Marc McClusky
qui a travaillé entre autres avec Weezer. Ce premier
enregistrement de Dangerous! ne révolutionne assurément pas le rock
‘n’ roll, mais il présente tout de même un bon divertissement,
extrêmement dynamique.
Malgré une courte carrière de deux albums, la chanteuse britannique
Amy Winehouse a su s’imposer rapidement comme l’une des meilleures
chanteuses soul de sa génération. Malheureusement, elle n’aura pu
vaincre ses nombreux démons et nous a quitté prématurément en
juillet dernier à l’âge fatidique de 27 ans. Avant son décès, elle
avait déjà enregistré plusieurs chansons en prévision d’un album à
venir. Nous retrouvons ici ces « trésors cachés », alors que
Salaam Remi et Mark Ronson ont assuré la réalisation
virtuelle de ce disque. L’album de 12 titres dont 9 reprises est
plutôt surprenant par sa cohérence, malgré la piètre qualité de
plusieurs des chansons proposées. La réalisation est de premier
plan, alors qu’Amy chante aussi bien que sur ses enregistrements
précédents. Elle réussit de façon convaincante à s’approprier les
pièces qu’elle interprète et à les présenter à sa façon. Les 3
chansons originales que l’on retrouve ici (« Between the Cheats »,
« Half Time » et « Best Friends, Right? ») ne sont pas à la hauteur
et il y a peu de chances qu’elles se seraient retrouvées sur cet
album si Amy avait pu donner son opinion. Par
contre, sa performance est impressionnante sur « Our Day Will
Come », « Will You Still Love Me Tomorrow? » et « The Girl from
Ipanema ». On peut l’entendre avec Tony Bennett sur
« Body and Soul », mais ce n’est pas là qu’elle passera à
l’histoire. Malgré quelques faiblesses flagrantes, il faut se rendre
à l’évidence qu’il s’agit d’un solide album posthume qui nous
laissera de bons souvenirs d’Amy Winehouse.
Mary J.
Blige - My Life II…
The Journey Continues (Act 1)
La New Yorkaise Mary Jane Blige fait déjà carrière depuis 20 ans et nous
présente maintenant son 10e album studio. Bizarrement, le titre semble
vouloir référer à son album de 1994,
My Life, comme en étant la suite. Mais, il est bien difficile de
voir comment ce long album rempli de collaborations pourrait être la
suite de l’album troublé et bien personnel présenté à cette époque. En
fait, My Life II semble beaucoup plus être la suite logique de
son précédent,
Stronger with Each Tear, et n’a rien à voir avec la Mary J.
Blige du milieu des années 1990. Elle nous présente toujours son R&B
contemporain avec des accents de rap en différentes occasions. Pour ce
faire, elle peut compter sur la présence de toute une brochette de
collaborateurs : Nas, Busta Rhymes, Drake,
Beyoncé, Diddy, Lil Wayne, etc. Après une introduction
inutile, la première moitié du disque est plutôt dynamique grâce à de
bonnes rythmiques et des mélodies efficaces culminant avec la « Next
Level » de Busta Rhymes. Elle reprend aussi de façon énergique le succès
de Rufus & Chaka Khan « Ain’t Nobody ». Malheureusement, la
deuxième moitié du disque perd de son énergie et c’est un grand nombre
de ballades qu’on nous présente l’une à la suite de l’autre. L’intérêt
diminue grandement et lorsque l’album se termine, on a l’impression
d’être resté sur notre appétit. Les bons moments et la solide production
ne sont pas suffisants pour nous faire oublier les pièces ennuyantes.
L’auteur-compositeur-interprète californien Chris Isaak fait carrière
depuis plus de 25 ans. Mais c’est en 1989 qu’il a obtenu son plus grand
succès avec « Wicked Game » et le magnifique vidéoclip qui
l’accompagnait. En 2011, il a décidé de se faire plaisir et de rendre
hommage à la légendaire étiquette rock ‘n’ roll Sun Records. En fait,
c’est un choix naturel pour celui qui ne s’est jamais caché d’avoir été
grandement influencé par Roy Orbison et Elvis Presley. Plusieurs
classiques d’Elvis sont d’ailleurs bien présents ici, même « Can’t Help
Falling in Love » qui n’avait pas été enregistré par Elvis au cours de
ses années chez Sun Records. Il faut dire que, sans l’imiter, Isaak est
peut-être le chanteur dont le style vocal s’approche le plus de celui du
« king » (vous en aurez un bon aperçu sur « It’s Now or Never »). Parmi
les autres reprises incontournables, notons l’excellente pièce
d’ouverture, « Ring of Fire » de Johnny Cash, l’électrisante « Great
Balls of Fire » de Jerry Lee Lewis, ainsi que « Dixie Fried » de
Carl Perkins. Isaak enregistre aussi une de ses chansons, « Live
It Up ». Une
version de luxe de l’album contient un deuxième disque avec 11
titres additionnels pour un total de 25. Sur ce 2e CD, on peut entre
autres entendre « Oh, Pretty Woman » de Roy Orbison. Sur Beyond the
Sun, Chris Isaak réussit à reproduire avec authenticité la musique
de toute une époque avec les méthodes d’enregistrement d’aujourd’hui. Un
très bon album!
Le jeune chanteur pop Joe Jonas a connu la célébrité dès l’adolescence
en tant que leader des Jonas Brothers. Il fait ses débuts en solo
avec Fastlife et nous propose une pop contemporaine avec des
rythmes R&B et de l’électro. On peut rapidement le comparer à Justin
Timberlake puisqu’il nous présente une musique sur mesure pour les
radios et les clubs. Il a d’ailleurs embauché le réalisateur Danja
qui a travaillé avec Timbaland sur FutureSex/LoveSounds de
Timberlake. Même si les compositions peuvent paraître simples, Jonas
réussit à y injecter ce qu’il faut de sa personnalité et de son
émotivité pour faire siennes les compositions. Appuyées par une solide
production, les interprétations de Jonas ont l’effet désiré, autant dans
les pièces dansantes que dans les chansons plus émotives. Le premier
extrait, « Just in Love », n’a rien à envier aux plus grands artistes
dans le genre et a tout ce qu’il faut d’efficacité pour rendre
Timberlake jaloux. L’album se termine avec une autre version de la
chanson intégrant Lil Wayne et ses textes un peu plus crus, par
contre, l’original demeure supérieur. C’est un bien bon album que nous
offre Joe Jonas, plus adulte que ce qu’il a fait avec ses frères. Il
entre donc par la grande porte dans le monde adulte…
Même si c’est difficile à croire en la regardant, la Mexicaine Paulina
Rubio fait déjà carrière depuis 20 ans, alignant les albums à un rythme
régulier. Pour ce 10e album, elle a recruté RedOne (Lady Gaga)
pour la réalisation de 3 pièces à haut niveau d’énergie : « Me Gustas
Tanto », « All Around the World » et « Heat of the Night », les deux
dernières étant les seuls titres en anglais du CD. Même si l’ensemble
demeure à tendance latine, les nombreuses explorations techno et euro
pop donnent une direction plus pop internationale à l’album en plus
d’offrir quelques gros succès potentiels. Par contre, Paulina demeure
assurément à son meilleur lorsqu’elle propose ce qu’elle fait de mieux,
soit une musique latine aux rythmes dansants.
Alexandra Stan est une jeune chanteuse roumaine qui a conquis la planète
en 2011 avec son incontournable succès radio « Mr. Saxobeat ». Elle nous
présente ici son premier album contenant 8 morceaux originaux, incluant
évidemment « Mr. Saxobeat », mais aussi son tout premier simple, « Lollipop
(Param Pam Pam) », et « Get Back (ASAP) ». À ces 8 titres, on ajoute 5
remix de ses 3 succès, donc on peut dire qu’il s’agit en réalité d’un
mini-album en version plus musclée. Saxobeats présente une
musique pop dansante qui fera le bonheur autant des DJ que des oiseaux
de nuit sur les planchers de danse.
Kate Bush nous présente
son premier album de matériel original depuis le disque double
Aerial paru en 2005. Mais surtout, il s’agit seulement de son 2e
album depuis
The Red Shoes lancé en 1993 et accueilli froidement par la
critique. Véritable perfectionniste en studio, Kate aime prendre son
temps pour nous offrir un album à la hauteur de nos attentes. Et elle
semble frapper dans le mille avec ce nouvel enregistrement pour
accompagner vos froides soirées d’hiver. Elle nous offre seulement 7
titres s’étirant sur plus de 65 minutes. On retrouve plusieurs longues
pièces sirupeuses et spatiales qui demandent absolument un grand effort
d’écoute. Il faut vraiment se laisser imprégner par cette atmosphère
particulière, et lorsqu’on y arrive, on peut enfin réaliser à quel point
Kate nous présente un album de grande qualité. Par contre, elle risque
fort d’en endormir plusieurs, puisqu’il y a bien peu de contenu
entraînant ou à tendance un peu plus pop sur cet album. Les chansons
sont centrées autour du thème de l’hiver et l’accompagnement se limite
au piano et à une batterie très discrète. Quelques arrangements minimaux
viennent quelque peu ajouter de l’envergure à l’ensemble, mais le son
demeure essentiellement discret, tout en douceur. Kate nous présente un
duo avec Elton John sur « Snowed in at Wheeler Street » et il
s’agit assurément de l’un des moments forts du disque. Pour le reste de
l’album, soit vous adorerez, soit vous aurez de la difficulté à vous
rendre à la fin sans somnoler. Mais dans tous les cas, Kate Bush réussit
à nous offrir un disque solide d’un point de vue artistique.
Premier album de compos propres au groupe depuis
Lucky en 2008 (après un disque de reprises en 2010), The
Stars Are Indifferent to Astronomy ne redistribuera certainement pas
les cartes. La recette restant exactement la même depuis au moins quatre
albums. Power pop lissée aux mélodies pêchues, le septième album de Nada
Surf démontre une nouvelle fois toute l'habileté du combo new yorkais
lorsqu'il s'agit de pondre des titres accrocheurs et d'une fraîcheur
incontestable. Malheureusement, comme pour
Lucky, le disque souffre de la comparaison avec
The Weight Is a Gift et surtout le formidable
Let Go dont les morceaux étaient autrement plus brillants et
marquants. Non pas que le disque soit dénué de bons titres. Au
contraire, cette quête de simplicité, d’efficacité et d'instantanéité
colle parfaitement à la peau du trio new yorkais. Et « Waiting For
Something », « The Moon Is Calling » ou « Teenage Dream » s’en sortent
remarquablement. Nada Surf arrive même à renouveler l’exploit d’offrir
un disque compact et régulier aux mélodies enjouées, toujours définies
par les guitares claires et la voix cristalline de Matthew qui
respire la jeunesse éternelle. Et malgré tout le respect et la sympathie
qu’on leur porte, l’adage « on prend les mêmes et on recommence » risque
rapidement de leur porter préjudice. Rendez-vous au prochain épisode.
Le groupe indie rock The Kooks est né à Brighton en Angleterre en 2005.
Après un deuxième album acclamé de la critique en 2008,
Konk, voilà que le quatuor est de retour avec son 3e essai. Le
mot essai est particulièrement bien choisi alors que le groupe sort
définitivement de sa zone de confort sur Junk of the Heart. « Taking
Pictures of You » expérimente avec la pop ambiante, alors que « Time
Above the Earth » est une pièce totalement orchestrale. Les mélodies new
wave et les rythmes reggae de « Runaway » ne sont pas sans nous rappeler
The Police, pendant que « Eskimo Kiss » nous remémore les
harmonies de The Kinks. Toutes ces comparaisons peuvent sembler
bien intéressantes au premier abord, mais vous risquez malheureusement
de ne pas écarquiller les yeux pour les bonnes raisons. Tout ce mélange
de pop classique manque de cohérence et est surtout entouré de plusieurs
compositions médiocres. Peu de titres réussiront véritablement à
conserver votre intérêt. L’idée d’un virage pop ne semble pas être une
mauvaise idée sur papier, mais le résultat est loin d’être convaincant.
The Kooks viennent de tomber pour la première fois…
Marketa Irglova est une musicienne tchèque qui s’est fait découvrir dès
l’âge de 13 ans par Glen Hansard de The Frames. Ils
allaient enregistrer plus tard un album ensemble sous le nom de The
Swell Season, un
album éponyme lancé en 2006. Ils ont ensuite attiré l’attention de
la planète en participant au film Once qui s’est mérité un Oscar,
un film de John Carney, un ancien bassiste de The Frames. En plus
d’enregistrer un autre album avec The Swell Season en 2009,
Strict Joy, Marketa chante au sein d’Iron and Wine. Avec
Anar, elle fait donc ses débuts en solo. L’auteure-compositeure-interprète
nous présente 12 chansons dominées par le piano et sa voix. L’ensemble
demeure dans la ballade adulte contemporaine, ce qui peut créer une
atmosphère intéressante, mais peut aussi être franchement ennuyant après
un certain temps. Les arrangements sont minimalistes et l’album
demeurera introspectif jusqu’à la fin. Même s’il est plaisant de
découvrir Marketa Irglova sans entendre Hansard à ses côtés, celui-ci
semble lui manquer dramatiquement, du moins d’un point de vue musical.
L’album manque d’envergure, de caractère. Le talent est là, mais il
semble qu’un coup de pouce pour les compositions ne pourrait que mieux
la servir et peut-être la faire sortir de sa coquille.
Fille du violoniste
Jean-Luc Ponty, Clara Ponty a grandi dans un milieu musical entre
Paris et Los Angeles. Pianiste new age, elle a présenté auparavant 4
albums essentiellement instrumentaux. Pour ce 5e disque, elle nous offre
11 titres originaux dont 9 chantés, incluant une chanson en français,
« Ses racines sur la route ». Musicalement, Clara évolue dans une
direction un peu plus pop à tendance jazz et soul. Réalisé par Stuart
Bruce (Roy Orbison, Stevie Wonder, Barry White,
Bob Marley), Into the Light est un album raffiné et
séduisant sur lequel on découvre une auteure-compositeure de talent.
Elle s’entoure en plus d’invités prestigieux en Vincent Segal,
Nigel Kennedy, Stéphane Guillaume et son père. Ce nouvel
album de Clara Ponty, sans rien révolutionner, s’adresse à un auditoire
amateur de pop adulte toute en douceur et risque d’en séduire plus d’un.
La scène rock de Los Angeles était complètement axée sur l’apparence
dans les années 1980, ce qui fait que certains groupes rock ‘n’ roll ont
été mis en marge du reste de l’industrie. C’est le cas pour The Hangmen
qui ont pourtant émergé en 1986, une période où le hard rock dominait
les palmarès. Leur attitude un peu plus punk et leur refus à entrer dans
la vague maquillage et coiffures spectaculaires les a automatiquement
éjectés de la manne que constituait la scène de Los Angeles à cette
époque. Ils ont donc roulé leur bosse pendant toutes ces années dans des
petits bars miteux à jouer bien souvent pour leurs amis et une poignée
de fans inconditionnels. Ils ont tout de même produit quelques très
bonnes chansons au cours de toutes ces années et on retrouve les 15
meilleures sur cette compilation ultime. Parmi ces 15 titres, notons 3
pièces de l’album
In the Cityparu en 2007 qui a été réalisé par Mike Ness
de Social Distortion. Notons aussi la présence de Eddie
Spaghetti (Supersuckers) sur « Coal Mine ». En boni, on
retrouve 3 démos de 1985-86 jamais parus auparavant. Ces 3 pièces
inédites ont été réalisées par le chanteur-guitariste et compositeur
Bryan Small avec la collaboration de Keith Morris de
Circle Jerks. Voici donc l’album idéal pour découvrir ce très bon
groupe de rock ‘n’ roll, qui est malheureusement trop longtemps demeuré
dans l’ombre.
Après que
Gishait attiré l’attention vers les Smashing Pumpkins, Billy
Corgan et sa bande nous ont présenté en 1993 ce qui allait devenir
le meilleur disque de leur carrière, Siamese Dream. Avec des
succès comme « Today », la ballade « Disarm », « Cherub Rock » et
« Rocket », ils ont su véritablement établir leur nom dans l’industrie
et faire connaître cet album incontournable des années 1990 (voir le top
20 de la décennie 1990). Pourtant l’album ne s’est pas fait sans
difficultés alors que les problèmes personnels des 4 membres créaient de
grandes tensions entre eux. Corgan a fini par enregistrer tous les
instruments lui-même, sauf les percussions. Il a même avoué par la suite
que si l’album n’avait pas fonctionné, il aurait probablement défait les
Smashing Pumpkins après ce disque. Réalisé par Corgan et Butch Vig
(Nirvana, Sonic Youth),
l’album propose un véritable mur de guitares distorsionnées et de
nombreux solos de rock progressif à des années-lumière du grunge de
Nirvana
plus influencé par le punk. Virgin Records a eu la superbe idée de
rééditer ce disque devenu pratiquement introuvable dans une version
remasterisée, 18 ans après sa sortie originale. Le seul défaut de cette
réédition est qu’elle ne contient aucun contenu inédit dans sa version
régulière, aucun ajout aux 13 pièces originales. Par contre, était-ce
vraiment nécessaire d’en ajouter puisque l’on a droit à 62 minutes
extrêmement solides du début à la fin, sans faiblesses. Le livret de son
côté est très détaillé avec de nombreuses explications au sujet de
l’album et une présentation de chacune des chansons. Pour ceux qui
veulent plus de matériel, une
version de luxe est aussi disponible. En plus du CD régulier
remasterisé, on trouve un 2e disque de raretés et de versions inédites,
ainsi qu’un DVD contenant un concert capté en 1993, des cartes postales,
un livret de 24 pages, etc. Veuillez noter que leur premier album paru
en 1991,
Gish, a également été réédité et remasterisé. L’album de
45 minutes qui a introduit le groupe contient les classiques « I Am
One », « Siva » et « Rhinoceros ». Il est aussi disponible dans une
version de luxe de 3 disques. Veuillez finalement noter que les
Smashing Pumpkins se sont réunis récemment et devraient nous présenter
un nouvel album au mois de mars, Oceania.
Jacques Audiard a réalisé un vidéoclip pour le chanteur français
Raphaël et une certaine complicité s’est développée entre les deux
artistes. Ils ont donc décidé de mettre leur talent en commun. Alors
en tournée pour le Pacific Tour, pendant lequel Raphaël
présentait son album
Pacific 231, il a été rejoint par Audiard pour tourner un
film en concert. Bien plus qu’une simple captation de spectacle, le
film magnifiquement réalisé permet de saisir toute l’ambiance autour
du concert sans oublier le public. Les images sont léchées et
absolument superbes, ce qui contribue à faire doublement apprécier
le concert de Raphaël, qui était déjà solide musicalement par
ailleurs. Il y présente plusieurs chansons de son nouvel album, mais
aussi quelques-unes un peu plus vieilles. Vers la fin du spectacle
de 75 minutes, il reprend à sa façon « Modern Love » de David Bowie et il conclut
avec « Osez Joséphine » d’Alain Bashung. Le DVD présente
également un entretien de 26 minutes entre Raphaël et Jacques
Audiard. En plus de pouvoir regarder ce très beau film sur DVD, vous
pouvez entendre le concert intégral sur CD. Bon d’accord, il faut
être fan de Raphaël pour vraiment apprécier, mais si c’est votre
cas, vous en aurez plein la vue et les oreilles.