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juillet 2021

 

Chronique principale :  Maroon 5    Découverte du mois :  Olivia Rodrigo

 

1-8 juillet :

Lucy Dacus - Styx

 

 

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Légende pour les étoiles

 

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CHRONIQUE PRINCIPALE :

 

Maroon 5 – Jordi

Maroon 5 – Jordi

Le nouvel album de Maroon 5 est intitulé Jordi en l’honneur de Jordan Feldstein, un ami de longue date d’Adam Levine qui était aussi le gérant du groupe. Feldstein est également le sujet du mégasuccès « Memories » paru bien avant l’album et qu’on retrouve ici avec en plus un remix mettant en vedette le regretté Nipsey Hussle et YG. Il faut dire que le groupe a mis le paquet dans les collaborations sur cet album avec des noms comme Megan Thee Stallion pour le succès « Beautiful Mistakes », blackbear (« Echo »), Stevie Nicks (« Remedy »), H.E.R. (« Convince Me Otherwise »), Bantu (« One Light »), ainsi que Juice WRLD qui fait une apparition posthume sur « Can’t Leave You Alone ». En plus du remix de « Memories », on peut entendre deux titres en boni : « Button » mettant en vedette Anuel AA et Tainy, ainsi que « Lifestyle » par Jason Derulo et incluant Adam Levine. La musique de plus en plus pop de Maroon 5, qui prend même une tangente R&B notamment sur « Seasons », s’éparpille quelque peu avec tous ces collaborateurs et s’éloigne de ce qui faisait la force du groupe. Le résultat, c’est que malgré quelques succès radios incontournables, l’ensemble s’écoute plus difficilement dans son ensemble et qu’il est bien facile de sauter des titres. Jordi nous apparaît comme une compilation d’une panoplie d’artistes auxquels s’ajoutent Maroon 5 par la bande. Il serait temps que le groupe se recentre un peu pour retrouver sa cohérence.

Vidéoclips : « Memories » - « Beautiful Mistakes » - « Lost »

222 / Interscope / Universal

½

     

 

DÉCOUVERTE DU MOIS :

 

Olivia Rodrigo – Sour

Âgée de seulement 18 ans, la Californienne Olivia Rodrigo présente son tout premier album, après des participations à des productions de Disney. Elle propose des textes de sa génération mais qui peuvent aussi rejoindre tout le monde, notamment quand tout s’écroule suite à une rupture amoureuse. Olivia présente une musique pop avec des moments rock, incluant des pièces aux guitares passablement agressives (« Brutal », « Good 4 U ») et des ballades puissantes (« Drivers License », « Traitor »). Elle propose aussi un folk plus introspectif avec « Favorite Crime ». La jeune artiste tire ses influences de son idole, Taylor Swift, mais aussi de Lorde et Alanis Morissette. Son sens de la mélodie rend ses compositions tout de suite attrayantes. Sur Sour, Olivia Rodrigo propose un très beau mélange musical qui conserve malgré tout sa cohérence, pour un très bon album pop rock.

Vidéoclips : « Drivers License » - « Deja Vu » - « Good 4 U »

½

   

 

1-8 JUILLET :

 

 Lucy Dacus – Home Video

Lucy Dacus – Home Video

La chanteuse alternative Lucy Dacus nous revient avec son troisième album, Home Video. Suite à un album et une tournée avec son trio Boygenius (avec Julien Baker et Phoebe Bridgers), elle s’est rendue à Nashville en août 2019 pour enregistrer ce nouveau disque en solo. Plus personnel que ses précédents, l’album revient sur son passé à Richmond, Virginie. Remplis de vulnérabilité, de tendresse et même de regrets, les textes sont tous écrits à la première personne. L’album débute avec une introduction mid-tempo à la guitare bien présente, « Hot & Heavy », mais c’est avec « First Time » qu’elle libère totalement son côté rock, ce qui lui va plutôt bien. L’ensemble propose tout de même une majorité de pièces acoustiques, dont « Going Going Gone » pour laquelle Lucy s’est entourée de ses comparses, Baker et Bridgers, ainsi que des choristes Mitski et Liza Anne. Mais la pièce centrale de ce très bon album est assurément la ballade au clavier « Thumbs ». Finalement, c’est une pièce de plus de sept minutes qui complète Home Video, « Triple Dog Dare ». Avec ce nouveau disque, Lucy Dacus présente assurément son œuvre la plus accomplie à ce jour.

½

     

 Styx – Crash of the Crown

Styx – Crash of the Crown

Le légendaire groupe rock présente son 17e album, Crash of the Crown, qui semble en fait la suite de The Mission, leur album-concept de 2017. Tommy Shaw travaille à nouveau avec le multi-instrumentiste Will Evankovich pour la réalisation. Dans la chanson-titre, Styx innove avec trois chanteurs qui performent à tour de rôle : d’abord James « JY » Young, puis Tommy Shaw dans l’héroïque section centrale à voix multiples, et finalement Lawrence Gowan pour le dernier couplet. On retrouve sur Crash of the Crown plusieurs éléments du passé rock progressif du groupe, enregistrés toutefois avec les technologies d’aujourd’hui. Les nostalgiques de leur passé glorieux y entendront donc à nouveau des moments intéressants, même si aucun classique ne ressortira de Crash of the Crown.

Universal / SIX

   

 

juin :

 

Twenty One Pilots – Scaled and Icy

Twenty One Pilots – Scaled and Icy

Après 12 ans ensemble, le duo de l’Ohio est de retour avec son sixième album, Scaled and Icy. Créé en pleine pandémie, le disque présente les hauts et les bas émotionnels de la vie en quarantaine. Le tout nous est offert avec certaines des meilleures mélodies pop jamais produites par les gars de Twenty One Pilots. Tyler Joseph et Josh Dun ont travaillé chacun de leur côté dans leur studio maison. Il en résulte un album léger et simplifié, un peu à l’image de leurs deux premiers enregistrements. Il s’agit donc en quelque sorte d’un retour aux sources pour le duo qui est revenu à la liberté créatrice dont il disposait avant le succès planétaire de Blurryface (qui incluait le désormais classique « Stressed Out »). Sur Scaled and Icy, Twenty One Pilots proposent à nouveau un très bon mélange de pop, de hip hop et d’expérimentation, pour un autre solide album! (chronique principale de juin 2021)

Vidéoclips : « Shy Away » - « Choker »

½

     

     

Dodie – Build a Problem

L’auteure-compositrice et interprète londonienne Dorothy Miranda Clark (alias Dodie) présente son tout premier album avec Build a Problem. Réalisé par Joe Rubel (Ed Sheeran, James Blunt), le disque propose 12 titres introspectifs avec de très bonnes mélodies pop. La voix délicate de Dodie est mise bien en évidence et on a l’impression qu’elle nous chante directement. Sa musique pop de chambre orchestrale et ses textes avec une touche féministe ne sont pas sans nous rappeler Kate Bush ou Tori Amos. Le style minimaliste de Dodie se fusionne parfaitement aux envolées orchestrales d’envergure qui ajoutent une belle richesse à l’album. On retrouve en boni deux autres titres, dont le succès paru il y a un an « Boys Like You », réalisé par Pomplamoose. À noter qu’une version de luxe incluant un CD additionnel de huit versions démos est également disponible. (découverte du mois de juin 2021)

Vidéoclips : « Boys Like You » - « Cool Girl » - « Hate Myself »

½

   

 The Black Keys – Delta Kream

The Black Keys – Delta Kream

Deux ans après Let’s Rock, le duo de l’Ohio fait un retour aux sources avec Delta Kream. Dan Auerbach (voix, guitare) et Patrick Carney (batterie) reviennent en effet à leur fascination pour le blues du Mississippi, dans leur style blues rock garage minimaliste, même si des musiciens additionnels sont présents, notamment le pianiste de JD McPherson, Ray Jacildo. Delta Kream inclut 11 reprises de légendes blues du Mississippi comme Junior Kimbrough, R.L. Burnside et Fred McDowell. Enregistré en une séance de 10 heures, l’album se veut en fait une suite à leur mini-album de 2006, Chulahoma: The Songs of Junior Kimbrough. Dans ce style, les Black Keys nous rappellent le rock du sud des années 1970 (Allman Brothers Band, Peter Green). L’album débute en force avec le classique de John Lee Hooker et Big Joe Williams, « Crawling Kingsnake », ce qui donne le ton pour les pièces suivantes. Delta Kream s’avère être un excellent mélange entre leur style minimaliste guitare-batterie et la tradition blues du Mississippi. (juin 2021)

½

     

 Garbage – No Gods No Masters

Garbage – No Gods No Masters

Shirley Manson et sa bande sont de retour avec un premier album en cinq ans, leur septième en carrière. No Gods No Masters prend une tendance plus sociopolitique que par le passé, dans la foulée de plusieurs événements mondiaux soulevant des problèmes de racisme systémique, d’inégalités de genres, de cupidité corporative et des luttes des personnes marginalisées. Le quatuor vise l’élimination de la patriarchie dès le premier titre, « The Men Who Rule the World », une pièce électro-funk. L’électro occupe une place prépondérante tout au long du disque, laissant très souvent de côté les guitares grinçantes qui ont fait leur renommée. Avec un rythme effleurant l’industriel, « Godhead » fait penser à une fusion entre Depeche Mode et Peaches, alors que Garbage dénonce l’égo masculin démesuré par une image phallique forte. Musicalement, le groupe explore plusieurs directions, pour un album d’une grande créativité. L’ensemble s’enchaîne à merveille pour un résultat plus que réussi, peut-être le meilleur album de Garbage en plus de 20 ans. À noter qu’une version de luxe inclut un deuxième CD de huit pièces (dont la reprise de David Bowie, « Starman »), pour un grand total de plus de 80 minutes. (juin 2021)

½

     

 David Jacques – 15 histoires de guitares

David Jacques – 15 histoires de guitares

Le guitariste classique David Jacques revient avec un deuxième album d’histoires de guitares, après 14 histoires de guitares paru en janvier 2020 et nommé pour un prix Opus 2021. Il présente cette fois-ci 15 guitares historiques de sa collection privée, construites pour la plupart par les meilleurs luthiers du 19e siècle. Il faut dire qu’à cette époque la guitare est devenue un instrument à la mode et que la collaboration compositeur-luthier a offert à l’instrument une riche gamme de modèles, de matériaux et de techniques. Pour chaque guitare, Jacques propose un répertoire adapté au caractère de l’instrument. On peut découvrir des œuvres de Mauro Giuliani, Niccolò Paganini, Vasily Sarenko, Ernest Shand et plusieurs autres. Chacune des 15 guitares a une histoire à raconter. (juin 2021)

ATMA Classique

½

   

 Japanese Breakfast – Jubilee

Japanese Breakfast – Jubilee

Née en Corée du Sud et ayant grandi en Oregon, Michelle Zauner (alias Japanese Breakfast) nous revient avec son troisième album d’indie pop exploratoire. Sur Jubilee, elle semble avoir trouvé son chemin et être maintenant plus ancrée dans ses origines. Japanese Breakfast propose un très beau mélange entre indie rock et indie pop avec des sons des années 1980 et une très belle richesse musicale grâce notamment aux éléments électro et aux cuivres. Sa musique s’avère donc beaucoup moins minimaliste qu’à ses débuts, alors qu’elle enregistrait chez elle pendant qu’elle prenait soin de sa mère. Cependant, même si ses mélodies sont plus accrocheuses, les sujets demeurent introspectifs. Voici un album particulièrement créatif et d’une grande beauté, assurément son plus accompli à ce jour! (juin 2021)

½

   

 Matthew Larkin – Casavant Opus 550 (2 CD)

Matthew Larkin – Casavant Opus 550 (2 CD)

L’organiste canadien Matthew Larkin présente un album double enregistré sur l’un des plus célèbres orgues d’Amérique du Nord, le Casavant Opus 550 de l’église anglicane St. Paul de Toronto. Le récital de plus d’une heure et demie met en valeur l'étendue et la beauté remarquables de cet orgue incomparable construit en 1914 par Casavant Frères. Larkin y explore différentes époques ainsi que des styles variés avec la musique de compositeurs allant de Bach à Keith Jarrett, incluant des œuvres contemporaines des Canadiens Healey Willan, Ernest MacMillan et Andrew Ager. En plus de Bach, parmi les grands noms du classique notons Mendelssohn, Couperin et Franck. À l’autre extrémité du spectre, on peut découvrir une œuvre du jeune compositeur Benjamin David Mallory né en 2002 (« La joie spontanée »). Les amateurs d’orgue en auront plein les oreilles avec ce double album rempli de surprises. (juin 2021)

ATMA Classique

½

 

 Elliot Maginot – Easy Morning

Elliot Maginot – Easy Morning

L’auteur-compositeur et interprète à l’âme solitaire et contemplative Elliot Maginot est de retour sur disque avec son troisième album. Réalisé par Maginot et son frère de son, Connor Seidel, Easy Morning navigue entre une pop alternative planante inspirée de musique classique et de sonorités ouest-africaines, et un folk rock dépouillé. Essentiellement acoustique, l’album crée une atmosphère bien particulière grâce à une instrumentation variée et des orchestrations hautes en textures. Les arrangements pour quatuor à cordes signés Antoine Gratton viennent enrichir « Holy Father » et la chanson-titre. L’album est issu d’une retraite de création dans les bois, en période de pandémie alors que Maginot ne savait pas quand il pourrait jouer ses chansons devant un public. Plus acoustique que par le passé, la musique contemplative d’Elliot Maginot prend peut-être une nouvelle direction, mais elle demeure toujours aussi efficace avec une atmosphère bien à elle. (juin 2021)

Audiogram

½

   

 Mdou Moctar – Afrique Victime

Mdou Moctar – Afrique Victime

Le Nigérian Mdou Moctar est de retour avec un nouvel album de musique Touareg, Afrique Victime. Un des innovateurs du genre, Moctar demeure à l’avant-scène de ce style musical du désert saharien aux influences de l’ouest. Le guitariste hors-pair influencé tant par Hendrix que Prince présente un nouvel album de grande qualité, fusionnant parfaitement le rock et le blues au Touareg (« Chismiten », « Taliat »). Il explore aussi une musique acoustique plus douce qui vient créer un bel équilibre sur l’album (« Tala Tannam », « Layla »). Même si l’ensemble du disque traite surtout de joie et d’amour, la chanson-titre dénonce la brutalité du colonialisme, le tout pendant sept minutes et demie. Avec Afrique Victime, Moctar propose un album cohérent du début à la fin, pour l’un de ses meilleurs en carrière. (juin 2021)

½

     

 Allison Russell – Outside Child

Allison Russell – Outside Child

Née à Montréal, la chanteuse, auteure-compositrice et multi-instrumentiste Allison Russell présente son premier album, après avoir fait partie de plusieurs groupes (Birds of Chicago, Our Native Daughters, Po’ Girl). Sur ce premier disque, réalisé par Dan Knobler (Lake Street Dive), elle propose une musique folk rock avec des influences blues. Elle y décrit sa jeunesse avec des détails plutôt personnels, en plus de mettre en lumière les couleurs de sa ville, son paysage et sa langue. Sur le premier extrait « Nightflyer », elle réfléchit au pouvoir de guérison de la maternité. Outside Child résonne comme une grande libération pour Allison, mais il possède surtout de très bonnes chansons aux mélodies inoubliables. (juin 2021)

Fantasy / SIX

½

     

 Sam Tucker – All In Good Time

Sam Tucker – All In Good Time

Québécois d’adoption, mais né à Retford en Angleterre, Sam Tucker s’est d’abord fait connaître à La Voix, grâce surtout à sa voix légèrement éraillée. Après un mini-album en 2018, il lance enfin son premier album complet, un disque un peu plus musclé que ce qu’il nous a offert précédemment, réalisé par Jesse Mac Cormack. On y retrouve un mélange de rock ‘n’ roll et de blues, avec tout de même des pièces plus introspectives dans la deuxième moitié. Tucker propose un voyage à travers l’Amérique mélangeant les diverses époques, le tout propulsé par l’excellente pièce d’ouverture, « Holy », et qui se conclut en beauté avec « I Love My Baby but She Drinks Too Much ». Il réussit en plusieurs occasions à offrir une balance parfaite entre puissance et émotion, pour un album d’une grande cohérence tout au long des 13 titres (qui totalisent quand même près d’une heure). Après une longue attente, ses fans de la première heure devraient y trouver leur compte sans problèmes, puisqu’il s’agit d’un excellent disque! (juin 2021)

Audiogram

½

     

 Debussy / Franck / Szymanowski

Debussy / Franck / Szymanowski

Marie Bégin (violon) et Samuel Blanchette-Gagnon (piano) présentent une compilation des « Sonates pour violon et piano » de Claude Debussy (1862-1918) et de César Franck (1822-1890), ainsi que les « Mythes, op. 30 » de Karol Szymanowski (1882-1937), une rareté du répertoire moderne pour violon et piano. On peut entendre en boni « Après un rêve » de Gabriel Fauré (1845-1924) et « Beau soir » de Debussy (avec des arrangements de Jascha Heifetz). Pour les amateurs d’œuvres pour violon et piano, voici un excellent album de près de 75 minutes. (juin 2021)

ATMA Classique

   

 

MAI :

 

Charlotte Cardin – Phoenix

Charlotte Cardin – Phoenix

Huit ans après sa participation à La Voix, Charlotte Cardin lance enfin son premier album complet avec Phoenix. Il aura fallu deux mini-albums et de nombreux simples à succès pour que Charlotte se sente enfin prête à proposer un ensemble de 13 titres. Elle explique qu’elle laissait l’inspiration venir à elle par le passé, mais que cette fois-ci elle s’est enfermée avec son équipe dans un contexte créatif provoquant l’inspiration. Elle et Jason Brando, son bras droit, ont misé sur la patience, ce qui s’avère plutôt payant lorsqu’on écoute Phoenix. On y retrouve des succès que l’on connaît déjà et que l’on aime comme « Passive Aggressive », « Daddy » et le plus récent, « Meaningless ». Mais il y a aussi d’autres pièces variées, de la chanson-titre atmosphérique, à la ballade au piano « Anyone Who Loves Me » qui rappelle Adele, en passant par « Sun Goes Down (Buddy) » accompagnée d’une simple guitare, sans oublier des moments à la fois sensuels et plus dansants (« Sex To Me »). Charlotte chante en plus en duo avec elle-même sur « Xoxo » dans laquelle elle joue aussi le rôle du gars qui lui donne la réplique, la tonalité d’une piste vocale ayant été baissée. Elle conclut le tout avec une pièce en français, « Je quitte ». Les chansons de Phoenix sont peut-être différentes entre elles, mais elles s’enchaînent à merveille pour un très beau résultat électro-pop à la fois moderne et créatif. (chronique principale de mai 2021)

Vidéoclips : « Daddy » - « Passive Aggressive » - « Meaningless » - « Sad Girl » - « Anyone Who Loves Me »

     

     

Dry Cleaning New Long Leg

Le quatuor londonien Dry Cleaning est formé de Florence Shaw (voix), Tom Dowse (guitare), Lewis Maynard (basse) et Nick Buxton (batterie). Ils nous proposent un rock alternatif / post-punk qui n’est pas sans nous rappeler Sonic Youth, avec une Florence qui récite au lieu de chanter sur des sujets souvent anodins comme son chat mort ou Meghan Markle. L’excellente pièce d’ouverture et premier extrait, « Scratchcard Lanyard », donne un très bon aperçu de ce qui nous attend pour les neuf pièces suivantes. Grâce à la réalisation de John Parish (Eels), le groupe réussit sur New Long Leg à peaufiner son style déjà bien établi sur ses deux mini-albums précédents. Dry Cleaning éclot véritablement avec ce premier album de très grande qualité qui plaira à tous les amateurs de rock alternatif / indie. (découverte du mois de mai 2021)

Vidéoclip : « Scratchcard Lanyard »

½

   

 Bumarang – Echo Land

Bumarang – Echo Land

Bumarang est un trio montréalais qui rend hommage à la tradition celtique. Formé de Kate Bevan-Baker (violons, voix), David Gossage (flûte, sifflet, guitare) et Sarah Pagé (harpe, harmonium, bouzouki, voix), le super trio présente son tout premier album avec Echo Land. Ces membres d’Orealis, Tree Talk et The Barr Brothers se sont d’abord croisés sur scène en 2015. Leurs influences vont du classique au jazz en passant par les musiques africaines et indiennes, mais c’est leur amour des chansons folks celtiques qui les a véritablement unis. Après plusieurs problèmes qui ont retardé l’enregistrement d’Echo Land, les membres Bumarang ont demandé les services de Vid Cousins pour coréaliser et mixer l’album. Ils ont également invité le percussionniste Ivan Bamford (Land of Kush), le batteur Kevin Laing (The Besnard Lakes) et le guitariste Leif Vollebekk. Le résultat semble nous provenir tout droit d’Irlande ou d’Écosse à une époque lointaine, mais avec un son de 2021. Bumarang réussit habilement à faire revivre la tradition celtique, sans en faire une caricature. Un très beau disque! (mai 2021)

Fallen Tree

½

     

 Cordâme – Da Vinci Inventions

Cordâme – Da Vinci Inventions

Dirigé par le contrebassiste, compositeur, arrangeur et directeur musical Jean Félix Mailloux, Cordâme se situe quelque part entre le jazz et la musique de chambre. L’ensemble compte aussi dans ses rangs Coral Egan (voix), Marie Neige Lavigne (violon), Sheila Hannigan (violoncelle), Éveline Grégoire-Rousseau (harpe) et Isaiah Ceccarelli (percussions). Sur ce nouvel album, Mailloux et sa bande rendent en quelque sorte hommage à la renaissance italienne et au leg de Leonardo Da Vinci, dans un projet ambitieux et niché. Mailloux a créé des musiques qui reflètent la riche poésie italienne et l’imagination foisonnante de Da Vinci. Il présente pour la première fois des musiques accompagnées de paroles et certaines intègrent d’ailleurs la poésie de Gaspara Stampa et de Pétrarque. Voici un album unique et très agréable à écouter, un véritable baume pour l’âme! (mai 2021)

Malas Artes

½

 

 The Damn Truth – Now or Nowhere

The Damn Truth – Now or Nowhere

Pour son troisième album, le groupe montréalais The Damn Truth a eu la chance de pouvoir travailler avec le légendaire réalisateur Bob Rock (Metallica, The Cult, Mötley Crüe, Aerosmith, Bon Jovi) pour six des neuf pièces, enregistrées à Vancouver. Rock permet au quatuor de présenter son disque le plus puissant et le plus solide de sa carrière. Il a fallu compléter l’album à Montréal en raison des restrictions liées à la pandémie et le groupe a réalisé lui-même les trois pièces restantes. L’ensemble présente un rock pur aux influences des années 1970, avec notamment Led Zeppelin qui nous vient en tête en plusieurs occasions. Il faut noter l’impressionnante performance vocale de la chanteuse et guitariste Lee-La Baum. Avec Now or Nowhere, parions que The Damn Truth seront finalement reconnus même dans leur propre pays, après de nombreuses performances à travers le monde, notamment à guichet fermé au mythique Whiskey a Go Go de Los Angeles. (mai 2021)

Spectra / SIX

½

   

 Cédric Dind-Lavoie – Archives

Cédric Dind-Lavoie – Archives

Pour son nouvel album, le multi-instrumentiste, compositeur et réalisateur Cédric Dind-Lavoie propose une fusion entre le folklore québécois et ses habituelles musiques ambiantes et introspectives. Il présente une série de compositions originales modernes et intimistes en y ajoutant dans leur forme originale des enregistrements d’archives, de vieux trésors retrouvés. Il s’agit de chansons et de morceaux instrumentaux des années 1940 et 1950, tirés notamment des collections des folkloristes Simonne Voyer, Roger Matton et Luc Lacourcière. Les arrangements permettent un mariage réussi entre les deux époques, mettant en évidence les voix de Benoit Benoit, Joseph Larade, Jeanne Savoie, etc. Notons aussi la participation de Marie-Pierre Lecault en certaines occasions au violon et à la mandoline. Le mélange entre les musiques néoclassiques et traditionnelles peut parfois sembler quelque peu bizarre, mais il s’agit d’un montage original qui plaira aux amateurs de musiques qui sortent des sentiers battus. (mai 2021)

Corne de brume / SIX

 

 Eyevin Nonet – Thomas Chapin III: Unearthed

Eyevin Nonet – Thomas Chapin III: Unearthed

L’ensemble de jazz Eyevin Nonet, sous la direction du batteur Ivan Bamford, puise dans les nombreuses influences et inspirations de ses membres pour nous présenter un hommage au défunt saxophoniste Thomas Chapin. Parmi les quatre titres offerts ici, on retrouve trois morceaux de Chapin jamais enregistrés auparavant, confiés généreusement à Bamford et son groupe par son épouse, Terri Castillo-Chapin. Eyevin Nonet donne vie à ces œuvres uniques de Thomas Chapin sur cet album de près de 37 minutes. (mai 2021)

Corne de brume

½

 

 Sally Folk – Ô Psychologue

Sally Folk – Ô Psychologue

Sur son cinquième album, Ô Psychologue, Sally Folk se livre complètement : sa vulnérabilité, sa sensibilité, ses peurs, ses maladresses et ses déceptions. Elle revient sur de vieilles histoires qui l’ont marquée. Heureusement, les arrangements de Michel Dagenais viennent à nouveau ajouter cette légèreté à l’album, qui en avait bien besoin pour éviter la déprime. Dès « Le regard des hommes », les riffs de guitare nous rassurent sur la direction musicale de l’album, alors que Sally commence son introspection. Inspirée par la quête amoureuse, elle explore les relations éphémères (« Les amourettes »), le déni (« Attendu pour souper ») et l’infidélité (« Pot de miel »). L’amour toxique se présente sous différents aspects tels l’ignorance de la part de l’autre (« Que diable m’emporte »), l’abus de pouvoir (« Le règne ») et la manipulation (« Mea Culpa »), cette dernière pièce étant en quelque sorte la suite de « Les heures de visites » parue sur Deuxième Acte. À noter que dans son vidéoclip de « Que diable m’emporte » on peut découvrir une Sally Folk au naturel, mais elle nous assure que ça n’arrivera plus, son personnage reprenant rapidement le dessus (à découvrir d’ailleurs en spectacle avec son humour corrosif). Musicalement, Sally poursuit dans le style pop rock qui nous l’a fait connaître avec de bonnes pièces énergiques, bien appuyées par la guitare. Ô Psychologue est un album très agréable à écouter et qui vous fera en plus réfléchir sur différents aspects des relations amoureuses souvent tumultueuses. (mai 2021)

Vidéoclip : « Que diable m’emporte »

Spectra

½

   

 Éric Goulet – Goulet

Éric Goulet – Goulet

Le prolifique auteur-compositeur et interprète nous propose un nouvel album qui porte simplement son nom. Éric Goulet y poursuit son aventure country débutée en 2011 avec Country Vol. 1. Sur ce troisième enregistrement country, ses racines rock ne sont jamais bien loin alors qu’on peut entendre des pièces énergiques comme l’excellente « Ma tête est mise à prix », « L’homme de Maniwaki » et « J’attends l’orage ». Mais il présente aussi des pièces émouvantes et intimistes comme « Au temps des adieux » (en duo avec Cindy Bédard), « La ville aux mille clochers » et « Six heure ». À noter aussi un excellent duo avec Sara Dufour pour « En dessous du pont ». Finalement, Goulet conclut ce très bon disque en beauté avec une relecture bien personnelle de « Aux accords de guitares » du grand Willie Lamothe. (mai 2021)

L-A be / SIX

½

 

 Teresinha Landeiro – Agora

Teresinha Landeiro – Agora

Considérée comme une étoile montante du Fado, l’auteure-compositrice et chanteuse portugaise Teresinha Landeiro présente aujourd’hui son nouvel album, Agora. Elle chante depuis l’âge de 12 ans dans les maisons de Fado de Lisbonne. Accompagnée de ses parents à ses débuts, elle y chante encore aujourd’hui. Même si le Fado l’habite, Teresinha fait aussi de la place au jazz, à la samba et à la chanson. Réalisé de belle façon par Pedro de Castro, Agora compte aussi les musiciens de grand talent suivants : Gaspar Varela (guitare), André Ramos (viola de Fado) et Francisco Gaspar (basse). Teresinha Landeiro propose un album émouvant et ensoleillé, un album digne de sa réputation de représentante de la nouvelle génération du Fado. (mai 2021)

Justin Time / SIX

   

 Simon Leoza – Albatross

Simon Leoza – Albatross

Le compositeur montréalais Simon Leoza (auparavant connu sous le pseudonyme Tambour) présente son premier album avec Albatross. Le disque contient des compositions accumulées au cours des six dernières années, dont les premiers extraits « La nuée », « Bloom » et « L’archange ». L’album a été produit des deux côtés de l’Atlantique, suite à deux résidences de création au Banff Centre for Arts & Creativity. Il s’est d’abord envolé pour l’Islande pour entamer la préproduction avec Snorri Hallgrímsson. Il a ensuite passé quelques temps aux Iles Féroé, archipel de l’océan Atlantique. De retour au Québec, il s’est associé avec Blaise Borboën-Léonard (Queen KA, Lydia Képinski) qui coréalise l’album avec lui, album enregistré au Studio Makina de Montréal et au Studio Le Nid à Saint-Adrien. Leoza a en plus exploité l’acoustique de l’église du village et enregistré avec un quatuor à cordes. Les 10 pièces cinématographiques de l’album mélangent le grandiose et l’intimiste, avec une instrumentation riche et des sonorités électroniques. (mai 2021)

Rosemarie / SIX

½

   

 Jeffery Straker – Just Before Sunrise

Jeffery Straker – Just Before Sunrise

Directement de la Saskatchewan, Jeffery Straker nous arrive avec un nouvel album, Just Before Sunrise. Il nous propose une musique folk à forte tendance country. L’album a été réalisé par Russell Broom (Jann Arden), sauf les pièces « Light a Fire » et « Heavy is the Burden » réalisées par Royal Wood. Avec son plus récent extrait, « Ready To Be Brave », Straker présente une ballade au piano accompagnée d’orchestrations, des arrangements passablement différents de ce qu’il offre habituellement. Cependant, l’ensemble demeure axé sur les racines de la musique folk, pour un disque très agréable. (mai 2021)

Progeny Music

 

 Weezer – Van Weezer

Weezer – Van Weezer

Seulement trois mois après OK Human, Weezer revient déjà avec un nouveau disque. Suite au décès d’Eddie Van Halen le 6 octobre 2020, Rivers Cuomo a décidé de rendre hommage au célèbre guitariste, même s’il avait déjà en tête depuis longtemps l’idée d’un album hard rock. Voici donc Van Weezer, un disque axé d’abord sur les guitares et qui rappelle le rock des années 1980. Le groupe a souvent intégré des murs de guitares à ses albums, mais il atteint ici de nouveaux sommets. Les influences de Van Halen sont évidentes, mais Ozzy Osbourne peut aussi être entendu, notamment dans « Blue Dream » qui utilise carrément « Crazy Train ». Cependant, les comparaisons aux années 1980 s’arrêtent là. Cuomo conserve son style unique au micro et le son de Weezer demeure au cœur de l’album qui s’inspire finalement habilement du Van Halen du début des années 1980, mais sans en faire un pastiche. L’album débute en force avec « Hero » et « All the Good Ones », mais c’est avec l’excellente « The End of the Game » qu’il prend véritablement son envol. Dix chansons dépassant à peine les 30 minutes, c’est bien peu! Mais voici un enregistrement énergique et créatif, qui mélange habilement le rock du passé au style bien actuel de Weezer. Un album très agréable! (mai 2021)

Vidéoclip : « All the Good Ones »

½

     

 Ngoma Zethu – 7 Chapters of Mystery

Ngoma Zethu – 7 Chapters of Mystery

Ngoma Zethu est d’abord un projet de conférence sur la révolution culturelle panafricaine. L’expression vient de différents langages Bantu et signifie soit « notre danse », « notre chanson », « notre culture », « notre tambour » ou « notre histoire ». Mais d’une façon plus philosophique, elle signifie simplement « notre façon de vivre ». Le projet est né de la tradition orale, l’humanité, la conscience, la philosophie, la mythologie, la spiritualité et l’histoire africaine. Les sept pièces sont interprétées par Kamel Zennia, Mongezi & DJ Njuchi, Lorraine Klaasen, Masauko, Kuku & GPS Lerato, Mighty Joshua et Vusi Mahlasela. En conclusion du disque, on retrouve une deuxième version de « You Snooze You Lose » avec Mighty Joshua. 7 Chapters of Mystery est un très bon album de musique africaine touchante. (mai 2021)

Bantu Entertainment Network

½

 

 Star Académie 2021

Star Académie 2021

2021 a vu le retour de Star Académie après huit ans d’absence, ce qui aura permis de découvrir une nouvelle génération de chanteurs et chanteuses de grand talent. L’album de Star Académie 2021 contient des chansons par chacun des 15 académiciens, avec en conclusion la chanson-thème, « Maintenant et partout » (coécrite par Hubert Lenoir, Jérôme 50, etc.). Le disque commence en force avec la dynamique « Je veux » par Shayan Heidari, la touchante « Corridor » (de Laurence Jalbert) par Meghan Oak, ainsi que « J’m’en veux » par Maëva Grelet. D’autres titres attirent aussi l’attention grâce à une solide interprétation : « Aline » par Guillaume Lafond, le classique de Raymond Lévesque « Quand les hommes vivront d’amour » par Jacob Roberge, « I Miss You So » par Queenie Clément et « S’il suffisait d’aimer » par Annabel Oreste. On doit aussi noter les performances de la finaliste Lunou Zucchini (« Mommy ») et du gagnant William Cloutier (« J’allais être papa »). Malheureusement, ce type de compilation s’avère souvent inégal dans les interprétations, en plus d’aller dans toutes les directions musicalement. Quelques performances exceptionnelles ressortent tout de même du lot et l’ensemble plaira assurément aux fans de l’émission télé. (mai 2021)

 

 

AVRIL :

 

Justin Bieber – Justice

Justin Bieber – Justice

Un an après Changes, Justin Bieber est déjà de retour avec Justice, son septième album. Encore une fois, on peut saluer le talent de Bieber pour offrir des mélodies accrocheuses sur des musiques pop et R&B légères sur mesure pour les radios. On retrouve en effet sur Justice plusieurs succès incontournables qui tourneront en boucles. Ses choix peuvent cependant s’avérer parfois douteux, notamment l’utilisation de deux extraits de discours de Martin Luther King Jr. dont un qui crée un certain inconfort en introduction à une chanson d’amour plutôt insipide. Disons que sa sympathie à l’égard des Afro-Américains semble plutôt fausse et il faudrait un peu plus de sincérité pour nous convaincre de ses bonnes intentions. Si on met de côté ces distractions plutôt inutiles, il reste qu’il propose des chansons bien de son époque et qui feront craquer ses nombreux fans, surtout son fidèle auditoire féminin. Bieber est entouré pour l’occasion par une belle brochette d’artistes invités : Khalid, Chance the Rapper, The Kid Laroi, Dominic Fike, Daniel Caesar, Giveon, Beam, Burna Boy et Benny Blanco. Une version de luxe de l’album offre six titres additionnels pour un total de 22, et on peut y entendre d’autres collaborateurs : Lil Uzi Vert, Jaden, Quavo, DaBaby, et Tori Kelly. (chronique principale d'avril 2021)

Vidéoclips : « Holy » - « Lonely » - « Anyone » - « Hold On » - « Peaches »

RBMG / Def Jam / Universal

     

     

Manslaughter 777 – World Vision Perfect Harmony

Manslaughter 777 est le projet parallèle d’un duo de batteurs, Lee Buford (The Body) et Zac Jones (Braveyoung, MSC). Le duo propose un mélange de rock expérimental et de musique électronique (dub, jungle, trip hop). Ils explorent constamment différentes rythmiques en intégrant un grand nombre d’échantillonnages. L’album de huit titres pour 33 minutes n’est donc pas nécessairement facile d’accès au départ, mais on arrive à se laisser envahir par l’atmosphère de l’ensemble qui demeure agréable du début à la fin. Voici un exercice de styles qui devrait satisfaire tout amateur de musique électronique originale. (découverte du mois d'avril 2021)

½

   

 Chœur de l’Église St. Andrew and St. Paul – Distance

Chœur de l’Église St. Andrew and St. Paul – Distance

Le Chœur de l’Église St. Andrew et St. Paul de Montréal, dirigé par le chef d’orchestre canado-américain Jean-Sébastien Vallée, propose une compilation d’œuvres chorales de toutes les époques. On y retrouve un motet de Johann Sebastian Bach, « Agnus Dei » de Samuel Barber et « Lux Aeterna » de Edward Elgar, en plus d’œuvres plus contemporaines de Trevor Weston (« Magnificat »), Reena Esmail, James MacMillan et Caroline Shaw. On peut également découvrir « Ni de l’est ni de l’ouest », une œuvre commandée au compositeur montréalais (et membre du Chœur) William Kraushaar et dédiée à la mémoire des victimes de la fusillade de la mosquée de Québec en 2017. Voici un très bon album pour les amateurs de chant choral. (avril 2021)

ATMA Classique

½

 CODE Quartet – Genealogy

CODE Quartet – Genealogy

CODE Quartet est un super quatuor jazz montréalais composé de Christine Jensen (saxophone alto et soprano), Lex French (trompette), Adrian Vedady (basse) et Jim Doxas (batterie). Ils présentent aujourd’hui leur tout premier album ensemble contenant huit titres (51 minutes), incluant la traditionnelle « O Sacred Head, Now Wounded ». La fusion entre les cuivres et la section rythmique acoustique est impressionnante, ce qui fait qu’il ne reste aucun instrument dominant. À écouter avec de bonnes enceintes acoustiques pour un résultat optimal! (avril 2021)

Justin Time / SIX

½

     

 Louis-Jean Cormier – Le ciel est au plancher

Louis-Jean Cormier – Le ciel est au plancher

À peine un an après l’excellent Quand la nuit tombe, Louis-Jean Cormier remet ça avec Le ciel est au plancher. C’est que peu de temps après avoir complété son disque précédent, il a perdu son père Marcel sans avoir pu lui faire les adieux qu’il aurait souhaités. Pour encaisser le choc et vivre son deuil, Cormier s’est plongé dans ce qu’il sait faire de mieux : écrire des chansons. Certaines compositions avaient été entamées et mises de côté, mais l’émotion vive qui l’habitait a redonné naissance à ces musiques. L’auteur-compositeur et interprète avoue présenter son album à la direction artistique la plus aboutie, un véritable album-concept. La première et l’avant-dernière pièce portent comme titres les coordonnées géographiques de sa maison familiale à Sept-Îles et de sa maison actuelle à Montréal. Il fait l’aller-retour entre les deux villes pendant l’album, avant de regarder « L’au-delà » à la 12e et dernière piste. Il s’agit à la fois d’un album personnel et qui rejoindra tout le monde à un moment ou un autre. Encore une fois, Cormier laisse de côté la guitare pour se concentrer sur des instrumentations autour du piano, un curieux mélange entre pop aérienne, électro et jazz. Le ciel est au plancher est un album qui mérite quelques bonnes écoutes attentives pour en saisir toutes les subtilités musicales. Louis-Jean Cormier frappe un grand coup avec ce quatrième album tout à fait singulier. (avril 2021)

   

 Grosse Isle – Le Bonhomme sept heures / The Bonesetter

Grosse Isle – Le Bonhomme sept heures / The Bonesetter

Le trio Grosse Isle est formé de Sophie Lavoie, de l’Irlandais Fiachra O’Regan et du légendaire André Marchand (La Bottine souriante, Les Charbonniers de l’Enfer). Lancé à la St-Patrick le 17 mars, Le Bonhomme sept heures fusionne la musique traditionnelle québécoise avec la musique irlandaise. Il s’agit du premier album du trio alors que Sophie et Fiachra ont travaillé ensemble auparavant pour deux albums en plus d’avoir réalisé plusieurs tournées internationales. L’instrumentation est très variée tout au long de ce disque bilingue, intégrant uilleann pipes et whistle d’Irlande, banjo, violon, piano et guitare. Le rythme varie aussi, de plus doux à plus festif. Le nom du trio fait référence à l’île sur le St-Laurent où les Irlandais étaient placés en quarantaine lors de leur arrivée massive au 19e siècle pour fuir la famine. On découvre donc un beau mélange de cultures entre le Québec et l’Irlande. (avril 2021)

La Compagnie du Nord

 

 Rob Lutes – Come Around

Rob Lutes – Come Around

L’auteur-compositeur et interprète montréalais Rob Lutes présente son huitième album avec Come Around. Il fait suite à Walk in the Dark paru en 2017 qui a été primé aux Canadian Folk Music Awards dans la catégorie « Chanteur contemporain de l’année ». Coréalisé avec son collaborateur de longue date Rob MacDonald, et enregistré dans six studios différents en raison de la pandémie, ce nouveau disque inclut 11 chansons originales, ainsi qu’une très belle version de « In My Time of Dyin’ », un classique de Bob Dylan. D’ailleurs les influences de Dylan se font sentir à différents moments de l’album, qui inclut aussi des passages plus blues ou pop. Après un début en force avec « Knives » et « Lightning », Lutes propose la pièce-phare du disque, « That Bird Has My Wings », inspirée du livre du même titre de l’écrivain bouddhiste et condamné à mort Jarvis Jay Masters. Il y raconte l’espoir de la liberté dans l’imagination et le monde naturel. Rob Lutes est en effet un excellent raconteur, et c’est ce qui nous transporte tout au long de Come Around. Il possède en plus un style guitaristique unique. Mixé par l’ingénieur Rob Heaney (Patrick Watson, Emilie-Claire Barlow), l’album met en vedette certains des meilleurs musiciens folks de la scène canadienne : Rob MacDonald (guitares, dobro, mandoline), Bob Stagg (piano, orgue, claviers), Solon McDade (basse) et Mario Telaro (batterie, percussions). À noter aussi la présence d’Annabelle Chvostek et de Kim Richardson pour les chœurs. Voici un très bon disque folk à l’ambiance bien particulière. (avril 2021)

Lucky Bear / SIX

½

 

 Ariane Moffatt – Incarnat

Ariane Moffatt – Incarnat

Près de 20 ans après son premier album, Aquanaute, Ariane Moffatt présente Incarnat, son septième enregistrement studio. Elle pensait pour l’occasion revisiter son répertoire en version dépouillée, mais elle s’est plutôt fait prendre par la créativité et un désir d’introspection. Il en résulte donc 12 nouvelles chansons généralement douces et d’une grande beauté, à l’image de la pièce d’ouverture du même titre (« Beauté »), la chanson-titre et la conclusion (« Nature »). Sa poésie est directe et sans artifices, puis elle nomme les choses sans détours : le désir, les questionnements autour de la filialité, l'envie d'un ailleurs extraordinaire et l'emprise des jours ordinaires. Pour la réalisation, Ariane a collaboré étroitement avec Marc-André Gilbert alias MAG (Charlotte Cardin, Aliocha). Quant à lui, Antoine Gratton a une fois de plus signé des arrangements de cordes somptueux interprétés par les Mommies on the Run (Mélanie Bélair, Mélanie Vaugeois, Ligia Paquin et Annie Gadbois). Il faut aussi noter une collaboration de renom, celle de Lou Doillon pour la pièce « Jamais trop tard » (adaptation libre de « Everybody’s Got To Learn Sometime », popularisée par Beck). Finalement, Fanny Britt a signé le texte de « Phèdre en Forêt » sur la musique d’Ariane. Voici donc un très bel album pour Ariane Moffatt qui s’ouvre totalement pour notre plus grand plaisir. (avril 2021)

½

   

 Erin Propp & Larry Roy – We Want All the Same Things

Erin Propp & Larry Roy – We Want All the Same Things

Le duo folk / jazz de Winnipeg plonge dans le quotidien sur ce nouvel album. Il s’agit de leur premier disque en neuf ans, soit depuis Courage, My Love, lauréat de l’album de jazz de l'année aux Western Canadian Music Awards (2013) en plus d’avoir été nommé aux Juno dans la catégorie Album de jazz vocal (2014). Le duo propose ici des chansons à la fois puissantes et douces, des chansons offrant la vision d’un monde plus beau et plus doux. On peut y établir des parallèles avec Joni Mitchell, Rickie Lee Jones, James Taylor et Emilie-Claire Barlow, mais dans une fusion unique entre la chanteuse et le guitariste. Propp et Roy se sont entourés pour l’occasion du batteur Larnell Lewis (Snarky Puppy), des saxophonistes Jimmy Greene, Ken Gold et Steve Wilson, du percussionniste Rogerio Boccato (John Patitucci), des bassistes Mike Downes, Karl Kohut et Julian Bradford, du guitariste Joey Landreth et du pianiste Will Bonness. Voici un très bel album plein d’émotion par ce duo bien singulier. (avril 2021)

Chronograph

½

     

 Sacabuche! – Hidden Treasures

Sacabuche! – Hidden Treasures

Sur Hidden Treasures, l’ensemble baroque canadien Sacabuche!, dirigé par Linda Pearse, présente des œuvres méconnues mais étonnantes de la musique à la cour des Habsbourg en Bohême au XVIIe siècle, retrouvées notamment dans les archives Kroměříž, en République Tchèque. Il s’agit de 18 œuvres pour violons, cornets, trombones, théorbes et orgues de compositeurs tels que Giovanni Valentini (1582-1649), Antonio Bertali (1605-1669) et Giovanni Battista Buonamente (1595-1642). Sacabuche! célèbre cette année 15 ans à offrir des pièces d’un répertoire peu connu pour trombones baroques, cordes, luth, orgue et voix. Ils nous font à nouveau découvrir des trésors cachés avec ce nouveau disque unique. (avril 2021)

ATMA Classique

½

 

 Schubert – Winterreise

Schubert – Winterreise

Yannick Nézet-Séguin présente son premier album en tant que pianiste, accompagné de la cantatrice mezzo-soprano Joyce DiDonato. Le duo s’associe pour offrir une nouvelle version du fameux Winterreise de Franz Schubert (1797-1828) avec des textes de Wilhelm Müller (1794-1827), l’un des plus brillants cycles de chansons jamais écrits. DiDonato propose une lecture différente de ces 24 chansons, soit du point de vue de la femme, l’amour perdu. Le disque a été enregistré au Carnegie Hall de New York en décembre 2019, dans un élan de créativité de la part du duo. (avril 2021)

Parlophone / Erato / Warner Classics

   

 Vincent Vallières – Toute beauté n’est pas perdue

Vincent Vallières – Toute beauté n’est pas perdue

Sur son huitième album, Vallières plonge dans ses souvenirs d’enfance et d’adolescence. C’est entouré d’un mur de guitares qu’il présente ces souvenirs sur un fond de rock bien énergique. Seule l’excellente pièce acoustique « La somme » propose une version plus dépouillée de ses souvenirs de jeunesse. Sous la direction artistique de Martin Léon, Vallières a partagé la réalisation avec André Papanicolaou, son fidèle complice depuis de nombreuses années. L’album débute en force avec les incontournables « Heille Vallières », « Homme de rien » et « Elle n’entend plus battre son cœur ». « La somme » change ensuite l’énergie, mais il s’agit peut-être ici d’un futur classique du répertoire de l’auteur-compositeur et interprète. La deuxième moitié du disque est peut-être un peu moins exceptionnelle, mais présente tout de même de solides compositions. Notons la présence d’Ingrid St-Pierre pour chanter en duo avec Vincent sur « On dansera sous la pluie », une pièce positive et apaisante. L’album se termine dans un duo poignant et tout en douceur avec Marjo pour la pièce au piano intitulée « Tout n’est pas pour toujours ». (avril 2021)

Bande-annonce

La maison fauve

½

   

 Alex Henry Foster – Standing Under Bright Lights

Alex Henry Foster – Standing Under Bright Lights:
Live From Festival international de Jazz de Montréal
(2 CD + DVD)

Après presque 10 ans à la tête de Your Favorite Enemies, Alex Henry Foster a donné son premier concert sous son propre nom en juillet 2019 au Club Soda dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal, faisant suite à son premier album solo paru huit mois plus tôt (Windows in the Sky). C’est ce spectacle de plus de deux heures qui est offert sur ce CD double accompagné d’un DVD. Le concert se voulait un événement unique en hommage à son père décédé cinq ans auparavant. L’auteur-compositeur, chanteur et multi-instrumentiste y a joué l’intégral de Windows in the Sky, accompagné de 11 musiciens et de la projection d’un film réalisé par Foster, Immersion Sky, que l’on retrouve en boni sur le DVD. Le réputé éclairagiste Pascal Boily a créé à partir de la vision de Foster une installation scénique unique, offrant un univers immersif où la musique, les projections et la lumière coexistaient. Foster voulait que les spectateurs n’aient pas l’impression d’assister à un concert mais plutôt d’être plongés complètement dans le moment. Même sur DVD le résultat s’avère extrêmement concluant alors qu’on se retrouve immédiatement à l’intérieur de cette bulle musicale hors du commun. Voici un spectacle mémorable que l’on peut évidemment écouter sur CD, mais qui prend tout son sens avec les images. (avril 2021)

Extrait : « Winter is Coming In »

Hopeful Tragedy / SIX

 

 

MARS :

 

Foo Fighters – Medicine at Midnight

Foo Fighters – Medicine at Midnight

Avant même sa sortie, Dave Grohl avait décrit le nouvel album des Foo Fighters comme l’album de party du samedi soir. Sa description s’avère plutôt juste alors que le groupe propose son album le plus énergique et plaisant à écouter depuis longtemps, un très bon mélange pop rock de 36 minutes. Le groupe s’aventure même dans le disco et autres musique dansantes, sans toutefois rejeter complètement ses guitares grinçantes. On retrouve tout de même deux ballades en « Waiting On a War » et la presque soul « Chasing Birds ». Les mélodies accrocheuses sont présentes tout au long des neuf pièces et il vous faudra aussi peu qu’une deuxième écoute pour pouvoir chanter avec Grohl et sa bande en tapant du pied. Voici donc un disque divertissant et d’une grande efficacité par les Foo Fighters. Très agréable! (chronique principale de mars 2021)

Vidéoclips : « Shame Shame » - « Waiting On a War » - « No Son of Mine »

½

     

     

Jack Kays – Mixed Emotions

Jack Kays est un jeune artiste de Cincinnati, Ohio, qui nous arrive avec un tout premier album. Considéré comme un album complet, Mixed Emotions se présente plutôt comme un mini-album avec huit titres totalisants seulement 20 minutes. Cependant, ce sont huit pièces solides qu’il nous offre, traitant de dépendance, de solitude et de santé mentale. L’auteur-compositeur, chanteur et multi-instrumentiste mélange habilement les styles, explorant tant le hip hop et le R&B, que le folk et le rock, le tout avec une voix tout à fait distinctive. Souvent passablement lente, sa musique s’accélère avec plaisir pendant « Morbid Mind », une pièce pop acoustique contagieuse. Notons aussi son duo avec Mike Lavi pour « F*cked Up », ainsi que plusieurs pièces qu’il a partagées avant la parution du disque : « My Head :( », « Gin N Juice » et « Bottom of the Bottle ». Mixed Emotions s’avère être un album bien agréable, même si on aurait certainement aimé entendre quelques morceaux additionnels. (découverte du mois de mars 2021)

Vidéoclips : « Morbid Mind » - « Bottom of the Bottle » - « Gin N Juice » - « My Head :( » - « Hrtbrkn »

½

 

 Barry Paquin Roberge – Exordium to Extasy

Barry Paquin Roberge – Exordium to Extasy

Barry Paquin Roberge est un supergroupe montréalais formé à la base d’Étienne Barry des Deuxluxes, ainsi que de Sébastien Paquin et Alexis Roberge de Buddy McNeil & the Magic Mirrors, auxquels se sont ajoutés Jonathan Lafrance (Muscadettes), Jocelyn Gagné (Les Breastfeeders) et Anna Frances Meyer (Les Deuxluxes). Sur Exordium to Extasy, BPR propose à nouveau sa musique glam dansante aux influences néo-disco dans le style des Scissor Sisters. C’est une musique pop contagieuse qui nous conquiert rapidement, dès « BPR Strut (Join Us & You’ll Be Fine) », leur premier extrait. La fusion entre les guitares vivifiantes, les synthétiseurs et la flûte est sans bavures et nous entraîne dans un univers ensoleillé qui nous accroche automatiquement un sourire aux lèvres. Coréalisé par BPR et Félix Petit (Hubert Lenoir, Les Louanges), Exordium to Extasy est un deuxième album savoureux pour le groupe, une véritable bouffée de fraîcheur! (mars 2021)

Vidéoclip : « BRP Strut (Join Us & You’ll Be Fine) »

Costume / SIX

½

   

 Jon Batiste – We Are

Jon Batiste – We Are

Après plus de 15 ans de carrière, le chanteur et pianiste de la Louisiane nous arrive avec ce qui pourrait s’avérer son album le plus marquant en carrière. Jon Batiste propose un mélange plus réussi que jamais entre soul, R&B, pop, gospel et jazz, réparti sur 13 titres. Batiste a d’abord proposé la chanson-titre en soutien au mouvement Black Lives Matter, avant de nous offrir cet assemblage de pièces à la fois intelligentes, originales et divertissantes. Il semble maîtriser son art plus que jamais, même s’il peut compter sur plusieurs collaborateurs pour la réalisation, ainsi que sur les apparitions de Mavis Staples et Quincy Jones. À noter aussi la présence de son père, Michael Batiste, et de son grand-père, David Gauthier. We are a été grandement inspiré par sa jeunesse à la Nouvelle-Orléans et on peut même entendre le St. Augustine Marching Band sur la chanson-titre, l’ensemble gospel de son école secondaire. Dans « Boy Hood », c’est en compagnie de PJ Morton et Trombone Shorty que Batiste se remémore les familles, la nourriture et la culture de sa ville natale qui ont façonné leurs vies. Musicalement, le chanteur s’inspire du meilleur du passé pour imaginer le futur, pour un amalgame éclectique entre le jazz de la Nouvelle-Orléans et Outkast. Même si le mélange de styles peut sembler difficile d’approche au premier abord, il devient vite un petit bijou à polir jusqu’à la fin. (mars 2021)

Verve / Universal

½

     

 Annabelle Chvostek – String of Pearls

Annabelle Chvostek – String of Pearls

L’auteure-compositrice et interprète torontoise lance son sixième album. Sur String of Pearls, elle oscille à nouveau entre le folk, le jazz et la pop indie, avec une forte tendance jazz manouche et swing. Elle se permet même quelques titres en français (« Je t’ai vue hier soir » et « D’être humain »), en plus de reprendre « Belleville Rendez-vous » du film Les Triplettes de Belleville. Elle propose également sa version de « Just the Right Bullets » de Tom Waits. Annabelle ajoute une touche sud-américaine à l’ensemble alors que les chansons ont été arrangées et co-réalisées à Montevideo par Fernando Rosa, qui a rassemblé certains des meilleurs musiciens de tango et de musique classique d’Uruguay. Voici donc un album dynamique aux influences multiples. (mars 2021)

MQGV / SIX

 

 Les Cowboys Fringants – Les nuits de Repentigny

Les Cowboys Fringants – Les nuits de Repentigny

À la surprise de tous, les Cowboys Fringants nous arrivent avec un nouvel album. Les nuits de Repentigny assemble 23 pièces inédites écrites au cours des 25 dernières années. Il n’y a donc que bien peu de liens entre toutes ces chansons, à part peut-être la vie de party dépeinte dans « Épique Éric » (qui peut rappeler le film Hangover), « Party d’pouel » et la chanson-titre très fortement inspirée de « Viva Las Vegas » d’Elvis Presley. Plusieurs chansons d’une minute ou moins semblent incomplètes, comme des idées qui n’auraient pas été menées jusqu’au bout. Même si un peu décousu, l’ensemble présente tout de même de bons moments festifs, qui plairont aux fans de longue date du groupe. (mars 2021)

 

 Paul Hindemith – Musique de chambre pour cor

Paul Hindemith – Musique de chambre pour cor

Avec ce nouvel album, le corniste Louis-Philippe Marsolais se consacre à la musique de chambre pour cor du compositeur, violoniste, altiste et chef d’orchestre allemand Paul Hindemith (1895-1963). Marsolais s’entoure pour l’occasion du pianiste David Jalbert (Pentaèdre), des cornistes Simon Bourget, Louis-Pierre Bergeron et Xavier Fortin de l’Orchestre du Centre national des arts d’Ottawa, ainsi que du quintette à vent Pentaèdre. On peut y redécouvrir cinq superbes œuvres de Hindemith très peu jouées aujourd’hui : « Sonate pour cor et piano », « Sonate pour cor alto et piano », « Concerto pour cor et orchestre », « Sonate pour quatre cors » et « Petite musique de chambre pour cinq instruments à vent ». Voici donc un excellent album qui permet de mettre en valeur une musique presque oubliée de l’entre-deux-guerres, une musique de très grande qualité interprétée de main de maître. (mars 2021)

ATMA Classique

½

 

 Valerie June – The Moon and Stars: Prescriptions for Dreamers

Valerie June – The Moon and Stars: Prescriptions for Dreamers

Après avoir attiré l’attention sur ses deux premiers albums avec sa voix unique et un style bien à elle, Valerie June est de retour avec son troisième disque, The Moon and Stars: Prescriptions for Dreamers. Elle plonge à nouveau dans les racines de la musique folk américaine en la fusionnant avec un R&B contemporain, des rythmes africains, des orchestrations de cordes et une pop psychédélique aérienne quasi-expérimentale. C’est donc un heureux mélange qu’elle réussit à cimenter de belle façon autour de sa personnalité plus grande que nature, appuyée par la réalisation de Jack Splash (Kendrick Lamar, Alicia Keys, John Legend). Sur ce nouvel album, Valerie semble avoir trouvé officiellement sa voie, et ce qu’elle nous propose figurera assurément parmi les meilleurs enregistrements de l’année. (mars 2021)

½

   

 Lake Street Dive – Obviously

Lake Street Dive – Obviously

Le groupe de Boston est de retour avec son septième album. Lake Street Dive accueillent pour l’occasion un cinquième membre à temps plein, Akie Bermiss, qui a collaboré au groupe en tant que claviériste lors de leur tournée de 2017, ainsi que sur l’album suivant, Free Yourself Up. Bermiss participe à l’écriture sur Obviously, en plus de chanter en duo avec Rachael Price sur l’excellente « Same Old News », qui nous ramène dans les années 1970. Réalisé par Mike Elizondo, Obviously poursuit dans le style du dernier album avec un très bon mélange de pop rock et de soul. Le groupe s’inspire du R&B sur « Hypotheticals » et du blues sur « Hush Money », alors qu’il propose une ballade à la Phil Collins avec « Anymore ». Tout au long de l’album, le groupe affronte les problèmes de sa génération avec une certaine conscience sociale et féministe. Mais il reste surtout un groupe de compositeurs hors-pair qui réussit à faire évoluer un style d’une autre époque, nous rappelant par moments Fleetwood Mac, pour en faire une musique contemporaine tellement agréable à écouter. Avec Obviously, Lake Street Dive présentent peut-être leur album le plus solide à ce jour. (mars 2021)

½

   

 Carl Mayotte – Pop de ville, Volume 1

Carl Mayotte – Pop de ville, Volume 1

Nommé Révélation Radio-Canada Jazz 2020-2021, le bassiste et compositeur de Québec Carl Mayotte lance son deuxième album avec Pop de ville, Volume 1, après Fantosme, co-réalisé par Michel Cusson, qui a reçu une nomination à l’ADISQ pour l’album jazz de l’année. Pop de ville est en fait un mini-album de cinq titres totalisant 26 minutes. On y retrouve une musique jazz fusion totalement instrumentale avec des influences pop des années 1980. Le groove est hyperprésent tout au long du disque, avec en plus des compositions particulièrement originales. En ajout à son quintette habituel, Mayotte a fait appel à des collaborateurs de renom : le percussionniste Luc Boivin, le claviériste suédois Lalle Larsson et l’harmoniciste Lévy Bourbonnais. Avec Pop de ville, Volume 1, Carl Mayotte prouve à nouveau toute sa virtuosité et sa versatilité. On en aurait pris plus! (mars 2021)

Première Ovation / SIX

½

 

 Laurence Nerbonne – OMG

Laurence Nerbonne – OMG

Après avoir présenté l’extrait « One Love », Laurence Nerbonne nous offre son troisième album. Elle y propose une musique pop ensoleillée avec des éléments de hip hop, de R&B, d’électro et même de musique latine, sur « Kawasaki » notamment. Entièrement autoréalisé, écrit et composé, OMG révèle plusieurs facettes de la personnalité de l’artiste. Sa force de caractère et son attitude revendicatrice ressortent assurément, aussi bien que son côté festif et un peu plus léger. Avec OMG, Laurence Nerbonne est plus assumée que jamais et propose un album qui lui ressemble vraiment. Une solide performance! (mars 2021)

Vidéoclip : « Première ministre »

Coyote

½

 

 Jean-Philippe Sylvestre – Ravel

Jean-Philippe Sylvestre – Ravel

Sur cet album, le pianiste Jean-Philippe Sylvestre rend hommage à des œuvres pour piano de Maurice Ravel. Il interprète le tout sur un piano historique, un piano Érard de 1854. Sylvestre nous permet de redécouvrir les œuvres suivantes : « Miroirs », « Menuet sur le nom de Haydn », « Pavane pour une infante défunte », « À la manière de Borodine », « Prélude (1913) », ainsi que « Le tombeau de Couperin ». Dans le cas de « Menuet sur le nom de Haydn » et « Le tombeau de Couperin », Sylvestre a voulu faire ressortir le côté baroque de ces pièces grâce à une articulation et une conception sonore qui se rapprochent de celle du clavecin. Le piano Érard contribue également à l’ambiance historique de l’album, une excellente façon de réentendre l’œuvre de Ravel. (mars 2021)

ATMA Classique

½

     

 The Wanted – Strange Flight

The Wanted – Strange Flight

Le groupe de Toronto nous revient avec un nouvel album fusionnant le folk rock, le country et le blues. Réalisé par Michael Timmins (Cowboy Junkies), Strange Flight reproduit l’ambiance en concert avec une chimie évidente entre le trio principal (Natalie Rogers, Jeff Rogers et Richard Henderson) et les musiciens invités (le bassiste Dan Mock et le batteur Kyle Sullivan). Le groupe rend hommage à la tradition, incluant même un titre de Tom Waits (« Way Down in the Hole ») et une pièce du répertoire traditionnel (« Wayfaring Stranger »). Dix-huit ans après ses débuts, The Wanted semble toujours aussi confortable dans l’industrie folk canadienne. (mars 2021)

 

 Alfie Zappacosta – Saved

Alfie Zappacosta – Saved

Actif depuis presque 40 ans, l’auteur-compositeur et interprète canadien revient avec son 16e album. Alfie Zappacosta prouve qu’il n’a rien perdu de sa passion et de sa voix sur Saved alors qu’il propose une musique de qualité. Sa musique pop à tendance parfois jazz et parfois soft rock n’est pas sans nous rappeler Gino Vannelli et il nous livre le tout d’une voix riche qui impressionne. Depuis plusieurs années, Zappacosta a pris en charge sa carrière et il peut ainsi créer sans limitations, ce qui lui va très bien. Il a même assuré la réalisation du disque qui présente une musique variée, une musique à son image. Il a collaboré avec qui il le voulait bien, des co-auteurs et musiciens avec lesquels il entretient pour la plupart une longue relation de travail (Gerry Mosby aux arrangements, ainsi que Marco Luciani, Andrew Glover et Silvio Pupo pour l’écriture). On peut reprocher à Zappacosta d’aller dans toutes les directions sur Saved, mais il nous offre tout de même quelques chansons très efficaces, notamment l’énergique « This Place in Time » et la chanson-titre. (mars 2021)

Vidéoclip : « Saved »

Alma / Universal / SIX

     

 Rob Zombie – The Lunar Injection Kool Aid Eclipse Conspiracy

Rob Zombie – The Lunar Injection Kool Aid Eclipse Conspiracy

Pour son septième album solo, Rob Zombie revient à l’horreur et à la recette de son succès du tournant du 21e siècle. Mais surtout, il renoue avec son esprit créatif, se laissant aller dans une folie pure très agréable à retrouver. Ses idées nouvelles lui permettent de sortir des sentiers battus de la musique lourde et rythmée qui a fait sa renommée. On retrouve encore tout ça sur The Lunar Injection…, mais avec de nombreuses variantes, plus en douceur, acoustiques ou planantes, ou encore avec des élans country ou dignes d’un film western spaghetti, sans oublier la présence de synthétiseurs. Il enchaîne le tout magnifiquement avec de courts intermèdes qui viennent lier l’ensemble dans ce qui s’approche grandement d’un album-concept. Les pièces énergiques demeurent très entraînantes, mais Zombie réussit à aller à plusieurs autres endroits toujours plus intéressants les uns que les autres. C’est surtout le mélange des genres et le passage d’une atmosphère à l’autre qui rend ce disque si unique. Voici donc un album extrêmement plaisant à écouter et fortement addictif qu’il sera difficile de laisser de côté bien longtemps. À écouter en boucles! (mars 2021)

½

     

 

février :

 

Jazmine Sullivan – Heaux Tales

Jazmine Sullivan – Heaux Tales

Six ans après Reality Show, Jazmine Sullivan revient avec Heaux Tales, qu’elle considère comme un mini-album malgré 14 titres et 32 minutes. Jazmine propose une musique R&B contemporaine originale, entrecoupée de plusieurs passages parlés, notamment des textes poétiques par Ari Lennox. On peut entendre un duo avec Anderson .Paak pour la funky « Price Tags » et un autre avec H.E.R. pour « Girl Like Me ». Même si on ne compte que 27 véritables minutes de musique au total sur Heaux Tales, le disque présente un côté rafraîchissant plus qu’intéressant, très agréable à écouter. (chronique principale de février 2021)

Vidéoclip : « Girl Like Me »

½

 

     

Celeste – Not Your Muse

La chanteuse R&B Celeste Waite est née en Californie, mais a grandi au Royaume-Uni. Elle a créé des remous dès 2017 avec son premier mini-album officiel, The Milk and the Honey, avant de revenir en 2019 avec Lately. Elle présente enfin son premier album complet de 12 titres, le très attendu Not Your Muse. Le disque débute tout en douceur avec « Ideal Woman » et « Strange », une excellente idée pour mettre rapidement en évidence sa très belle voix. Fortement influencée par ses idoles Aretha Franklin et Billie Holiday sur ces deux pièces avec une touche de jazz, Celeste devient ensuite carrément pop sur « Tonight Tonight » et « Stop This Flame ». Très polyvalente, elle semble s’adapter parfaitement à chaque rythme et sa voix se fait remarquer dans toutes les situations. Voici un très bel album de la part d’une étoile montante qui créera encore plus d’attentes dans le futur. Une très belle découverte! (découverte du mois de février 2021)

Vidéoclips : « Strange » - « Stop This Flame » - « A Little Love » - « Love Is Back »

Polydor / Universal

½

   

 Adrien Brandeis – Meetings

Adrien Brandeis – Meetings (2020)

Adrien Brandeis est un jeune pianiste et compositeur français qui a remporté plusieurs prix en Europe, dont le Letter One Rising Stars Jazz Award en 2018 pour son premier album, Euforia. Alors que son précédent album était en formule quintette, c’est en quatuor que Meetings nous est présenté avec le contrebassiste Damian Nueva, le batteur Arnaud Dolmen et le percussionniste Inor Sotolongo. On peut également entendre Orlando Poleo aux percussions latines sur « Suave ». Les musiciens cubains apportent une rythmique particulière à l’album qui bénéficie en plus de superbes mélodies et harmonies, pour un excellent mélange de saveurs et une belle luminosité. (février 2021)

Jazz Family

½

 

 Dominique Fils-Aimé – Three Little Words

Dominique Fils-Aimé – Three Little Words

Avec Three Little Words, Dominique Fils-Aimé vient conclure sa trilogie qui explore les racines de la culture musicale afro-américaine. Elle propose une musique soul dans sa forme la plus pure, sur un fond de jazz enrobé dans une atmosphère unique. Elle aborde par ailleurs les thèmes de l’auto-guérison et de la santé mentale sous une lunette lumineuse. De sa voix enveloppante et feutrée, Dominique présente des harmonies chaleureuses sur le style doo-wop des années 50 (« While We Wait ») et le soul plus traditionnel (« Mind Made Up »). Avec « Love Take Over » (en deux versions), elle propose un premier extrait de grande qualité incluant de superbes percussions et synthétiseurs. À noter aussi sa reprise bien personnelle de « Stand By Me » en conclusion de l’album. Encore une fois, il faut souligner le travail incomparable du réalisateur, arrangeur et ingénieur de son Jacques Roy qui réussit à fusionner parfaitement les musiques audacieuses, les sonorités multiples et la voix envoûtante de Dominique. Il s’agit possiblement de son œuvre la plus ambitieuse et éclectique à ce jour, qui permet de conclure en beauté une trilogie exceptionnelle. (février 2021)

Vidéoclip : « Love Take Over »

Ensoul / SIX

 

 Pierre-Hervé Goulet – Le jeu des lumières

Pierre-Hervé Goulet – Le jeu des lumières

Voici le troisième album de Pierre-Hervé Goulet, réalisé par Marc Chartrain (Patrice Michaud, Daniel Bélanger, Pascale Picard). Le jeu des lumières présente ses multiples états d’âme qui se contredisent à travers le jeu des perceptions, sur une musique pop à tendance folk. Les textes fignolés à souhait sont mis en valeur par de très belles mélodies, de l’atmosphérique pièce d’ouverture, « Bonnie », en passant par « Les oiseaux du matin » et « Bye Bye Bye », jusqu’à la finale de « Amour punk rock » et « La vie est trop courte ». Voici donc un album très agréable de la part de cet auteur-compositeur et interprète de grand talent. (février 2021)

L-A be / SIX

½

 

 Cassandra Jenkins – An Overview on Phenomenal Nature

Cassandra Jenkins – An Overview on Phenomenal Nature

La chanteuse folk alternative de New York Cassandra Jenkins nous revient avec un nouvel album, cinq ans après son premier, Play Till You Win. Elle y présente un travail incroyable d’observations, de contradictions et de connexions avec la nature sur une musique folk aérienne extrêmement agréable. L’ajout de quelques synthétiseurs ambiants, d’un saxophone et d’une flûte rend l’atmosphère encore plus magnifique. L’album de seulement sept titres pour 31 minutes compte quelques bijoux, notamment « New Bikini » et « Ambiguous Norway », sans oublier la conclusion avec chants d’oiseaux, « The Ramble ». An Overview on Phenomenal Nature est un album intimiste, mais d’une grande beauté, grâce surtout à d’excellents arrangements et divers sons qui nous tiennent en éveil. Voici un excellent album de la part de Cassandra Jenkins, un album dont le principal défaut est d’être trop court. (février 2021)

½

     

 Andréanne A. Malette – Sitka

Andréanne A. Malette – Sitka

Un peu plus de trois ans après son album éponyme contenant les succès « Fou » et « Ici et ailleurs », Andréanne A. Malette est de retour avec Sitka. À la suite d’un voyage en Alaska qui s’est avéré être une quête intérieure pour elle, Andréanne s’en est très fortement inspiré pour ce nouvel album, dont l’extrait « Alaska ». Elle y propose aussi une relecture de son premier extrait, « Le brasier », paru en mars 2020. En plus d’avoir écrit toutes les chansons, Arianne se lance dans la réalisation, appuyée par son complice Antoine Lachance. Sitka présente à nouveau une musique folk pop aux mélodies inoubliables, une musique douce qui nous fait voyager jusqu’aux confins de l’Alaska. (février 2021)

Vidéoclip : « Alaska »

½

   

 Gab Paquet – La force d’Éros

Gab Paquet – La force d’Éros

À voir son look sur la pochette, on peut s’imaginer que Gab Paquet nous arrive tout droit des années 1980. Mais c’est encore plus le cas lorsqu’on écoute sa musique intégrant percussions électroniques et synthétiseurs. C’est juste à temps pour la St-Valentin, sa fête annuelle préférée, qu’il nous a présenté La force d’Éros, son troisième opus. L’album nous plonge dans un voyage à la fois temporel et caricatural au cœur de la musique pop rock des années 1980, moustache et coupe « Longueuil » en prime. Malgré son côté caricatural, Paquet propose plusieurs compositions de qualité aux mélodies inoubliables, de la chanson-titre aux succès « Sexy » et « Magie rose », sans oublier l’énergique « 1-800-666-SEXE ». Voici donc un très bon disque, qui plaira tant aux nostalgiques d’une époque révolue qu’à une nouvelle génération ouverte d’esprit. (février 2021)

Vidéoclips : « Magie rose » - « Sexy »

Duprince

   

 The Weather Station – Ignorance

The Weather Station – Ignorance

Quatre ans après son album éponyme, le groupe indie rock de Toronto nous revient avec Ignorance, son cinquième album. The Weather Station semble avoir enfin atteint son air d’allée d’un point de vue musical, tout en prenant position sur l’impact des changements climatiques. Tamara Lindeman s’est en effet beaucoup informée au sujet de cet enjeu au cours des dernières années, jusqu’à tenir des discussions avec d’autres musiciens et activistes. Dans « Atlantic », elle dépeint son sentiment d’impuissance devant le désastre imminent. Lindeman et sa bande sortent de leur zone de confort sur Ignorance avec une musique inspirée des années 1970 qui laisse de côté leur tendance folk acoustique, ainsi que leur ambiance plus rock. En fait, Fleetwood Mac et Roxy Music peuvent nous venir en tête à différentes occasions, tout en intégrant quelques explorations jazz. La théâtrale « Robber » ouvre l’album sur une atmosphère bien différente pour The Weather Station, une atmosphère des plus agréables. Il en résulte un disque de premier plan pour le groupe, peut-être son plus solide à ce jour. (février 2021)

½

     

 Weezer – OK Human

Weezer – OK Human

Un clin d’œil au classique OK Computer de Radiohead, OK Human est le 14e album en carrière pour le groupe californien. Le disque est plus humain en effet alors que l’on peut entendre des arrangements de cordes tout au long des 12 pièces, surtout composées au piano par Rivers Cuomo. Ce sont donc des sonorités différentes pour Weezer avec une guitare qui est reléguée à l’arrière-plan. On peut même entendre des ballades contemplatives avec « Bird With a Broken Wing » et « Dead Roses ». L’avantage d’avoir des guitares moins grinçantes c’est de porter un peu plus l’attention sur les mélodies uniques de Cuomo. Par contre, les fans de la première heure auront peut-être un peu de difficulté à s’y reconnaître. N’empêche que Weezer présente à nouveau d’excellentes pièces, incluant « All My Favorite Songs », « Aloo Gobi » et « Grapes of Wrath ». En plus, le groupe réussit à se renouveler dans un élan de fraîcheur avec de très beaux arrangements, parfois un peu Beatlesques. Voici donc un autre excellent disque de la part d’un groupe qui semble avoir plusieurs vies différentes. (février 2021)

Vidéoclip : « All My Favorite Songs »

½

   

 L’homme armé

L’homme armé

Sous la direction d’Andrew McAnerney, le Studio de musique ancienne de Montréal offre un parcours musical à la Cour de Bourgogne au 15e siècle. Il propose un programme de motets des premiers polyphonistes franco-flamands : Guillaume Dufay, Antoine Busnois, Josquin des Prés, Gilles Binchois (dont le motet « A solis ortus cardine » est enregistré pour la première fois), etc. Chantée a cappella ou accompagnée par des sacqueboutes, cette musique rare bénéficie ici de la riche texture et des sonorités radieuses du Studio de musique ancienne de Montréal. Fondé en 1974, le Studio a pour mission de faire redécouvrir des musiques vocales sacrées et profanes datant d’avant 1750. (février 2021)

ATMA Classique

   

 Tapeo

Tapeo

Tapeo est un album classique qui regroupe un duo techniquement parfait : Cameron Crozman au violoncelle et Philip Chiu au piano. Le tandem propose une musique espagnole de compositeurs comme Cassadó, Falla, Granados et Turina. Pour l’occasion, Cameron joue sur le El Tiburon de 1769, un violoncelle espagnol attribué à Joannes Guillami, généreusement prêté par la Banque d’Instrument du Conseil des arts du Canada. L’album nous permet aussi de redécouvrir des œuvres de Ravel, Albéniz, Ginastera, Ponce, ainsi qu’Alberto Guerrero. Voici donc un disque très intéressant par un duo incomparable. (février 2021)

ATMA Classique

     

 

 

 

 

       

 

 

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