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NOVEMBRE 2020

 

Chronique principale :  Ariana Grande    Découverte du mois :  The Jaded Hearts Club

 

20-26 novembre :

Farley

 

13-19 novembre :

Abelaïd - Notturna

 

6-12 novembre :

Hélène Brunet - Olivier Demers - Quatuor Molinari

 

1-5 novembre :

Daniel Bélanger - Brandi Disterheft - Peter Katz - Peter Peter - Zoe Sanders

 

 

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Légende pour les étoiles

 

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CHRONIQUE PRINCIPALE :

 

Ariana Grande – Positions

Ariana Grande – Positions

Après deux grandes réussites en 2018 (Sweetener) et 2019 (thank u, next), la Floridienne de 27 ans revient avec un troisième album en autant d’années, son sixième en carrière. Annoncé seulement deux semaines avant sa parution, Positions ne contient assurément pas de bombes radio comme sur les deux disques précédents. En plus, à part peut-être les cordes dans « shut up », peu de moments risquent de surprendre. Elle propose à nouveau son mélange habile de pop, de néo-soul et de R&B, avec des morceaux dansants et des pièces plus intimistes et sensuelles comme « off the table », en duo avec The Weeknd. Plus osée que jamais, Ariana semble désormais à l’aise de traiter ouvertement de sexe, comme on peut le découvrir dans « 34+35 » et dans « nasty », mais aussi en filigrane dans « my hair », « love language » et la chanson-titre. En plus de son style habituel, Ariana explore discrètement le funk sur « motive » (avec Doja Cat) et « love language », ainsi que le jazz sur « my hair » qui se termine au saxophone. L’album se conclut avec la chanson d’amour suprême, « pov », dans une atmosphère qui rappelle Mariah Carey. Avec Positions, Ariana Grande propose un autre bon album pop, même s’il n’égale pas ses deux précédents. Sa voix demeure toujours aussi envoûtante et elle prouve ici qu’elle n’a pas besoin de jouer dans la haute voltige pour démontrer tout son talent.

Vidéoclip : « positions »

½

     

     

 

DÉCOUVERTE DU MOIS :

 

The Jaded Hearts Club – You’ve Always Been Here

The Jaded Hearts Club – You’ve Always Been Here

Formé à Los Angeles en 2017, The Jaded Hearts Club est un supergroupe incluant Matt Bellamy (Muse), Nic Cester (Jet), Miles Kane (The Last Shadow Puppets, The Rascals), Graham Coxon (Blur), Jamie Davis (Margo Price) et Sean Payne (The Zutons). C’est Jamie Davis qui a eu l’idée d’assembler des musiciens britanniques pour reproduire les Beatles du temps du Cavern Club au début des années 1960. Le sextet reprend des classiques et pièces plus obscures du rock, du soul et du jazz dans un style rock plutôt sale et cru, un style garage avec un mur de guitares où la distorsion domine largement. On peut redécouvrir notamment « Reach Out I’ll Be There », « I Put a Spell On You » et « Money (That’s What I Want) », sans oublier « Fever » par Bellamy en conclusion. Il y en a 11 en tout pour un total de 30 petites minutes, le point négatif de ce disque qui nous donne le goût d’en entendre plus ou de les voir en spectacle.

Vidéoclip : « I Put a Spell On You »

½

   

 

20-26 novembre :

 

 Farley – La ballade de Farley

Farley – La ballade de Farley

Avec La ballade de Farley, Serge Fortin assume plus que jamais son pseudonyme et son style country festif. L’auteur-compositeur et interprète présente en effet un album sur mesure pour faire la fête et oublier les mauvais moments dans nos vies. Il met le feu à la cabane avec 11 chansons lumineuses et entraînantes. Bienvenue aux amateurs de danse en ligne! S’il peut ramener le romantisme d’un Hank Williams avec « J’range ma guitare », il parle plutôt de sexe dans « Déculotte-moi », avec une touche de cajun et du yodel. Le honky tonk est à l’honneur dans « Tu fais si bien du ch’val », alors que c’est Merle Haggard qui nous vient en tête à l’écoute de « Quand tu bois du Jose Cuervo ». Avec « Sacré Cayouche », il rend hommage à l’artiste acadien dans un style inspiré de Johnny Cash. Quant à « Quand ça fait 3… 4… », un texte d’Alain Dessureault, il s’agit d’une jolie vision des mythologies américaines du cowboy sur un boogie country énergique. Réalisé par Farley lui-même, l’album est paru sur l’étiquette de Diane Tell, Tuta Music. Voici le disque idéal pour oublier la grisaille de l’automne et le froid de l’hiver.

Vidéoclip : « Quand ça fait 3… 4… »

Tuta Music

 

 

13-19 novembre :

 

 Abelaïd – Les cœurs du mal

Abelaïd – Les cœurs du mal

C’est sous le pseudonyme d’Abelaïd que l’humoriste et auteur Adib Alkhalidey a décidé de pondre un premier album en tant qu’auteur-compositeur et chanteur. Un premier extrait, « L’indolence », était paru il y a quelques semaines, sans que l’on sache alors quelle était la véritable identité d’Abelaïd. En plus de son album Les cœurs du mal, il dévoile aujourd’hui un vidéoclip pour la chanson-titre qu’il a lui-même réalisé. Musicalement, le disque réalisé par Mathieu Magny et contenant neuf chansons originales présente à la fois de la vulnérabilité, de la beauté et une intensité absolue. Abelaïd possède une voix calme et un peu rauque qui cadre bien avec son style mélancolique et candide. Le projet d’Abelaïd permet à son créateur de raconter de nouvelles histoires, mais en musique cette fois. Un projet très réussi et bien agréable à écouter!

Spectra / SIX

½

   

 Notturna – L’amant jaloux

Notturna – L’amant jaloux

Notturna, un collectif de musiciens qui jouent sur instruments d’époque, se consacre à l’interprétation de la musique de chambre baroque inédite. Dans le cas de L’amant jaloux (1778), l’ensemble propose une version instrumentale pour quintette de l’opéra-comique en trois actes d’André-Ernest-Modeste Grétry, dirigée par Christopher Palameta (hautbois et direction artistique). Cette version, qui daterait de 1778, est dans un arrangement de l’époque pour flûte, hautbois, violon, alto et basse. Sur l’album, on peut aussi découvrir une autre pièce d’André Grétry, l’« Entr’acte » de La Caravane du Caire (1783), ainsi qu’une œuvre de 1755 de François-André Danican Philidor, le « Quatuor no 2 en fa majeur pour hautbois, deux violons et basse » (de L’Art de la modulation). Voici donc un très bel album qui nous permet de redécouvrir une musique baroque oubliée.

ATMA Classique

½

   

 

6-12 novembre :

 

 Hélène Brunet – Solfeggio

Hélène Brunet – Solfeggio

C’est accompagnée de L’Harmonie des saisons, un ensemble dirigé par Eric Milnes qui joue sur des instruments d’époque, que la soprano Hélène Brunet présente Solfeggio. Elle y propose des airs baroques et classiques de Bach, Handel, Vivaldi, Mozart et Leonardo Vinci. Les deux airs de ce dernier, tirés de L’Elpidia, sont d’ailleurs enregistrés ici en première mondiale : « Aria: D’alme luce » et « Aria: Pupillette vezzosette ». Avec ces 13 très belles pièces d’un répertoire incontournable, Hélène Brunet révèle plus que jamais tout son talent d’interprète. Un excellent disque qui plaira à tout amateur de musique classique!

ATMA Classique

 

 Olivier Demers – À l’envers d’un monde

Olivier Demers – À l’envers d’un monde

Violoneux au sein du groupe traditionnel Le Vent du Nord depuis près de 20 ans, Olivier Demers propose un premier album en solo. Pour l’occasion, il troque le violon pour la guitare sur 12 compositions originales instrumentales. Le livret contient tout de même des textes inspirés par ces musiques sans paroles, des textes de Michel Rivard, Manon Desroches, Benoît Archambault, David Marin, Roxanne Bouchard et plusieurs autres. À l’envers d’un monde est en réalité un monde intérieur et intimiste, « le portrait lent d’une société qui va tellement vite », souligne Olivier Demers. Le compositeur avait déjà des milliers de compositions à la guitare dans ses tiroirs et il lui a fallu en choisir 12 pour former un tout cohérent. Le résultat s’avère convaincant.

La Compagnie du Nord

½

 Quatuor Molinari – Krzysztof Penderecki

Quatuor Molinari – Krzysztof Penderecki

Sur ce nouvel album, le Quatuor Molinari présente les principales œuvres de musique de chambre de Penderecki, qui vont de 1960 à 2008. On y découvre notamment les « Quatuors à cordes nos 1-3 », « Der unterbrochene Gedanke » (La pensée interrompue), le « Trio à cordes », ainsi que le « Quatuor pour clarinette et trio à cordes ». Le quatuor, accompagné du clarinettiste invité André Moisan, permet de réaliser l’atmosphère particulièrement sombre que crée l’œuvre de Penderecki, figure marquante de la musique polonaise contemporaine décédée le 29 mars 2020 à Cracovie.

ATMA Classique

½

   

 

1-5 novembre :

 

 Daniel Bélanger – Travelling

Daniel Bélanger – Travelling

Pour son nouvel album, Daniel Bélanger n’hésite pas à expérimenter à nouveau. Il crée cette fois une véritable trame sonore à un film qui n’existe pas, à votre propre imaginaire, votre propre cinéma. Travelling est majoritairement instrumental et Bélanger y joue la plupart des instruments (guitares acoustiques et électriques, banjo, sifflet, basse, piano, orgue, Omnichord, « électronie », saxophone soprano, flûtes, percussions et batterie). Il s’entoure aussi de musiciens chevronnés : Chantal Bergeron (violon), Heather Schnarr (violon), Mélanie Bélair (violon), Ligia Paquin (alto), Sofia Gentile (alto), Jacques Kuba Séguin (trompette et bugle), Martin Roy (contrebasse) et Carl Bastien (MS-20, piano et basse). L’orchestre est dirigé par Achille Cassel. Voici une œuvre instrumentale incomparable, qui s’écoute dans toutes les circonstances de la vie, et à répétition svp.

Audiogram

½

   

 Brandi Disterheft Trio With George Coleman – Surfboard

Brandi Disterheft Trio With George Coleman – Surfboard

La compositrice, contrebassiste et chanteuse canadienne présente son cinquième album, Surfboard. En formule trio avec le pianiste Klaus Mueller et le batteur brésilien Portinho, Brandi Disterheft est aussi accompagnée du virtuose saxophoniste ténor George Coleman. Elle propose un programme varié en 14 morceaux allant du jazz au blues, en passant par les standards brésiliens et américains. Les rythmes brésiliens viennent d’ailleurs donner une atmosphère chaude à l’album, comme dans « Coup de foudre » par exemple, une composition personnelle de Brandi. Coleman présente des solos remarquables sur les standards « My Foolish Heart » et « Speak Low », ainsi que sur « Coup de foudre ». Brandi a choisi judicieusement plusieurs classiques comme « Where or When », « On Broadway », « The Pendulum at Falcon’s Lair » (d’Oscar Pettiford) et « Del Sasser » (de Sam Jones). Portinho lui a aussi fait connaître deux pièces obscures du répertoire brésilien : « Nana » de Moacir Santos et la chanson-titre, une pièce moins connue d’Antonio Carlos Jobim. Voici donc un autre excellent album de la part de cette artiste jazz incomparable de Vancouver.

Justin Time / SIX

½

     

 Peter Katz – City of Our Lives

Peter Katz – City of Our Lives

Pour son nouvel album, le Montréalais Peter Katz prend une direction beaucoup plus pop que précédemment, laissant de côté ses influences folk. Il présente en effet une musique pop contemporaine dominée par les synthétiseurs. Les mélodies demeurent bien à l’avant-plan, mais enrobées dans une musique de 2020 aux fortes influences new wave des années 1980 et pop rock des années 1990. Ce sont des sonorités qui vont particulièrement bien à Katz qui semble dans son élément sur ce nouveau disque. Réalisé par Derek Hoffman (The Trews, Caveboy), City of Our Lives est un album très agréable à écouter, peut-être son meilleur à ce jour.

Plaid Shirt / Fontana North

½

 

 Peter Peter – Super comédie

Peter Peter – Super comédie

L’amour, les angoisses existentielles et la condition humaine sont au cœur de ce nouvel album de Peter Peter. Il aborde ces thèmes avec mélancolie, lucidité et espoir sur une musique pop rock aux mélodies à la fois inventives et envoûtantes. Son style électro-pop intégrant synthétiseurs et échantillonnages recherchés s’avère tout simplement irrésistible. En conclusion, il s’aventure même dans l’électro-funk dansant avec « Répétition », écrite en collaboration avec Aurélien Fradagrada (Head On Television). Établi à Paris depuis quelques années, Peter Peter a enregistré et réalisé Super comédie entre le Québec et la France avec les réalisateurs Emmanuel Éthier, Pierrick Devin et Aurélien Fradagrada. Encore une fois, c’est un excellent album que nous propose cet artiste de grand talent.

Audiogram

½

 

 Zoe Sanders – Viral Education

Zoe Sanders – Viral Education

L’auteure-compositrice et interprète montréalaise Zoe Sanders présente un premier mini-album de huit titres avec Viral Education. Elle propose une musique pop intelligente avec des passages dansants et de l’électro. Le disque a été réalisé par Alexis Aubin-Marchand et Thomas B. Champagne (alias lefutur) qui cosignent aussi la musique et les arrangements. Le trio a concocté des pièces aux thèmes universels sur des grooves entraînants. De sa jolie voix éraillée, Zoe scrute avec lucidité les habitudes et les travers de sa génération à l’ère des médias sociaux. Dans l’énergique « Silver Boy », composée avec Soran qui signe aussi la réalisation, Zoe célèbre le célibat, tout juste avant de lâcher son fou avec « Dance Floor ». Elle conclut le tout avec « Open Waters », une chanson dépouillée au piano dans laquelle elle démontre une grande vulnérabilité. Avec 27 minutes de musique, il en manque bien peu à Viral Education pour qu’on puisse le considérer comme un album complet. Un très bon disque!

Audiogram

½

 

 

octobre :

 

Alicia Keys – Alicia

Alicia Keys – Alicia

Planifié pour une sortie en mars, il aura fallu attendre 6 mois de plus pour pouvoir découvrir le septième album d’Alicia Keys, quatre ans après sa dernière parution. Depuis le premier extrait, « Underdog », on aura donc eu droit à plusieurs extraits supplémentaires avant même d’entendre l’ensemble d’Alicia. Si « Underdog » est un hymne pop incontournable, le reste du disque est plutôt varié. On peut y entendre plusieurs ballades romantiques, la plus intéressante étant probablement son duo avec Khalid pour « So Done ». Quelques titres ressortent du lot, mais l’ensemble des 15 pièces manque passablement de constance. On retrouve donc certains bons moments, mais il s’agit malheureusement d’un album quelque peu inégal. (chronique principale d'octobre 2020)

Vidéoclips : « Underdog » - « So Done » - « 3 Hour Drive » - « Love Looks Better »

     

       

Billy Raffoul – International Hotel

Billy Raffoul – International Hotel

Billy Raffoul est un auteur-compositeur et interprète ontarien qui présente son tout premier album. Enregistré avec seulement deux microphones dans la chambre de son amoureuse, International Hotel est un disque minimaliste et intimiste qui met de l’avant sa voix rauque bien particulière. Avec le premier extrait, « What Makes a Man », Raffoul dénonce le racisme systémique, en plus d’avoir enregistré pour la première fois de l’harmonica. Cet extrait démontre toute l’intensité de cet interprète unique qui peut même rappeler Tom Waits par moments. Après un premier enregistrement de cette qualité, un avenir prometteur attend certainement Billy Raffoul. (découverte du mois d'octobre 2020)

Vidéoclip : « What Makes a Man »

Interscope / Universal

½

 

 Bahamas – Sad Hunk

Bahamas – Sad Hunk

Sad Hunk est le cinquième album du Torontois Afie Jurvanen (alias Bahamas). Réalisé par Robbie Lackritz (Feist, Jack Johnson, Robbie Robertson), le disque contient 10 nouvelles chansons d’indie rock avec de très bonnes mélodies pop et des inspirations R&B, soul et folk. Même des influences caribéennes peuvent surgir par moments. Bahamas fait preuve de beaucoup d’autodérision, comme en fait preuve le titre et la pochette. Sad Hunk est le surnom que lui donne son épouse depuis une séance photo où il se retrouvait inévitablement à moitié dans l’ombre, l’air sombre et mystérieux. Musicalement, Bahamas semble avoir atteint un certain sommet dans sa carrière, mais il n’hésite pas à se remettre en question. C’est donc un album solide, dans la lignée de ses œuvres précédentes, mais qui tente aussi de se renouveler. Un très bon disque! (octobre 2020)

Barchords / Brushfire / SIX

½

     

 Leah Barley – Bring Out Your Dead

Leah Barley – Bring Out Your Dead

L’auteure-compositrice et interprète de Vancouver Leah Barley présente son tout premier album avec Bring Out Your Dead. Elle y présente huit chansons originales qui oscillent entre jubilation et cœur brisé, le tout dans un style folk et country conventionnel, intégrant un peu de bluegrass à l’occasion. Guitariste et spécialiste du banjo, Leah Barley est aussi accompagnée du violoniste et collaborateur de longue date John Kastelic, ainsi que du multi-instrumentiste Ross Christopher Fairbairn. Voici une musique qui intègre les sonorités d’il y a 100 ans aux réalités d’aujourd’hui. (octobre 2020)

½

 

 Les Barocudas – La peste

Les Barocudas – La peste

C’est en temps de pandémie que le trio classique montréalais en profite pour revisiter l’une des plus grandes pandémies de l’histoire de l’humanité, la peste. Chaque pièce correspond à un épisode ou un aspect de cette pandémie du 17e siècle, avec des œuvres de Schmelzer, Castello, Fontana, Pandolfi, Farina, Salomone Rossi et Michelangelo Rossi, tous des compositeurs et violonistes affectés par la peste, fatale dans certains cas. Le trio composé de la violoniste Marie Nadeau-Tremblay, de Ryan Gallagher (viole de gambe et basse de violon) et de Nathan Mondry (clavecin et orgue) propose neuf très belles sonates qui nous replongent directement au 17e siècle. (octobre 2020)

ATMA Classique

½

 

Bon Débarras – Repères

Bon Débarras – Repères

Le trio traditionnel québécois propose son quatrième album, Repères, sept mois après le mini-album Repaires. Neuf pièces s’ajoutent ici aux quatre titres de cet EP, explorant les repères identitaires, géographiques, linguistiques et culturels. Du « Reel à Cofa » au « Reel du rêve », Repères présente des liens puissants avec les traditions québécoises, incluant des collaborations judicieusement choisies avec Joséphine Bacon (« Nutshimit »), Gaston Miron (« Batèche »), Michel Faubert (« Suite Faubert », « Rince-bouche »), en plus du directeur artistique Edgar Bori et du réalisateur / contrebassiste Cédric Dind-Lavoie. Le résultat s’avère très agréable à écouter et vous reconnectera avec vos origines québécoises tout en vous faisant assurément taper du pied. (octobre 2020)

Productions de l'onde

½

   

 

 Bon Jovi – Bon Jovi 2020

Bon Jovi – Bon Jovi 2020

Quatre ans après This House Is Not For Sale, Bon Jovi revient avec son deuxième album sans Richie Sambora à la guitare et son quinzième en carrière. Si le précédent contenait ses premiers moments intéressants en plus de 15 ans, ce n’est sûrement pas à cause de l’absence de son guitariste. À moins que l’atmosphère ait été simplement assainie à son départ. Sur Bon Jovi 2020, le groupe propose quelques pièces énergiques en ouverture (« Limitless », « Do What You Can »), mais ça se gâche assez rapidement par la suite avec plusieurs chansons franchement ennuyantes, comme « American Reckoning » qui ne semble jamais prendre son envol malgré de bonnes intentions, et qui nous oblige à passer à la suivante avant même l’arrivée de l’harmonica. On retrouve aussi plusieurs pièces qui s’inspirent un peu trop de leurs œuvres passées, mais avec beaucoup moins d’envergure. Il en résulte donc un album très moyen, avec peut-être quelques points d’intérêt, mais rien de bien excitant. Une version de luxe de l’album est aussi disponible avec deux chansons en boni et une deuxième version de « Do What You Can » en duo avec Jennifer Nettles. (octobre 2020)

Vidéoclips : « Limitless » - « Do What You Can »

Island / Universal

½

     

 The Brooks – Any Day Now

The Brooks – Any Day Now

Deux ans après la parution du mini-album Freewheelin’ Walking, acclamé de la critique, The Brooks reviennent avec un nouvel album qui représente un virage important pour le groupe. Maintenant reconnu à l’international, le collectif montréalais aux musiciens virtuoses propose un album-concept qui fusionne parfaitement funk, jazz, soul et musique orchestrale. Any Day Now débute avec « Nebula/Intro » et est entrecoupé de morceaux instrumentaux (« Moonbeam », « Headban», « Blue Dream »). Inspiré par sa ville d'accueil, Alan Prater parle de son expérience à Montréal sur « Zender ». Les thèmes de l’amour et de la séduction reviennent en différentes occasions (« So Turned On », « Never Thought », « Gameplay »). Quant à « The Crown », elle a été inspirée par l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, tandis que le premier extrait, « Turn Up the Sound », invite simplement à fuir son quotidien, à monter le volume et à se laisser aller. L’album se conclut de magnifique façon avec une autre pièce instrumentale, « Étoile polaire/Conclusion ». Voici un album exceptionnel auquel il faut absolument porter attention! (octobre 2020)

   

 Damoizeaux – En plume

Damoizeaux – En plume

Voici le premier album de Damoizeaux. Inspiré par Django Reinhardt et le jazz manouche des années 1930, le quintet québécois propose un mélange parfait de styles, incluant des sonorités pop et jazz, ainsi que des images cinématographiques et poétiques. Damoizeaux nous rappelle certainement Pink Martini et les Puppini Sisters, avec des influences très contemporaines qui s’ajoutent à leur nostalgie plus qu’évidente. En plume s’avère être un album très agréable qui vous transportera dans l’univers unique de Damoizeaux. (octobre 2020)

Rosemarie / SIX

½

 

 Doxas Brothers – The Circle

Doxas Brothers – The Circle

Les frères Jim Doxas (batterie) et Chet Doxas (saxophone) présentent leur nouveau groupe, Doxas Brothers, avec ce premier album enregistré en quatuor (avec Marc Copland au piano et Adrian Vedady à la basse). Inspirés par les grands du jazz qu’ils ont côtoyés (Oliver Jones, Carla Bley, Steve Swallow, Dave Douglas, Joe Lovano, John Abercrombie et Maria Schneider notamment), ils proposent une musique jazz métissée, qui emprunte parfois au free jazz et parfois aux standards. La présence toujours importante du piano n’est pas sans nous rappeler Oliver Jones. Les neuf pièces de The Circle totalisent plus de 60 minutes, ce qui vous en mettra plein les oreilles. (octobre 2020)

Justin Time / SIX

½

     

 Duo Beaudry-Prud’homme – Chansons en noires et blanches

Duo Beaudry-Prud’homme – Chansons en noires et blanches

Le chanteur et musicien traditionnel Simon Beaudry (Le Vent du Nord) s’allie avec le virtuose pianiste classique Philippe Prud’homme pour Chansons en noires et blanches. Il en résulte un album piano-voix mixant musique traditionnelle, poésie et musique classique. En plus des chants folkloriques et morceaux instrumentaux (reel), on peut découvrir des chansons méconnues d’auteurs comme Gilles Vigneault, Léo Ferré, Jean-Claude Mirandette et Jean-Roger Caussimon. Ce projet inédit au Québec propose un mélange plus que réussi entre ces styles, sans en dénaturer l’un ou l’autre, tout en mettant en évidence la beauté des textes. (octobre 2020)

La Compagnie du Nord

½

 

 FouKi – Grignotines

FouKi – Grignotines

Après avoir explosé au cours de la dernière année, le rappeur québécois FouKi revient avec un nouveau mini-album de quatre titres, Grignotines. Il y a déjà eu le premier extrait, « Oui toi », et on peut entendre maintenant un nouvel extrait, l’excellent « Bijou ». À la fin de la chanson-titre, on peut entendre Louis-José Houde lors du dernier gala de l’ADISQ qui réfère aux demandes de grignotines de FouKi dans sa loge lors de ses spectacles. Ce sont quatre très bonnes pièces que nous offre à nouveau le rappeur de l’heure au Québec. (octobre 2020)

Vidéoclip : « Bijou »

7ième Ciel / SIX

½

 

 Jacques Hétu – Musique pour vents

Jacques Hétu – Musique pour vents

Pour souligner les 10 ans du décès de Jacques Hétu, voici l’essentiel de ses œuvres pour instruments à vents, interprétés par l’ensemble à vent Pentaèdre. Né en 1938, Hétu demeure l’un des compositeurs canadiens les plus joués à travers le monde, avec ses cinq symphonies, son opéra (Le Prix), de nombreux concertos, ainsi que plusieurs œuvres de musique de chambre. Pentaèdre inclut Ariane Brisson (flûte traversière), Martin Carpentier (clarinette), Élise Poulin (hautbois), Mathieu Lussier (basson) et Louis-Philippe Marsolais (cor). Ils sont accompagnés par un invité très spécial au piano, Philip Chiu, ce qui permet de présenter notamment plusieurs pièces pour flûte et piano, ainsi que « Prélude et danse pour piano, op. 24 ». Vous découvrirez un univers musical expressif et moderne qui s’avère tout à fait passionnant. (octobre 2020)

ATMA Classique

 

 Yves Jarvis – Sundry Rock Song Stock

Yves Jarvis – Sundry Rock Song Stock

L’auteur-compositeur montréalais présente son troisième album avec Sundry Rock Song Stock. La réinvention de Jean-Sébastien Audet (alias Un Blonde), renommé de son deuxième prénom et du nom de sa mère, propose une musique immensément personnelle. Les influences d’Yves Jarvis sont passablement vastes, allant de Miles Davis, au compositeur italien d’avant-garde Franco Battiato, en passant par le groupe post-punk néerlandais The Ex. Cet ex-musicien ambulant est retourné à la base pour l’enregistrement de ce nouveau disque, se créant un studio de fortune à l’extérieur et utilisant des instruments improvisés, notamment des mélodies jouées sur un verre à vin afin d’imiter une flûte. Après le jaune de Good Will Come To You et le bleu de The Same But By Different Means, c’est le vert de la nature qui est à l’honneur sur Sundry Rock Song Stock. Toujours aussi expérimental et empreint de créativité, ce nouveau disque empli de métaphores propose cette fois 10 titres plus conventionnels (plutôt que les 22 du dernier album variant entre quelques secondes et 8 minutes). Si vous aimez l’univers d’Yves Jarvis, vous ne serez pas déçus. Si vous ne le connaissez pas encore, quelques écoutes attentives devraient vous convaincre de la créativité et du talent illimité de ce compositeur. (octobre 2020)

Flemish Eye / SIX

½

 

 Sébastien Lacombe – Fly

Sébastien Lacombe – Fly

Après quatre albums francophones, Sébastien Lacombe présente son tout premier enregistrement en anglais avec Fly. Grandement influencé par Leonard Cohen, l’auteur-compositeur et interprète montréalais a toujours voulu proposer un album folk dans la langue de Shakespeare. Lui qui est depuis 2016 le chanteur principal du spectacle The Wall Live Extravaganza en tournée au Canada et aux États-Unis, il a finalement pu entrer en studio pour réaliser son rêve. Lacombe offre une musique folk et rock avec des moments plus entraînants, comme le nouvel extrait, « My Thousand Dollar Car ». Coréalisé avec Erik West Millette (WestTrainz, Dr. John), l’album au mélange introspectif et dynamique s’avère plutôt réussi et Lacombe semble avoir profité d’une parfaite liberté de création dans une période tumultueuse de sa vie sur le plan amoureux. Fly est donc un très bel album, son plus intéressant à ce jour. (octobre 2020)

Vidéoclips : « Gold in Your Soul » - « Rise » - « My Thousand Dollar Car »

B-12 / Labombe / SIX

½

   

 Amay Laoni – Le tournant

Amay Laoni – Le tournant

L’auteure-compositrice et interprète AMÉ devient Amay Laoni pour son nouvel album, réalisé à nouveau par son complice, Étienne Chagnon. On y retrouve son univers sonore unique et ses idées imagées. Amay présente 12 chansons électro-pop lumineuses, dynamiques et singulières. Pour l’écriture, elle a collaboré avec Mike Clay (Clay and Friends) sur « À la prochaine », Realmind (Loud, Eli Rose) sur « Comme il faut qu’on se quitte », ainsi que Benny Adam (Zaho, Yseult) sur « Ça va ». Avec ses mélodies inoubliables et ses rythmes soutenus, Le tournant s’avère son projet le plus accompli à ce jour. (octobre 2020)

Oblik / SIX

½

 

 Seb Plante – The Lost Songbook

Seb Plante – The Lost Songbook

Après près de 30 ans de carrière avec les Respectables, Sébastien Plante présente enfin son premier album solo, un projet qu’il chérissait depuis longtemps. Les chansons qu’il offre sur The Lost Songbook ont été écrites à travers les années, mises dans un tiroir, pour enfin être enregistrées et mixées dans trois studios en plein confinement dû à la pandémie. Il s’agit d’un album intimiste et authentique qui va du pop rock au folk, avec quelques traces de blues comme il sait si bien le jouer en spectacle. Ses influences du rock des années 1960 ne sont jamais bien loin (Beatles, Rolling Stones), mais il propose surtout de solides compositions aux mélodies inoubliables qui vous feront taper du pied. Un très bon disque! (octobre 2020)

Vidéoclip : « I’m Still Dreaming »

Vega

½

 

Quartom – Rendez-vous

Quartom – Rendez-vous

Après quatre albums et des spectacles à travers le monde, le quatuor vocal présente son nouveau disque, Rendez-vous. Il y fait un voyage dans le temps, traitant de rencontres et de rapprochements, avec un mélange d’humour et de sérieux. Quartom propose plusieurs classiques de maîtres comme Handel, Schubert et Mendelssohn, en plus de six titres de Mozart. L’album de 20 pièces se termine intensément avec un pot-pourri d’extraits de l’opéra Carmina Burana de Carl Orff. Les amateurs de chant classique a capella y trouveront à nouveau leur compte, même si un violon occasionnel pourrait être le bienvenue dans le cadre de pièces de cette envergure. (octobre 2020)

PVB

     

 TWRP – Over the Top

TWRP – Over the Top

TWRP est un groupe de Toronto formé en 2007 qui propose une musique rock fortement influencée des années 1980, principalement dans les synthétiseurs et les voix retravaillées électroniquement. Le groupe a aussi un côté humoristique et sarcastique qui ressort en certaines occasions, même si c’est un peu moins évident sur Over the Top que par le passé. TWRP s’entoure d’ailleurs d’artistes invités qui donnent majoritairement dans la comédie : Planet Booty, Dan Avidan (Ninja Sex Party), Andrew Huang et The Gambler. Voici donc un album divertissant contenant plusieurs éléments intéressants, mais rien pour passer à l’histoire malheureusement. (octobre 2020)

 

 

septembre :

 

Katy Perry – Smile

Katy Perry – Smile

Trois ans après Witness qui n’avait impressionné personne, Katy Perry est de retour avec le sourire sur ce court album de 12 titres totalisant 36 minutes. Elle semble en effet avoir un peu plus de plaisir sur des pièces comme « Never Really Over », « Champagne Problems » et la chanson-titre. Elle trempe dans la musique house avec « Teary Eyes », puis dans le disco avec « Tucked ». Charlie Putt a coécrit l’escapade R&B « Harleys in Hawaii », très agréable chanson estivale. Elle enchaîne les chansons pop légères de trois minutes à un rythme effréné, même si peu de titres ressortent du lot par leur originalité. Voici donc un album agréable qui porte naturellement à sourire… (chronique principale de septembre 2020)

Vidéoclips : « Never Really Over » - « Smile » - « Cry About It Later » - « Tucked » - « Champagne Problems »

Capitol / Universal

     

     

Crown Lands – Crown Lands

Crown Lands – Crown Lands

Pour son premier album, le duo canadien formé de Cody Bowles (voix et batterie) et Kevin Comeau (guitare et claviers) s’est rendu à Nashville pour travailler avec Dave Cobb (Rival Sons, Chris Stapleton). Crown Lands nous proposent un court album de sept titres au son rock plutôt corrosif. Dès le départ, on peut entendre un rock garage qui rappelle les Black Keys ou les White Stripes. Mais leur rock agressif ressemble rapidement à Wolfmother avec des influences plus qu’évidentes de Led Zeppelin. La voix de Cody Bowles rappelle d’ailleurs celle de Robert Plant par sa puissance. L’album éponyme présente de très bons moments et une belle énergie. Il semble malheureusement incomplet. (découverte du mois de septembre 2020)

Vidéoclip : « Leadfoot »

Universal

   

 Comment Debord – Comment Debord

Comment Debord – Comment Debord

Comment Debord est un septuor montréalais qui présente une musique au groove qui rappelle les années 1970. Ils ont aussi une passion pour la langue québécoise qu’ils font sonner de façon particulière. Les claviers, les guitares et la section rythmique offrent une belle richesse musicale, même dans les ballades plus intimistes. Rémi Gauvin signe les textes imagés alors que tout le groupe participe à la musique. Les influences sont assurément variées, mais on décèle certainement Harmonium et autres artistes psychédéliques ou funks des années 1970. Réalisé par Warren C. Spicer (Plants and Animals, Chocolat, Ludovic Alarie), l’album éponyme a été enregistré majoritairement sur ruban analogique, question de procurer ce feeling d’il y a 45 ans. Voici donc un disque unique par un groupe québécois probablement un peu nostalgique, tout en étant ancré dans son époque. (septembre 2020)

Audiogram

½

 

 Sophie Day - Clémence

Sophie Day – Clémence

La chanteuse, arrangeure et réalisatrice Sophie Day présente aujourd’hui un vibrant hommage à Clémence DesRochers. Elle y propose 10 chansons marquantes de la longue carrière de l’humoriste et chanteuse, incluant « La vie d’factrie » (récemment intronisée au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens), « On a eu un bien bel été », « Deux vieilles » et « Je ferai un jardin ». Sophie signe les arrangements pour orchestre de chambre contemporain et jazz, ainsi que la coréalisation avec Jon Day et Padraig Buttner-Schnirer (Elizabeth Shepherd). Elle s’entoure de plusieurs interprètes de talent pour des duos : Étienne Dupuis (« Ça sent l’printemps »), Catherine Major (« Deux vieilles »), Ranee Lee (« On a eu un bien bel été »), Bruno Pelletier (« La ville depuis ») et Kathleen Fortin (« L’homme de ma vie »). L’album présente une belle uniformité et une cohérence parfaite entre les chansons modernisées, pour une ambiance jazz feutrée très agréable. (septembre 2020)

Jon Jon / Propagande / SIX

½

   

 Jeremy Drury – Company Store

Jeremy Drury – Company Store

Au cours des deux dernières années, le batteur des Strumbellas, Jeremy Drury, a profité des quelques pauses de tournée du groupe pour se payer des sessions en studio pour enregistrer ses nouvelles compositions. Il en résulte cet album aux ambiances variées de 10 pièces (dont deux versions de « Last Breath »). Drury passe en effet d’un rock alternatif assez lourd au folk rock, en explorant même le country (« Tadoussac », « A Hundred Times », « Open Road »). L’ensemble demeure énergique et très agréable jusqu’à la fin. On en aurait pris plus… (septembre 2020)

½

 The Killers – Imploding the Mirage

The Killers – Imploding the Mirage

Le groupe de Las Vegas nous arrive avec un sixième album, Imploding the Mirage, 16 ans après le classique Hot Fuss qui les a rendus célèbres. Après quelques passages plus difficiles et des albums un peu trop sombres, les Killers font un virage sur ce nouveau disque qui rappelle le côté rafraîchissant de leurs débuts. Ils reviennent à des synthétiseurs qui rappellent les années 1980 (« Running Towards a Place »), tout en solidifiant la cohérence de l’ensemble qui s’écoute comme un tout très agréable et sans grandes faiblesses. L’excellent succès « Caution » nous permet d’entendre Lindsey Buckingham (Fleetwood Mac) jouer un solo de guitare qui conclut la pièce, l’un des meilleurs extraits du groupe depuis longtemps. On peut aussi entendre K.D. Lang en duo avec Brandon Flowers dans « Lightning Fields », ainsi que Weyes Blood dans « My God ». Natalie Mering de Weyes Blood fait d’ailleurs des chœurs tout au long du disque. Avec Imploding the Mirage, The Killers reprennent confiance en leurs moyens et reviennent à l’avant-scène. Voici donc certainement leur meilleur album depuis Hot Fuss. (septembre 2020)

Vidéoclips : « Caution » - « My Own Soul’s Warning »

½

     

Koraly – Paradoxe

Koraly – Paradoxe

L’auteure-compositrice et interprète a d’abord prêté sa plume à des succès comme « Pure Fire » de Polina Grace et « There With You » de Margau, en plus d’écrire pour Jérôme Couture (qui fait ici un duo avec elle sur « Obsession »). Koraly présente maintenant son premier album, pour lequel elle s’est entourée de nombreux collaborateurs de renom. Le premier extrait paru il y a un an, « Aveugle », a été réalisé par Realmind (Loud), alors que « Te revoir » avec Dan D-Noy a atteint un vaste auditoire en 2020 en demeurant 27 semaines consécutives dans le Top 100 BDS. Elle a aussi travaillé avec les réalisateurs Jay Lefebvre (Simple Plan, Roch Voisine), Guy Tourville (France D’Amour) et Lucas Liberatore. Koraly propose une musique pop dansante aux arrangements modernes et aux mélodies inoubliables, une musique parfaite pour les radios. En plus des 10 chansons majoritairement en français, elle nous offre des versions anglaises de « Lost » et de « Aussi haut, aussi loin » (qui devient « Just as Far, Just as High »). Voici un album très efficace de pop québécoise aux allures internationales. (septembre 2020)

Vidéoclips : « Aveugle » - « Aussi haut, aussi loin » - « Te revoir »

Caméléon

½

   

 

 Needtobreathe – Out of Body

Needtobreathe – Out of Body

Le groupe religieux de la Caroline du Sud prend un virage sur Out of Body, s’éloignant de la musique pop que l’on retrouvait sur Hard Love il y a quatre ans. Needtobreathe reviennent plutôt aux sources sur ce septième enregistrement avec un disque positif, un baume pour l’âme. Musicalement, ils se situent quelque part entre Mumford & Sons, Kings of Leon et The Revivalists. Suite au départ du membre fondateur Bo Rinehart, le trio restant a dû s’adapter pour produire un album de qualité à effectif réduit. Le résultat s’avère plutôt réussi avec plusieurs hymnes à entonner en chœur lors de leurs futurs concerts. Il s’agit en fait de leur album le plus cohérent à ce jour avec 11 très bonnes chansons qui s’enchaînent à merveille. En plus, le groupe n’abuse pas de son étiquette chrétienne, même s’il conserve un certain niveau de spiritualité. Voici donc une bien belle réussite pour Needtobreathe, peut-être leur meilleur album à ce jour. Bravo! (septembre 2020)

Vidéoclips : « Hang On » - « Who Am I » - « Mercy’s Shore »

½

     

 Gregory Porter – All Rise

Gregory Porter – All Rise

Considéré comme l’une des plus grandes voix de sa génération, Gregory Porter présente son sixième album avec All Rise, trois ans après son hommage à Nat King Cole. Il propose à nouveau son mélange unique de jazz, soul, R&B, blues, gospel et pop avec plusieurs chansons incontournables qui ont le potentiel de devenir des classiques dans plus d’un de ces styles. On peut découvrir notamment la vivifiante « Revival », la chanson de contestation « Mister Holland » et l’ode à l’aviation « Concorde ». Ce sont 15 pièces qu’on peut entendre en tout, en plus d’une reprise de « Revival ». Réalisé par Troy Miller (Calvin Harris, Rag’n’Bone Man, Amy Winehouse), All Rise réussit à transporter Porter à un autre niveau, entouré d’un chœur de 10 voix et des cordes du London Symphony Orchestra. Il peut à la fois présenter une facette émotive et intimiste tout en demeurant universel et en regroupant tout le monde autour de son œuvre, peu importe leurs goûts musicaux. Voici donc l’album d’un artiste au sommet de son art… (septembre 2020)

Vidéoclip : « Revival »

Blue Note / Universal

     

 Shred Kelly – Like a Rising Sun

Shred Kelly – Like a Rising Sun

Sur ce nouvel album, les influences multiples de Shred Kelly explosent avec beaucoup de bonheur. D’abord il y a Arcade Fire, mais on peut aussi entendre du folk rock et du rock plus agressif à la Smashing Pumpkins. Réalisé par Nygel Asselin et mixé par Ben Kaplan, Like a Rising Sun présente un rythme plutôt rapide, tout en conservant une bonne dose d’émotion. Le groupe canadien semble avoir atteint un bel équilibre dans sa carrière avec ce nouvel enregistrement plus qu’intéressant. (septembre 2020)

DevilDuck

   

 

août :

 

Taylor Swift – Folklore

Taylor Swift – Folklore

Moins d’un an après Lover, Taylor Swift revient avec un album audacieux qui la fait sortir de sa zone de confort. L’album-surprise a été entièrement conçu pendant le confinement dû à la pandémie mondiale. Folklore contient une musique folk pop particulièrement inventive, 16 très belles histoires qui s’enchaînent à merveille pendant plus d’une heure. Taylor se réinvente encore une fois et nous montre un nouveau côté de sa personnalité qu’on ne connaissait pas, un côté plus sombre. Cette facette plus introspective nous donne du même coup le goût d’en découvrir plus. Elle a bien évidemment demandé conseil à son fidèle collaborateur Jack Antonoff, mais elle s’est surtout tournée vers un nouveau collègue, Aaron Dessner (The National), qui a su donner une orientation différente à son écriture. Les mélodies demeurent au centre de sa musique et chaque chanson s’écoute avec beaucoup de plaisir. Même à 63 minutes, l’album ne contient aucune longueur et se déguste du début à la fin. Voici certainement l’un des meilleurs disques de l’année, une très belle surprise de la part d’une artiste qui peut nous envoyer d’autres surprises du genre aussi souvent qu’elle le désire… (chronique principale d'août 2020)

Vidéoclip : « Cardigan »

   

       

Figueroa – The World as We Know It

Figueroa – The World as We Know It

Amon Tobin nous présente son tout nouveau projet, Figueroa. Ce premier album, coréalisé avec la légendaire Sylvia Massy (Tool, Prince, Johnny Cash, Red Hot Chili Peppers), propose un mélange tout à fait original de folk alternatif et de musique électronique. Il s’agit essentiellement d’un album guitare-voix, mais nouveau genre. L’enregistrement de The World as We Know It s’est étendu sur plusieurs années, le tout ayant débuté il y a presque une décennie dans une forêt isolée du nord de la Californie, dans un contexte purement exploratoire. Le tout a plus tard été retravaillé dans les studios de Capitol Records à Hollywood pour en arriver à ce disque de huit chansons hors du commun. Avec à peine plus de 30 minutes, l’album s’avère plutôt court, mais il réussit tout de même à nous charmer dès l’ouverture avec « Weather Girl ». Pour ceux qui cherchent un son nouveau à se mettre sous la dent, plus besoin de chercher… (découverte du mois d'août 2020)

½

 

Ellie Goulding – Brightest Blue

Ellie Goulding – Brightest Blue

Pour son quatrième album, la chanteuse anglaise propose un album en deux parties. D’abord il y a Brightest Blue qui contient 13 titres d’une musique pop plus introspective avec des éléments de R&B. Ensuite, on peut découvrir EG.0 avec cinq titres pop grandement énergiques en compagnie de collaborateurs comme Blackbear, Diplo, Lauv, Swae Lee et le regretté Juice Wrld. Si la partie principale contient un peu plus de substance, les dernières pièces créeront plutôt l’atmosphère pop dansante qui l’a rendue populaire au cours des dernières années, des pièces sur mesure pour les radios. Pour créer ce produit fini, Ellie s’est entourée d’auteurs-compositeurs et réalisateurs de renom, notamment Tobias Jesso Jr., Starsmith, Ilya, Serpentwithfeet, Patrick Wimberly (de Chairlift) et Jim Eliot. L’ensemble s’avère solide malgré ses deux facettes diamétralement opposées. (août 2020)

Vidéoclips : « Close To Me » - « Worry About Me » - « Power » - « Slow Grenade »

Interscope / Universal

½

   

 

 Midnight Shine – James Bay

Midnight Shine – James Bay

James Bay est en fait une réédition du premier album éponyme de Midnight Shine paru en 2013, une version repiquée numériquement qui inclut deux titres en boni : une nouvelle version radio de leur premier succès, « Since You Been Gone », et « Misguided Woman ». Jamais parue auparavant, « Misguided Woman » est l’une des premières chansons écrites par le chanteur et guitariste Adrian Sutherland. Originaire du nord de l’Ontario dans la Baie-James, Adrian Sutherland & Midnight Shine proposent un mélange de rock classique et contemporain avec des traces de folk et des influences Cries. James Bay est un excellent disque à redécouvrir. (août 2020)

½

 Matt Weidinger – Breakage

Matt Weidinger – Breakage

Matt Weidinger impressionne malgré son jeune âge grâce à une voix puissante et une grande maturité musicale. Sur son plus récent album, il nous présente à nouveau un très beau mélange de rock, de soul et de blues, rendant hommage au passé tout en étant fier de son époque. Breakage a été enregistré en seulement trois jours au studio Union Sound de Toronto. En plus de huit chansons originales, Weidinger nous offre une version plutôt inventive du classique de Led Zeppelin « Going to California ». Bien installé à l’orgue Hammond sur plusieurs pièces, Weidinger joue aussi du piano électrique et de la guitare, accompagné par sa fidèle section rythmique composée de Mark McIntyre (basse) et Ben Rollo (batterie). C’est un disque énergique et grandement agréable qui nous est présenté ici, un disque qui met parfaitement en valeur l’immense talent de Matt Weidinger. (août 2020)

Vidéoclip : « Breakage »

½

 

 

JUILLET :

 

Black Eyed Peas – Translation

Black Eyed Peas – Translation

Après avoir dominé la scène pop au cours des années 2000, les Black Eyed Peas se sont fait plus discrets dans les derniers 10 ans. Avec Translation, ils semblent prêts à revenir en force avec déjà deux succès incontournables de l’année, « Ritmo (Bad Boys For Life) » (avec un échantillonnage de « Rhythm of the Night » et la présence de J Balvin) et « Mamacita » (peut-être le succès de l’été 2020 avec Ozuna). Les artistes invités sont nombreux, à commencer par Shakira, Nicky Jam, Tyga, Becky G et French Montana. Mais c’est surtout l’acquisition de J. Rey Soul qui retient l’attention, avec une voix particulièrement comparable à celle de Fergie qui a quitté le groupe depuis ses plus grands succès. Est-ce un hasard? Probablement pas puisque le trio n’avait impressionné personne sur Masters of the Sun il y a deux ans. Grâce à J. Rey Soul et les autres invités, les Black Eyed Peas reviennent aux hymnes dansants qui sont devenus auparavant indissociables de la culture pop américaine. Le hip hop et les rythmes latins s’y fusionnent à la perfection pour mettre le feu sur le plancher de danse. Le groupe lance des clins d’œil à Madonna, Lisa Lisa and Cult Jam, Miami Sound Machine, La Bouche et MC Hammer. Et même si c’est parfois sans grande subtilité, il faut avouer que ça fonctionne pour conserver l’ambiance de fête tout au long de l’album. Dans un seul moment de lucidité, les Black Eyed Peas nous livrent « News Today » en conclusion, conséquence de la pandémie actuelle, du racisme systémique et de la brutalité policière. Pour les 14 autres titres, il s’agit plutôt d’un party incessant et divertissant, même si l’originalité n’est pas toujours au rendez-vous. (chronique principale de juillet 2020)

Vidéoclips : « Ritmo (Bad Boys For Life) » - « Mamacita » - « Feel the Beat »

     

     

Jesse Maxwell – Radio Silence

Jesse Maxwell – Radio Silence

Jesse Maxwell est un artiste de Toronto aux talents multiples qui nous arrive avec son tout premier album. Radio Silence regroupe neuf pièces originales composées à diverses époques de sa vie, ce qui résulte en quelque sorte en une compilation de ses premières œuvres. On y trouve un habile mélange de pop, de R&B et de néo-soul, avec même des influences de jazz et de blues. Parmi les moments sombres de l’album, notons « Room in Hell » qui relate son passage en désintoxication. Cependant, l’ensemble du disque demeure assez doux et crée même une ambiance feutrée très agréable. Radio Silence peut s’avérer quelque peu inégal et certainement trop court (32 minutes), mais il laisse présager un avenir prometteur pour Jesse Maxwell. (découverte du mois de juillet 2020)

Trans Phatt

 

 Benjamin Biolay – Grand Prix

Benjamin Biolay – Grand Prix

Après l’excellent Palermo Hollywood en 2016, couronné d’une Victoire de la musique, et Volver en 2017, le neuvième album de Benjamin Biolay était grandement attendu. Et Biolay ne déçoit pas avec Grand Prix, un disque qui peut même faire écho à son homonyme par Teenage Fanclub, un des meilleurs albums du groupe écossais lancé en 1995. Il s’agit pour lui d’un virage naturel alors qu’il revient à sa mélomanie en prolongeant la métaphore automobile tout au long des 13 pièces. Les mélodies pop inoubliables sont sur mesure pour les radios, tout en bénéficiant d’une musique recherchée et d’arrangements audacieux. New Order et The Smiths peuvent nous venir en tête en plusieurs occasions, sans oublier The Strokes. Avec Grand Prix, Benjamin Biolay s’élève encore un peu plus au firmament des artistes pop français. Voici donc possiblement son album le plus accompli à ce jour, l’un des meilleurs disques français depuis longtemps… (juillet 2020)

   

 Bob Dylan – Rough and Rowdy Ways

Bob Dylan – Rough and Rowdy Ways

Avec Rough and Rowdy Ways, le légendaire Bob Dylan présente peut-être son meilleur album depuis le sombre Time Out of Mind en 1997. Il s’agit de son premier disque de chansons originales depuis Tempest en 2012 et il explore sur cet album double les différents styles musicaux qui le caractérisent depuis les années 1960 : blues, country, folk, rockabilly, gospel, etc. La sortie de l’album a été devancée par trois extraits pour bien mettre la table : la méditative « I Contain Multitudes », la bluesy « False Prophet » et le titre touffu de près de 17 minutes « Murder Most Foul », la 10e et unique pièce sur le deuxième disque. Dylan propose plusieurs longues pièces de six, sept ou même neuf minutes pour l’excellente « Key West (Philosopher Pirate) », mais il réussit à nous captiver par ses textes et sa musique ce qui rend toujours l’écoute agréable. L’ensemble de 70 minutes s’écoule donc plus rapidement qu’on l’aurait imaginé. Sur Rough and Rowdy Ways, Bob Dylan prouve qu’à la veille de ses 80 ans il peut encore avoir des éclairs de génie créatif, avec un album de très grande qualité qui occupera une place importante dans sa discographie des 40 dernières années. (juillet 2020)

½

     

 HAIM – Women in Music Pt. III

HAIM – Women in Music Pt. III

Pour leur troisième album, les sœurs de San Francisco proposent une musique un peu plus profonde, malgré l’apparence légère et ensoleillée de leur musique pop. C’est que plusieurs épreuves récentes dans leurs vies les ont inspirées pour Women in Music Pt. III. Musicalement, le trio présente à nouveau une musique pop aux influences des années 1970 et 1980, avec aussi un parallèle à faire avec Roxette et les années 1990 sur « Another Try ». L’album de 51 minutes contient 13 pièces et trois en boni. Bizarrement, c’est l’un de ces titres en boni, « Now I’m In It », qui est l’un des plus lumineux et intéressants du disque, sans oublier la légèreté de la conclusion avec « Summer Girl ». L’ensemble de Women in Music Pt. III a tout pour plaire aux fans du trio. (juillet 2020)

Vidéoclips : « Summer Girl » - « The Steps » - « I Know Alone » - « Don’t Wanna »

½

     

 Klô Pelgag – Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

Klô Pelgag – Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

Inspirée par le village sur l’île Verte où elle est souvent passée, Klô Pelgag nous présente Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, un nouvel album de 12 pièces. Encore une fois, le disque à l’imaginaire déjanté et angoissé est riche en créativité et en sonorités diverses. Klô nous propose une pop baroque pas nécessairement facile d’accès, mais qui nous habite après quelques écoutes attentives. Pour la première fois, l’artiste signe les arrangements de plusieurs chansons (« Rémora », « La maison jaune », « Où vas-tu quand tu dors »). Owen Pallett vient aussi prendre en charge les arrangements de trois pièces : « À l’ombre des cyprès », « J’aurai les cheveux longs » et « Soleil ». Le disque gagne en énergie dans la deuxième moitié avec les excellentes « Mélamine » et « Où vas-tu quand tu dors? ». Voici donc un autre album très complet et sans faiblesses de la part de cette talentueuse artiste. (juillet 2020)

Vidéoclips : « Rémora » - « La maison jaune »

Les Faux-Monnayeurs / Secret City

 

 Rufus Wainwright – Unfollow the Rules

Rufus Wainwright – Unfollow the Rules

Rufus Wainwright présente son neuvième album en carrière avec Unfollow the Rules, son premier disque pop depuis 2012. Il s’agit en quelque sorte de la conclusion de son album éponyme paru en 1998, le premier qu’il a produit à Los Angeles. Celui qui est passé maître dans la musique pop de chambre semble cependant se perdre quelque peu sur ce nouvel enregistrement. Les références au passé sont nombreuses, à tel point qu’on a une impression de réchauffé en certaines occasions. Sa musique demeure majestueuse et sa voix, enivrante, mais on sent une perte de créativité qui peut s’avérer parfois agaçante. L’album est construit en trois actes de quatre chansons. Il comporte plusieurs points d’intérêt et plaira à de nombreux fans de Wainwright, mais il reste qu’il répond difficilement aux attentes plutôt élevées. (juillet 2020)

BMG / SIX

     

 Jessie Ware – What’s Your Pleasure?

Jessie Ware – What’s Your Pleasure?

La chanteuse anglaise Jessie Ware nous arrive avec son quatrième album en carrière, What’s Your Pleasure. Elle se spécialise désormais dans une musique à la fois dansante et intimiste, avec des influences disco évidentes (« Mirage (Don’t Stop) », « Save a Kiss », la chanson-titre). Toutefois, c’est « Safe From Harm » de Massive Attack qui nous vient en tête pendant « In Your Eyes ». Sur ce nouveau disque, Jessie se situe quelque part entre la nostalgie de Bananarama et la modernité de Goldfrapp, avec des arrangements d’une grande richesse. Avec What’s Your Pleasure, elle semble avoir enfin réussi à assembler toutes ses forces en 12 morceaux cohérents d’un tout totalisant 53 minutes. Voici donc un excellent enregistrement contenant une musique pop de très grande qualité. (juillet 2020)

Vidéoclips : « Spotlight » - « Save a Kiss » - « Soul Control » - « Step Into My Life »

   

 Ken Yates – Quiet Talkers

Ken Yates – Quiet Talkers

Ken Yates est un auteur-compositeur et interprète de London en Ontario. Il nous offre son troisième album avec Quiet Talkers. Réalisé par Jim Bryson, le disque propose un son folk rock avec des influences de country. C’est un album plutôt sombre et introspectif, avec tout de même quelques moments un peu plus lumineux (« Two Wrongs », « Evangeline »). Yates affirme qu’il s’agit de son enregistrement le plus personnel à ce jour alors qu’il ose parler de lui-même pour la première fois. Quiet Talkers est un disque agréable qu’apprécieront les amateurs de musique folk. (juillet 2020)

 

 Neil Young – Homegrown

Neil Young – Homegrown

Le légendaire folk rockeur canadien ne ralentit pas le rythme à la veille de ses 75 ans et nous revient encore avec une nouvelle parution. Il faut cependant mentionner que Homegrown a été enregistré en 1975 et aurait pu paraître à la place de l’excellent Tonight’s the Night. Après avoir fait écouter les deux enregistrements à un cercle fermé d’amis, Neil Young avait décidé de lancer le deuxième qu’il considérait plus abouti. Homegrown pendant ce temps allait être tabletté pendant plus de 45 ans. Quelques pièces sont parues à gauche et à droite, dont une version plus brute de « White Line » par Crazy Horse sur Ragged Glory. Mais l’ensemble est demeuré hors-circuit, même pour les fans les plus extrêmes, et il voit enfin le jour. En écoutant attentivement le disque, on réalise pourquoi Young a préféré le rejeter. C’est qu’il aborde d’un peu trop près des sujets sensibles à l’époque, dont la fin de sa romance avec Carrie Snodgress. Le temps ayant fait son œuvre, Young a redécouvert récemment les qualités de cet album sans fioritures qui contient une certaine légèreté qu’on ne lui connaissait pas à ce moment-là. L’album prend doublement son sens lorsqu’on l’oppose au plus cohésif Tonight’s the Night. Homegrown n’est peut-être pas essentiel dans la vaste discographie de Neil Young, mais il a tout de même son importance pour aider à positionner le personnage du milieu des années 1970. Un très bon disque sans faiblesses apparentes! (juillet 2020)

½

     

 

juin :

 

Lady Gaga – Chromatica

Lady Gaga – Chromatica

Voici le très attendu nouvel album de Lady Gaga, Chromatica. Avec le premier extrait, « Stupid Love », ainsi que les énergiques « Alice » et « Rain On Me » (en duo avec Ariana Grande), on a l’impression que l’artiste revient au son pop dansant qui nous l’a fait connaître il y a 12 ans. Pourtant, Lady Gaga réussit encore une fois à nous surprendre avec son album le plus personnel à ce jour. Joanne se confesse en effet plus que jamais à travers ses textes. En plus, l’intégration d’intermèdes orchestraux (« Chromatica I, II & III ») est très intéressante et ajoute une belle richesse à l’album, qui demeure avant tout un album pop aux influences des années 1990. D’ailleurs, les comparaisons avec Madonna peuvent s’avérer souvent faciles, particulièrement dans « Babylon » qui rappelle un peu trop « Vogue ». Mis à part ces comparaisons avec la madone, Lady Gaga nous offre un album pop d’une grande efficacité avec plusieurs succès incontournables. (chronique principale de juin 2020)

Vidéoclips : « Stupid Love » - « Rain On Me »

½

     

     

Mallory Chipman & The Mystics – Aquarian

Mallory Chipman & The Mystics – Aquarian

Originaire d’Edmonton, Mallory Chipman s’est fait un nom en solo sur la scène jazz avec deux albums mettant en vedette sa voix dynamique. En 2018, elle s’est entourée de cinq musiciens pour former The Mystics dans le but d’explorer plus en profondeur ses racines rock. Elle propose donc sur Aquarian un rock expérimental énergique, avec bien sûr quelques influences jazz à différents moments du disque. Elle explore ses influences de Frank Zappa, Joni Mitchell et Esperanza Spalding avec huit pièces hors du commun, dont une pièce parlée et un instrumental improvisé utilisant un synthétiseur modulaire et des effets électroniques. L’essentiel de l’album a été composé par Mallory, seule dans un studio d’une ville isolée au nord d’Edmonton. Si Mallory Chipman nous montre une nouvelle facette de sa personnalité créative sur Aquarian, il faut avouer que le résultat s’avère particulièrement réussi. On aimerait seulement en entendre plus. À suivre! (découverte du mois de juin 2020)

½

 Norah Jones – Pick Me Up Off the Floor

Norah Jones – Pick Me Up Off the Floor

Pour l’album Begin Again en 2019, Norah Jones avait cumulé des pièces sorties tout au long de 2018 qu’elle a assemblées pour le disque. Cependant, un certain nombre de chansons ont été laissées de côté. Après les avoir réécoutées, Norah se disait qu’elles feraient un bon album en soi. Voici donc Pick Me Up Off the Floor, un album solide qui vient prouver que son instinct était bon. En fait, on découvre une plus grande uniformité et une meilleure ligne directrice sur ce nouvel enregistrement que sur Begin Again. On y retrouve un hybride jazz/folk/pop parfait pour une fin de soirée relaxante. C’est un album chaud qui vous réconfortera assurément et vous redonnera le désir d’en écouter plus de la part de Norah Jones. Un disque surprenant et combien efficace! (juin 2020)

Blue Note / Universal

½

     

 Logan and Nathan – The Happening

Logan and Nathan – The Happening

Le duo de Vancouver formé de Logan Thackray et Nathan Turner présente son deuxième album avec The Happening. Ils proposent une musique folk alternative dans une ambiance ensoleillée et très décontractée. Des rythmes soul viennent joliment s’ajouter à l’ensemble qui s’avèrera parfait pour accompagner votre été tout en douceur. Les textes traitent tout de même de sujets sérieux comme l’apathie politique, la société de consommation, l’urgence climatique, le colonialisme, les droits des premières nations, etc. On peut d’ailleurs entendre Rex Smallboy, de la nation crie Neyaskweyahk (Ermineskin), qui vient rapper sur la pièce « Where Do We Go », qu’il a aussi co-écrite. C’est un album très agréable que nous propose le duo Logan and Nathan. (juin 2020)

Fallen Tree

     

 Joe Nolan – Drifters

Joe Nolan – Drifters

Sur son nouvel album, le Canadien Joe Nolan propose un folk rock essentiellement acoustique. Ce sont ses influences folks des années 1970 qui l’ont poussé à produire cet album extrêmement dépouillé et il faut dire que le résultat est impressionnant. On a carrément l’impression qu’il chante et joue à nos côtés. Le guitariste Kevin Breit (Norah Jones) ajoute aussi une touche unique au disque. Si vous appréciez la musique guitare-voix, voici un très bel album qui s’écoute à merveille dans une ambiance intimiste. (juin 2020)

Fallen Tree

½

     

 Owen Pallett – Island

Owen Pallett – Island

Le Canadien Owen Pallett nous arrive avec un nouvel album très attendu, six ans s’étant écoulés depuis l’excellent In Conflict, l’un des meilleurs disques de 2014. Island est entièrement acoustique et majoritairement orchestral, alors que Pallett se retrouve accompagné pour l’occasion par l’Orchestre contemporain de Londres. L’auteur-compositeur et interprète possède une formation classique et pour la première fois, il ne s’est pas préoccupé de la façon de jouer sur scène ces chansons souvent complexes. C’est un album introspectif tout en douceur qui réfléchit sur la vie tout en nous donnant suffisamment d’espace pour bien respirer. Voici donc un très bel enregistrement d’une durée d’une heure par Owen Pallett. Très agréable jusqu’à la fin! (juin 2020)

Vidéoclip : « A Bloody Morning »

Secret City

½

 

 Vivienne Wilder – Postromantic

Vivienne Wilder – Postromantic

Sur ce mini-album de six titres, la Torontoise Vivienne Wilder propose un son rock énergique aux inspirations de Siouxsie and the Banshees, Bloc Party et The Cure. À travers les textes, Vivienne fait la guerre au cynisme ambiant, avec une énergie punk extrêmement forte. Du moins, c’est le cas dès l’ouverture avec « Jimmy » et « Never Lovers », alors qu’elle s’adoucit ensuite avec la ballade « Gem ». La pièce-titre résume bien le propos de l’ensemble, avant de continuer en force à nouveau avec « Ricky » et de terminer en douceur avec « Forever for Tonight ». Avec moins de 22 minutes, l’enregistrement vous semblera assurément trop court. Vivienne Wilder réussit à nous offrir un disque solide qui nous rendra tous impatients d’entendre la suite. (juin 2020)

Fallen Tree

½

   

 

mai :

 

Dua Lipa – Future Nostalgia

Dua Lipa – Future Nostalgia

La chanteuse pop anglaise présente un deuxième album, après son disque éponyme de 2017 qui avait su attirer l’attention. Dua Lipa nous arrive aujourd’hui avec un enregistrement qui démontre une plus grande expérience et qui contient de très solides compositions pop, à commencer par le premier extrait, « Don’t Start Now », ainsi que l’excellente pièce pop rock « Physical » et le plus récent extrait, « Break My Heart ». Elle intègre des influences disco, de la pop dansante des années 1980 et de la musique de club des années 1990 et 2000, tout en conservant un niveau élevé de créativité. Le résultat : il n’y a aucun temps mort tout au long des 11 pièces, toutes agréables à écouter. Dua Lipa nous rappelle Madonna et Lady Gaga en diverses occasions, mais elle réussit de belle façon à imposer sa propre personnalité. C’est donc un album surprenant par sa solidité qu’elle nous propose avec Future Nostalgia, certainement l’un des meilleurs albums pop de l’année jusqu’à maintenant. (chronique principale de mai 2020)

Vidéoclips : « Don’t Start Now » - « Physical » - « Break My Heart »

     

     

Jessie Reyez – Before Love Came to Kill Us

Jessie Reyez – Before Love Came to Kill Us

La Torontoise d’origine colombienne présente enfin son très attendu premier album, Before Love Came to Kill Us, après deux mini-albums. Il faut dire que son premier extrait, « Figures », remonte à 2016 et a été certifié platine. Jessie Reyez propose une musique R&B d’une grande créativité et interprétée de façon unique, avec une voix parfois douce, parfois puissante et même un peu rauque à l’occasion. Les textes demeurent toujours bien en évidence, très directs, même si les arrangements musicaux bénéficient d’une grande richesse. L’auteure-compositrice et interprète semble vouloir passer ses messages à tout prix, avec souvent une certaine rage. Mais musicalement, elle réussit à se différencier de la masse et à conserver notre intérêt d’une chanson à l’autre. On y trouve deux collaborations notables : Eminem dans « Coffin » et 6Lack dans « Imported ». Sinon, elle assume seule tout ce qu’elle nous offre ici. Les 14 pièces de l’album ne présentent que bien peu de faiblesses et si vous appréciez, la version de luxe vous donnera trois titres additionnels. Voici un premier album à la fois inspiré et inspirant pour Jessie Reyez. (découverte du mois de mai 2020)

Vidéoclips : « Figures » - « Imported » - « Love in the Dark » - « I Do » - « Coffin » - « Same Side »

FMLY / Island / Universal

½

     

 The Dears – Dangers Rock

The Dears – Dangers Rock

Le groupe alternatif montréalais nous revient avec un nouvel album, son huitième en carrière. Dix-sept ans après No Cities Left qui les a propulsés, Murray Lightburn, Natalia Yanchak et compagnie semblent vouloir boucler la boucle. Il faut dire qu’à l’époque l’album était né des cendres du 11 septembre 2001 et que celui-ci nous arrive à l’aube d’une autre période de grande incertitude et de questionnements. C’est ce climat qui teinte de très belle façon l’ensemble des 10 pièces de Dangers Rock. Encore une fois, The Dears réussissent à créer une musique superbe à partir d’émotions particulièrement sombres. Sans pouvoir le comparer aux plus grands albums du groupe, voici à nouveau un disque de musique indie de premier plan. (mai 2020)

Dangerbird / SIX

½

 

 Dirty Cheetah – Never Too Late

Dirty Cheetah – Never Too Late

Dirty Cheetah est un quatuor québécois qui nous présente son tout premier album. Ils proposent un punk rock brut inspiré des Ramones, avec des traces parfois plus hardcore et parfois plus pop. Les textes souvent politisés s’inscrivent parfaitement dans les principes de base du genre. C’est à un rythme effréné que Dirty Cheetah passe à travers 10 chansons coup de poing pour un total de 28 minutes seulement. Mais il est grandement rafraîchissant d’entendre un vrai groupe punk sans fioritures, et qui vient du Québec en plus. Très plaisant à écouter! (mai 2020)

Vidéoclip : « Addicted »

½

 

 Harrow Fair – Sins We Made

Harrow Fair – Sins We Made

Harrow Fair est un duo country rock canadien formé de la chanteuse/multi-instrumentiste Miranda Mulholland et du chanteur/multi-instrumentiste Andrew Penner. Sins We Made est leur deuxième album et présente un mélange de country traditionnel avec des pièces à tendance rock ou pop. Ils proposent tant des pièces entraînantes comme « Rules of Engagement » que des titres plus introspectifs comme « Seat at the Table » ou « Loved You Enough ». La richesse musicale est toujours de mise, ce qui est notable pour un duo. Voici donc un album très intéressant dans le genre. (mai 2020)

Roaring Girl / Fontana North

   

 Lynn Jackson – Lionheart

Lynn Jackson – Lionheart

Après une carrière de 15 ans, Lynn Jackson nous revient avec son 11e album de folk rock. L’artiste ontarienne prend ici le contrôle de la production pour offrir un album qui lui ressemble un peu plus. Elle ajoute aussi de la richesse aux arrangements avec des cordes, des cuivres et des choristes. Lynn n’a pas peur de plonger plus en détails dans le rock avec des titres comme « Running It Down » et « Sometimes It’s Ok ». Elle explore aussi le blues sur « Outcast ». Parmi les 14 chansons, elle présente plusieurs pièces au-delà des cinq minutes, pour un total de plus d'une heure de musique. (mai 2020)

Busted Flat

 

 Koriass FouKi – Génies en herbe

Koriass FouKi – Génies en herbe

Voici un album-surprise de la part du tandem formé du vétéran rappeur Koriass et de la nouvelle sensation du rap québécois FouKi. Il faut dire que les deux avaient collaboré en plusieurs occasions au cours des dernières années et que leur chimie s’est toujours avérée évidente. Ils s’allient aujourd’hui à l’équipe de génies du son de Ruffsound, QuietMike et leurs invités pour ce nouveau projet de 14 titres. Un des premiers albums à avoir été produit pendant la crise sanitaire de la Covid-19, il en est question notamment dans la chanson-titre, « Génies en herbe ». Mais bien d’autres sujets y sont abordés comme les médias sociaux, la société de consommation, etc. Le duo nous propose un très bel album de 48 minutes qui se défile à la vitesse de l’éclair. (mai 2020)

7ième Ciel / SIX

½

   

 David Myles – Leave Tonight

David Myles – Leave Tonight

Voici déjà le 12e album pour l’auteur-compositeur et interprète de Fredericton au Nouveau-Brunswick. Reconnu pour son habileté à fusionner les genres, David Myles propose cette fois un assemblage de 10 chansons d’amour dans un enrobage de pop légère et acoustique qui flirte avec le jazz. Les harmonies vocales demeurent de première qualité et bénéficient d’arrangements léchés. La réalisation de James Bunton amène une certaine classe autour d’une musique empreinte de douceur. Leave Tonight est probablement l’album le plus personnel de Myles à ce jour, un album qui en plus s’avère très agréable à l’oreille. (mai 2020)

Little Tiny / SIX

     

 Perfume Genius – Set My Heart on Fire, Immediately

Perfume Genius – Set My Heart on Fire, Immediately

Perfume Genius est le projet musical de l’Américain Mike Hadreas. Il propose un habile mélange de musique indie pop et de ballades au piano avec des influences de David Bowie. Set My Heart on Fire, Immediately est son cinquième album et probablement son plus accompli à ce jour. Un peu moins personnel que les précédents, ce nouveau disque explore le corps humain, influencé par l’art de la danse contemporaine. Il s’agit d’une œuvre grandiose et théâtrale, même dans ses moments plus intimistes. Ce touche-à-tout réussit véritablement à en offrir pour tous les goûts sur cet album. Même si l’ensemble demeure alternatif, des mélodies plus accrocheuses pourront séduire un plus vaste auditoire, et les changements de rythmes sont nombreux. Voici un album surprenant qui présente des moments de grâce. (mai 2020)

½

     

 Moses Sumney – Grae

Moses Sumney – Grae

L’artiste néo-soul californien avait impressionné en 2017 avec Aromanticism, son tout premier album. Moses Sumney revient à la charge aujourd’hui avec un album double de 20 titres (pour un total de 65 minutes). Il repousse à nouveau les frontières avec une musique pop soul indescriptible, comprenant des moments d'une intensité presque rock et des envolées orchestrales très cinématographiques. Sumney ne nous laisse aucun moment de répit, nous tenant en haleine tout au long des 20 pièces. C’est un album intense certes, mais aussi tellement enrichissant par la liberté créative qu’on y retrouve et qui nous nourrit. Grae n’est assurément pas un album facilement accessible, mais l’effort sera grandement récompensé. Voici certainement l’un des disques les plus originaux de l’année. (mai 2020)

½

     

 Mara Tremblay – Uniquement pour toi

Mara Tremblay – Uniquement pour toi

En ce printemps mouvementé, Mara Tremblay nous apporte un vent de fraîcheur avec son huitième album solo. Elle propose 10 chansons douces et réconfortantes grâce à sa voix aérienne et des sonorités planantes. Dans la bouleversante « Paris », elle raconte un amour impossible, alors que « On verra demain » est une valse poignante créée à Nashville qui traite du lâcher-prise. Nashville a aussi inspiré « Je reste ici » et « Si belle » (pour son aîné, Victor). Quant à « Comme un cadeau », elle est plutôt dédiée à son benjamin, Édouard. Finalement, la chanson-titre a été développée dans le cadre d’une classe de maître animée par les monuments Gilles Vigneault et Mouffe à Saint-Placide. Pour la première fois, Mara enregistre les chansons de quelqu’un d’autre (à part certaines reprises) alors que « Le jour va où tu le mènes » et la ballade « Il me faut l’amour » ont été écrites par Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque). Pour la réalisation du disque, elle renoue avec un complice de longue date, Olivier Langevin, qui joue en plus les guitares, la basse, des synthétiseurs et du piano. « Dessiner ton visage » et « Le plus beau des désastres » sont le fruit d’une première collaboration entre les deux amis. Les atmosphères que l’on retrouve tout au long d’Uniquement pour toi vous feront assurément voyager dans un univers parallèle. Voici donc une autre grande réussite pour cette artiste immensément talentueuse. (mai 2020)

Audiogram

½

   

 

avril :

 

The Weeknd – After Hours

The Weeknd – After Hours

Propulsé par les premiers extraits « Heartless » et « Blinding Lights », After Hours battait déjà des records de précommandes en ligne avant sa sortie. Abel Tesfaye (alias The Weeknd) en avait donc lourd sur les épaules en présentant ce nouvel album. Le Torontois d’origine éthiopienne atteint de nouveaux sommets avec ce nouvel enregistrement grâce à une musique recherchée et extrêmement créative. Son mélange pop et R&B avec une bonne dose d’électro est plus réussi que jamais. The Weeknd semble avoir consolidé son propre style, évitant ainsi toute comparaison. Il reprend bien quelques éléments électro-pop d’une autre époque, notamment dans « Blinding Lights » (euro-pop), « Hardest to Love » (drum ‘n’ bass) et « Too Late » (dubstep), mais l’ensemble demeure moderne et utilise toutes les nouvelles technologies. Avec la chanson d’amour « Scared to Live », il nous replonge dans la musique pop des années 1980, mais il réussit encore une fois à la moderniser. Il installe une atmosphère unique et bien à lui dès la pièce d’ouverture, « Alone Again », et on comprend rapidement que c’est un album de rupture qui nous attend. Mais rien de larmoyant ici! Il s’agit plutôt d’un très bel album à l’atmosphère captivante où s’insèrent très bien les quelques succès incontournables. (chronique principale d'avril 2020)

Vidéoclips : « Heartless » - « Blinding Lights » - « In Your Eyes »

XO / Republic / Universal

     

     

Dogleg – Melee

Dogleg – Melee

Dogleg est un groupe de Detroit qui nous présente son tout premier album. Il propose un rock post-hardcore énergique et direct avec un mur de guitares et aucune fioriture. Malgré son style plutôt agressif, Melee contient des mélodies efficaces qui le rendent particulièrement accrocheur. Et avec seulement 35 minutes, on évite les détours inutiles pour nous rendre droit au but. En ce sens, le groupe peut nous rappeler ...And You Will Know Us By the Trail of Dead et At the Drive-In, avec un petit côté garage à la Strokes. C’est un premier enregistrement réussi pour ce groupe qu’il faudra surveiller de près. (découverte du mois d'avril 2020)

½

   

 100 Mile House – Love and Leave You

100 Mile House – Love and Leave You

100 Mile House est un duo folk d’Edmonton en Alberta formé de Peter Stone et Denise MacKay. Sur Love and Leave You, ils proposent des chansons d’amour ancrées dans la mélancolie. Le couple enveloppe sa douce musique acoustique d’une magnifique section de cordes qui ajoute une certaine richesse musicale à l’ensemble. Mais le tout demeure axé sur les textes, plus que jamais auparavant en fait. Après la reconnaissance de Hiraeth en 2016, c’est un album plus dépouillé mais toujours très solide que proposent 100 Mile House. (avril 2020)

Fallen Tree

   

 Aliocha – Naked

Aliocha – Naked

Pour son deuxième album, le Montréalais d’origine parisienne a décidé d’y aller dans la sensualité avec un disque plutôt épuré aux guitares dépouillées. Trois ans après Eleven Songs, Aliocha se présente donc dans sa plus simple expression, même sur la couverture. Il met de l’avant sa poésie sensuelle sans fioritures sur une musique mélangeant habilement folk, soul et pop aérienne. Enregistré à Paris, Naked a été à nouveau réalisé par le Français Samy Osta (Feu! Chatterton). Voici un autre album solide de la part d’Aliocha, un disque agréable à écouter du début à la fin. (avril 2020)

Audiogram

½

     

 Fiona Apple – Fetch the Bolt Cutters

Fiona Apple – Fetch the Bolt Cutters

Il aura fallu huit ans d’attente depuis l’excellent The Idler Wheel…, mais voici enfin un nouvel album pour Fiona Apple. Il s’agit seulement de son cinquième enregistrement en près de 25 ans de carrière. Avec Fetch the Bolt Cutters, elle expérimente plus que jamais, avec un piano qui devient un peu fou en certaines occasions et diverses percussions minimalistes. Vocalement, elle présente aussi d’agréables moments de folie, tout en livrant des textes souvent bien personnels. Si son disque précédent pouvait être considéré par plusieurs comme son plus solide en carrière, Fiona nous arrive avec un autre album de premier plan. 13 chansons à écouter avec attention et qui demeurent toutes intéressantes. Très solide! (avril 2020)

 

 Louis-Jean Cormier – Quand la nuit tombe

Louis-Jean Cormier – Quand la nuit tombe

Louis-Jean Cormier nous arrive avec son troisième album solo, le premier en cinq ans. Avec Quand la nuit tombe, l’ex-leader de Karkwa semble avoir atteint son sommet artistique puisqu’il propose un disque grandement inspiré. Chacune des 10 chansons nous captive et nous entraîne dans son univers particulier. Cormier passe d’un rock sans guitares, à la pop atmosphérique et à l’électro avec une habileté désarmante. Il avoue avoir eu sa conjointe, Rebecca Makonnen, comme muse tout au long de l’écriture du disque et il propose plusieurs textes poignants. Notons aussi la présence du slameur David Goudreault sur la pièce « Les poings ouverts ». Dès l’ouverture avec « 100 mètres haies », la table est mise et on sait qu’il nous en faudra beaucoup pour décrocher. Ça n’arrivera pas pendant les 43 minutes de l’album, avec des pièces incontournables comme « Tout tombe à sa place », la magnifique « Croire en rien » et « Face au vent ». Louis-Jean Cormier réussit le tour de force de présenter son meilleur album à ce jour, tout un défi après l’excellent Les grandes artères sorti en 2015. (avril 2020)

Vidéoclip : « 100 mètres haies »

   

 Pearl Jam – Gigaton

Pearl Jam – Gigaton

Le légendaire groupe de Seattle fête ses 30 ans cette année et nous présente pour l’occasion un tout nouvel album, Gigaton. Ce 10e enregistrement studio est leur premier depuis Lightning Bolt en 2013. Pearl Jam semble revigoré d’une énergie nouvelle dès les pièces d’ouverture, « Who Ever Said » et « Superblood Wolfmoon ». Peut-être que c’est parce qu’ils sentent plus que jamais l’urgence de la crise des changements climatiques, le titre de l’album référant à la quantité de glace fondue aux deux pôles. C’est d’ailleurs le thème récurrent tout au long du disque avec plusieurs images apocalyptiques en lien avec le climat, mais aussi avec d’autres sujets préoccupants. Notamment Donald Trump qui est la cible d’Eddie Vedder dans « Quick Escape » et « Never Destination ». Musicalement, l’énergie contagieuse de la première moitié, qui nous ramène aux meilleures années du groupe, fait place à des moments plus méditatifs et introspectifs par la suite. L’ensemble présente tout de même une belle cohérence et surtout, beaucoup de plaisir d’écoute. C’est donc un album surprenant d’efficacité que nous proposent ces vieux routiers du grunge. Une bien belle surprise! (avril 2020)

Vidéoclip : « Dance of the Clairvoyants »

Monkeywrench / Republic / Universal

½

     

 Lido Pimienta – Miss Colombia

Lido Pimienta – Miss Colombia

La chanteuse afro-colombienne établie au Canada présente son troisième album, Miss Colombia, après avoir fait écarquiller les yeux en 2017 avec La Papessa. Lido Pimienta va encore un peu plus loin dans son mélange de musiques électro, pop et cumbia, avec des arrangements inspirés de l’héritage indigène et afro-colombien. Enregistré entre son studio-maison à Toronto et un village reculé de la Colombie, avec l’aide du coréalisateur Prince Nifty, Miss Colombia permet à l’artiste de s’épanouir encore un peu plus. À noter que le titre de l’album provient de l’erreur de Steve Harvey en 2015 qui avait proclamé la gagnante de Miss Universe comme étant Miss Colombia plutôt que Miss Philippines. Sur ce nouveau disque, Lido Pimienta réussit un véritable tour de force en fusionnant parfaitement les musiques actuelles et traditionnelles, tout en mettant en valeur la culture afro-colombienne. Voici donc un album surprenant, qu’il faut écouter attentivement pour en découvrir toutes les subtilités. (avril 2020)

Anti- / Fontana North

½

   

 Emily Rockarts – Little Flower

Emily Rockarts – Little Flower

Emily Rockarts est une auteure-compositrice et interprète montréalaise qui nous arrive avec son tout premier album, Little Flower. À voir la maturité qui se dégage de l’ensemble du disque, on a pourtant l’impression qu’elle possède une bien plus longue feuille de route. À l’ouverture avec « Get it All Back », on découvre une pièce pop atmosphérique introspective. Mais n’allez pas croire que ce morceau représente l’ensemble des neuf pièces, puisque dès la suivante, « Stay », c’est plutôt un rock énergique qui nous est proposé. Emily passera entre ces diverses ambiances tout au long du disque nous laissant toujours un peu hors d’équilibre. Par contre, si vous n’aimez qu’une seule de ses personnalités, vous trouverez bien peu de titres pour vous combler. C’est quand même un premier disque réussi pour Emily Rockarts, un disque d’une grande sensibilité. (avril 2020)

 

 The Strokes – The New Abnormal

The Strokes – The New Abnormal

Après sept ans d’absence, le groupe new yorkais est finalement de retour avec son sixième album. Le virage pop rock est particulièrement évident pour The Strokes sur The New Abnormal, avec des rythmes empruntés aux années 1980. À tel point qu’on a l’impression d’entendre « Dancing With Myself » de Billy Idol dans « Bad Decisions », ainsi que « The Ghost in You » de Psychedelic Furs dans « Eternal Summer ». On peut entendre plusieurs moments rafraîchissants sur ce nouveau disque de 45 minutes, mais le groupe semble manquer de souffle et surtout d’inspiration au bout de ces neuf titres. The New Abnormal ne passera pas à l’histoire, mais on a entendu pire de la part des Strokes. (avril 2020)

Vidéoclips : « At the Door » - « Bad Decisions »

½

   

 Waxahatchee – Saint Cloud

Waxahatchee – Saint Cloud

Katie Crutchfield (alias Waxahatchee) est de retour avec son cinquième album, Saint Cloud. Elle propose un disque plus chaud et accessible, laissant de côté la distorsion pour un son country rock plus mélodique. L’atmosphère est plutôt décontractée et on apprécie rapidement la voix douce de la chanteuse qui nous enveloppe agréablement. C’est peut-être sa sobriété nouvellement acquise qui la rend si détendue. On peut percevoir des influences certaines de Bob Dylan à plusieurs moments de l’album, plus particulièrement dans « Hell » et « War ». Mais l’ensemble demeure agréable du début à la fin avec 11 titres solides qui nous rendent automatiquement bien. Un très bel album! (avril 2020)

½

     

 

mars :

 

Justin Bieber – Changes

Justin Bieber – Changes

Plus de quatre ans après Purpose, Justin Bieber revient avec son septième album. À 25 ans (il fête ses 26 ans aujourd’hui, 1er mars), il devient ainsi le plus jeune artiste de l’histoire à atteindre sept fois le #1 du Billboard 200, après Elvis Presley qui à 26 ans atteignait le sommet avec Blue Hawaii en 1961. Le seul groupe à avoir fait mieux est bien évidemment The Beatles avec Rubber Soul (le plus vieux membre du groupe, Ringo Starr, avait alors 25 ans et 6 mois). Une fois cet exploit historique souligné, que reste-t-il à nous mettre sous la dent avec Changes? Pas grand-chose en fait… Il s’agit d’un album de R&B tout ce qu’il y a de plus conventionnel avec une tonne de chansons d’amour similaires et qui parlent à peu près toutes de sa femme, Hailey Baldwin. Même elle doit être gênée de tant d’attention… Peu de pièces se démarquent du lot, même pas les premiers extraits, « Intentions » (avec Quavo) et « Yummy », malgré plus de 500 millions d’écoutes sur les plateformes numériques. Les jeunes fans de Bieber l’apprécient visiblement toujours, mais si ces chansons étaient d’un autre, elles passeraient probablement inaperçu. Un petit moment d’intérêt nous arrive vers la fin avec « At Least for Now » qui aborde ses problèmes de santé mentale. La production monstre et les mélodies accrocheuses séduiront certainement encore, mais Bieber ne change pas la face de la musique pop avec ce nouvel album pourtant tant attendu. (chronique principale de mars 2020)

Vidéoclips : « Yummy » - « Intentions »

Def Jam / Universal

½